En Vrac #22.

Le retour à la Grande Boîte.

Honnêtement, Madame Pimpin ne pensait pas survivre. Après avoir passé une semaine complète à dormir onze heures par nuit plus une heure le matin, plus deux heures l’après-midi, et ce jusqu’à hier soir, c’était pas gagné pour se lever à 7h, rattraper les quelques 300 mails en retard, se remettre à jour tout en enchaînant les réunions, mais finalement ça l’a fait. Et ça l’a fait sans incident majeur j’entends. Madame Pimpin ne s’est pas mise à pisser le sang, les symptômes n’ont pas disparu, la journée ne s’est pas terminée aux urgences contrairement à ce qu’elle imaginait craignait.

La rentrée scolaire.

Après-demain, Madame Pimpin, équipée de son beau cartable tout neuf (nan je déconne hein) posera ses délicates fesses sur les bancs de l’amphi dans la chouette école qui sera la sienne pour deux ans. Alors forcément ça ne plait pas au Chef Sympathique. Mais alors… Je ne te raconte même pas sa tronche quand il a découvert que les samedis de cours seraient récupérés via des journées de congé. Désolée mon poto c’est juste les conventions collectives, histoire que ces faignasses de salariés puissent se maintenir à leur rythme de parasite avec un nombre d’heures maximum par semaine. Nan parce qu’entre toi et moi, Chef Sympathique, tu crois quand même pas que si j’avais voulu me farcir le diplôme en mode Survie, j’aurais attendu sept ans et d’être en cloque peut-être on a dit on se projette pas pour qu’il soit pris en charge par la Grande Boîte hein ? Tu te doutes quand même bien que j’aurais tapé dans la butte bien avant, nan ? Bon. Madame Pimpin est contente qu’il ait kiffé la petite surprise. Ca promet d’être fun si un jour elle a la chance de lui annoncer qu’elle a un polichinelle dans le tiroir.

Les (autres) femmes enceintes.

C’est très dur à supporter. Et ce n’est carrément pas moins dur qu’avant d’avoir fait virer ce TG+. Il y a les femmes enceintes depuis l’été dernier, Madame Écureuil et Madame Chaton. Madame Pimpin ne veut pas les voir. Elles vont démouler en mars. Mars, anniversaire des fausses couches. Mars, date prévue pour l’écho des 12SA si l’Ordre des Choses permet d’aller jusque là. Donc ça fait chier, les femmes enceintes de cet été, d’autant que les Chatons se font de plus en plus persistants dans l’idée de se faire une petite bouffe avant le démoulage (genre quoi, on va tous mourir ensuite ?) et appellent les Pimpin environ toutes les semaines pour les inviter à ripailler. Tu pense qu’elle en a fort envie Madame Pimpin, d’aller non-ripailler et risquer de se faire griller chez une 34SA, LOL quoi. Madame Ecureuil se tient un peu plus tranquille car elle doit penser qu’IAC2, dont elle ne connaissait pas la date précise, aura lamentablement échoué. Alors par pudeur elle se tient à distance, thank you god, thank you life, thank you Los Angeles*.

* inspiré du discours de Marion Cotillard à LA pour son rôle dans La Môme.

Il y a Madame Cigogne, celle qui s’appelle R. dans cet article. Celle qui en est à deux mois de grossesse, celle qui était stérile et qui n’a pas fait exprès d’être enceinte et trouve ça dur dur les prises de sang mensuelles (au nombre de deux, donc). Eux, ils vivent normalement. Elle ne reste pas enfermée chez elle une semaine entière enroulée dans une couverture à claquer des dents de peur de bouger et de perdre le bébé. Ils vont à des concerts. Ils vont au resto, ils vivent. Ils sont heureux. Et comme ils sont heureux ils veulent que tout le monde le voit. Alors comme témoins de ce bonheur, ils se sont dit « oh tiens, faisons appel à ces chers Pimpin, invitons les à ripailler ». Bah nan. Foutez moi la paix.

Tu me diras, c’est un peu ce que Madame Pimpin à envie de répondre à tout le monde (« bah nan, foutez moi la paix ») (faut suivre un peu). Même à Madame Zébulon sa BFF, qui depuis trois jours essaie de la joindre, elle voudrait répondre d’aller au diable. Le Caméléon a écrit sur un post-it « DDG le 4 avril » et il a donné le post-it à Madame Pimpin. Et d’ici là Madame Pimpin, elle voudrait rentrer dans le ventre de la terre, ou dans le ventre de sa mère, pour que son ventre à elle et ce qu’il contient peut-être soient à l’abri de tout. Maaaais bon ce n’est pas possible.

Le problème avec ces femmes enceintes, c’est qu’elles vont toutes continuer tranquilou leurs grossesses, comme des fleurs, sans épée de Damoclès au dessus de leurs jolies têtes. Et si une seule doit encore se manger une porte, ce sera Madame Pimpin. Et elle redoute tant d’avoir à les regarder continuer leur route, sans affolement, si pour la quatrième fois il fallait remettre les pieds dans les starting blocks.

Va y avoir du sport.

Madame Pimpin te disait l’autre jour qu’elle avait décidé de caler l’écho de la huitième SA à la toute fin de la semaine histoire d’en avoir fini avec ses obligations et d’avoir le week end pour se reposer de ce qu’elle aura constaté. Elle avait donc fixé la chose pour samedi 12h30, armée de Monsieur Pimpin. Ah Ah Ah la blague. A se demander si son cerveau n’a pas carrément fondu. Parce que ça, c’était sans compter que le planning de la chouette école, il prévoir d’avoir cours aussi le samedi après-midi (nan mais Madame Pimpin, va pas me dire que tu ne le savais pas). Il va donc falloir samedi qu’elle quitte le cours dix minutes avant la fin, le matin. Pour se ruer chez le Caméléon et y rejoindre Monsieur Pimpin. Attendre probablement deux plombes, que Môsieur le Caméléon purge son retard. Et puis nature peinture, vivre le moment le plus angoissant de toute l’histoire #2. Pour retourner en cours dans la foulée et quoi qu’il arrive, en retard d’une bonne heure. Le tout, lors de sa première semaine de cours. Tadââââ.

Topo de 7SA +1 (lecture facultative hein).

