10 SA + 6.

Pour ne pas faire de suspense pénible et inutile, commençons par hier soir : 10 SA + 5 jours, et deux Polichinelles mignons aux cœurs battant  entraperçus à la faveur de l’écho de contrôle express. Le Caméléon n’était pas en avance, il semblait pressé d’être en week end, peut-être partait-il au ski va savoir, en tous cas c’est allé très vite. Echo sur le ou la De Face, celui ou celle qu’on avait vu dès la première écho, ça a poussé et le coeur bat, à peine vérifié, à peine le temps de respirer une fois, hop on cherche l’autre Polichinelle, le ou la De Profil, celui ou celle qu’on avait pas vu au début, taille identique et coeur qui bat et voilà on coupe, merci bonsoir ! Autant Madame Pimpin a bien kiffé de pouvoir s’assurer de la santé de son troupeau au complet en moins d’une minute, autant elle aurait bien aimé qu’on la refasse moins stressés avec prise de mesure et photo souvenir mais bon, n’oublions pas que ces échos intermédiaires sont un luxe et que le principal est qu’ils aillent bien, alors ça va, on va pas chialer hein c’est pas le genre de la maison bordel.

Le caméléon ne s’est pas tellement ému de l’épisode des urgences, sur lequel nous reviendrons si tu veux bien un peu plus loin. Pour le prélèvement vaginal il est d’accord (merci ILGC)  mais le fera seulement la prochaine fois, c’est à dire qu’à vingt heures du soir passées, le labo est fermé, et les bactéries de Madame Pimpin sont des bactéries de type bactéries normales, si on les laisse toute la nuit à vingt quatre degrès (la Chouette Clinique est surchauffée) elles ne seront plus exploitables. Il a refait les ordonnances pour l’utro et l’acide folique. Quand elle s’était vue remettre son ordonnance pour deux mois d’utro, Madame Pimpin s’était sentie comme prise d’un immense coup de pression : putain deux mois c’est loin. On y est. Encore deux semaines de lutte pour les Polichinelles, deux semaines de prières intensives, et peut-être enfin le cerveau de Madame Pimpin pourra s’asseoir sur un banc et se dire que putain on a fait un bout de chemin. Là tout de suite, entre toi et moi, on en est encore loin.

L’écho officielle du premier trimestre était prévue pour le 24 mars, date calée par rapport à la taille de le ou la De Face le jour de la première écho. Au final, étant donné que ça risque de durer un peu longtemps, vu comme les Polichinelles sont élégamment disposés dans l’utérus de Madame Pimpin, on a recalé ça au vendredi 28. On en sera à 12 SA + 5. Ca va dans le bon sens, même si ça rallonge l’attente… Au moins les 12 SA seront bien tassées. La putain de Déclaration de Grossesse aurait lieu dans la foulée parce que bon, après cette écho il conviendrait de commencer à considérer qu’on est vraiment en cloque par ici, même si Madame Pimpin par mesure de sûreté, aurait préféré attendre d’accoucher pour être bien sûre. C’est dans deux semaines. C’est long et c’est court (comme le temps de l’amour) (avoue que tu kiffes mes références musicales pointues).

A part ça, elle a plein de choses à raconter Madame Pimpin même si elle a du mal à ouvrir WordPress ces derniers temps, par peur de se porter la poisse. Des choses en rapport avec l’oeil du cyclone, d’autres non.

Le Reiki.

C’est fini. Madame Pimpin se demandait si le Maître Reiki lui dirait un jour que le travail est fini. C’est tout de même un peu la preuve suprême pour savoir si on a affaire à quelqu’un d’honnête. Le Docteur Zinzin, lui, aurait toujours trouvé un nouveau prétexte pour planter des aiguilles dans les nichons de Madame Pimpin. A l’issue de la séance (qui tombait à pic, puisqu’elle avait lieu juste après le passage aux urgences), il s’est replongé dans ses notes, et a conclu que Madame Pimpin avait parcouru un sacré chemin depuis sa première séance. Il reste disponible en cas de coup de calgon, ou si les « désagréments » de la grossesse devenaient désagréables (à part l’hypersalivation qui commence à s’estomper, Madame Pimpin, ses symptômes, elle les garde et elle les aime, oui oui, même si elle vomit tous les jours). Alors quand elle a dit au revoir elle était un peu émue, mais contente et fière de ce chemin, aussi.

