10 SA + 6.

Pour ne pas faire de suspense pénible et inutile, commençons par hier soir : 10 SA + 5 jours, et deux Polichinelles mignons aux cœurs battant  entraperçus à la faveur de l’écho de contrôle express. Le Caméléon n’était pas en avance, il semblait pressé d’être en week end, peut-être partait-il au ski va savoir, en tous cas c’est allé très vite. Echo sur le ou la De Face, celui ou celle qu’on avait vu dès la première écho, ça a poussé et le coeur bat, à peine vérifié, à peine le temps de respirer une fois, hop on cherche l’autre Polichinelle, le ou la De Profil, celui ou celle qu’on avait pas vu au début, taille identique et coeur qui bat et voilà on coupe, merci bonsoir ! Autant Madame Pimpin a bien kiffé de pouvoir s’assurer de la santé de son troupeau au complet en moins d’une minute, autant elle aurait bien aimé qu’on la refasse moins stressés avec prise de mesure et photo souvenir mais bon, n’oublions pas que ces échos intermédiaires sont un luxe et que le principal est qu’ils aillent bien, alors ça va, on va pas chialer hein c’est pas le genre de la maison bordel.

Le caméléon ne s’est pas tellement ému de l’épisode des urgences, sur lequel nous reviendrons si tu veux bien un peu plus loin. Pour le prélèvement vaginal il est d’accord (merci ILGC)  mais le fera seulement la prochaine fois, c’est à dire qu’à vingt heures du soir passées, le labo est fermé, et les bactéries de Madame Pimpin sont des bactéries de type bactéries normales, si on les laisse toute la nuit à vingt quatre degrès (la Chouette Clinique est surchauffée) elles ne seront plus exploitables. Il a refait les ordonnances pour l’utro et l’acide folique. Quand elle s’était vue remettre son ordonnance pour deux mois d’utro, Madame Pimpin s’était sentie comme prise d’un immense coup de pression : putain deux mois c’est loin. On y est. Encore deux semaines de lutte pour les Polichinelles, deux semaines de prières intensives, et peut-être enfin le cerveau de Madame Pimpin pourra s’asseoir sur un banc et se dire que putain on a fait un bout de chemin. Là tout de suite, entre toi et moi, on en est encore loin.

L’écho officielle du premier trimestre était prévue pour le 24 mars, date calée par rapport à la taille de le ou la De Face le jour de la première écho. Au final, étant donné que ça risque de durer un peu longtemps, vu comme les Polichinelles sont élégamment disposés dans l’utérus de Madame Pimpin, on a recalé ça au vendredi 28. On en sera à 12 SA + 5. Ca va dans le bon sens, même si ça rallonge l’attente… Au moins les 12 SA seront bien tassées. La putain de Déclaration de Grossesse aurait lieu dans la foulée parce que bon, après cette écho il conviendrait de commencer à considérer qu’on est vraiment en cloque par ici, même si Madame Pimpin par mesure de sûreté, aurait préféré attendre d’accoucher pour être bien sûre. C’est dans deux semaines. C’est long et c’est court (comme le temps de l’amour) (avoue que tu kiffes mes références musicales pointues).

A part ça, elle a plein de choses à raconter Madame Pimpin même si elle a du mal à ouvrir WordPress ces derniers temps, par peur de se porter la poisse. Des choses en rapport avec l’oeil du cyclone, d’autres non.

Le Reiki.

C’est fini. Madame Pimpin se demandait si le Maître Reiki lui dirait un jour que le travail est fini. C’est tout de même un peu la preuve suprême pour savoir si on a affaire à quelqu’un d’honnête. Le Docteur Zinzin, lui, aurait toujours trouvé un nouveau prétexte pour planter des aiguilles dans les nichons de Madame Pimpin. A l’issue de la séance (qui tombait à pic, puisqu’elle avait lieu juste après le passage aux urgences), il s’est replongé dans ses notes, et a conclu que Madame Pimpin avait parcouru un sacré chemin depuis sa première séance. Il reste disponible en cas de coup de calgon, ou si les « désagréments » de la grossesse devenaient désagréables (à part l’hypersalivation qui commence à s’estomper, Madame Pimpin, ses symptômes, elle les garde et elle les aime, oui oui, même si elle vomit tous les jours). Alors quand elle a dit au revoir elle était un peu émue, mais contente et fière de ce chemin, aussi.

