#304.

Voilà, c’est le mot de la fin de ce blog. Un grand merci à tous ceux qui sont passés par là, à tous ceux qui suivent (ceux pour qui la migration est en cours et chaotique : je suis dessus) et pour tous ceux qui y passeront, hauts les cœurs.

Echo des 12 SA.

Les petits vont bien, en cette fin de douzième semaine d’aménorrhée. Ce n’est pas le Caméléon qui a procédé à l’échographie mais son remplaçant (Madame Pimpin a bien failli se barrer en courant quand elle s’en est aperçue) (mais elle avait déjà manqué de tomber dans les pommes dans la salle d’attente, alors bon, fallait pas prendre le risque de s’évanouir en s’enfuyant). Ledit remplaçant a uber galéré avec la machine et a sorti des clichés assez surprenants et contemporains, un bras par ci un fémur par là. Mais le principal c’était en live, de les voir se tourner, barboter, danser, de voir qu’ils allaient bien, et de voir que toutes les mesures sont parfaites, juste un tout petit peu en haut des courbes.

Les clartés nucales sont très fines et les Pimpin ont décidé de ne pas pousser plus loin le vice : ils ne feront pas la PDS de marde qui détermine le pseudo-risque d’anomalie. Ils vont faire confiance, et puis une prochaine écho dans quelques semaines, en 3D et faite par LA pro du coin sera bien plus efficace que toutes les stats du monde (Madame Pimpin t’a déjà dit qu’elle haïssait les stats et les probas ?) et puis quoi, ils les aiment déjà les Pimpin, leurs deux petits polichinelles et quoi qu’il arrive ils les aimeront toujours.

L’ectropion est toujours là, et on ne pourra rien y faire. Les nausées sont toujours là aussi, et peut-être pour encore un moment d’après le remplaçant.

Madame Pimpin a perdu 1 kilo, pour quelqu’un qui cherche à se rapprocher de la mobilité d’une moule, qui a brutalement arrêté de fumer le jour de son TG+, et qui dans le même temps a adopté un régime monomaniaque à base de barres chocolatées, on est pas mal.

Alors voilà, le cerveau de Madame Pimpin va tenter de faire comme elle avait dit : se rendre compte du chemin parcouru, savourer ce jour attendu depuis si longtemps, se décrisper un peu, et compter sur une encore petite mais déjà décelable rondeur de son ventre pour se rassurer en cas de crise.

La prochaine étape, dans une semaine, c’est le RDV pour la déclaration de grossesse (ouais on a pas tout fait le même jour on est jamais trop prudents). Par superstition elle ne parlera pas de tout ça au boulot d’ici là (même si annoncer au Chef Sympathique une grossesse gémellaire et un arrêt pour dans 8 semaines un premier avril, ça aurait été un putain de gros kiffe). En revanche, avec Monsieur Pimpin, ils ont avec plaisir partagé cette bonne nouvelle avec les proches pas encore au courant qui depuis longtemps se tiennent à leurs côté pour les épauler à travers la tourmente.

Avec tout ça Madame Pimpin n’avait pas vu ou pas voulu voir que le printemps s’était installé. Ce n’est que sur la route du retour de la clinique qu’elle a enfin réalisé que les feuilles vertes étaient là.

11SA tout pile : urgences again.

Après avoir passé une soirée de marde à ne pas oser bouger pour ne pas réveiller l’evil Ectropion, après avoir passé la nuit à se tortiller à cause des crampes qui malgré le spasfon lui faisaient super mal, après s’être réveillée avec encore des traces de saignements, mais pas de nausées, Madame Pimpin a rendu les armes. Exit le courage et la fausse zénitude, direction les urgences.