Loulou.

Les urgences, c’était le 6 mars. Le soir même, Madame Pimpin avait rendez-vous avec Riri Fifi et Loulou ses trois petits cochons neveux. Loulou (qui est une fille), la petite dernière, est née à peu près au moment où les Pimpin ont commencé les essais frénétiques en se penchant sur cette sombre histoire de période d’ovulation. Elle va bientôt rentrer à l’école tu vois un peu le trip. Loulou n’est pas la filleule de Madame Pimpin (on lui a attribué l’aîné, qu’elle adore aussi, premier nouveau né qui lui a donné envie d’être maman un jour, devenu un adorable petit garçon qui se jette dans ses bras quand il la voit) nous disions donc, Loulou n’est pas la filleule de Madame Pimpin. Mais, il a fallu qu’elle bataille un peu Madame Pimpin pour aimer Loulou d’amour, pour faire taire son coeur de connasse infertile, pour la bercer contre son cœur alors que son corps était vide. Bien sûr elle y est arrivé, et de cette bataille est né un attachement très particulier. Ce soir là, Madame Pimpin a longtemps tenue Loulou contre elle, contre ses petits louveteaux à elle. Le nez planté dans ses cheveux, elle cachait ses larmes d’émotion en lui chuchotant des secrets et de la tendresse, pendant que Loulou s’endormait en suçant son pouce, un sourire serein sur le visage.

Léa.

Et puis il y a eu le 9 mars. 9 mars 2012 et la fin de l’innocence avec la fin de cette grossesse déjà trop attendue, à presque 12SA. 9 mars 2013 et la fin programmée de la grossesse de la Petite Chose. 9 mars 2014, l’histoire s’écrit au jour le jour. Mais la vie continue. Et la vie ironique a choisi ce jour particulier pour faire naître, bien en avance, Bébé Ecureuil. Etrangement, ça n’a pas été un drame. Il y avait le souvenir de Léa. Il y avait la vie qui commençait, là-bas. Il y avait la vie peut-être aussi dedans, en double portion pour se venger du temps. Non, finalement Bébé Ecureuil est venu mettre un peu d’espoir et un peu de douceur sur cette journée de souvenir. Ce n’aurait probablement pas été le cas, du moins Madame Pimpin ne l’aurait sûrement pas vu de cette manière là si les Polichinelles n’étaient pas au creux de son ventre. Espérons que le temps lui montre qu’elle n’a pas eu tort d’accepter de laisser entrer un peu de soleil dans tout ça (oui je sais je commence sûrement à te saouler avec mes chansons de marde).

L’état des lieux.

On a presque parcouru une semaine dans le troisième mois de grossesse. C’est foufou. Par précaution plutôt que par nécessité, Madame Pimpin (terrorisée par quelques photos vues sur internet montrant des femmes enceintes de jumeaux énormes, distendues et bousillées du ventre) a commencé à s’oindre l’abdomen d’huile d’amande douce. Ce n’est peut-être pas le produit le plus efficace mais c’est celui qu’elle avait dans son placard, et il était juste hors de question d’acheter quelque chose pour la grossesse avant la fin du mois de mars. J’aime autant te dire qu’elle se sent bien conne à se masser le non-ventre, le soir venu. Mais bon, hein, ça reste bon pour la peau grossesse ou non. Les nausées sont toujours bien présentes au quotidien, les seins douloureux par intermittence. La nouveauté de la semaine c’est que l’utérus commence à faire la gueule et ça fait un peu mal. Alors la douleur, c’est pas grave. La douleur on connait et on gère, la douleur du corps quand c’est pour la bonne cause n’est rien du tout en comparaison avec la douleur de l’attente. Mais le truc, c’est que ce n’est pas spécialement rassurant de sentir des crampes dans son utérus à longueur de journée. Ceci étant il semble que ce soit normal, alors admettons.

