La rentrée d’un côté, les rêves de l’autre.

Ou bien les cauchemars. Madame Pimpin a fait un rêve bien flippant cette nuit (alors en préambule il convient d’avertir que cet article n’a ni queue ni tête mais bordel, faut évacuer les émotions) (dans cet article, Madame Pimpin renonce également à sa pudeur et à sa dignité – enfin, ce sont des attributs qu’elle a laissé il y a bien longtemps sur la table d’auscultation le jour de son HSG).

Donc, dans son rêve, ou plutôt dans son cauchemar, elle allait aux WC (dédicace Biquette). Tout à coup elle se rendait compte que ses poils du frifi étaient devenus aussi longs que des cheveux de princesse. Mais des super longs cheveux, avec des anglaise, bouclés, soyeux (rigole pas ça sera peut-être fashion dans vingt ans) genre une coiffure de mariée des années 80, là -dedans. Et figure toi que ce n’est pas très pratique des anglaises dans le frifri, pour aller aux WC. Pour s’essuyer, Madame Pimpin était donc obligée de préalablement écarter les mèches de cheveux de la cuvette, occupation peu ragoutante.

Et puis elle parvenait enfin à atteindre la cible munie de son papier toilette. Qu’elle ressortait, je te le donne en mille, maculé de sang (pas de symptômes pendant quelques heures hier, voilà le résultat). Le rêve trop LOL quand tu ne penses précisément qu’à ça toute la sainte journée. Dans son rêve, tout le monde était bourré. Elle sortait donc de l’endroit où elle se trouvait (manifestement les chiottes d’un bar sordide) et se rendait sur le parking, là où l’attendait son bus (dans ce rêve, la PimpinMobile était devenue un bus rétro bleu marine, un peu genre car de CRS des années 60 quand j’y pense). Dans le bus se trouvait Madame Trop Belle, une super chouette copine de Grande Ville dont elle ne t’a pas encore parlé tellement elle serait intarissable à son sujet, tellement elle l’aime et tellement elle l’admire. Bon, même dans le rêve elle était surprise de trouver là Madame Trop Belle, rapport au fait qu’en vrai elle la voit à peine une fois par an. Madame Trop Belle n’était pas bourrée, et elle conduisait Madame Pimpin aux urgences. Sur place, une écho révélait que la situation n’était finalement pas si inquiétante a priori, et sur ces entrefaites elle s’est réveillé sans avoir le temps de plus profiter de la présence de son amie.

Voilà pour le rêve.

Ce matin, c’était la rentrée. Madame Pimpin, stressée et traumatisée par son rêve chelou, n’a pas très bien dormi et s’est réveillée avant le réveil. Elle s’est levée, et s’est précipitée comme un seul homme sous la douche avec une seule idée en tête : en finir avec sa capillarité du frifri. C’est pas que ce soit non plus la friche industrielle dans ce coin là, hein, n’allons pas colporter des ragots invérifiables. Mais bon, ce n’était pas la préoccupation première on va dire, le poney étant soumis à une interdiction de s’approcher à moins d’un mètre du frifri sous peine de low kick, parce que merci bien mais Madame Pimpin n’a pas envie de tenter le diable et n’a pas la tête à la gaudriole. Il y avait donc un peu de boulot, mais dieu merci comme Madame Pimpin a le poil souple elle peut se permettre d’attaquer au rasoir, même pas peur. Et BIM dans ta face, les anglaises, en trois minutes c’était réglé. Ou comment conjurer le fucking rêve de marde.

Puis Madame Pimpin s’est rendue en cours. Au cours de son discours d’accueil, le Directeur de la Chouette Ecole s’est montré très sympathique, et à moment il a abordé les cas pouvant conduire à suspendre provisoirement la formation. Il a cité les changements professionnels ou les changements dans la vie privée, les difficultés passagères et… les passagers clandestins. Il a précisé que c’était déjà arrivé et que dans ces cas là, pas de panique, on trouve des solutions, on suspend et on reprend tranquillement l’année suivante, une fois la situation stabilisée ou le bébé bien intégré. Je ne raconte pas comme Madame Pimpin s’est sentie bizarre à cette annonce. Entre « ma pauvre fille, attends un peu avant de t’imaginer que ça parle de toi » (revoilà Lisbeth) et « Uuuuh, trop bien une école où on a le droit de faire un bébé ! » (Britney bonsoir). Et puis, vvvvt vvvvvt, le téléphone vibre. Un sms d’encouragement de… Madame Trop Belle… Bordel ça va pas quand même être un rêve prémonitoire alors ?