7SA +1 en ce lundi post-grippe (un muscle intercostal déchiré à force de tousser tout de même, belle perf’ nan ?) (ça fait mal) (si quelqu’un ou quelque chose a survécu à ces quintes de toux ahurissantes, respect). Les boobs sont toujours douloureux, plus ou moins, mais parfois ça fait très mal. L’appétit est réduit à néant, après plusieurs jours de fascination pour le gras (crêpes complètes, burgers, pizza aux huit fromages et compagnie) il y a une dizaine de jours, c’en est fini. Madame Pimpin ne tolère que les fruits, les viandes maigres, les cuissons sèches, les légumineuses et les yaourts (et les barquettes de Lu à la fraise également, et le jus de pomme). Elle a des nausées aussi. Toute la journée, suffit qu’elle croise une odeur dégueu (au top du top : café et / ou clope, plutôt commode pour une ancienne fumeuse) pour que les hauts-le-coeur surviennent. Surtout quand elle a l’estomac vide. Et des fois elle vomit. Samedi dernier le soir de la première écho, trois pauses obligatoires sur un trajet de 6km sous peine de repeindre la bagnole (heureusement qu’à Village Sur Mer on n’a pas de métro, j’te le dis). Et ce matin, hop un petit coup de bile au p’tit dèj. C’est dégueulasse hein. Pourtant c’est bien la seule chose en ce moment qui donne le sourire à Madame Pimpin. Voilà à quoi on en est réduit après cette fucking PMA et après ce fucking acharnement de DNLP : kiffer de vomir sa bile à 7 heures du matin. Et puis son dernier symptôme c’est que toutes les cinq minutes, les larmes lui montent aux yeux. Et elle devient hyper sentimentale et hyper lyrique. Du style à entendre quelques petits rires étouffés dans l’assemblée en réunion quand elle défend un sous-traitant outsider avec panache, verve, passion et émotion.

Elle n’avait jamais eu tout ça, avant, Madame Pimpin. Avec G1 et G2 elle cumulait 20SA ou 16SG, et là avec ses 7 petites SA +1, elle a genre mille fois plus de symptômes. Alors on sait tous très bien que ça ne veut rien dire et que ça ne prouve pas qu’elle a des raisons d’être rassurée. Ca ne veut pas dire que samedi, elle pourra retourner en cours sans cacher ses larmes d’un poing rageur, en mode pilote automatique. Ca ne veut rien dire du tout. Mais curieusement, connement, presque, ça lui donne envie d’être un tout petit peu tranquille pendant une minute. Là. Juste soixante secondes de répit. Pfiou. Ca va mieux. Mais c’est déjà reparti.

6SA+3.

Ça continue, et c’est toujours avec étonnement que Madame Pimpin se réveille le matin en se disant que ça continue pour le moment. Enfin, ça continue, de ce qu’elle en ressent hein. En vrai de vrai on le saura seulement dans 10 dodos.

Madame Pimpin n’est pas super bavarde en ce moment, tu te doutes bien pourquoi. Déjà elle a été super malade (bon ça tu n’es pas supposé t’en douter on est bien d’accord) ce qui lui a valu de passer son temps à dormir, tousser et prendre du Doliprane, puis de perdre sa voix. Elle est donc allée voir le Docteur Chouette, sa généraliste, qui l’a arrêtée tout la semaine vu « les circonstances », craignant que ça ne tourne à la grippe carabinée. Exit, donc, le vilain déplacement à Grande Ville. Exit aussi le concert d’IAM, mais crève ou pas crève, vu les antécédents de la mère Pimpin ça n’aurait peut-être pas été le summum de l’intelligence d’aller danser le mia pendant trois heures dans une douce fumée d’herbe (ne nous leurrons pas, la jeunesse de Village Sur Mer fume elle aussi du choucoutoum ce n’est pas le luxe exclusif des Vraies Villes…). Bref, c’est le meilleur pote du Petit Frère qui se frotte les mains, s’étant vu attribuer le précieux sésame.

A part ça il y a deux raisons fondamentales à son absence de déballage bloguesque.

La première c’est qu’elle a peur. C’est que chaque mot couché ici ou ailleurs devient une preuve, un souvenir, de la matière. Et si elle est très heureuse de ce qui lui arrive elle a surtout peur qu’on le lui vole brutalement. Elle sait trop bien ce qui arrive ensuite. Elle a peur et sans cette peur, elle se serait peut-être transformée en espèce d’octobrette 2014 à t’agrémenter de stupides lolilol, hihihi, la vie est trop géniale, et autres niaiseries. Mais il n’y a pas que la peur.

Il y a aussi qu’elle sait ce que c’est d’être de chacun des 3 côtés de cette barrière. Du côté de celles qui attendent et regardent passer les trains. Du côté de celles qui viennent de perdre l’espoir qu’elles portaient et regardent les autres continuer la larme à l’oeil, et c’est ça le plus terrible. Du côté de celles qui ont de la chance mais savent qu’il faut marcher sur des oeufs. Alors, il n’est pas question ici de jouer la rabat-joie vis à vis de celles qui peuvent passer facilement du côté « j’attends mon tour » au côté « ça y est c’est la fête », il est juste question de dire qu’elle, elle ne peut pas et qu’elle ne veut pas le faire ni s’associer à ce genre de choses.

Alors voilà. Cette semaine Madame Pimpin se repose et elle en a bien besoin entre remise sur pieds, fatigue et nausées certes encourageantes et un peu rassurantes. La semaine prochaine elle commence les cours, en espérant que cette nouveauté fasse vite passer les jours jusqu’à samedi midi… Parce qu’elle a si peur Madame Pimpin, qu’elle a pris un RDV avec le Caméléon à la toute fin de sa semaine histoire d’avoir du temps ensuite. Elle a aussi calé un point avec le Maître Reiki pas trop longtemps après.

Le fait que ce début de grossesse se produise exactement au même moment que les deux premiers n’est pas pour aider à se sentir super euphorique…Madame Pimpin en a parlé au Maître Reiki qui ne lui a pas été d’un grand secours (la séance n’était pas terrible, et le lendemain Madame Pimpin a rêvé qu’elle perdait la moitié d’une dent et se trimballait tout le reste du rêve avec son bout de dent dans la main en attendant que le dentiste la lui répare… pas glop). Les dates difficiles foisonnent en ce début d’année. Heureusement la providence incarnée par Miss 28JEDB et cet article qui parle de Cé est venue rappeler qu’une date difficile une année peut correspondre à une date plus heureuse l’année qui suit. Alors elle s’accroche à cette notion là et parvient à rester un peu zen.

Pour finir sur une note un peu mystique mais plus joyeuse, Madame Pimpin a été très surprise ces derniers temps par un certain nombre de coïncidences.

Un sms reçu de Madame OPK sa copine IRL (pas du tout au courant du TG+ qui est gardé secret), la veille de l’écho, qui lui disait qu’elle pensait tout particulièrement à eux ce soir là, sans savoir pourquoi, et qu’elle allumait une bougie spéciale pour qu’un jour enfin, un enfant puisse connaître la chance d’avoir les Pimpin comme parents (bordal je chiale encore en écrivant ça).

