Beautiful Day.

Samedi soir, Madame Pimpin passe une très chouette soirée chez Madame Poulette, qui célèbre son emménagement avec Monsieur Poulette. On s’amuse bien, l’ambiance est bonne, mais l’ombre du dimanche matin plane déjà comme un vautour au dessus d’elle. Il est une heure du matin, les Pimpin rentrent au bercail. Pendant de longues heures, Madame Pimpin cherche le sommeil. Ca fait trois jours qu’elle ne dort pas, qu’elle pense à Madame Ecureuil. Dans neuf heures, elle saura si son cerveau malade a juste déliré ou si son sixième sens a encore opéré.

Dix heures, Madame Pimpin sort de chez elle. Monsieur Pimpin s’est levé tôt pour aller travailler, ça va être une journée de marde et fallait qu’il soit de garde.

Dix heures quinze, la radio qui a toujours le sens de l’a propos diffuse cette belle chanson de Venus. Venus ne sait manifestement pas que ça va être une journée de marde.

Dix heures trente Madame Ecureuil rejoint Madame Pimpin à l’entrée du marché. Elle ne dispose que d’une heure. Madame Pimpin se dit que ça va être bref mais que c’est pas plus mal.

Dix heures quarante cinq, la conversation tourne en rond. Madame Pimpin pose des questions, Madame Ecureuil n’a pas l’air dans son assiette. Faut dire qu’elle doit bien se douter que Madame Pimpin ne va pas sauter au plafond quand elle lui annoncera sa grossesse.

Onze heures. Madame Pimpin se dit que vu le temps imparti, il serait peut-être temps que Madame Ecureuil crache le morceau (à moins qu’elle ne compte la jouer « bon bah à la prochaine, Madame Pimpin, au fait chuis enceinte »). Pour se donner une contenance, Madame Pimpin achète un melon et y va de sa blagounette avec le marchand.

Onze heures quinze. Bon, bah… Voilà voilà on a fait le tour du marché. Madame Pimpin se décompose minute après minute, propose un café, Madame Ecureuil décline et propose un banc dans le square (nous y voilà).

Onze heures seize, on parle boulot. Onze heures vingt on parle gynéco. Vingt et un, fausse couche.

Onze heures vingt deux, d’une petite voix désolée : – « bon, ben, moi je suis de nouveau enceinte ».

Madame Pimpin était préparée, soupapisée par son article d’hier, réconfortée par les petits mots reçus entre temps, blindée derrière ses lunettes de soleil. Ca fait tout de même l’effet d’un poignard mais le sourire factice ne vacille pas. Madame Pimpin réussit même à se rendre compte que pour Madame Ecureuil il fallait une bonne dose de courage, pour faire son annonce. Elle parvient à garder le sourire quand Madame Ecureuil lui explique qu’en fait, elle n’a pas eu de retour de couche, enceinte direct, « accident » de capote (le gynéco préconisait la pause traditionnelle de trois mois). Elle trouve deux trois mots rassurants quand Madame Ecureuil évoque sa peur de l’écho de datation dans une semaine. Elle avoue que oui, c’est un peu confus dans sa tête et qu’elle ne peut pas s’empêcher de se dire « pourquoi pas moi ? » mais qu’elle est contente de savoir que son amie ne passera pas par le chemin de croix (sursaut d’honnêteté, ça passe ou ça casse… ça passe).

Onze heures trente. Madame Pimpin rappelle à Madame Ecureuil qu’il est l’heure à laquelle elle devait partir. Elles se lèvent. Madame Pimpin embrasse son amie en lui serrant le bras, renouvelle ses félicitations, et lui fait promettre de lui donner des nouvelles après l’écho. Madame Pimpin tourne les talons.

Elle se fraie un chemin parmi la foule du marché, croise des poussettes, des femmes enceintes, et se sent bien seule. Derrière les lunettes de soleil, une larme puis deux. Ravalées.

Madame Pimpin rentre chez elle. La maison est vide. Elle appelle sa môman pour se faire inviter à dîner, et craque. Elle craque tellement que plus un mot n’arrive à sortir de sa bouche (pas commode au téléphone). Le craquage passé, ça va mieux. Et ça va même mieux qu’hier.

Parce que maintenant elle sait, et elle trouve que savoir c’est moins pire que soupçonner. Parce que l’annonce est passée. Côtoyer cette grossesse va rester un truc super hard, Madame Pimpin se repasse en boucle cette conversation de 2010, au cours de laquelle elle parlait de son projet imminent d’arrêter la pilule et que Madame Ecureuil disait qu’elle ne voudrait jamais d’enfants. C’était impensable qu’elle devienne maman la première et pourtant… Il va falloir faire avec et la regarder depuis le quai. C’est légitime, que Madame Ecureuil mette trois ans à se décider. Ce qui craint un peu plus, c’est que les Pimpin n’aient pas eu assez de trois ans pour mettre en oeuvre ce projet. Et ça, Madame Ecureuil n’y peut rien.