Loulou.

Les urgences, c’était le 6 mars. Le soir même, Madame Pimpin avait rendez-vous avec Riri Fifi et Loulou ses trois petits cochons neveux. Loulou (qui est une fille), la petite dernière, est née à peu près au moment où les Pimpin ont commencé les essais frénétiques en se penchant sur cette sombre histoire de période d’ovulation. Elle va bientôt rentrer à l’école tu vois un peu le trip. Loulou n’est pas la filleule de Madame Pimpin (on lui a attribué l’aîné, qu’elle adore aussi, premier nouveau né qui lui a donné envie d’être maman un jour, devenu un adorable petit garçon qui se jette dans ses bras quand il la voit) nous disions donc, Loulou n’est pas la filleule de Madame Pimpin. Mais, il a fallu qu’elle bataille un peu Madame Pimpin pour aimer Loulou d’amour, pour faire taire son coeur de connasse infertile, pour la bercer contre son cœur alors que son corps était vide. Bien sûr elle y est arrivé, et de cette bataille est né un attachement très particulier. Ce soir là, Madame Pimpin a longtemps tenue Loulou contre elle, contre ses petits louveteaux à elle. Le nez planté dans ses cheveux, elle cachait ses larmes d’émotion en lui chuchotant des secrets et de la tendresse, pendant que Loulou s’endormait en suçant son pouce, un sourire serein sur le visage.

Léa.

Et puis il y a eu le 9 mars. 9 mars 2012 et la fin de l’innocence avec la fin de cette grossesse déjà trop attendue, à presque 12SA. 9 mars 2013 et la fin programmée de la grossesse de la Petite Chose. 9 mars 2014, l’histoire s’écrit au jour le jour. Mais la vie continue. Et la vie ironique a choisi ce jour particulier pour faire naître, bien en avance, Bébé Ecureuil. Etrangement, ça n’a pas été un drame. Il y avait le souvenir de Léa. Il y avait la vie qui commençait, là-bas. Il y avait la vie peut-être aussi dedans, en double portion pour se venger du temps. Non, finalement Bébé Ecureuil est venu mettre un peu d’espoir et un peu de douceur sur cette journée de souvenir. Ce n’aurait probablement pas été le cas, du moins Madame Pimpin ne l’aurait sûrement pas vu de cette manière là si les Polichinelles n’étaient pas au creux de son ventre. Espérons que le temps lui montre qu’elle n’a pas eu tort d’accepter de laisser entrer un peu de soleil dans tout ça (oui je sais je commence sûrement à te saouler avec mes chansons de marde).

L’état des lieux.

On a presque parcouru une semaine dans le troisième mois de grossesse. C’est foufou. Par précaution plutôt que par nécessité, Madame Pimpin (terrorisée par quelques photos vues sur internet montrant des femmes enceintes de jumeaux énormes, distendues et bousillées du ventre) a commencé à s’oindre l’abdomen d’huile d’amande douce. Ce n’est peut-être pas le produit le plus efficace mais c’est celui qu’elle avait dans son placard, et il était juste hors de question d’acheter quelque chose pour la grossesse avant la fin du mois de mars. J’aime autant te dire qu’elle se sent bien conne à se masser le non-ventre, le soir venu. Mais bon, hein, ça reste bon pour la peau grossesse ou non. Les nausées sont toujours bien présentes au quotidien, les seins douloureux par intermittence. La nouveauté de la semaine c’est que l’utérus commence à faire la gueule et ça fait un peu mal. Alors la douleur, c’est pas grave. La douleur on connait et on gère, la douleur du corps quand c’est pour la bonne cause n’est rien du tout en comparaison avec la douleur de l’attente. Mais le truc, c’est que ce n’est pas spécialement rassurant de sentir des crampes dans son utérus à longueur de journée. Ceci étant il semble que ce soit normal, alors admettons.