Et il y a eu la pause. 5 minutes, la pause.

Et Madame Pimpin est allée au toilettes. Deux chiottes, 10 nanas.

Pas de longues mèches de cheveux mais une légère trace de sang. Les larmes étaient déjà là, et une grognasse venait déjà d’actionner la poignée du WC.

Respire à fond, et rechecke c’est pas le moment de chialer. Petit mouchoir blanc, tamponnage. Sa mère la p*te, pas de sang dans la cible… Mais une petite trace au tamponnage latéral. Cette quiche de Madame Pimpin s’est juste microcoupé son frifri ce matin quand elle en décousait avec son rasoir à anglaises. Nan mais sérieusement. Faut quand même être sacrément CON pour aller se MICROCOUPER LA CHATTE dans une période pareille. V’là le coup de pression.

Traumatisée par tout ça, Madame Pimpin s’est presque jetée sur la prof qui assurera le cours de samedi pour la prévenir qu’en raison d’un RDV médical impossible à décaler samedi midi, elle sera probablement en retard, voire même ne pourra pas revenir l’après-midi. Cette mauvaise expérience a clairement démontré que cette fois Madame Pimpin ne serait pas capable de constater un problème à l’écho et retourner vaquer à ses occupations comme une âme en peine. Elle n’aurait plus la force.

A part ça l’école est vraiment chouette et prometteuse, et les cours ont démarré sur les chapeaux de roue… C’est parti !

Ironie.

17dpo. On est à trois heures de l’échec d’IAC1. La tension est à son comble. Et l’ironie est incroyable aujourd’hui.

Ironie de la vie qui décide que U. se fait plaquer après deux ans, comme un chien, alors qu’elle est un adorable petit bout de femme respirant la tolérance. U. n’a pas desserré les dents. Elle est restée belle et digne. Ironie de cette même vie qui rend au même moment N. odieuse avec son homme, et le reste de son entourage au passage, N. qui s’invente de faux problèmes, qui impose à tous ses amis de s’improviser psy exclusifs et disponibles H24.

Ironie de la vie qui veut que si ce soir Monsieur Pimpin était chafouin, c’est parce que B. lui a annoncé qu’il allait être papa. B. et R. se connaissent depuis moins d’un an. R. est stérile ou presque. Le bébé n’était pas à l’ordre du jour, mais quand ce serait le cas ce serait case PMA directe. B. et R. qui viennent d’emménager à Village sur Mer (chouette des amis zéro risque, qu’ils s’étaient dit), et qui il y a deux semaines ont demandé aux Pimpin le numéro de leur médecin traitant. C’était pour ça (quand Madame Pimpin ira mieux on reviendra sur cette histoire, elle a du bitchage en stock). Au même moment dans la chaumière, Madame Pimpin a mal. Son ventre annonce l’imminence d’un nouvel échec. Elle qui n’a soi disant aucun problème, qui devait se retrouver enceinte facilement une fois le petit coup de mou du spermo compensé par l’eau de cologne.

PUTAIN LA CIGOGNE, TU T’ES TROMPE DE MAISON, T’AS FUME OU BIEN ?

17dpo et Madame Pimpin est tétanisée. Elle n’a pas la force de tester pour en finir et d’affronter ensuite la dernière journée de la semaine. Disparue la force, disparu le courage.

My Little PMette Box.

**  Billet inspiré par un commentaire de Milie à propos de ça **

Ce billet est très sérieux et s’adresse aux créateurs des Little Box(es). Nous les Pmettes de France, de Navarre et d’ailleurs, on voudrait des trucs rien que pour nous. Alors si vous êtes bien mignons, et comme c’est un marché porteur rapport au fait que l’infertilité gagne du terrain, la pollution, le stress, le tabac, la malbouffe, tout ça, vous allez nous pondre une Little Pmette Box juste pour nous, d’accord copain ?

Alors dans notre Little PMette Box, tu vas nous mettre :

–          Des seringues et des aiguilles, des mouchoirs, des TG et des TO. Ca c’est pour la base.

–          Des vaniuches et du PQ blanc (ça c’est pour la surveillance spottesque).

–          Une Mooncup qui chantent « I’m Still Standing » d’Elton John, quand on les enlève (ça c’est pour le moral).

–          Du chocolat (pour assurer un moelleux minimum au niveau des zones de piqûre.)

–          Du vernis à ongle (ça passe le temps).

–          Du mascara waterproof (bah oui hein. On chiale pas mal nous).

–          Un chat (tu te démerdes pour la logistique).