Une sage-femme reçoit Madame Pimpin dans la petite salle d’examen qu’elle commence à bien connaître, et pour la énième fois depuis l’épopée reproductive des Pimpin, elle détaille ses antécédents dont la listes s’allonge avec le temps. La sage-femme déjà très gentille se transforme en bisounours en entendant les mots PMA, fausses-couches, grossesse gémellaire. On passe à la table d’examen, l’appareil à échos manque à l’appel, mais la sage-femme rassure Madame Pimpin, l’interne fera l’écho dans une autre pièce. Soit. Introduction du spéculum et recherche du col. Elle demande à Madame Pimpin si le col est en avant, oui il l’est du moins il l’était il y a dix jours. Raté ! Il est passé en arrière, ce qui pourrait expliquer pourquoi ces crampes étaient si douloureuses, d’autant que l’utérus est rétroversé ET petit ET que Madame Pimpin n’est pas épaisse : voilà le cocktail pour en chier des ronds de chapeaux le temps que tout ça se détende. Rassurage numéro un. Puis la sage-femme, après une recherche digne des Experts à Miami, tombe nez à nez avec le suspect : un ENORME Evil Ectropion bien volumineux, bien saignotant, bien copieux. Rassurage numéro deux. L’arrêt des nausées corrrespond bien à la fin du troisième trimestre, pas d’inquiétude à avoir là dessus. Pour le reste tout est ok, col bien fermé, bien long et bien tonique. Soupir d’aise, mais le principal reste à venir.

Les Pimpin retournent dans la salle d’attente. Une fille attend avec sa mère. Elle pleure. Madame Pimpin qui sait trop ce que c’est sent ses yeux s’embuer en entendant la fille chuchoter « méthotréxate » et se remettre à pleurer. Cette fille la touche mais elle ne peut rien faire et n’est même pas sûre d’être elle-même tirée d’affaire alors tout ce qu’elle fait, c’est baisser la tête, et puis fermer son grand caquet. Monsieur Pimpin sans un mot adopte la même attitude. Ce n’est pas le cas de la dinde qui vient de les rejoindre, une pregnant bitch déjà équipée d’une petite fille à qui elle n’arrête pas de répéter qu’il y a un bébé dans le ventre de maman lolilolilol. Connasse.

L’interne arrive, c’est parti pour l’écho, abdominale only (une première qui permet à Madame Pimpin de réaliser qu’ils ont bien remonté). Ils sont là, cette fois ça dure assez longtemps pour bien les voir, et pour la première fois ils bougent, ils se tortillent même (j’ai pensé à toi Miss K). C’est dingue. L’interne a clairement l’air de penser que les Pimpin sont venus se faire une petite séance de cinoche… mais Madame Pimpin s’en balance de ce qu’il pense, il n’était pas avec elle hier soir et cette nuit, il n’a pas vu cette angoisse que l’examen gynéco a bien contribué à apaiser et il ne peut pas comprendre ce besoin viscéral d’être rassurée au moindre accroc. L’interne, il ne compte plus. Monsieur Pimpin est tout ému, les abdos de sa femme se contractent et se relâchent tous seuls, entre sanglots silencieux et rire de soulagement. Ca gêne la manoeuvre alors elle retient son souffle. Les petits sont pile dans la norme, espérons que la prochaine rencontre n’ait lieu que dans 10 jours, comme convenu, pour l’écho officielle.

10 SA + 6.

Pour ne pas faire de suspense pénible et inutile, commençons par hier soir : 10 SA + 5 jours, et deux Polichinelles mignons aux cœurs battant  entraperçus à la faveur de l’écho de contrôle express. Le Caméléon n’était pas en avance, il semblait pressé d’être en week end, peut-être partait-il au ski va savoir, en tous cas c’est allé très vite. Echo sur le ou la De Face, celui ou celle qu’on avait vu dès la première écho, ça a poussé et le coeur bat, à peine vérifié, à peine le temps de respirer une fois, hop on cherche l’autre Polichinelle, le ou la De Profil, celui ou celle qu’on avait pas vu au début, taille identique et coeur qui bat et voilà on coupe, merci bonsoir ! Autant Madame Pimpin a bien kiffé de pouvoir s’assurer de la santé de son troupeau au complet en moins d’une minute, autant elle aurait bien aimé qu’on la refasse moins stressés avec prise de mesure et photo souvenir mais bon, n’oublions pas que ces échos intermédiaires sont un luxe et que le principal est qu’ils aillent bien, alors ça va, on va pas chialer hein c’est pas le genre de la maison bordel.