La Soeur de Madame Pimpin, qui la semaine précédent le TG+ a rêvé que ce serait +, et qui a ensuite harcelé la mère de Madame Pimpin pour en savoir plus.

Le Chouette Pote qui vit à 12000 kilomètres, qui a réussi parmi le bon millier de photos de Madame Pimpin sur Fesse de Bouc à exhumer il y a deux jours l’une des seules photos publiées de Madame Pimpin enceinte et radieuse il y a deux ans à la même époque. Presque personne ne sait qu’elle est enceinte sur cette photo. Mais le Chouette Pote a écrit un gentil commentaire sur cette photo, et depuis la plupart des amis de Madame Pimpin on fait de même… Et franchement vu de sa fenêtre ça fait super bizarre, que soudainement tout le monde s’intéresse à cette photo.

Et puis maintenant le rêve de Mrs F, un truc de fou.

Alors Madame Pimpin espère que tout ça, ce sont de bons signe, et elle espère que ça continue pour de vrai. Et elle s’appuie un peu sur tout ça pour continuer le chemin.

Le bout des nerfs.

La balle est toujours armée dans la main du camp adverse, Lisbeth se les caille dans son short trop large et Britney vient de finir de flinguer son top coat glitter, du bout des dents, bientôt ses ongles seront nus. Pendant ce temps là Madame Pimpin tremble toujours.

Pendant ce temps là Madame Pimpin mène une vie infernale.

Deux heures d’attente dans le froid sur un banc hier matin parce que le train pour Frite -Ville était en retard, après une mauvaise nuit, un réveil à 4h30, départ a 5h30, et un avion plein de gougniafiers.

Des réunions qui s’enchaînent toute la journée, il faut lever le ton pour préserver les intérêts de la Grande Boîte pourtant la voix est cassée par le stress et la vilaine crève qui rend tout très chiant, et les pensées sont à des lieues de cette bouffonnade civilisée.

Un train pris après une course folle, coup de sifflet du chef de gare, valise, ordinateur, tout porté a bout de bras et a l’arrache et toujours cette maudite crève. Journée de 15 heures.

Une traversée de Grande Ville au pas de course entre averses glacées et metros bondés. Les pensées maniaques orientées sur une seule question, la terreur dans le ventre.

Une bulle de répit, la simplicité d’un repas simple mais élégant dans un endroit joli, avec une chouette amie. Secrets partagés, parler d’autre chose, sourire, rire, certaines bonnes choses ne prennent pas d’âge.

Une nouvelle nuit très mauvaise, nouvelles réunions, courbettes, nouveaux rush a travers les artères bouchées d’une ville saturée, puis nouvelle cavalcade dans ses entrailles. Un avion pris in extremis, le dernier de la journée, qui à l’heure ou elle t’ecrit ramène Madame Pimpin à Village Sur Mer. Il fend la nuit comme un couteau, elle ecoute Nina Simone. Il la porte et la berce doucement, bienveillant. Enfin de la bienveillance.

Demain soir, ce sera le soir ou l’IAC1 avait échoué. Alors la balle, dans la main du camp adverse, reste une plus que probable menace. Elle la sent venir comme si l’espace était déjà modifié par la trajectoire qu’elle s’apprête à prendre.

Mais ce soir Madame Pimpin est reconnaissante envers l’ordre des choses. Si depuis 3 jours elle en mange plein les dents, ce n’est rien. Pas grave. Rien de mauvais qui vaille qu’on s’en souvienne demain. Ne restera que le beau dîner et quelques chouettes sms échangés, quelques mails apaisants reçus de douces mains.

La seule chose qui pouvait vraiment atteindre Madame Pimpin n’a pas eu lieu. Elle sera dans sa zone de confort quand le J1 arrivera. Pas dans le métro. Pas seule dans la foule. Pas dans une triste chambre d’hôtel impersonnelle et froide. Pas en train de se battre comme une chiffonnière pour la Grande Boîte. Une belle mort se dessine pour le onzième cycle de cette tentative d’obtenir une troisième grossesse. Une mort douce, parmi les siens.  et il le mérite bien.

L’avion se pose juste quand il faut, doucement et avec bienveillance.

Hand Ball.

De toute sa vie, Madame Pimpin a rarement vécu d’expérience plus traumatisante que de séjourner dans une cage de Hand Ball. Si tu es un peu maladroite comme elle, et de surcroit pas très vive, tu dois bien comprendre cette sensation d’être plantée là, à la merci de la grosse patate que tu vas irrémédiablement te manger dans la face, que même l’esquiver t’es trop nulle pour y arriver, et que tu voudrais courir pour y échapper sauf qu’il y a toute la 4eme C en face de toi et que tu as un minimum de standing à assurer.

Bon. Eh bien les trois premiers jours de cette semaine ressemblent un peu à ces chouettes moments passés à attendre de se manger une balle de Hand Ball en pleine face.

Il y a d’abord eu l’évaluation chefesque, exercice annuel. Ah on en a déjà parlé, du Chef Sympathique. Autant te dire que hier matin Madame Pimpin s’est pointée au boulot la mort dans l’âme. Mais pourtant, figure toi qu’elle a arrêté le but ! Evaluation passée haut la main, notation maximum. Et de un. Si quota il y a on est mal.

Et puis il y a eu hier après-midi. Une classe de 20 djeuns endormis à qui il a fallu faire cours pendant 4 heures (______________________) (minute de silence en l’honneur de Lucette qui gère haut la main ce genre d’exercice). Horreur, en arrivant, Madame Pimpin s’est rendue compte que le responsable pédagogique, peinant probablement à trouver des intervenants, lui avait un peu survendu ses pioupious : ils n’avaient, pour la plus grande partie, jamais entendu parler du sujet que Madame Pimpin venait leur présenter. C’était une première expérience du genre pour Madame Pimpin et c’était super paniquant d’autant que ces jours ci elle ne tolère que la présence de son mari et de son chat. Même aller acheter du pain, c’est hyper violent pour elle. Et pourtant figure toi qu’elle a arrêté le but ! Tremblante face aux élèves elle a réussi petit à petit à les intéresser, à leur faire intégrer son charabia, et au moment du cas pratique elle n’arrivait plus à les arrêter ! Et de deux. Si quota il y a, on est vraiment mal.

Ce matin, c’est avion à 6 heures du mat, direction Grande Ville, puis Frite Ville, puis Grande ville à nouveau demain. Ce matin, c’est 15dpo, le quota de balles arrêtées et probablement atteint, J1 peut débarquer à tout moment et venir exploser dans la face tremblotante de Madame Pimpin qui l’attend dans sa cage. Avec l’Utro, il n’y a pas de préavis, il arrive, point.