Toi.

La semaine qui s’est écoulée, après les urgences, n’a pas été des plus sereines et Madame Pimpin tenait à te présenter ses excuses pour n’avoir pas répondu à tes commentaires sur son dernier article, elle n’a jamais trouvé l’énergie. Mais elle se doit tout de même de dire que ces commentaires là, ils lui ont mis beaucoup de baume au cœur. Et que même si elle n’ouvre pas souvent WordPress ces derniers temps, elle suit tes aventures avec attention.

Reiki #4.

Jeudi c’était Reiki. Je te le dis tout de suite, il s’est passé un truc étrange pendant cette séance de Reiki.

  • La papote préalable.

Madame Pimpin ressitue l’avancement des choses et commence par un lapsus : on a fait une IAC le 13, IAC qui a fonctionné… Euh pardon, je veux dire l’acte médical a bien fonctionné on a pas eu encore le résultat. Bon ça a bien fonctionné mais c’était très douloureux blablabla… Sors tes rames Madame Pimpin…

Madame Pimpin raconte le rêve où elle délaissait son bébé pour mieux profiter du concert auquel el assistait. Le Maître Reiki lui demande son interprétation. Madame Pimpin y voit :

–          La peur d’être une mauvaise mère, cultivée par cette attente qui dure si longtemps et laisse le champ libre à bien des interrogations. Le Maître Reiki lui répond qu’il n’y a pas de mères parfaites, qu’il ne faut pas cristalliser sur cette notion de perfection. Que les enfants rois à qui l’on cède tout ne font pas de meilleures personnes, qu’il ne faut pas tout faire pour son enfant. Juste faire ce que l’on peut.

–          L’infertilité comme une punition, une sorte de purgatoire dans lequel l’Ordre des Choses la laisse végéter le temps que son vilain état d’esprit évolue assez pour mériter de devenir maman. Le Maître Reiki oriente un peu la conversation sur le pourquoi du mauvais état d’esprit. Madame Pimpin ne le dit pas mais elle repense au sentiment de culpabilité ressenti dernièrement à propos de l’avortement quand elle s’est sentie obligée de justifier des raisons pour lesquelles oui, elle aurait avorté si il lui était arrivé d’être enceinte à un moment où elle considérait qu’avoir un enfant n’était pas possible (putain mais j’imagine même pas le mal que ces inquisitions peuvent faire à celles qui ont vraiment du se retrouver dans ce cas. Et ça me refout en rogne. M’enfin on va pas relancer le débat ça suffit comme ça). Ensuite elle lui parle de celle qu’elle était au début des essais. Son refus de l’allaitement. Ses critiques concernant le congé parental. Ce sont les deux points sur lesquels elle a le plus changé, mais il y a des tas de petites choses dans le fond qui font que cette attente l’a transformée.

–          Le Maître Reiki lui demande ce qu’elle pense de cette attente. Naturellement et sincèrement, Madame Pimpin lui répond que cette attente l’aura probablement rendue meilleure. Par prudence au cas où DNLP l’écoute, elle rajoute que ça ne vaut que pour le cas où ça finirait par fonctionner bientôt, et pas dans des années, sans quoi elle finirait par s’aigrir. Mais oui, il faut bien admettre qu’elle en est convaincue. Jusqu’ici le temps n’a pas été son ennemi. Et encore moins l’ennemi du bébé qui viendra peut-être un jour.

  • Le pendule.

Le pendule est plutôt sage. Madame Pimpin s’ennuie un peu pendant que le pendule oscille au dessus de la représentation du corps humain. A un moment Madame Pimpin se concentre sur le pendule en lui demandant de tourner si elle est enceinte. Une fois ça marche. Deux fois ça marche. Troisième fois, il désobéit. Mouerf. Connard de pendule.