36 réflexions sur “Beautiful Day.

  1. Encore une belle réaction de ta part… J’espère que tu as pu trouver du réconfort auprès de ta moman et ton amoureux. Bon courage madame pimpin, on dit qu’après la pluie vient le beau temps…

    • J’ai fait comme j’ai pu, en serrant les dents… Môman a assuré, et le chéri, bien que triste aussi, m’a aidée à me changer les idées. Après-demain, on a rendez-vous chez le nouveau gynéco alors c’est moins dur en ce moment de regarder loin devant.
      Courage à toi aussi et vivement le beau temps !

  2. Oh ça a du être une dure annonce à encaisser encore. Et j’imagine bien que les mois à venir ne seront pas faciles à vivre auprès d’elle tant que tu n’auras pas toi aussi ton lot de cellules qui pousse.
    J’arrive après la bataille pour l’article d’hier mais comme toutes, je comprends ton ressenti. Tu vois moi hier, sur le chemin du retour, j’ai eu 2 larmes bien cachées derrière mes lunettes de soleil en réalisant que même si on avance rien ne garantit un ‘mieux’ demain et j’ai pris en pleine face qu’il me faut faire le deuil d’un « bébé couette » alors que jusque là je m’en tapais pas mal. Puis mes pensées se sont enchaînées jusqu’à me dire mais pourquoi c’est moi qui doit atterrir dans ce lot d’infertiles, pourquoi tout ça en plus des choses que j’ai déjà eu à porter jusque là ? Ca j’arrive pas vraiment à l’encaisser que DNLP ait choisi MA porte et pas celle d’à coté.
    On est humaines et on « pleure » les misères que notre vie amène. Et là il faut pas dire que certaines personnes ailleurs vivent pire, on s’en fout de l’échelle de gravité des événements, ce qu’on vit est moche, ça nous fait mal, c’est pas juste et ça devrait pas exister. Un point c’est tout.
    La « chance » qu’on a dans tout ça c’est d’avoir nos blogs pour y déverser notre peine.
    Je t’embrasse très très fort MadamePimpin et puis si tu le veux bien je te ferai bien un gros calîn virtuel aussi.

    • C’est ce que je trouve le pire, moi aussi ce « pourquoi nous ». Malheureusement le principe de justice, DNLP elle s’en tape. Sinon, on en serait pas là, femmes merveilleuses que nous sommes :)
      Allez viens par là pour le câlin virtuel, on en a toutes les deux besoin.
      Bisous ma poulette.

  3. Je suis comme toi je préfère savoir que rester dans le doute mais bordel que ça fait mal ce coup de poignard.
    Ce que j m disais à chaque annonce de grossesse de mes amies c est : ok maintenant c est mon tour vu qu elle est fécondée, ce qui est fait n est plus à faire alors bordel c est ton tour ma poulette !!! Des gros mimis

    • Yes ! Bon, le truc c’est que les potes sont en train de doucement se mettre en mode fécondation pour le petit deuze, et j’espère qu’on va pas passer notre tour quand tous les preum’s seront servis ! Mais allez, pour le moment on surf sur la vague d’optimisme que nous amène la perspective d’un nouveau médecin alors on regarde devant et pas trop sur les côtés :)
      Gros bisous ma belle, take care !

  4. Bon ben je vois que ça s’est passé comme prévu… En tout cas s’est passé, c’est déjà ça. Et marde on a le droit d’en avoir marre de rester sur le bord du quai à regarder nos amis qui monte dans ce train si beau…
    Des gros bisous madame Pimpin.

    • Eh oui… Un plan sans accroc, le sixième sens semble bien affuté. Je m’étais tellement préparée à ça que lorsque les mots sont sortis de sa bouche, sur l’intonation que j’avais imaginée, j’ai eu l’impression de revoir un film. Bah, comme tu dis : ça c’est fait. Et puis, ma mère m’a dit que si on est tous seuls dans le train on aura plus de place, on voyagera en première (elle est originale ma mère :) )
      Gros bisous à toi aussi Zapppp.

  5. Non Madame Ecureuil n’y peut rien… mais ça n’empêche que ça fait mal. Tu as bien géré malgré tout. Je pense aussi que c’est mieux de savoir. C’est pas l’avis de tout le monde, vu que je viens d’apprendre la grossesse d’une amie… d’une amie commune. Ah ben tu savais pas ? Ben non. Les deux amies en question savent qu’on galère. Je te fais de gros bisous Madame Pimpin.