–          Un agenda avec affichage des jours du cycle.

–          Des culottes numérotées en DPO (histoire de pas se dévisser la rétine pour rien à 3DPO).

–          Un thermomètre qui raconte des blagues.

–          De la vodka.

–          Des fringues mais pas n’importe quoi : chaussettes, jupes, robes, écharpes. Cherche pas à comprendre.

–          Un coffret DVD contenant l’intégrale des Chtis, « Là Haut », « Vipère au poing ».

–          La compil’ de la PMette*.

–          Un voiture neuve / un Ipad / un séjour pour deux aux Maldives / un gros solitaire en diamant… Surprends nous bordel.

Prix d’appel dans les 20 boules (je te rappelle qu’une partie d’entre nous se fait régulièrement essorer le compte en banque rapport à des FIV DO / DPI / examens pas remboursés / dépassements d’honoraires…).

Voilà ! On vous donne le concept, à vous de jouer Messieurs. Pour les adresses de livraison, voir avec Julys ;)

* Playlist de PMette (toutes les suggestions sont les bienvenues) :

« Dernière Danse » (Indila)

– « Déjeuner en Paix » (Jean-Louis Aubert)

– « Siempre me quedara » (Bebe)

– « Pas toi » (Jean-Jacques Glodman)

« Blizzard » (Fauve)

« J’veux un Enfant » (Brigittes)

« I’m still standing » (Elton John)

– « Don’t Worry Be Happy » (Bobby Mc Ferrin)

La bouche des enfants.

Il y avait deux petites filles parmi tout un troupeau d’enfants, dans un car scolaire s’en revenant du parc animalier. L’une des deux petites filles portait un pull rose. L’autre petite fille portait un chemisier à carreaux. Elles étaient amie toutes les deux, déjà depuis trois ans, la moitié de leurs petites vies.

Le car va bon train, les enfants sont joyeux, agités, peut-être un peu fatigués de leur journée aussi. Un peu surexcitée, la petite fille au pull rose s’anime tout à coup et se précipite sur la fenêtre du car. Regarde, regarde ! S’exclame-t-elle toute fière à l’attention de son amie. C’est là que travaille mon papa.

La petite fille au chemisier à carreaux, un peu impressionnée par l’immensité du bâtiment en question, cherche quelque chose d’intéressant à lui répondre. Et ben moi, mon papa il travaille dans le collège des grands.

Pull Rose : – « Eeeeh n’importe quoi, ton papa il travaille pas d’abord il est à la retraite, il n’a même plus de cheveux ! ».

Chemisier à carreaux : – « Ben si hein il travaille, et puis il a quarante et un an il est pas à la retraite. »

Pull Rose : – « Han mais il est vachement vieux, moi mon papa il a trente ans. Ton papa quand tu iras au collège des grands, il sera un papy. »

Un peu plus loin, une dame écoute la conversation. Les deux enfants ne la remarquent pas. La dame sourit aux paroles de la petite fille au pull rose et ne perçoit pas la méchanceté dans les propos. Les mots de la petite fille au pull rose l’on fait sourire, elle ne semble pas voir pas le mal. La dame a vingt-neuf ans. Elle est la maman de la petite fille au pull rose.

Vingt-quatre ans plus tard, la petite fille au pull rose ne se rappelle pas de cette conversation. Mais on la lui a répétée, alors elle se l’est réappropriée et pourrait en restituer chacune des émotions. L’excitation du car, la fierté de parler de son papa, et la sincérité quand elle disait que le papa de l’autre petite fille était un vieux.

Vingt-quatre ans plus tard, la petite fille au pull rose va sur ses trente et un ans.

Elle ne se voyait certes pas déjà jeune maman d’une petite fille de six ans à trente et un ans.

Elle ne se voyait pourtant pas maman d’une petite fille de six ans à quarante et un ans.

Ce qui est bien loin d’être gagné.

Quand elle repense à ces mots d’enfant qui furent les siens, elle frissonne face à tant de présomption.

Elle sera probablement une « vieille maman » selon les critères de la petite fille au pull rose. Ce créneau de dix ans à l’échelle d’une vie, fait-il une si grande différence ? Non… Et ce n’est pas la question, ce n’est pas ce que Madame Pimpin cherche à démontrer. Ce n’est assurément pas l’âge qui fait de bons ou de mauvais parents.