Toi.

La semaine qui s’est écoulée, après les urgences, n’a pas été des plus sereines et Madame Pimpin tenait à te présenter ses excuses pour n’avoir pas répondu à tes commentaires sur son dernier article, elle n’a jamais trouvé l’énergie. Mais elle se doit tout de même de dire que ces commentaires là, ils lui ont mis beaucoup de baume au cœur. Et que même si elle n’ouvre pas souvent WordPress ces derniers temps, elle suit tes aventures avec attention.

[écho] [écho]

On ne peut pas dire que la semaine de Madame Pimpin se soit déroulée dans la sérénité à mesure que la date de l’écho approchait. Ce matin, comme pour aller à la guerre, elle s’est préparée minutieusement : jambes clean, sous-vêtements décents, retrait du vernis sur les ongles de pieds au cas où elle doive passer au bloc dans la foulée, puis elle a lorgné le flacon de bétadine et s’est dit que tout de même ce serait ridicule. D’autant qu’il fallait d’abord se farcir la matinée de cours. Ca te donne un bref aperçu de la sérénité avec laquelle Madame Pimpin vit tout ça.

Arrivée en cours, il a fallu assurer un minimum de concentration apparente et supporter la longueur des minutes. A 11h30 Madame Pimpin n’en pouvait plus, l’adrénaline l’assiégeant totalement (tu sais comme si tu étais sur une montagne russe alors que tu bouges même pas), avec les dents du fond qui baignaient pour couronner le tout. A 12h30 enfin le top départ, l’heure de dévaler l’escalier comme un seul homme et de rejoindre Monsieur Pimpin qui faisait déjà le pied de grue devant le bureau du Caméléon.

Petite demi-heure d’attente la boule au ventre. Puis le Caméléon vient chercher les Pimpin et dans le doute, les félicite à nouveau (c’est qu’il doit être contente ma parole). On passe rapidement à la salle d’écho. Madame Pimpin fixe l’un des boutons de la machine, elle ne veut pas regarder l’écran, trop peur. Elle voit que l’écran s’allume, du coin de l’oeil. Elle ne peut pas s’empêcher, elle jette un demi-regard. Et elle le voit son bébé, elle voit qu’il a grandi alors elle est un peu rassurée et regarde avec les deux yeux en guettant le coeur mais elle n’y connait rien alors elle ne sait pas.

Le Caméléon farfouille là dedans. Madame Pimpin regarde toujours l’écran en attendant l’interprétation. Il s’éclaircit la voix.

Alors on avait dit qu’il y en avait deux, hein.

Et à l’écran apparaît une deuxième forme.

OMG.

Hem c’est à dire qu’on avait dit qu’il y en avait un ?!

Eh bien il y en a deux.

Et ils vont bien ?

On va écouter ça.

Monsieur Pimpin, l’air incrédule, entre dans la petite salle d’écho avant que le Caméléon chamboulé ne pense à l’appeler.

Et ce n’est donc pas une seule fois mais deux fois que les Pimpin, presque quatre ans après avoir jeté la fucking dernière pilule, auront enfin eu la permission d’écouter ce bruit, cet écho de vie qui résonne aujourd’hui en double.

Bon le récit est peut-être un peu confus. Mais cette image… elle était bien réelle : il y a deux bébés et ils vont bien, ils font la taille réglementaire pour 7SA+6 (16 et 17 mm) et c’est juste un truc de fou.