Alors elle a essayé de se blinder le moral. Elle a essayé de se dire que quoi qu’il arrive elle allait survivre. Mais ce n’était pas convainquant. Elle a donc fini par convoquer ses deux copines.

Cette fois, elles se taisent et ne se disputent pas. Cette fois elles ne supposent rien, elles sont juste là, à côté. Elles tiennent la main de Madame Pimpin et elles seront là au moment de l’impact. Lisbeth a sorti son short et ses hautes chaussettes de sport, elle a même enlevé ses piercings. Britney a sorti sa jupe plissée et ses socquettes de tennis. Madame Pimpin a peur mais elle sait qu’au moment de l’impact, Britney lui fera un gros bisou et lui donnera un cupcake à la violette. Elle tremble mais elle sent que quand ses os se briseront, Lisbeth posera sa main froide sur son épaule, lui murmurera de rester digne bordel, puis lui servira une grande rasade de vodka.

C’est cool quand même d’avoir de vrais amis pour faire du sport, non ?

PS : Aujourd’hui et demain Madame Pimpin sera busy busy. Excuse d’avance son laconisme quand elle viendra t’annoncer la défaite. Ce sera court et ce sera pas lol, mais plus que jamais elle aura besoin de ton épaule virtuelle pour pouvoir virtuellement chialer sa race, tandis qu’IRL elle devra garder la face devant les Gougniafiers réunis et quelques industriels malotrus.

Check List Pmesque.

« Déjà » 4 mois que Madame Pimpin est officiellement entrée en PMA. Jusqu’ici, bien que partageant toutes les questions existentielles qui vont avec, elle s’en sentait un peu exclue avec son clomarde et ses grossesses spontanées mais inachevées et nourrissait une sorte de complexe de l’imposteur. A présent, forte de son immense recul de quatre mois, elle est une Pmette une vraie, avec des seringues et tout et tout. Elle peut donc se permettre de parler au titre de son expérience, de donner des conseils tout ça. Alors, si tu me demandais «Madame Pimpin explique nous ce dont il faut disposer pour entreprendre sereinement une entrée en PMA», avouons que tu brûles de poser cette question, voilà la réponse sous forme de check-list.

Le staff médical qui va bien, composé de :
– Un gynéco compétent, humain de préférence mais ça, c’est pas garanti.
– Une secrétaire de gynéco disponible et gentille, qui sait ce qu’est la PMA.

– Un biologiste équipé d’un labo PMA qui communique clairement sur les formalités administratives (voir check-list IAC à venir).
– Un labo adapté pour faire les pds (adapté, comprendre : pas trop loin de la maison, mettant les résultats à disposition dans un délai décent).
(concernant ces trois derniers points, le mieux étant bien sûr de pouvoir tout faire au même endroit, mais ce n’est pas toujours possible, dans ce cas se référer au plan ci-après).
– Des mages de la médecine douce (ostéo, acu, reiki, sofro… qu’importe le flacon) pour compenser le manque d’humanité dudit gynéco.
– Une bonne mutuelle, pour payer tout ce beau monde.
– Une pharmacienne pas trop débile, dont on s’assure qu’elle nous connait en lui vouant une fidélité irréprochable.
– Le numéro de téléphone d’une infirmière à domicile. Pratique pour discuter le bout de gras et se procurer des aiguilles.

Les équipements médicaux :
– Alcool (pour désinfecter).
– Alcool (à boire).
– Seringues, aiguilles, coton ou compresses.
– Tests d’ovulation pour les mois de pause forcée.
– Tests de grossesse good quality (en PMA exit la marque Simply Marde).
– Thermomètre.
– Se faire poser des veines dignes de ce nom, qui ne claquent pas au moindre prétexte.

Le support psychologique :
– Un mari / époux / compagnon / amoureux, qui te soutient et que tu soutiens et même que vous vous aimez.
– Un blog. Je t’assure, tout ira mieux une fois que tu auras écrit.
– Des amis. Triés sur le volet. T’affoles pas pour le tri, ils se trieront eux-mêmes, va.
– Une famille, qui de préférence a fini de pondre.
– Une maman avec des gentils bras. Surtout si tu as la fâcheuse manie de faire des fausses-couches.

Des distractions :
– Un travail (faut bien payer la mutuelle, les mages de la médecine douce qui ne sont pas souvent remboursés, et les distractions) qui de préférence te permet de t’absenter si besoin (exemple à proscrire : pilote de sous-marin).
– Un ou des projets (reprise d’études, maison, voyage, hobbie, mariage, sport… là encore qu’importe le flacon).
– Une carte de crédit (alimentée) (cf «un travail») pour s’offrir tout ça ainsi que quelques récompenses bien méritées.
– Un animal de compagnie. Prends le jeune, si tu n’en as pas encore. Les vieux, c’est trop d’inquiétudes.
– De la lecture pour la salle d’attente. Ou bien la méthode «comment apprendre le japonais en 100 leçons» (je t’assure, tu auras le temps). Ou si comme Madame Pimpin, tu es à moitié abrutie quand tu te réveilles / quand tu sors du boulot : candy cruche sur ton smartphone.

De la logistique :
– Un smartphone équipé d’une batterie solide. Dans le smartphone, les numéros des labos, des secrétariats, de l’infirmière, des mages. Et candy cruche aussi. Et l’application Mes Analyses. Et l’application Ovuview. Et un agenda.
– Kleenex. Par dizaines. Dizaines de palettes, bien sur.
– Mascara waterproof (devrait être remboursé par la sécu, bordel).
– Un accès internet pour les résultats de pds.
– Deux véhicules. Qui peuvent tout aussi bien être le métro hein si tu vis dans un lieu civilisé. Mais toujours s’assurer de pouvoir rallier les différents points stratégiques en mettant le moins de temps possible (voir la carte ci-dessous pour la justification).
– un uniforme echo-endo (chaussettes, culotte décente, long pull / tunique /écharpe comme celle de Bounty).