Aujourd’hui, les prétentions de la petite fille au pull rose sont réduites à peau de chagrin, la seule chose qu’elle soit encore en droit d’espérer (et crois moi elle mesure sa chance de pouvoir encore espérer cela) c’est d’être mère tout court, un jour. La leçon d’humilité fut bien longue à venir, le temps que la petite fille au pull rose apprenne un peu la vie et devienne Madame Pimpin, qui ne prétend pas tout savoir encore, mais qui sait à présente qu’il faut se méfier de ce qui sort de la bouche des enfants.

Amie de la délicatesse bonjour.

Hier matin, Madame Pimpin ouvre ses mails perso comme chaque matin quand elle arrive à la Grande Boîte, normal. Elle est la première arrivée, le café fume dans son gobelet, elle est presque prête à affronter cette radieuse journée de janvier (petite note au passage : le 24 janvier est la date à laquelle, statistiquement, on enregistre le plus fort taux de suicide dans l’hémisphère nord – à ce qu’il paraît, hein).

Et BIM ! je te laisse découvrir en image le fabuleux mail s’étant faufilé à travers les spams. Le mail provient d’une nana que Madame Pimpin n’a pas vu depuis 10 piges, avec qui elle n’a jamais eu d’atomes particulièrement crochus, si ce n’est que la nana en question a temporairement été l’officielle du cousin (beau comme un dieu, au passage) de celui qui a temporairement été l’officiel de Madame Pimpin. Un très vague lien va-t-on dire. Bon. Avouons qu’elles s’étaient revues une ou deux fois à l’issue de ces relations officielles pour bitcher de concert sur les cousins en questions. Si t’as pas compris je résume : une vague connaissance perdue de vue. Voyons donc le mail (ouais à 8 heures du mat je suis créative, je colle des bouts de post-it sur mon écran mais c’est cool personne ne me voit) ( et ouais si je veux, je me la pète avec mon gmail en espingouin).

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Là. Ca en jette hein, de bon matin t’es content de recevoir ça ! Infertilité mise à part (donc, sans parler du fait que Madame Pimpin estime que cette counnasse – en couple depuis moins d’un an, dixit facebook, méritait moins qu’elle d’être enceinte), ce mail aurait tout de même choqué Madame Pimpin au plus haut point.

  • La tournure, déjà. «Je pense que tu aimerais savoir…» Moui, et moi je pense que tu aimerais savoir que je t’emmerde (sans déconner je MEURS d’envie de me lâcher pour une fois dans ma vie et de répondre ça) et que je n’ai pas l’intention de dépenser mes sous pour toi.
  • L’impudeur. Si Madame Pimpin l’a reçu, ça veut dire que probablement les cent et quelques personnes destinataires du dernier mail reçu (mai 2010, ses photos de vacances au Costa Rica) l’ont reçu également. Ca fait beaucoup nan ?
  • Le principe. Liste de naissance… why not, bon, Madame Pimpin se voit mal en faire une mais passons. Si ça reste parmi les proches. Mais là punaise, on dirait le téléthon son truc. Y a même des putains de couches lavables, sur sa liste ! Allô !

Bon. Rajoute à ça que la nana en question est un brin agaçante, plutôt supersnob et prétentieuse (quewâââ, tu te sapes chez H&M ma pauvre chérie ?), et tu comprendras la mesquinerie se dissimulant à peine dans ce qui suit.

Le nom du futur papa étant mentionné dans le mail, étant à consonance plutôt exotique, Madame Pimpin pensait à un bel éphèbe latino.

Bon.

Après vérification face de bouquienne, il apparaît que… pas du tout. C’est un quinqua bedonnant qui doit bien avoir vingt ans de plus qu’elle minimum. Il a des pattes qui lui mangent la moitié du visage. Latino, certes. Quand je dis bedonnant franchement je suis gentille. Franchement ? On dirait un canular ce mec. Puis il a un air libidineux, sale. Un vieux beau j’aurais pas dit, un jeune moche why not. Mais là, bon ben mesquinerie oblige, excuse-moi mais Madame Pimpin s’est marrée comme une baleine. (quewââââ, tu te fais sauter par un vieux moche ?) Voilà, Madame Pimpin bien bitché, elle se sent mieux.

Forte de sa bonne humeur reboostée, elle s’est empressée de répondre à la nunuche d’il y a deux semaines, tu sais l’autre vague connaissance avec son déballage niaiseux et bien intentionné (point 3 du billet se trouvant ). Bah ouais quoi, qui peut le plus peut le moins, c’était du petit lait après ce grand moment matinal. (ceci étant, elle peut se brosser pour avoir une réponse, l’autre, avec son putain de blastmail commercial et racoleur).

MDP.