Alors après ça je ne te raconte pas l’état dans lequel la mère Pimpin est retournée en cours (oui parce qu’elle est retournée en cours en mode Iron Man tout de même, juste après ça) et comme il lui était difficile de dissimuler son sourire.

Le Caméléon quant à lui était tout soufflé, et n’a probablement que rarement vu dans sa carrière un couple réagir aussi sereinement à l’annonce d’une grossesse gémellaire suite à une annonce de grossesse simple deux semaines plus tôt, faut dire que depuis le temps, ils ont pu se la poser la question des jumeaux, les Pimpin.

Alors voilà. aujourd’hui, c’est la joie. Il y a plus de risques et on est toujours pas rendus au bout du chemin, il va falloir continuer à serrer les dents en croisant les doigts pour que ça passe, c’est sûr. Mais aujourd’hui, c’est une sacrément bonne nouvelle, et c’est une sacrément belle journée pour les Pimpin, quoi que puissent réserver les prochaines.

Aujourd’hui, c’est bien.

Puis il y en a une qui va pouvoir ouvrir son cabinet de voyante parce que sur ce coup là elle a fait fort (n’est-ce pas Marie-Eve ?)

En Vrac #22.

Le retour à la Grande Boîte.

Honnêtement, Madame Pimpin ne pensait pas survivre. Après avoir passé une semaine complète à dormir onze heures par nuit plus une heure le matin, plus deux heures l’après-midi, et ce jusqu’à hier soir, c’était pas gagné pour se lever à 7h, rattraper les quelques 300 mails en retard, se remettre à jour tout en enchaînant les réunions, mais finalement ça l’a fait. Et ça l’a fait sans incident majeur j’entends. Madame Pimpin ne s’est pas mise à pisser le sang, les symptômes n’ont pas disparu, la journée ne s’est pas terminée aux urgences contrairement à ce qu’elle imaginait craignait.

La rentrée scolaire.

Après-demain, Madame Pimpin, équipée de son beau cartable tout neuf (nan je déconne hein) posera ses délicates fesses sur les bancs de l’amphi dans la chouette école qui sera la sienne pour deux ans. Alors forcément ça ne plait pas au Chef Sympathique. Mais alors… Je ne te raconte même pas sa tronche quand il a découvert que les samedis de cours seraient récupérés via des journées de congé. Désolée mon poto c’est juste les conventions collectives, histoire que ces faignasses de salariés puissent se maintenir à leur rythme de parasite avec un nombre d’heures maximum par semaine. Nan parce qu’entre toi et moi, Chef Sympathique, tu crois quand même pas que si j’avais voulu me farcir le diplôme en mode Survie, j’aurais attendu sept ans et d’être en cloque peut-être on a dit on se projette pas pour qu’il soit pris en charge par la Grande Boîte hein ? Tu te doutes quand même bien que j’aurais tapé dans la butte bien avant, nan ? Bon. Madame Pimpin est contente qu’il ait kiffé la petite surprise. Ca promet d’être fun si un jour elle a la chance de lui annoncer qu’elle a un polichinelle dans le tiroir.

Les (autres) femmes enceintes.

C’est très dur à supporter. Et ce n’est carrément pas moins dur qu’avant d’avoir fait virer ce TG+. Il y a les femmes enceintes depuis l’été dernier, Madame Écureuil et Madame Chaton. Madame Pimpin ne veut pas les voir. Elles vont démouler en mars. Mars, anniversaire des fausses couches. Mars, date prévue pour l’écho des 12SA si l’Ordre des Choses permet d’aller jusque là. Donc ça fait chier, les femmes enceintes de cet été, d’autant que les Chatons se font de plus en plus persistants dans l’idée de se faire une petite bouffe avant le démoulage (genre quoi, on va tous mourir ensuite ?) et appellent les Pimpin environ toutes les semaines pour les inviter à ripailler. Tu pense qu’elle en a fort envie Madame Pimpin, d’aller non-ripailler et risquer de se faire griller chez une 34SA, LOL quoi. Madame Ecureuil se tient un peu plus tranquille car elle doit penser qu’IAC2, dont elle ne connaissait pas la date précise, aura lamentablement échoué. Alors par pudeur elle se tient à distance, thank you god, thank you life, thank you Los Angeles*.