Pour te matérialiser tout  ce trafic (et parce qu’elle avait envie de copier un peu Zapette) (mais rassure toi ça ne se reproduira pas), Madame Pimpin t’a dessiné une splendide carte :

image

Un jour normal de stimulation, Madame Pimpin doit :
– Quitter le point A pour le point B tout en faisant en sorte d’y être pour 7h15 très précisément afin de démarrer dès 7h30 (trajet : 10 minutes).
– Se rendre du point B au point C tout en faisant en sorte d’y être pour 8h00 très précisément (trajet : 30 minutes)
(tu noteras que si Madame Pimpin passe plus de zéro minutes au point B, elle arrive en retard).
– Profiter d’être au point C pour récupérer et imprimer les résultats de pds, remplir la fiche IAC et faire les courbes, passer divers coups de fil (pharmacie, secrétariats…) et se reposer un peu en faisant des beaux dessins, quand une horde de gougniafiers n’entrave pas ces respectables activités.
– Quitter le point C pour le point E tout en faisant en sorte d’avoir passé huit heures au point C (trajet 40 minutes).
– Allez du point E au point B’ en faisant en sorte d’arriver au point B’ avant 19h00. (trajet 30 minutes).
– Aller du point B’ au point A (trajet 10 minutes, sauf si, morte de fatigue, tu oublies de desserrer le frein à main – true story).

Un jour d’IAC, ça donne ça :
– Le véhicule 1 quitte le point A à 7h30 pour se rendre au point D à huit heures.
– Au même moment avec un peu de chance, le véhicule 2 se rend au point B.
– Le véhicule 1 quitte le point D à 8h30 pour se rendre au point C à 7h30 (trajet 15 minutes) (avec donc, une heure quinze de retard).
– Le véhicule 2 quitte le point B à 8h00 pour se rendre au point C à huit heures (trajet trente minutes) (avec donc trente minutes de retard).
– Le véhicule 2 quitte clandestinement (ou pas) le point C à 10h30 pour se rendre au point E à 11h00 (trajet : 30 minutes, retard : 10 minutes) sans oublier de passer par le point D (sinon vas-y faire une IAC sans récupérer le recueil), puis retourne au point A pour y rester une heure et revenir au point C (trajet total : une heure, arrivée au point C : 14h00).
– Le véhicule 1 quitte le point C pour le point A et arrive vers 18h00.
– Le véhicule 2 quitte le point C pour le point A et arrive vers 19h00.

Raviolis ?

Raviolis.

IAC2 – J13 – Brèves #3.

A J11 (samedi, donc) Madame Pimpin a tenu à recontrôler ses hormones, craignant que les sensations de tiraillement dans son col et sa glaire bien présente ne signifient une ovulation en cours, cata, donc, puisque l’IAC n’était prévue que ce matin et l’ovitrelle samedi soir.

Résultat : LH=1,8 / E2=339.

Ouf, pas de drame. L’E2 est un chouïa plus élevé qu’au même stade la dernire fois (318) mais l’écart n’est pas assez élevé pour permettre de penser que Number Two est encore dans la course (à moins que le dernier dosage de ce matin ne montre un taux formidable, mais ne nous laissons pas trop aller à la rêverie).

Madame Pimpin s’est donc rendue confiante (mais seule) au labo récupérer les Yacks domestiques dans leur petit flacon, après que Monsieur Pimpin (retourné au boulot), en mode super stressé, n’y ait déposé son précieux produit, puis s’est rendue à la Chouette Clinique avec trente minutes d’avance. Le Caméléon n’avait pas de retard, pas de stress. Madame Pimpin n’a pu accorder que quelques dizaines de minutes à son récalcitrant niveau Candy Cruche (depuis le début de la stimulation ça n’a pas avancé bordel de marde), et dieu merci l’attente fut brève rapport au lardon braillard de quelques semaines exhibé fièrement par une mère semi-obèse (qu’on ne vienne pas me dire qu’être gros rend infertile, et qu’on foute la paix aux copines de galère quand elles ont trois kilos en trop bordel), TOUTES les grosses patientes du Caméléon sont enceintes ou mère ou les deux. Bref je m’égare.

La mère béate s’éclipse pour changer son lardon (bah oui, ça chie, fallait y penser avant), Madame Pimpin en profite pour passer devant elle dans l’ordre des patientes (et BIM ça fait deux pregnant bitches esquivées).

Après les politesses d »usage, on passe dans la petite salle d’écho (première fois que Madame Pimpin la voit en plein jour). Madame Pimpin s’installe. Le Caméléon la fixe du regard pendant un instant. Madame Pimpin lui rend son regard et pense à l’épisode de Bref, ce qui la fait sourire et la détend un peu.Insertion du spéculum, ouille ouille ouille. Il est plus délicat avec la sonde. Puis au grand dam de Madame Pimpin, il sort sa pince pour lui clamper le col et lui remettre l’utérus dans le droit chemin bordel ça fait super mal (souvenirs de l’HSG) VILAIN UTERUS QUI N’EN FAIT QU’A SA TÊTE ! Heureusement le col semble à peu près ouvert puisque à part la pince elle n’a rien senti. Elle n’a pas eu le temps de regarder le flacon des Yacks domestiques flottant dans l’eau de cologne mais ce n’est pas plus mal, la dernière fois ce flacon rikiki lui avait plutôt inspiré des craintes rapport à sa petite taille ridicule.

Déclampage de col, extraction de spéculum. Ouf. Madame Pimpin se redresse mais le Caméléon lui ordonne de ne pas bouger et appuie sur un bouton puis se barre dans son bureau. Le siège de Madame Pimpin se met à basculer vers l’arrière, et n’en finit plus de descendre au point que le sang lui monte à la tête. Ah elle doit être belle comme ça tiens, frifri au vent ! L’image lui donne un micro fou-rire mais elle se retient, pas le moment que la contraction de ses abos se mettent à vouloir faire des bulles d’eau de cologne avec son vagin, bulles qui éclateraient gentiment dans l’air ambiant, dispersant les Yack Domestique là où ils n’auraient rien à faire. Seulement, l’image du frifri en irruption, laissant échapper des bulles d’eau de cologne, ça la fait encore plus marrer. Au terme de cette bonne tranche de rigolade, le Caméléon revient la mettre en position frifri en bas – tête en haut. Je VEUX ce fauteuil chez moi. T’imagines toutes les choses qu’on doit pouvoir faire avec ?

Le Caméléon prépare l’ordonnance d’Utrogestan, toujours pas de pds au programme. T’façons, les pds… plus de place sur les bras. Puis il demande à Madame Pimpin si elle bosse cet après-midi et tique un peu quand elle répond que oui. Le deal : reprise à 14h après une bonne heure de glande allongée chez elle dans son canap (glande mise à profit pour te narrer l’épopée matinale). Selon lui, le repos n’est pas une aide prouvée et empirique mais si ça peut aider et si ça ne dérange personne, c’est mieux. Madame Pimpin se lance donc pour sa grande question du sport : mollo la première semaine, puis comme d’hab, comme on le sent. Ce n’est pas dramatique d’en faire bien sûr mais autant éviter pour mettre toutes les chances de son côté. Madame Pimpin est soulagée, je t’avoue qu’elle craignait surtout qu’il se foute d’elle avec sa question de faignasse.