    • Rha, il n’y a rien de pire que ça… Indélicat, de la part de toutes les deux. J’espère que tu la rejoindras bientôt dans le train ma poulette. Plein de bisous, et courage… Il en faut ^^

  6. Comme c’est difficile cette sorte d’injustice,j’espère très fort que ton tour va vite arriver car l’attente nous abîme trop.Ta réaction est tout à fait légitime.bisous

    • On en apprend des choses, sur ce chemin de croix, mais il nous transforme aussi sur des aspects qui s’en seraient bien passés.
      Je t’embrasse Eve, et je t’envoie plein de pensées en espérant que le ciel s’éclaircisse par chez toi.

    • Eh oui, ça valait mieux comme ça. J’ai appris aujourd’hui qu’elle a bien failli se dégonfler au dernier moment (amie commune) et ça m’aurait fait encore plus mal. Là, j’ai un peu de temps pour m’habituer. Des bisous ma belle.

  7. Coucou Madame Pimpin. On souffre toujours des annonces des autres. J’aurais toujours un pincement au cœur. Il y a quelques jours j’ai appris qu’une collègue dont la fille a 8 mois est de nouveau enceinte, de son 3ème bébé, son mec n’en veux pas il bosse pas etc… autant te dire que je n’ai pu m’empêcher de penser que la vie est sacrément injuste (et c’est un doux euphémisme). Mais il y a des personnes pour lesquelles on arrive malgré tout à être content; et être content pour eux ne signifie pas qu’on a pas le droit d’avoir le cœur qui pique, qui saigne. Après tu le dis toi même: pour Mme Ecureuil, il a fallu une petite dose de courage pour te l’annoncer, il vaut mieux l’apprendre comme ça, en tête à tête et tu as très bien fait de lui dire que c’est confus pour toi. ça sera ton tour un jour, notre chemin de croix fait partie de notre histoire.
    J’ai annoncé à un collègue avec qui je m’entends bien (mais sans être vraiment proches) que j’étais enceinte. Il me félicite gentiment et on papote. Au final on se confie des trucs plus intimes : il me dit que ça fait 1 an qu’ils essayent et commencent à s’inquiéter, je lui parle de mes 2 ans d’attente et de la fiv. On échange sur les difficultés d’entendre des annonces, la souffrance, les doutes etc… il me dit que maintenant qu’il connait mon histoire mon annonce a une autre saveur et il m’a dit une phrase qui m’a beaucoup touchée: « il a une belle histoire ton bébé ». Et pour rien au monde je n’échangerais mon histoire contre une histoire d’accident de capote…. je t’envoie pleins de bisous ma belle.

    • Oui je pense que sur ce coup là, la solidité de notre lien et le fait qu’on se connaisse bien a aidé à faire que les choses se passent « au mieux ».
      Bon, en ce qui concerne l’accident de capote, j’avais pas vu les choses comme ça mais tu m’as fait sourire! Ils le voulaient quand même ce bébé! C’est sur que le tien, et j’ose même dire « les notres », ils auront une bien jolie histoire. Plein de bisous à toi aussi, et j’espère que cette histoire de rhésus (à laquelle j’avoue, j’ai pas tout compris) s’arrange un peu.

      • oui ils le voulaient c’est sûr mais se dire que notre histoire (et oui tu peux dire « les nôtres ») est plus jolie, ça fait quand même plaisir, ça aide à accepter l’attente !! bah quoi, on a dit qu’on avait le droit d’être un peu bitch non? Et puis si je t’ai fait sourire c’est le principal ! (mon histoire est pas encore vraiment résolue, mais pas de nouvelles, bonnes nouvelles! j’attends mon rdv de la semaine prochaine pour poser toutes mes questions, en attendant je fais l’autruche!) bisous

  8. Je ne me souvenais pas que Mme Écureuil ne voulait pas d’enfant. ça rend la situation encore plus… surréaliste. Et je sais de quoi je parle : je me souviens, il n’y a pas si longtemps, trois ans à peine, d’une discussion entre copines. L’une d’entre nous avait dit : « Moi, des enfants, je n’en veux pas. Et je ne peux pas imaginer en vouloir. » Puis, il y a eu un petit « accident »… Il y a trois mois, elle a accouché de son deuxième enfant. Des fois, lorsque je suis au milieu de toutes ces mamans, je hurle dans ma tête. Des fois, ça fait tellement mal, que j’ai peur de péter un plomb. De m’écrouler et de ne plus me relever. Alors je comprends. Et je compatis. Des Bises.