A la fin du pendule, le Maître Reiki demande à Madame Pimpin si elle se sent plus les pieds sur terre en ce moment. Elle prend un peu de temps et répond que dans un certain sens oui, surtout dans sa façon de vivre l’attente cette fois-ci. Moins de questions existentielles. Plus de confiance dans la technique et dans son corps. Plus de confiance en elle concernant sa réaction en cas d’échec. Une attente moins investie qui du coup passe plus vite. Dans les autres domaines aussi, l’impression de s’être débarrassée d’une partie des questions existentielles qui lui polluaient l’esprit. L’impression d’être là à sa place, faisant ce qu’elle peut, et s’en satisfaisant. Dans le boulot comme dans les relations aux autres. Il hoche la tête et lui dit qu’effectivement il la sent « plus connectée ».

  • La manip.

Encore cette fois, l’heure de manipulation passe à la vitesse de la lumière, un quart d’heure en temps ressenti. Aucune senstation physique cette fois. Pas de chaleur dans les yeux ni de tiraillement dans l’utérus.  Ses pensées se baladent, tantôt du côté de son utérus, qu’elle essaie d’encourager au cas où quelque chose soit en train de s’y passer. Elle pense à l’haptonomie qu’elle aimerait vraiment pouvoir pratiquer un jour. Puis elle se balade dans un décor magnifique, au beau milieu des créations de Yosuke Oono (http://www.loftwork.com/portfolios/oonoyusuke) découvertes grâce à Little Miss Shrimp. Le maître Reiki passe les mains sous sa tête.

Elle sent qu’elle plonge plus profondément dans cet espère de coma bizarre. Un étrange image lui apparaît d’abord. Elle commence par la chasser, surprise, car elle ne l’a pas convoquée, l’image s’est imposée, sortant de nulle part. Puis elle saisit une notion d’ouverture, et retient l’image un moment pour mieux la voir. (ouais je sais, on nage en plein délire mais je te jure que c’est vrai et pourtant je suis plutôt sceptique).

L’image représente une sorte de pictogramme lumineux et animé. C’est une sorte de portail noir, plongé dans le noir, qui ne se distingue que par ses contours derrière lesquels on distingue une lumière jaune. Très nettement, d’un mouvement lent mais bien franc, le portail s’ouvre vers le bas, laissant progressivement passer la lumière. Truc de ouf nan ?

  • Le débrief.

Le Maître Reiki demande ce que Madame Pimpin a ressenti. Elle lui parle du portail avec hésitation, l’impression d’être zinzin. Forcément il lui demande de l’interpréter. Forcément, comme une évidence et c’est parce qu’elle le souhaiterait de toutes ses forces, Madame Pimpin lui répond qu’elle y voit le signe que quelque chose s’est ouvert, débloqué en elle. Que peut-être les tiroirs sont à présent rangés. En disant ça, elle baisse les yeux. Peur de paraître comme la fille présomptueuse qui prend ses désirs pour des réalités. Le Maître Reiki lui répond pourtant que son interprétation va dans ce sens également. Madame Pimpin a presque les larmes aux yeux.

On recale une date au 27 février. Le Maître Reiki rappelle à Madame Pimpin que si l’IAC fonctionne, il en faudra quelques unes pour la suite (mouiiii à 50 boules la séance on va pas se quitter comm ça hein ce serait balot). Le problème qu’il semble craindre, ce n’est pas l’infertilité des Pimpin. C’est le risque d’une nouvelle fausse-couche. Gloups. Madame Pimpin elle le sait bien, que quand bien même un jour ce serait gagné, ce ne serait qu’une bataille et pas la guerre. Et quoi qu’il en soit, si ses tiroirs sont maintenant rangés, l’angoisse serait tellement présente malgré tout qu’un peu de coma bizarre ne serait pas malvenu. Note l’emploi du conditionnel au cas où DNLP nous écoute.

Reiki #3.

Jeudi dernier c’était Reiki. Avec une séance perdue au milieu de la stim Madame Pimpin n’a pas trop eu l’occasion de revenir là-dessus, d’autant que sur le coup son ressenti était plutôt mitigé.