Bref voilà, J13 DPO0, c’est parti pour deux semaines de rêve (RDV Reiki à J23 pour donner des bonnes ondes au cas où l’un des follicules-patates a décidé de faire quelque chose de bien de sa vie). Espérons que les bestioles de Monsieur Pimpin trouvent la route et se fassent bien accueillir, espérons que les Poneys Sauvages cèderont la priorité aux Yacks Domestiqués en cas de duel, Espérons tout plein de choses.

Et puis on n’oublie pas de croiser les doigts pour la joulie Flhope qui elle aussi a du avoir une journée bien chargée.

 

 

IAC2 – J11 – Brèves #2.

Brèves du Labo.

Hier matin, c’est la vilaine infirmière cauchemardesque qui a piqué Madame Pimpin. Pourquoi cauchemardesque ? Parce que c’est elle qui avait fait quasi toutes les pds de traque anti-PetiteChose, pendant que les BHCG hésitaient à redescendre. Conformément à la tradition, malgré les aiguilles pour enfants, elle a flingué le bras de Madame Pimpin. Elle lui a ensuite demandé le but de ces dosages, et lui a ensuite dit en rigolant qu’avec des veines pareilles, ça allait être compliqué, la pds mensuelle pendant la grossesse… Ca n’a pas fait rire Madame Pimpin qui lui a répondu qu’en PMA non seulement on en a mini 4 par mois mais en plus, on n’est même pas enceinte. Alors, on va pas les plaindre non plus, les pregnant bitches.

Brèves du (ci-)Boulot.

 Mademoiselle K : MERCI ! Un petit coup de Reiki pour les insomnies + des vilaines chaussettes pour dormir + un petit tour à la clinique véto d’Afwique = une bonne grosse nuit de sommeil. Et ça ne fait pas de mal.

 Brèves de l’Endo.

J10 :  LH à 2,3 / E2 à 194.

Dans la salle d’attente du Caméléon « l’autre » PMette (manifestement on est les deux seules) est déjà là, Fifty est bien entamé. Il y a aussi une autre femme, enceinte, vieille, grosses, moche, piercée partout, cheveux gras… Je continue ?

Le Cam appelle la coupine. Marde, l’infériorité numérique se rapproche. Et Bim, une deux et trois autres femmes enceintes se pointent. Ah on se sent bien toute seule dans huit mètres carré avec 4 pregnant bitches. L’une d’entre elles en tient une bonne couche, on voit à peine son ventre mais elle se rigidifie les bras pour poser les mains dessus, que tout le monde le voit bien. Nan mais y a un moment donné où ça se voit, que la posture n’est pas naturelle et qu’elle est inconfortable. (pardon hein, mais bitcher sur les femmes enceintes que je ne connais pas me permet de réserver du capital sympathie pour celles que j’aime).

La copine sort, le Cam appelle Madame Trucmuche. L’une des femmes enceintes se lève. Moment d’émotion. Il fronce les sourcils et lui dit « non, pas vous ». Son doigt se pointe sur Madame Pimpin. « Vous ». Regard à gauche, regard à droite… Moi ?! « Oui, vous ».

Ohmaaaaagaaaaaaad, thank you love, thank you life, thank you Los Angeles, I’m so proud to stand in front of you today…

Sous les regards outrés des quatre grognasses, Madame Pimpin se lève, traverse la salle d’attente, trébuche (heureusement le Cam est déjà dans son bureau et n’a pas vu le faux pas). On se connait bien maintenant, on enlève directement le bas. Le téléphone du Cam sonne, il ressort de la salle d’écho et laisse Madame Pimpin en plan, le boule à l’air (ou presque) les pattes écartées. Ca dure trente minute… Il est vingt heures… Pas que ça à foutre, l’IAC2 c’est aussi l’IAC du Poney Sauvage.

Au final, deux follicules, un de 17 et un de 12. Le Cam hésite un peu mais finalement lance les hostilités pour une IAC lundi, ovitrelle ce soir. Ca devrait donner 23 et 18, s’ils n’ont pas décidé de se faire la malle d’ici là.

Ce matin Madame Pimpin a donc appelé la secrétaire du Cam pour caler le RDV d’IAC lundi. La fois précédente, on lui avait gentiment répondu « nan mais vous savez, il y a un délai de 6 mois pour obtenir un RDV avec Copain de Caméléon » (et comme Madame Pimpin avait cafeté, la secrétaire s’était fait gronder). Cette fois ce sera fait par le Caméléon himself (joie), et sa secrétaire se montre juste adorable et arrangeante. En deux minutes elle fait sauter une écho morpho, et rappelle Madame Pimpin pour lui confirmer l’horaire… « il n’y a pas de quoi Madame Pimpin, pour les RDV importants on trouve des solutions, bisous bisous ». De deux choses l’une : soit elle s’est vraiment fait enguirlander depuis l’autre fois, soit elle a pris de bonnes résolutions en décidant de chouchouter les PMettes (en même temps vu qu’on est que deux…).

Bref. IAC2, calée. Chef prévenu de l’absence, motif non précisé, petite manip pour éviter les questions (si ça marche je t’expliquerai). Si un jour on avait dit à Madame Pimpin qu’elle annulerait deux grosses réunion pour…. aller se faire féconder le boule dans une clinique à l’autre bout de la ville… Mais bon c’est comme ça ma bonne dame c’est pas à toi que je vais apprendre ce qu’est l’abnégation.

IAC2 – J8 – Brèves #1. [+edit des follicules en patate]

Brèves du Méno.

Cinquième (déjà) injection hier soir. Ayant épuisé son stock d’aiguilles et n’ayant pu se réapprovisionner suivant le modèle adéquat, Madame Pimpin s’est piquée avec les aiguilles de rescue données par la pharmacienne. Trop choupinoute, à ce propos, la pharmacienne. Quand Madame Pimpin est passée pour récupérer son complément de Ménopur hier soir, elle s’est confondue en excuses (alors qu’elle n’y est pour rien) pour ne pas avoir pu livrer le bon modèle, et elle en a commandé en supplément pour en avoir toujours en stock désormais (Madame Pimpin est bel et bien la seule habitante de Village Sur Mer qui se pique avec ces aiguilles), tout en précisant dix fois qu’elle souhaitait de tout son cœur qu’il n’y ait pas de prochaine fois. Bon, au final les aiguilles de rescue font très bien l’affaire. Comme elles sont un peu plus courtes, Madame Pimpin s’est piquée dans un endroit non-gras de son ventre (ah faut bien chercher hein), dans le doute. Histoire d’adapter le trajet à la dimension de l’aiguille. Mesure probablement bien ridicule, puisque tout le monde se pique avec la même taille d’aiguille alors qu’on n’a pas tous la même épaisseur de graisse sous la peau, mais déjà que par deux fois Madame Pimpin a versé une gouttelette de précieux produit en chassant l’air, elle avait le souci de bien faire.