Le caméléon ne s’est pas tellement ému de l’épisode des urgences, sur lequel nous reviendrons si tu veux bien un peu plus loin. Pour le prélèvement vaginal il est d’accord (merci ILGC)  mais le fera seulement la prochaine fois, c’est à dire qu’à vingt heures du soir passées, le labo est fermé, et les bactéries de Madame Pimpin sont des bactéries de type bactéries normales, si on les laisse toute la nuit à vingt quatre degrès (la Chouette Clinique est surchauffée) elles ne seront plus exploitables. Il a refait les ordonnances pour l’utro et l’acide folique. Quand elle s’était vue remettre son ordonnance pour deux mois d’utro, Madame Pimpin s’était sentie comme prise d’un immense coup de pression : putain deux mois c’est loin. On y est. Encore deux semaines de lutte pour les Polichinelles, deux semaines de prières intensives, et peut-être enfin le cerveau de Madame Pimpin pourra s’asseoir sur un banc et se dire que putain on a fait un bout de chemin. Là tout de suite, entre toi et moi, on en est encore loin.

L’écho officielle du premier trimestre était prévue pour le 24 mars, date calée par rapport à la taille de le ou la De Face le jour de la première écho. Au final, étant donné que ça risque de durer un peu longtemps, vu comme les Polichinelles sont élégamment disposés dans l’utérus de Madame Pimpin, on a recalé ça au vendredi 28. On en sera à 12 SA + 5. Ca va dans le bon sens, même si ça rallonge l’attente… Au moins les 12 SA seront bien tassées. La putain de Déclaration de Grossesse aurait lieu dans la foulée parce que bon, après cette écho il conviendrait de commencer à considérer qu’on est vraiment en cloque par ici, même si Madame Pimpin par mesure de sûreté, aurait préféré attendre d’accoucher pour être bien sûre. C’est dans deux semaines. C’est long et c’est court (comme le temps de l’amour) (avoue que tu kiffes mes références musicales pointues).

A part ça, elle a plein de choses à raconter Madame Pimpin même si elle a du mal à ouvrir WordPress ces derniers temps, par peur de se porter la poisse. Des choses en rapport avec l’oeil du cyclone, d’autres non.

Le Reiki.

C’est fini. Madame Pimpin se demandait si le Maître Reiki lui dirait un jour que le travail est fini. C’est tout de même un peu la preuve suprême pour savoir si on a affaire à quelqu’un d’honnête. Le Docteur Zinzin, lui, aurait toujours trouvé un nouveau prétexte pour planter des aiguilles dans les nichons de Madame Pimpin. A l’issue de la séance (qui tombait à pic, puisqu’elle avait lieu juste après le passage aux urgences), il s’est replongé dans ses notes, et a conclu que Madame Pimpin avait parcouru un sacré chemin depuis sa première séance. Il reste disponible en cas de coup de calgon, ou si les « désagréments » de la grossesse devenaient désagréables (à part l’hypersalivation qui commence à s’estomper, Madame Pimpin, ses symptômes, elle les garde et elle les aime, oui oui, même si elle vomit tous les jours). Alors quand elle a dit au revoir elle était un peu émue, mais contente et fière de ce chemin, aussi.

Loulou.