Article ne servant à rien d’autre qu’à donner le mot de passe pour l’article de demain (et pour d’autres à suivre, probablement). (et non, ça ne causera pas IVG / mariage pour tous / couleurs de papier peint, juste du petit nombril de Madame Pimpin se débattant entre PMA et connerie taffesque, le tout protégé par mot de passe parce que Madame Pimpin est un peu parano).

– je suis un vilain petit cachet.

– sur le papier je sers à induire le processus de fabrication des follicules.

– dans la vraie vie (de Madame Pimpin) je ne sers à rien.

– je réduis l’endomètre à peau de parchemin.

– je suis prescrit en première intention quand les foutus médecins pensent que c’est dans ta tête.

– je fais six lettres.

(nan, c’est pas PROZAC) (mais la dernière de prozac est ma première)

Les Grigris de Madame Pimpin.

C’est à dire qu’avec le temps, on a beau se dire que ce n’est pas un objet qui va réussir à nous faire pondre quand même des médecins n’y parviennent pas, on finit tout de même par accumuler un certain nombre de petits objets qui de fil en aiguille s’avèrent devenir des grigris. Ce qui distingue les grigris des objets ordinaires, c’est que lorsque le regard les accroche, on ne peut pas réprimer la brève et instantanée prière qui vient à l’esprit.

Madame Pimpin a sept grigris. Tiens c’est marrant ça fait un par semestre d’arrêt de pilule. LOL. Dans le désordre, elle va tâcher de te les présenter brièvement.

Il y a ce petit mobile, qu’elle a vu dans une boutique à Noël alors qu’elle cherchait un cadeau pour son beau-père. Quand elle l’a vue elle s’est sentie immédiatement comme hypnotisée. Elle l’a vu dans la petite chambre du haut. Elle l’a pris, n’a même pas regardé combien coutait cet assemblage de ficelle, carton et bouts de bois vaguement peints. Il lui fallait cet objet. Au final, le bidule (absolument réalisable à la maison pour peu qu’on ait un minimum d’équipement) coutait tout de même quinze boules : qu’à cela ne tienne, au diable l’avarice et les gros yeux de Monsieur Pimpin. Le bidule trône désormais dans la Petite Chambre du Haut et Madame Pimpin ne regrette pas son acquisition.

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Ensuite il y a Laxmi, Le Doudou et le Petit Chausson. Deux de ces trois là (comme la plupart des grigris finalement) sont des petits cadeaux offerts par des personnes importantes pour Madame Pimpin.

Laxmi, c’est le cadeau d’Amuted, une amie IRL qui, tombée sur le blog de Madame Pimpin et les aventures de Laxmi lui a envoyé cette petite poupée pour lui porter bonheur. Cette poupée rappelle maintenant à Madame Pimpin que des personnes bienveillantes se trouvent parmi son entourage. Elle lui rappelle aussi la valeur de cette chance, d’avoir trouvé l’amour. Et qu’à l’heure de se lamenter sur son sort il faut regarder autour de soi, l’infertilité n’est pas la seule déveine au monde. Quand Madame Pimpin croise le regard de la poupée Laxmi, elle fait un voeu pour elle et un voeu pour son amie.

Le Doudou provient du supermarché. Madame Pimpin l’a acheté pour Bébé Souris, au départ. Juste après la disparition de la Petite Chose. Mais elle n’a pas pu se résigner à le donner. Quelque chose dans le regard du Doudou lui disait qu’il fallait le garder pour plus tard. Alors Madame Pimpin l’a écouté et l’a gardé. Elle a du quelques jours plus tard retourner en quête d’un cadeau pour Bébé Souris (il fallait vraiment que Le Doudou soit persuasif pour que Madame Pimpin retourne dans le Mordor des rayons puériculture de son plein gré).

Le Petit Chausson est un cadeau de la Maman de Madame Pimpin. Elle l’a tricoté en exemplaire unique, pour qu’il n’y ait pas de méprise : ce n’est pas un petit chausson destiné à être porté par une personne en particulier (superstition, ne nous portons pas plus de poisse que celle que nous avons déjà) mais un Petit Chausson juste destiné à appeler la Cigogne.

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Il y a aussi l’ange, celui là est arrivé mystérieusement à Village Sur Mer, et depuis la navigation à vue est terminée : les Pimpin connaissent leur ennemi, et on leur a donné des armes pour se battre.

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Enfin, il y a Pachamama et Les Chaussettes de Petit Marin.