Brèves du (ci-) Boulot.

Deuxième jour post-reprise. C’est un peu moins dur qu’hier, même si l’absence de sommeil la nuit commence à se faire désagréablement sentir (dédicace au petit vélo de Kaellie). Les choses se mettent en place pour le démarrage du Master en février, ça c’est cool. L’ambiance sur les projets taffesques est angoissante, ça c’est moins cool. Madame Poulette commence à sérieusement gaver Madame Pimpin avec son incroyable nombrilisme, son égoïsme, sa monovision et son impolitesse, tellement que ça ne mérite pas d’être développé ici (peut-être plus tard histoire de se défouler, quand même) (oh tu me connais quand il s’agit de bitcher hein…) et ça c’est vraiment pas cool.

Brèves du Labo.

Ce matin, bien que vraiment crevée de sa nuit, Madame Pimpin a décidé de se rendre vraiment en avance au labo, histoire de ne pas perdre trop de temps (en arrivant dans les premiers) de ne pas haïr le reste de l’humanité dès sept heures du matin (en haïssant les vieux qui lui sont passés devant) de façon à arriver sereinement au bureau. Elle s’est pointée un quart d’heure avant l’ouverture, s’est crue en pôle position… raté, elle était deuze. Mais bon, c’est mieux que l’habituelle onzième place, deuze. Comme elle était de bonne humeur, elle a tapé la causette avec une mamie (la troize). Pour faire chier le preum’s (un papy à jeun), elles ont causé boustifaille. Pour une fois, le labo c’était très chouette, d’autant que l’infirmière a plutôt bien piqué Madame Pimpin.Côté labo PMA, double bonne nouvelle : aucunes formalités administratives à part quelques signatures le jour du recueil (ça vous transforme une IAC ça), et pas besoin de se palucher deux fois pour Monsieur Pimpin : le nouveau spermo intégral pourra être fait le jour du recueil également.

Brèves du Dodo.

C’est la cata. Arrive l’heure du coucher, Madame Pimpin n’a pas sommeil. Elle traîne. Arrive l’heure critique du « il vous reste six heures de dodo », elle finit par se résigner et s’allonge dans son lit. Arrive l’heure à laquelle Monsieur Pimpin s’endort. Pas elle. Ca dure des heures. Elle pense à tout un tas de trucs, notamment ceux qui l’agacent. Ca l’énerve, elle dort encore moins. Arrive l’heure où le réveil sonne. Elle a probablement dormi, puisqu’elle a rêvé (de structures métalliques arrachées par la tempête… nan mais WTF) sauf qu’une affreuse sensation de nuit blanche, limite migraineuse et nauséeuse, lui pèse sur tout le corps. La dernière fois c’était un peu pareil, peut-être un effet du Ménopur ? Ou juste l’effet d’être en rogne de refaire une IAC… Demain soir c’est Reiki, elle en parlera au Maître, il pourra peut-être arranger ça (note pour plus tard qui risque de se retrouver sur le petit vélo ce soir : se remémorer les vilains rêves afin de pouvoir les raconter au Maître) (putain Gollum, sors de mon corps).

Brèves de l’Endo.

Dosages :
IAC2 – J8 : E2=109 / LH=2
(pour IAC 1- J8 : E2=51 / LH=2,6)

Ca semble un peu mieux (mais bon j’y connais rien aussi bien c’est tout pourri, on saura ça ce soir), alors ça y est, Britney pense qu’elle sera très bientôt enceinte de jumeaux.

A tout à l’heure pour l’édit Caméléonesque…

… Revoilà l’édit.

« Seulement » 1h45 d’attente, puisque la secrétaire du Cam a prévenu Madame Pimpin qu’il y avait du retard. Dans la salle d’attente, Madame Pimpin a recroisé la Pmette de l’autre jour (qui lisait 50 shades of Grey, en voilà une qui prépare son ovulation !)

Caméléon en pleine forme, adorable, « ma grande » par-ci, « vous êtes formidable » par là (en regardant la fiche IAC consciencieusement remplie par Madame Pimpin) eh ben ça fait plaisir, figure toi, un Caméléon souriant et flatteur. On en a pour ses 11,50€. (ouais en plus, pour consoler Madame Pimpin de ne pas avoir pu faire les soldes, c’était discount Caméléonesque aujourd’hui : 11€ au lieu de 18 !)

A l’écho, endomètre à 8,5, un follicule à 12 côté gauche, un follicule à 9 côté droit (qui risque probablement de nous quitter en route). Le truc c’est qu’ils ont une forme de patate. Ils sont ovales, les follicules de Madame Pimpin. Nan mais t’imagines, un bébé avec une gueule ovale ? Bon, le Caméléon a dit qu’il les aurait préférés ronds. Ils peuvent encore s’arrondir, hein. Mais du coup Madame Pimpin est vexée du follicule. Et puis elle en a marre d’en avoir un seul, elle en voudrait bien deux.

Petit cadeau bonus de l’IAC : contrairement à IAC1 pour laquelle Madame Pimpin avait encore moins de glaire que d’habitude, cette fois c’est déjà le festival de la glisse : let’s ride, baby. (oui, appelle moi classe…)

Prochain monito vendredi midi, et demain c’est Reiki.

En Vrac #21.

  • La reprise qui pique.

Mauvaise nuit et dur réveil ce matin pour Madame Pimpin qui en trois semaines de vacances (mais quelle idée, me diras-tu) s’était recalée sur son rythme naturel de noctambule. Si bien qu’avant l’heure de la sonnerie, ses yeux étaient déjà grand ouverts, elle n’en était pas moins déjà épuisée. Arrivée au bureau, envie de ne voir personne, de ne parler à personne, un nombre à trois chiffre et indécent de mails reçus, dont tout plein de messages automatiques de bons vœux dont on à rien à cirer si ce n’est que ça agace, les gens qui vous souhaitent une bonne année alors qu’ils ne savent rien de vous, une bonne santé pour vous et vos proches alors que vous passez tout votre temps libre chez le médecin ou au labo… Bref, il ne manquait plus que Chef soit là en personne ce matin pour que cette journée merdique prenne tout son sens (dieu merci habituellement il reste à Grande Ville). La petite réplique qui te motive et te donne le smile ? « Bonne année Madame Pimpin, alors les vacances n’étaient pas trop fatigantes, contente de reprendre pour récupérer ? » Ta gueule. Pour couronner le tout, Madame Parfaite II est venue saluer l’assemblée avec son air de Candy et son ventre qui s’arrondit de jour en jour, Madame Pimpin s’est mentalement bouché les oreilles quand elle a raconté son écho des 5 mois à Madame Pie. Je te passerai les collègues de bureau qui racontent le noël des enfants, et ceux de la cantine qui recensent les bébés issus de l’amour est dans le pré (et que toi tu les classes mentalement en deux catégories : OSEF versus ceux qui sont arrivés depuis que tu en chies).