Les urgences, c’était le 6 mars. Le soir même, Madame Pimpin avait rendez-vous avec Riri Fifi et Loulou ses trois petits cochons neveux. Loulou (qui est une fille), la petite dernière, est née à peu près au moment où les Pimpin ont commencé les essais frénétiques en se penchant sur cette sombre histoire de période d’ovulation. Elle va bientôt rentrer à l’école tu vois un peu le trip. Loulou n’est pas la filleule de Madame Pimpin (on lui a attribué l’aîné, qu’elle adore aussi, premier nouveau né qui lui a donné envie d’être maman un jour, devenu un adorable petit garçon qui se jette dans ses bras quand il la voit) nous disions donc, Loulou n’est pas la filleule de Madame Pimpin. Mais, il a fallu qu’elle bataille un peu Madame Pimpin pour aimer Loulou d’amour, pour faire taire son coeur de connasse infertile, pour la bercer contre son cœur alors que son corps était vide. Bien sûr elle y est arrivé, et de cette bataille est né un attachement très particulier. Ce soir là, Madame Pimpin a longtemps tenue Loulou contre elle, contre ses petits louveteaux à elle. Le nez planté dans ses cheveux, elle cachait ses larmes d’émotion en lui chuchotant des secrets et de la tendresse, pendant que Loulou s’endormait en suçant son pouce, un sourire serein sur le visage.

Léa.

Et puis il y a eu le 9 mars. 9 mars 2012 et la fin de l’innocence avec la fin de cette grossesse déjà trop attendue, à presque 12SA. 9 mars 2013 et la fin programmée de la grossesse de la Petite Chose. 9 mars 2014, l’histoire s’écrit au jour le jour. Mais la vie continue. Et la vie ironique a choisi ce jour particulier pour faire naître, bien en avance, Bébé Ecureuil. Etrangement, ça n’a pas été un drame. Il y avait le souvenir de Léa. Il y avait la vie qui commençait, là-bas. Il y avait la vie peut-être aussi dedans, en double portion pour se venger du temps. Non, finalement Bébé Ecureuil est venu mettre un peu d’espoir et un peu de douceur sur cette journée de souvenir. Ce n’aurait probablement pas été le cas, du moins Madame Pimpin ne l’aurait sûrement pas vu de cette manière là si les Polichinelles n’étaient pas au creux de son ventre. Espérons que le temps lui montre qu’elle n’a pas eu tort d’accepter de laisser entrer un peu de soleil dans tout ça (oui je sais je commence sûrement à te saouler avec mes chansons de marde).

L’état des lieux.

On a presque parcouru une semaine dans le troisième mois de grossesse. C’est foufou. Par précaution plutôt que par nécessité, Madame Pimpin (terrorisée par quelques photos vues sur internet montrant des femmes enceintes de jumeaux énormes, distendues et bousillées du ventre) a commencé à s’oindre l’abdomen d’huile d’amande douce. Ce n’est peut-être pas le produit le plus efficace mais c’est celui qu’elle avait dans son placard, et il était juste hors de question d’acheter quelque chose pour la grossesse avant la fin du mois de mars. J’aime autant te dire qu’elle se sent bien conne à se masser le non-ventre, le soir venu. Mais bon, hein, ça reste bon pour la peau grossesse ou non. Les nausées sont toujours bien présentes au quotidien, les seins douloureux par intermittence. La nouveauté de la semaine c’est que l’utérus commence à faire la gueule et ça fait un peu mal. Alors la douleur, c’est pas grave. La douleur on connait et on gère, la douleur du corps quand c’est pour la bonne cause n’est rien du tout en comparaison avec la douleur de l’attente. Mais le truc, c’est que ce n’est pas spécialement rassurant de sentir des crampes dans son utérus à longueur de journée. Ceci étant il semble que ce soit normal, alors admettons.

Toi.

La semaine qui s’est écoulée, après les urgences, n’a pas été des plus sereines et Madame Pimpin tenait à te présenter ses excuses pour n’avoir pas répondu à tes commentaires sur son dernier article, elle n’a jamais trouvé l’énergie. Mais elle se doit tout de même de dire que ces commentaires là, ils lui ont mis beaucoup de baume au cœur. Et que même si elle n’ouvre pas souvent WordPress ces derniers temps, elle suit tes aventures avec attention.

Du sang. [+édit]

Du sang marron sec et poudreux au réveil. Puis après un haut le coeur nauséeux trente minutes plus tard, un caillot rouge. On file aux urgences d’ici trente minutes dès que monsieur pimpin arrive. 