Il y a d’abord eu l’habituelle séance de pendule. Le pendule était encore moins agité que la fois précédente, preuve que Madame Pimpin est sur la bonne voie (de la guérison, de la paix intérieure, de la fécondation, on ne sait pas vraiment), sauf qu’intérieurement elle ne ressent aucun changement et commence à se demander si tout ça n’est pas du pipeau.

Après le pendule, place à la séance de papote. Madame Pimpin raconte ses rêves. Le Maître Reiki la laisse interpréter toute seule, la guidant juste un peu. Il en ressort que Madame Pimpin en a ras le pompon de faire des efforts non remarqués auprès de son entourage (essentiellement professionnel et amical) pour se manger en contrepartie une profonde indifférence, voire des reproches. Le Maître Reiki lui dit des choses très sensées, des choses que tout le monde sait mais qu’on a tendance à oublier quand on est dans le feu de l’action.

Que le meilleur moyen de ne pas être déçu des autres, c’est de ne rien attendre d’eux.

Que le meilleur moyen de n’être entourés que de gens qui nous aiment vraiment, c’est de ne pas se forcer à faire des choses juste pour leur plaire.

Que ceux qui ne sont pas capable de voir le bon en nous quand on montre notre vrai visage ne sont pas dignes de notre amitié.

Que se plier en quatre pour faire plaisir à Pierre Paul ou Jacques est bien trop épuisant, qu’on finit par craquer, et que c’est le meilleur moyen de voir les autres vous faire des reproches quand le masque tombe et qu’ils se sentent trompés sur la marchandise.

Alors Madame Pimpin s’est dit why not. Au point où elle en est, autant s’assurer que ses amis sont de bons vrais amis qui l’aiment pour ce qu’elle est et pas seulement pour ce à quoi elle leur sert. De toutes manières elle n’a plus tellement la force de servir à quelque chose pour le moment. Elle s’est mis beaucoup de pression ces derniers temps pour essayer de faire des choses pour faire plaisir aux autres. Au final, quand elle parvient à faire ces choses, tout le monde considère que c’est normal. Et quand elle n’y parvient pas, ça devient un défaut d’engagement. Et elle culpabilise, au point de s’auto-considérer comme une sous-merde. Fuck it. Nan mais laissez moi manger ma banane tout nu sur la plage. Ce sera peut-être l’unique résolution 2014, tiens. Etre plus naturelle, plus vraie, moins se forcer, se préserver un peu plus. Ca fera moins d’heureux mais pour le coup ça rendra très heureux ceux qu’elle tient fort dans son cœur et qui sauront l’apprécier tout de même.

Le Maître Reiki s’est montré très intéressé par la présence des toilettes dans les rêves de Madame Pimpin. Pour lui, ils symbolisent un moyen d’évacuation (tiens tiens, Julys !), nouvelle preuve que Madame Pimpin est en train de vider ses tiroirs. Et puis évacuer, c’est simplifier. Ca va dans le sens du trip «nan mais laissez moi manger ma banane». Exit la pollution.

On est ensuite passé à la séance de Reiki en elle-même. Le Maître Reiki donne une petite couverture à Madame Pimpin, pour ses pieds, et note sur sa fiche qu’elle a tout le temps froid aux pieds. Pendant la séance, Madame Pimpin ne ressent pas grand-chose, ne voit pas d’images, elle est juste détendue (quand le contact physique, qui la dérange tout de même, n’est pas trop appuyé) et pense plutôt à des trucs du genre «qu’est ce qu’on va bouffer ce soir». Elle recommence à se dire que le Reiki c’est bullshit. Cette chaleur quand il traite les yeux (siège des émotions), après tout est ce que ce n’est pas elle qui l’invente ?

A la fin de la séance, le Maître Reiki se met à Reikiser les pieds de Madame Pimpin pour que «tout ça circule mieux», ça la chatouille et la surprend (elle avait oublié qu’elle lui en avait parlé). Ca la fait un peu marrer, parce que depuis toujours elle se souvient d’avoir eu les pieds froids… Et ne voit pas comment ça pourrait changer autrement qu’en mettant des chaussettes.