  • La pharmacienne qui bug.

Et revoilà notre pharmacienne de compète, la pharmacienne de Village Sur Mer, haut lieu de la reproduction spontanée et consanguine aisée, bannissant les vilains pas capables de faire ça tous seuls. On a frôlé la catastrophe (et purée Violette j’ai failli regretter de ne pas avoir donné suite à ta proposition postale). Avec toute une journée pour gérer la commande + récupération du matériel Pmesque, les Pimpin se sentaient plutôt sereins. Monsieur Pimpin a fait l’ouverture de la pharmacie ce matin à 9 heures pétantes (c’est-à-dire qu’il y était depuis 8h30). Trente-sept minutes plus tard, le Ménopur était commandé (mais ça à la limite, il en restait deux alors ça aurait été) en revanche, les petites aiguilles pour injection sous-cutanée : rupture de stock. Pas moyen de faire comprendre à la dame que c’était une urgence et que non, on ne pouvait pas s’y prendre avant. Au final Monsieur Pimpin par je ne sais quelle opération du Saint Esprit a réussi à lui faire retrouver trois aiguilles de rescue pas tout à fait identiques à celles de la notice (m’enfin on va pas chipoter). Plus qu’à récupérer le Ménopur ce soir et choper le reste des aiguilles demain. Quand à 9h50, Monsieur Pimpin est ressorti de la pharmacie en retard de 20 minutes pour son jogging avec Monsieur Souris, il a probablement compris certains pétages de câble inscrits au compteur de son épouse.

  • Le mail qui tue.

 « Bonjour Madame Pimpin,

Je profite de la nouvelle année pour venir prendre de tes nouvelles et te souhaiter tous mes vœux pour cette nouvelle année. Les années passent la famille s’agrandi, notre petit XXX à déjà X ans et est rentré à la maternelle, et nous avons une petite fille XXX qui a X mois et qui commence à marcher.

Est ce que tu es toujours à Village sur Mer ? Qu’est ce que tu deviens ? J’espère que toute ta famille va bien. Passe le bonjour à tes parents et à ton frère et ta sœur.

A bientôt j’espère, bises »

Bah non, pas à bientôt, je crois pas. C’est mauvais et injuste de lui dire « pas à bientôt » parce que la Dame qui a écrit ça, Madame Pimpin la connait depuis sa naissance. C’est la fille d’anciens amis de ses parents, elles ont quasi le même âge et ont passé beaucoup de chouettes moments de leur enfance ensemble, avant que tout le monde se perde gentiment de vue. Le truc c’est que depuis que la Dame va bien (comprendre annonce de fiançailles suite à un passé amoureux plutôt difficile) elle essaie de reprendre contact avec Madame Pimpin et l’a même invitée à son mariage. Le truc c’est que Madame Pimpin fait la morte depuis un bail, que l’autre ne lâche pas l’affaire, que ça devient super embarrassant d’être la connasse qui ne répond pas, mais dont chaque année les pêchés sont absouts par la Brave et Miséricordieuse Dame. D’un autre côté Madame Pimpin n’a ni envie de répondre en mode youpie troulali troulalère la vie est belle, ni envie de lui raconter sa life, ni rien à lui dire, tout bien réfléchi. Et puis sans déconner, c’est quoi ce mail, un inventaire ? Rien d’autre à raconter ? Si La Vie se résume à raconter l’évolution de la Progéniture, qu’est ce que Madame Pimpin peut bien répondre d’honnête ? C’est dans ma tête ou la seule réponse attendue serait :

 « Alors moi j’ai Kévina qui fait toujours dans ses couches la nuit mais plus pendant la journée, et George-Emmanuel qui entame sa diversification alimentaire. A part ça je suis joie et amour, et je profite de la nouvelle année pour étaler une couche de sirop gluant et sucré sur la surface de la terre. On fait un concours d’évolution de gosses ? Embrasse bien fort ta grand-mère et ton voisin de ma part. ». ?

Et voilà. Maintenant que c’est écrit Madame Pimpin culpabilise et se sent tout sauf BELLE ET DIGNE. De là à ce qu’elle réponde un truc gentil et s’expose à la question-qui-tue « et vous c’est pour quand », il n’y a qu’un pas.

  •  Les monitos qui sandwichent.

 Nouvelle IAC, nouveau rythme. Maintenant ce sera monitos le midi : gloups. Planning Caméléonesque trop chargé pour faire autrement (le pauvre homme il va finir tellement pété de thunes qu’il ne pourra bientôt plus compter ses billets – en même temps c’est pas Madame Pimpin à coups de 18 euros qui va l’enrichir). L’avantage c’est que les journées seront moins longues (entre labo le matin et monito le soir, pour IAC1 Madame Pimpin se tapait des journées de 13 ou 14 heures dehors) (sachant qu’il n’y a que CHEZ ELLE qu’elle se sente normale), l’inconvénient c’est que le labo aura intérêt à transmettre les résultats de PDS rapidement (PDS à 7 heures, résultats pour 11h45 au plus tard… chaud). Et puis, bye bye la pause dèj. Ou comment pallier aux potentiels kilos en trop qui voudraient se greffer sur les hanches de Madame Pimpin. Tu me diras comme ça, elle n’aura plus besoin d’écouter les prouesses reproductives de la population télé-réalité de M6 à la cantoche qui de toutes manières lui coupaient l’appétit.

  • La Pie qui chante.

Petite éclaircie dans cette journée de marde, quelques petits mots glissés par Madame Pie au détour d’une pause café.

« que tu aies un bébé cette année, c’était l’un de mes voeux au moment des douze coups de minuit« .

OUF. Il n’en fallait pas tant pour que Madame Pimpin retrouve foi en l’humanité et reprenne des forces pour ré-attaquer demain. Et oui parce que demain, il faut retourner à La Grande Boîte. Et après-demaiin aussi. Et tous les jours, en fait. Marde.