Madame Pimpin n’a plus mal aux seins. Elle ne panique pas encore, se sent pour le moment plutôt lucide bien qu’elle ait déjà troqué sa vaniuche contre une serviette de FC. Elle n’ose plus bouger tant que monsieur n’est pas arrivé de sa garde.

Faites que mes petits aillent tout de même bien, pitié l’ordre des choses, fais que mars 2014 soit différent de mars 2013 et mars 2012, laisse les moi en bonne santé toute une longue vie et je ne demanderai plus rien.

Les deux petits ont bien grandi et vont très bien. Leur coeur bat comme il faut. Le saignement est a priori du à un petit ectropion du col, dans l’utérus tout va bien. On est putain de soulagés bordel. Merci l’Ordre Des Choses, merci a vous toutes pour les ondes magiques. Ce midi c’est reiki et ensuite, ben… au boulot a dit la sage femme.

Rentrer la tête.

Que c’est effrayant tout ça, passé l’excitation de la nouvelle. Pas qu’il y en ait deux, non, ça c’est juste une bénédiction. Mais la nouvelle a tellement bouleversé les Pimpin qu’elle a momentanément inhibé leur réflexe de retenue et ils n’ont pas pu s’empêcher l’espace de quelques heures de rêver à cet avenir qui se proposait d’exister. Aujourd’hui le réflexe est revenu bien sûr. Mais ce qu’ils ont vu, ils ne peuvent plus l’oublier. Et ça rend les jours qui passent terriblement effrayants.

On est à 8SA+4. On est entré dans l’oeil du cyclone, entre 8 et 12 SA, le cyclone qui vole, qui casse, qui détruit et qui terrifie. Dans le corps de Madame Pimpin, des choses se passent toujours manifestement, mais elles sont différentes des précédentes semaines.

Avant-hier, elle a dit à sa généraliste qu’il y en avait deux. Ensuite à la pharmacie, elle a dit à la pharmacienne que cette fois elle n’avait pas besoin de seringues. La pharmacienne a croisé les doigts. Et le soir même, Madame Pimpin s’est dit qu’elle aurait peut-être juste dû la boucler. Se taire et rentrer la tête en attendant que le cyclone passe au lieu d’être présomptueuse.

Pendant la nuit, elle a senti son utérus se contracter, c’était seulement une fois mais ça lui a fait si peur. Il y a eu des douleurs de règles aussi. Alors c’est sûr à un moment donné il va falloir faire de la place là dedans, ça fait peut-être un peu mal rapport à l’utérus rétroversé. Google a dit que ce n’était pas inquiétant. Mais ça fait si peur.

Et puis il y a eu des pertes blanches un peu liquides (ah ça te manquait mes histoires de fond de culotte, avoue !) alors Madame Pimpin s’est dit marde, mon liquide amniotique se barre. Mais là encore Google a dit : pas de panique, c’est normal.

Et puis aujourd’hui, même si le dégoût des odeurs est toujours là les nausées sont moins fortes, la poitrine peut-être un peu moins douloureuse, ça aussi il paraît que ça arrive, Google a dit que passé 8 ou 9 SA les BHCG diminuent et que de toutes manières les symptômes ça veut rien dire.

Mais bon. Ca, plus l’oeil du cyclone, c’est pas rassurant.

Alors Madame Pimpin regarde les photos de ses deux petits Polichinelles et comme elle ne peut rien faire d’autre pour eux, elle rentre la tête et elle prie à sa façon de païenne pour que l’Ordre des Choses ne lui reprenne pas le joli cadeau qu’elle a reçu.

Dis, toi la Pmette pour qui ça a fini par marcher après une ou plusieurs fausses-couches, tu as fait combien d’échos pendant le premier trimestre ? (ça c’est pour que Madame Pimpin culpabilise moins si elle n’en peut plus au cours des deux prochaines semaines et se démerde pour obtenir une écho clandestine).