Séance terminée. Le soir, Madame Pimpin s’endort avec des chaussettes, pour tester. Ah oui, c’est mieux. Tellement mieux que le lendemain, elle oublie les chaussettes. Et le surlendemain. Mais elle n’a pas froid aux pieds pour autant… En fait, elle n’a plus froid aux pieds. Du tout. Même après avoir passé une journée dans des bottes pas étanches un jour de pluie.

Alors elle se dit que ce n’était peut-être pas du pipeau. Et si ça marche pour les pieds, sur un problème facile à vérifier, pourquoi pas pour le reste, ce qui est plus dur à déterminer ? Après tout, elle a un peu progressé, Madame Pimpin depuis la première séance. Elle se vexe moins. Elle évite les situations soulantes. Elle a passé quatre soirées avec des femmes enceintes, sans en ressentir la moindre contrariété (deux avec Madame Ecureuil, et deux autres avec une amie de sa copine Miss Kangourou) et elle est même parvenue à leur poser des questions sur leur grossesse, tout ça, et (accroche toi) elle a eu envie de poser sa main sur le ventre de l’amie de sa copine Miss Kangourou (mais ne l’a pas fait hein, on est pas intimes). Le soir du nouvel an, son J1 a signé l’échec de l’IAC : pas de drame. Au lieu de chouiner, elle a fait des câlins aux tous petits. C’était bien plus apaisant, bien plus énergisant, bien plus réconfortant. Alors… Serait-on sur la voie des tiroirs vides ? Ca ne signifie pas être sur la voie de la grossesse, soyons bien clairs… Mais si ça reste ainsi, l’attente, le vide, et peut-être l’échec définitif seront moins durs à vivre.

Après cette dernière séance, Madame Pimpin a fait un autre rêve. Elle devait s’occuper de son bébé. Mais il y avait des concerts, aussi, donc ça la gonflait un peu de devoir pouponner. Le bébé avait faim, il était sale, il pleurait, mais Madame Pimpin ne voulait pas s’en occuper. La seule chose qui l’empêchait de l’abandonner dans un coin le temps du concert, c’était le jugement de Monsieur Pimpin, absent du rêve, mais dont elle craignait les représailles et les reproches. Ce rêve, elle sait bien ce qu’il vient lui raconter… La peur d’être une mauvaise mère, de ne pas faire bien les choses, de ne pas aimer le bébé comme il faut. Ces peurs jamais avouées mais présentes depuis des années. Peur d’être comme sa grand-mère, de finir comme ces gens-là. Dommage, il n’y avait pas de WC dans le rêve. Ces peurs, Madame Pimpin aurait bien aimé les évacuer… Elle en parlera la semaine prochaine au Maître Reiki en espérant qu’il leur fasse prendre le même chemin que le froid aux pieds.

Reiki #2.

Hier matin, Madame Pimpin s’est rendue à sa deuxième séance de Reiki. Elle n’avait pas tellement envie, d’autant qu’il fallait se lever tôt et que bon, c’est les vacances bordel. Se lever à 7h30 pour atterrir à 9h du matin sur une table de relaxation : chaud.

On s’est refait une petite séance de papote avec le Docteur Reiki, pour commencer. Il lui a refait le coup du pendule, ça a duré un peu moins longtemps et le bouzin était nettement moins excité que la dernière fois. Puis en préambule, le Docteur Reiki lui a posé… la même question que la dernière fois. Bof bof niveau crédibilité. Madame Pimpin le lui a fait remarquer mais ça ne l’a pas démonté, il a juste creusé le sujet un peu plus. Puis Madame Pimpin lui raconte le Yack, les choses étant allées assez vite il n’était pas au courant. Elle lui parle aussi de la Petite Chose et de comme elle ne voudra pas, le jour où elle sera à nouveau enceinte, fliquer le taux à base de pds et d’échos tous les jours.

Il lui a posé quelques questions sur les suites de la première séance. Au risque de le décevoir, Madame Pimpin n’a pas inventé de trip mystique pour lui faire plaisir : il ne s’est rien passé, si ce n’est qu’elle en est sortie détendue, ce qui est déjà pas mal. Le truc c’est qu’elle ne sait pas trop ce qui est supposé changer.