Pachamama est un cadeau ramené par Madame Zébulon d’un trip en Bolivie. Pachamama, c’est la déesse de la fécondité pour les Mayas. Madame Zébulon, la meilleure amie de Madame Pimpin, lui avait fait une petite place dans un sac à dos pourtant pesé au milligramme près et qui devrait l’accompagner et abriter sa vie pendant des mois. Alors cette Pachamama là, elle a beau être en pierre, elle vaut de l’or.

Les Chaussettes de Petit Marin, taille 18/20, sont tombées par hasard dans le Caddie de Madame Pimpin alors qu’elle faisait ses courses de la semaine, il y a déjà un an. Peu de temps après qu’elles ait rejoint leur destination provisoire (tout en dessous du tiroir à chaussettes de Madame Pimpin) (Monsieur Pimpin n’est pas au courant de leur existance) Madame Pimpin a fait virer un TG+, celui de la Petite Chose. Bien tenté les Chaussettes de Petit Marin, mais vous n’avez pas fini le boulot… Essayez de recommencer, bientôt…

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Check List Pmesque.

« Déjà » 4 mois que Madame Pimpin est officiellement entrée en PMA. Jusqu’ici, bien que partageant toutes les questions existentielles qui vont avec, elle s’en sentait un peu exclue avec son clomarde et ses grossesses spontanées mais inachevées et nourrissait une sorte de complexe de l’imposteur. A présent, forte de son immense recul de quatre mois, elle est une Pmette une vraie, avec des seringues et tout et tout. Elle peut donc se permettre de parler au titre de son expérience, de donner des conseils tout ça. Alors, si tu me demandais «Madame Pimpin explique nous ce dont il faut disposer pour entreprendre sereinement une entrée en PMA», avouons que tu brûles de poser cette question, voilà la réponse sous forme de check-list.

Le staff médical qui va bien, composé de :
– Un gynéco compétent, humain de préférence mais ça, c’est pas garanti.
– Une secrétaire de gynéco disponible et gentille, qui sait ce qu’est la PMA.

– Un biologiste équipé d’un labo PMA qui communique clairement sur les formalités administratives (voir check-list IAC à venir).
– Un labo adapté pour faire les pds (adapté, comprendre : pas trop loin de la maison, mettant les résultats à disposition dans un délai décent).
(concernant ces trois derniers points, le mieux étant bien sûr de pouvoir tout faire au même endroit, mais ce n’est pas toujours possible, dans ce cas se référer au plan ci-après).
– Des mages de la médecine douce (ostéo, acu, reiki, sofro… qu’importe le flacon) pour compenser le manque d’humanité dudit gynéco.
– Une bonne mutuelle, pour payer tout ce beau monde.
– Une pharmacienne pas trop débile, dont on s’assure qu’elle nous connait en lui vouant une fidélité irréprochable.
– Le numéro de téléphone d’une infirmière à domicile. Pratique pour discuter le bout de gras et se procurer des aiguilles.

Les équipements médicaux :
– Alcool (pour désinfecter).
– Alcool (à boire).
– Seringues, aiguilles, coton ou compresses.
– Tests d’ovulation pour les mois de pause forcée.
– Tests de grossesse good quality (en PMA exit la marque Simply Marde).
– Thermomètre.
– Se faire poser des veines dignes de ce nom, qui ne claquent pas au moindre prétexte.

Le support psychologique :
– Un mari / époux / compagnon / amoureux, qui te soutient et que tu soutiens et même que vous vous aimez.
– Un blog. Je t’assure, tout ira mieux une fois que tu auras écrit.
– Des amis. Triés sur le volet. T’affoles pas pour le tri, ils se trieront eux-mêmes, va.
– Une famille, qui de préférence a fini de pondre.
– Une maman avec des gentils bras. Surtout si tu as la fâcheuse manie de faire des fausses-couches.

Des distractions :
– Un travail (faut bien payer la mutuelle, les mages de la médecine douce qui ne sont pas souvent remboursés, et les distractions) qui de préférence te permet de t’absenter si besoin (exemple à proscrire : pilote de sous-marin).
– Un ou des projets (reprise d’études, maison, voyage, hobbie, mariage, sport… là encore qu’importe le flacon).
– Une carte de crédit (alimentée) (cf «un travail») pour s’offrir tout ça ainsi que quelques récompenses bien méritées.
– Un animal de compagnie. Prends le jeune, si tu n’en as pas encore. Les vieux, c’est trop d’inquiétudes.
– De la lecture pour la salle d’attente. Ou bien la méthode «comment apprendre le japonais en 100 leçons» (je t’assure, tu auras le temps). Ou si comme Madame Pimpin, tu es à moitié abrutie quand tu te réveilles / quand tu sors du boulot : candy cruche sur ton smartphone.