[écho] [écho]

On ne peut pas dire que la semaine de Madame Pimpin se soit déroulée dans la sérénité à mesure que la date de l’écho approchait. Ce matin, comme pour aller à la guerre, elle s’est préparée minutieusement : jambes clean, sous-vêtements décents, retrait du vernis sur les ongles de pieds au cas où elle doive passer au bloc dans la foulée, puis elle a lorgné le flacon de bétadine et s’est dit que tout de même ce serait ridicule. D’autant qu’il fallait d’abord se farcir la matinée de cours. Ca te donne un bref aperçu de la sérénité avec laquelle Madame Pimpin vit tout ça.

Arrivée en cours, il a fallu assurer un minimum de concentration apparente et supporter la longueur des minutes. A 11h30 Madame Pimpin n’en pouvait plus, l’adrénaline l’assiégeant totalement (tu sais comme si tu étais sur une montagne russe alors que tu bouges même pas), avec les dents du fond qui baignaient pour couronner le tout. A 12h30 enfin le top départ, l’heure de dévaler l’escalier comme un seul homme et de rejoindre Monsieur Pimpin qui faisait déjà le pied de grue devant le bureau du Caméléon.

Petite demi-heure d’attente la boule au ventre. Puis le Caméléon vient chercher les Pimpin et dans le doute, les félicite à nouveau (c’est qu’il doit être contente ma parole). On passe rapidement à la salle d’écho. Madame Pimpin fixe l’un des boutons de la machine, elle ne veut pas regarder l’écran, trop peur. Elle voit que l’écran s’allume, du coin de l’oeil. Elle ne peut pas s’empêcher, elle jette un demi-regard. Et elle le voit son bébé, elle voit qu’il a grandi alors elle est un peu rassurée et regarde avec les deux yeux en guettant le coeur mais elle n’y connait rien alors elle ne sait pas.

Le Caméléon farfouille là dedans. Madame Pimpin regarde toujours l’écran en attendant l’interprétation. Il s’éclaircit la voix.

Alors on avait dit qu’il y en avait deux, hein.

Et à l’écran apparaît une deuxième forme.

OMG.

Hem c’est à dire qu’on avait dit qu’il y en avait un ?!

Eh bien il y en a deux.

Et ils vont bien ?

On va écouter ça.

Monsieur Pimpin, l’air incrédule, entre dans la petite salle d’écho avant que le Caméléon chamboulé ne pense à l’appeler.

Et ce n’est donc pas une seule fois mais deux fois que les Pimpin, presque quatre ans après avoir jeté la fucking dernière pilule, auront enfin eu la permission d’écouter ce bruit, cet écho de vie qui résonne aujourd’hui en double.

Bon le récit est peut-être un peu confus. Mais cette image… elle était bien réelle : il y a deux bébés et ils vont bien, ils font la taille réglementaire pour 7SA+6 (16 et 17 mm) et c’est juste un truc de fou.

Alors après ça je ne te raconte pas l’état dans lequel la mère Pimpin est retournée en cours (oui parce qu’elle est retournée en cours en mode Iron Man tout de même, juste après ça) et comme il lui était difficile de dissimuler son sourire.

Le Caméléon quant à lui était tout soufflé, et n’a probablement que rarement vu dans sa carrière un couple réagir aussi sereinement à l’annonce d’une grossesse gémellaire suite à une annonce de grossesse simple deux semaines plus tôt, faut dire que depuis le temps, ils ont pu se la poser la question des jumeaux, les Pimpin.

Alors voilà. aujourd’hui, c’est la joie. Il y a plus de risques et on est toujours pas rendus au bout du chemin, il va falloir continuer à serrer les dents en croisant les doigts pour que ça passe, c’est sûr. Mais aujourd’hui, c’est une sacrément bonne nouvelle, et c’est une sacrément belle journée pour les Pimpin, quoi que puissent réserver les prochaines.

Aujourd’hui, c’est bien.

Puis il y en a une qui va pouvoir ouvrir son cabinet de voyante parce que sur ce coup là elle a fait fort (n’est-ce pas Marie-Eve ?)