Madame Pimpin s’est ensuite installée sur la table, directement en position allongée cette fois (fini les préliminaires hein, c’est toujours comme ça). (je déconne, oh !) Se souvenant qu’elle avait eu très froid aux pieds, Madame Pimpin a accepté la petite couverture qui va bien. Les main du Docteur Reiki de part et d’autre des épaules, c’est parti. Madame Pimpin est à la limite de s’endormir. Elle lutte un peu, cherche l’inspiration dans la musique bio-bobo. Le voyage commence. Elle survole l’Himalaya, les champs de thé et les rizières. Elle traverse un village qui sent la fumée (mmmh serait-ce Drenka qui chauffe son thé au beurre de Yack ?).

Les mains au dessus des yeux, puis sur les oreilles. Cette étrange chaleur qui se dégage de ses globes oculaires, c’est toujours une drôle de sensation. Les mains sous la tête, ça fait comme une impression de compression dans le crâne, un genre de migraine mais sans la douleur. Madame Pimpin n’est pas très à l’aise rapport au contact physique, mais elle a de plus en plus de mal à lutter contre le sommeil.

Les mains sur la gorge, à nouveau la sensation de voyager. Elle s’endort presque et se réveille en ayant à l’esprit l’image d’un filet métallique très léger, ondulant, fluide, presque comme de l’eau argenté. Elle s’endort à nouveau, maintenant elle a l’impression de voler au dessus d’une immense table de bois (Madame Pimpin aurait été une mouche dans une vie antérieure ?). C’est bien le Reiki, c’est de la défonce bio.

Les mains sur le bas du ventre. Madame Pimpin ne dort plus, elle est attentive à tout ce qui se passe dans son corps. Comme l’autre fois, ça tire beaucoup et elle sent tout ses organes. Elle imagine des cellules en train de se diviser pour former le début d’une vie, mais l’image ne prend pas. Elle lâche l’affaire et cette fois s’endort pour de bon. Au bout d’un moment, le Docteur Reiki lui annonce que c’est terminé. Quand elle lui dit qu’elle dormait presque, il lui répond qu’elle a le droit : ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.

Madame Pimpin se rassoit sur la chaise, la papote recommence. Madame Pimpin a clairement la tête dans le boule et n’est pas très concentrée. Elle explique au Docteur Reiki que pour elle les deux peurs sont identiques : la peur de ne pas être enceinte, la peur de l’être. Ce qui est bien avec lui c’est qu’elle arrive à bien verbaliser tout ça et il semble l’écouter avec attention.

On recale la prochaine séance. Docteur Reiki marmonne que début janvier ce sera bien pour accompagner les premières semaines de développement. Les Qwâââ ? Voilà que Madame Pimpin se met à buger intérieurement. Il a senti quelque chose ? Il pense que je suis enceinte ? Il a communiqué avec le bouzin intérieur ? Chuis enceinte ? Bon. De toi à moi, on sait bien que c’était seulement de la pensée positive. C’est bien pour ça que Madame Pimpin s’est contentée d’un petit sourire. Prochaine séance le 9 janvier. Quoi qu’il se passe, ça ne fera pas de mal.

 

Reiki #1.

Hier soir, Madame Pimpin s’est rendue à sa toute première séance de Reiki. Histoire de partir sur de bonnes bases et d’être bien détendue du ganglion avant d’y aller, le trafic s’est évertué à la mettre en retard. Pour couronner le tout elle a eu un mal de chien à localiser le cabinet malgré l’aide du gps. C’est donc une Madame Pimpin essoufflée, le coeur battant, limite au bord de l’apoplexie, qui s’est présentée devant la porte du cabinet.

Entrer sans frapper.  Ok. La porte poussée fait tinter un carillon japonisant. Madame Pimpin prend place sur l’un des petits sièges et imagine le drôle de Biologiste assis là, attendant sagement so  tour. Elle étouffe un petit rire, commence a se détendre.