De la logistique :
– Un smartphone équipé d’une batterie solide. Dans le smartphone, les numéros des labos, des secrétariats, de l’infirmière, des mages. Et candy cruche aussi. Et l’application Mes Analyses. Et l’application Ovuview. Et un agenda.
– Kleenex. Par dizaines. Dizaines de palettes, bien sur.
– Mascara waterproof (devrait être remboursé par la sécu, bordel).
– Un accès internet pour les résultats de pds.
– Deux véhicules. Qui peuvent tout aussi bien être le métro hein si tu vis dans un lieu civilisé. Mais toujours s’assurer de pouvoir rallier les différents points stratégiques en mettant le moins de temps possible (voir la carte ci-dessous pour la justification).
– un uniforme echo-endo (chaussettes, culotte décente, long pull / tunique /écharpe comme celle de Bounty).

Pour te matérialiser tout  ce trafic (et parce qu’elle avait envie de copier un peu Zapette) (mais rassure toi ça ne se reproduira pas), Madame Pimpin t’a dessiné une splendide carte :

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Un jour normal de stimulation, Madame Pimpin doit :
– Quitter le point A pour le point B tout en faisant en sorte d’y être pour 7h15 très précisément afin de démarrer dès 7h30 (trajet : 10 minutes).
– Se rendre du point B au point C tout en faisant en sorte d’y être pour 8h00 très précisément (trajet : 30 minutes)
(tu noteras que si Madame Pimpin passe plus de zéro minutes au point B, elle arrive en retard).
– Profiter d’être au point C pour récupérer et imprimer les résultats de pds, remplir la fiche IAC et faire les courbes, passer divers coups de fil (pharmacie, secrétariats…) et se reposer un peu en faisant des beaux dessins, quand une horde de gougniafiers n’entrave pas ces respectables activités.
– Quitter le point C pour le point E tout en faisant en sorte d’avoir passé huit heures au point C (trajet 40 minutes).
– Allez du point E au point B’ en faisant en sorte d’arriver au point B’ avant 19h00. (trajet 30 minutes).
– Aller du point B’ au point A (trajet 10 minutes, sauf si, morte de fatigue, tu oublies de desserrer le frein à main – true story).

Un jour d’IAC, ça donne ça :
– Le véhicule 1 quitte le point A à 7h30 pour se rendre au point D à huit heures.
– Au même moment avec un peu de chance, le véhicule 2 se rend au point B.
– Le véhicule 1 quitte le point D à 8h30 pour se rendre au point C à 7h30 (trajet 15 minutes) (avec donc, une heure quinze de retard).
– Le véhicule 2 quitte le point B à 8h00 pour se rendre au point C à huit heures (trajet trente minutes) (avec donc trente minutes de retard).
– Le véhicule 2 quitte clandestinement (ou pas) le point C à 10h30 pour se rendre au point E à 11h00 (trajet : 30 minutes, retard : 10 minutes) sans oublier de passer par le point D (sinon vas-y faire une IAC sans récupérer le recueil), puis retourne au point A pour y rester une heure et revenir au point C (trajet total : une heure, arrivée au point C : 14h00).
– Le véhicule 1 quitte le point C pour le point A et arrive vers 18h00.
– Le véhicule 2 quitte le point C pour le point A et arrive vers 19h00.

Raviolis ?

Raviolis.

La Chouette Clinique.

La première fois que Madame Pimpin y a mis les pieds, c’était l’année de ses dix-huit ans, par la grande porte du grand hall clair et luxueux. Elle venait d’emménager dans son appartement de jeune fille (celui que le Chat a pris un goût unique à vandaliser) mais n’avait pas encore le permis. Alors toute vexée, pour se rendre à son opération des dents de sagesse, elle avait demandé à sa môman de l’emmener et venir la chercher. Entre les deux la môman était venue lui rendre visite, mais Madame Pimpin, shootée par l’AG, ne s’en souvenait même pas le matin. En voyant la propreté et la beauté de la Chouette Clinique, Madame Pimpin s’était dit que la môman avait eu une curieuse idée d’aller pondre le frère au CHU d’ex-URSS (celui de l’opération de l’œil où l’on mélange les ponctions de FIV et les cataractes par box de 6), et qu’à choisir, si un jour le projet saugrenu de pondre un bébé lui titillait l’envie, elle viendrait plutôt ici. Tu noteras qu’à l’époque, l’hôpital servait à pondre des bébés, dans l’esprit de Madame Pimpin. Pas à les fabriquer.