    • Il y a trois ans, elle disait qu’elle n’en voudrait jamais. Son mari en était plutôt triste. Il y a un an et demie quand je leur ai annoncé ma première grossesse avant de savoir qu’elle ne mènerait nulle part, j’ai vu l’envie dans les yeux de son mari, et c’est la première fois que je l’ai entendue dire « un jour peut-être ». Et voilà, dans 7 mois la plupart de mes amies proches seront maman alors qu’aucune d’entre elles n’y pensaient sérieusement au moment où j’ai commencé à me languir. On se serre les coudes Octobre, un jour, on les écoutera nous donner des conseils-nourissons, pleines de nostalgies, et on n’en fera qu’à notre tête en savourant. Je t’embrasse bien fort.

  9. courage Dame Pimpin,
    C’est pas facile d’encaisser les rêves qui se réalisent des autres mais comme on les aime, les pincements et tous le reste ne seront que des à cotés. Tu t’y feras et tu seras même contente pour elle…dans quelque temps. Sois pas trop dur avec toi. Les larmes qu’on lâche aide à passer le cap.
    Bises

  10. Ma tactique c’était de me dire que les bonnes nouvelles étaient bon signe pour moi… Si Kate Middleton est enceinte, mon TEC va marcher! (En vrai j’ai pu me brosser Martine, pour le TEC, mais ça a marché pas trop longtemps après, alors qui sait, ce sont peut-être des signes d’optimisme?)
    Mais putain que c’est dur les annonces quamême. Et toutes ces annonces à la suite…

    Des gros bisous.

    • j’ai constaté que statistiquement, les bonnes nouvelles arrivent toujours après des putains de passages à vide (TG+ après un noël fort déprimant début 2012; TG+ après l’annonce d’un résultat pourrave au test de hühner…) alors voilà, message à DNLP : Madame Pimpin est à point, je répète : Madame Pimpin est à point :)
      J’aime bien ton histoire de signes. Et là, vu ce qu’on enchaîne, c’est vrai qu’il y a de la fertilité dans l’air !
      Gros bisous à toi !

  11. j’ai si bien connu ce sentiment là aussi… je t’admire d’avoir su garder ton sourire, même s’il était de facette…. il m’est arrivé de fondre en larmes lors d’annonces, et de me dire, une fois l’annonce faite « bon, ben tant pis on se verra plus pdt 9 mois, je peux pas »…
    Courage Madame Pimpin, je t’envoie un câlin depuis les montagnes…

    • Je crois qu’avec le temps, je me suis un peu améliorée mais bon va falloir tenir comme ça pendant 7 mois et je sais que ça va pas être facile tous les jours… Merci pour ton petit mot de soutien et prends bien soin de toi ! Des bisous !

  12. Je comprends la difficulté d’encaisser encore une autre annonce, quand toi tu restes encore et toujours sur le quai…
    Mme Écureuil, en te l’annonçant, a prouvé qu’elle tient énormément à toi et à votre amitié. Ca n’a pas du être facile pour elle non plus, cette joie mêlée de tristesse pour toi. Au moins, c’est fait et tu n’auras plus à te torturer l’esprit.
    Je croise les doigts pour le rdv avec le nouveau gynéco !!!
    Bisous <3

    • Non ça ne devait pas être facile pour elle non plus… J’ai beaucoup apprécié sa manière de faire : une vraie amie. Pour le RDV de demain, ça y est j’ai le trac :)
      Des bisous !

  13. Je comprends tout à fait toutes les émotions que tu relates face à cette nouvelle annonce, surtout que tu la pressentais. Par rapport à ton précédent billet aussi, c’est parfaitement légitime, ce que tu ressens, ça ne fait pas de toi une connasse aigrie, pour reprendre tes termes ;-) Je salue aussi le courage de ton amie, qui prouve son amitié en osant cette annonce, en prenant le temps face à face avec toi, même si ce n’est pas facile, ni pour elle, ni pour toi. Mais au moins, elle reconnaît par là que ce n’est pas anodin et qu’y mettre la meilleure forme possible est la moindre des choses, ce qui est pour moi un beau témoignage de respect.
    J’espère que le nouveau gynéco sera le top !

    • C’est tout à fait ça. Du respect pour moi et pour ce que je vis, pas de diminution, pas de déni, et pas de dramatisation non plus… pour le gynéco, je vous raconte tout ça demain ! Bisous !

  14. Tu as eu beaucoup de courage, et je trouve que ton amie a également fait attention pour te l’annoncer, elle se doutait que cela te ferait mal et ne le voulait pas.
    Oui, même si ça fait mal, il faut être contente des grossesses des amies, elles seront les premières à l’être pour nous quand notre tour viendra.

  15. Mince je pleure madame Pimpin.

    J’admire ton courage, et même si c’est très dur à encaisser, je trouve que ton amie à pris des précautions pour te l’annoncer. C’est une vraie amie.

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