Le Docteur Reiki ouvre la porte. Il n’est pas japonais ! Bon, en même temps Village Sur Mer n’est pas forcément réputée pour sa  diversité ethnique ni sa richesse culturelle, et doit compter seulement deux Japonais et un Ouzbek perdus là depuis la dernière guerre. Donc passons. Le Docteur Reiki inspire la confiance et semble être un bonne personne.  Cette impression sera confirmée dans les dix minutes suivantes, par sa manière attentive, bienveillante et dépourvue de préjugés d’ecouter la complexe réponse de Madame Pimpin lorsqu’il demande la raison du rendez-vous.

Tout y passe, le parcours, le ressenti, le temps qui passe, les effets possibles du blog sur la capacité à vider les tiroirs de la commode. Madame Pimpin, curieusement à l’aise – d’habitude il lui faut environ dix ans pour se sentir libre et naturelle en présence de quelqu’un d’autre (j’exagère à peine), réussit a formuler très clairement une phrase qui résume bien son problème avec FC1. J’ai tellement envie d’avoir un enfant que je prends ce que j’ai eu et qui s’en rapproche le plus… et je le fais grandir dans mon  coeur, je n’arrive pas à m’en séparer.

Le Docteur Reiki passe au diagnostic. Il tient dans sa main droite un pendule de cristal qu’il ballade au dessus d’un schéma représentant un corps humain et sur lequel 5 points figurent probablement des centres énergétiques ou des points stratégiques. Madame Pimpin, pendant ce temps là, doit lui donner la main gauche. Ouille, contact physique, pas son  plus grand kiffe, surtout depuis que ce connard d’ l’acupuncteur lui a planté des aiguilles dans les boobs, mais bon, la main passe encore. Au début, elle sent une curieuse chaleur émaner de la main du Docteur Reiki. Ca dure une éternité, à la fin elle ne sent plus son bras ankilosé et elle en a sérieusement marre tandis que le Docteur Reiki se concentre à fond et que le pendule s’affole à chaque fois qu’il passe au dessus du point placé sur la tête ou sur l’utérus le bas du ventre du personnage dessiné. Docteur Reiki repose enfin le cristal turbulent, respire à fond, regarde un peu ailleurs (bordel j’ai un cancer de l’utérus, je suis foutue je le savais) et sur un air décidé laisse échapper un « bon! » qui sonne comme « à l’attaque ».

Quelques questions personnelles plutôt bien ciblées dont je t’epargnerai la substance, et puis on commence. Madame Pimpin est assise sur une chaise et Docteur Reiki pose ses mains sur ses épaules puis sur sa tête puis en face de ses yeux. Là, objectivement, elle sent la fameuse chaleur décrite dans les témoignages qu’elle a lus précédemment. Spontanément Madame Pimpin visualise des filaments de sangsues noires qui s’échappent de ses pensées. Charmant nan ? Bon, ça montre qu’il ne se passe pas rien. On passe à la table. C’est plus facile de se détendre. Le Docteur Reiki propose une couverture, la petite musique zen fait son effet.

Les mains se posent sur la tête. La gorge. Madame Pimpin a du mal à lâcher prise. Les mains se posent sur le coeur. Madame Pimpin reçoit une image très réaliste d’une petite fille un peu triste s’eloigant sous la pluie avec son cartable. Plus tard elle décrira cette image au Docteur Reiki avec beaucoup d’émotion. Les mains se posent sur le ventre. Madame Pimpin sent les ovaires et l’utérus tirailler (J1 en approche ?) et reçoit une autre image, celle d’un gros bébé en bonne santé dans son ventre.

La séance est finie. Madame Pimpin est détendue. Peut être encore un peu dubitative sur la chose, mais prête à poursuivre l’expérience. La relaxation lui a fait beaucoup de bien et la discussion l’a satisfaite. Le Docteur Reiki est rassurant, il ne promet pas d’autre miracle que de redonner confiance, ce qui est honnête et déjà bien, il n’est pas paumé et ne part pas dans des délires mystiques quand on lui dit 90% d’atypiques…

Bref, jusqu’ici tout va bien, prochain RDV le 12.