La seconde fois que Madame Pimpin s’est rendue à la Chouette Clinique, à nouveau par la grande porte, elle avait vingt-trois ans et rendait visite à une amie plus âgée qui venait d’accoucher. Elle a effectivement constaté que pour pondre un bébé, c’était rudement mieux. Les dames étaient gentilles, la bouffe presque appétissante, les chambres flambantes neuves. La troisième et la quatrième fois que Madame Pimpin s’est rendue à la Chouette Clinique, c’était l’année suivante, à nouveau les bras chargés de cadeaux Roimagesques, pour accueillir en ce bas monde des jolis bébés joufflus fabriqués à la maison par de chouettes amis plus âgés, et pondus dans l’immensité de blanc et de pureté de cette Chouette Clinique. les bébés joufflus sont a présent bien grands.

La cinquième fois que Madame Pimpin s’est rendue à la Chouette Clinique, elle allait sur ses vingt-neuf ans. Elle est probablement entrée par la grande porte. Elle ne se souvient pas des lumières du grand hall. Elle se souvient seulement qu’elle avait mal à son âme et qu’elle était en avance de six mois et qu’il était pourtant déjà trop tard pour que son bébé soit pondu pour de vrai dans la Chouette Clinique. L’anesthésiste, une fille, et le brancardier, un garçon, ont été si gentils avec elle qu’elle en a eu les larmes aux yeux de reconnaissance et de fatigue soulagée quand ils ont posé sur elle le masque qui l’endormirait. Un deux trois elle n’était plus là. A peine le temps d’apercevoir le Docteur Colley et sa blouse trop grande pour son corps maigre. Un deux trois. Le curetage. Un deux trois. Plus là.

La sixième fois que Madame Pimpin s’est rendue à la Chouette Clinique, elle allait sur ses trente ans et elle n’est pas rentrée par la grande porte du Grand Hall. Le pur et le blanc, c’était dehors, sur la neige. Dedans c’était tout sombre, et oppressant, parce que c’était les Urgences. Dedans, il y avait de l’Espoir interdit, et du Danger peut-être. Un deux trois ne bougez plus. Un deux trois la piqûre de MTX. Un deux trois, l’espoir, plus là.

Maintenant, Madame Pimpin se rend souvent à la Chouette Clinique alors elle ne compte plus. Elle va sur ses trente et un ans. Elle ne rentre plus par la grande porte du grand Hall, avec ses grandes lumières. Elle ne rentre pas par derrière, dans le noir. Elle passe par l’entrée des artistes, sur le petit côté. Mais elle les voit tout de même, de loin, ceux qui ressortent par la grande porte. Ils sortent dans la lumière, et le pur, et le blanc les accompagne très très loin, comme si leur lumière attirait la lumière. Ils portent des petits couffins remplis, et des grands sourires sur leurs lèvres. Comme ses copines plus âgées, avant. Mais Madame Pimpin n’apporte plus de cadeaux Roimagesques, non. Elle apporte son classeur. Pour l’année des trente et un ans, Madame Pimpin ne vient pas pour ses dents se sagesse, il n’y en a plus. Elle ne vient pas rendre visite, elle n’a plus le cœur, on le lui a arraché deux fois. Elle ne vient plus pour qu’on la sauve de l’Espoir, non, plus jamais s’il vous plait. Et elle ne vient pas non plus pondre un bébé, ben non.

Par l’entrée des artistes, plusieurs fois dans la semaine, Madame Pimpin vient essayer de fabriquer un bébé. Elle n’est pas toute seule pour faire ça. Elle a le classeur, le chéri et le Docteur. A nous tous, on essaie de faire en sorte qu’un jour elle s’en aille pour toujours Madame Pimpin, par la Grande Porte du Grand Hall, dans la lumière blanche et pure, avec un grand sourire et un couffin rempli qu’elle porterait maladroitement. Il y aurait aussi de l’Espoir, du vrai, et pas de Danger. Peut-être aussi que par une fenêtre, l’anesthésiste, une fille, et le brancardier, un garçon, la regarderaient en étant contents. Et de l’autre côté, au dessus de l’entrée des artistes, le Caméléon. Fatigué d’avoir fait du bon boulot. Il y aurait Monsieur Pimpin, il serait heureux. Et puis peut-être des cadeaux Roimagesques, que des amis auraient apporté.

Et alors, on marcherait dehors, comme dans un film, un peu au ralenti. Et alors, l’histoire serait terminée et on entendrait une musique, et elle irait drôlement bien avec la scène.