* inspiré du discours de Marion Cotillard à LA pour son rôle dans La Môme.

Il y a Madame Cigogne, celle qui s’appelle R. dans cet article. Celle qui en est à deux mois de grossesse, celle qui était stérile et qui n’a pas fait exprès d’être enceinte et trouve ça dur dur les prises de sang mensuelles (au nombre de deux, donc). Eux, ils vivent normalement. Elle ne reste pas enfermée chez elle une semaine entière enroulée dans une couverture à claquer des dents de peur de bouger et de perdre le bébé. Ils vont à des concerts. Ils vont au resto, ils vivent. Ils sont heureux. Et comme ils sont heureux ils veulent que tout le monde le voit. Alors comme témoins de ce bonheur, ils se sont dit « oh tiens, faisons appel à ces chers Pimpin, invitons les à ripailler ». Bah nan. Foutez moi la paix.

Tu me diras, c’est un peu ce que Madame Pimpin à envie de répondre à tout le monde (« bah nan, foutez moi la paix ») (faut suivre un peu). Même à Madame Zébulon sa BFF, qui depuis trois jours essaie de la joindre, elle voudrait répondre d’aller au diable. Le Caméléon a écrit sur un post-it « DDG le 4 avril » et il a donné le post-it à Madame Pimpin. Et d’ici là Madame Pimpin, elle voudrait rentrer dans le ventre de la terre, ou dans le ventre de sa mère, pour que son ventre à elle et ce qu’il contient peut-être soient à l’abri de tout. Maaaais bon ce n’est pas possible.

Le problème avec ces femmes enceintes, c’est qu’elles vont toutes continuer tranquilou leurs grossesses, comme des fleurs, sans épée de Damoclès au dessus de leurs jolies têtes. Et si une seule doit encore se manger une porte, ce sera Madame Pimpin. Et elle redoute tant d’avoir à les regarder continuer leur route, sans affolement, si pour la quatrième fois il fallait remettre les pieds dans les starting blocks.

Va y avoir du sport.

Madame Pimpin te disait l’autre jour qu’elle avait décidé de caler l’écho de la huitième SA à la toute fin de la semaine histoire d’en avoir fini avec ses obligations et d’avoir le week end pour se reposer de ce qu’elle aura constaté. Elle avait donc fixé la chose pour samedi 12h30, armée de Monsieur Pimpin. Ah Ah Ah la blague. A se demander si son cerveau n’a pas carrément fondu. Parce que ça, c’était sans compter que le planning de la chouette école, il prévoir d’avoir cours aussi le samedi après-midi (nan mais Madame Pimpin, va pas me dire que tu ne le savais pas). Il va donc falloir samedi qu’elle quitte le cours dix minutes avant la fin, le matin. Pour se ruer chez le Caméléon et y rejoindre Monsieur Pimpin. Attendre probablement deux plombes, que Môsieur le Caméléon purge son retard. Et puis nature peinture, vivre le moment le plus angoissant de toute l’histoire #2. Pour retourner en cours dans la foulée et quoi qu’il arrive, en retard d’une bonne heure. Le tout, lors de sa première semaine de cours. Tadââââ.

Topo de 7SA +1 (lecture facultative hein).

7SA +1 en ce lundi post-grippe (un muscle intercostal déchiré à force de tousser tout de même, belle perf’ nan ?) (ça fait mal) (si quelqu’un ou quelque chose a survécu à ces quintes de toux ahurissantes, respect). Les boobs sont toujours douloureux, plus ou moins, mais parfois ça fait très mal. L’appétit est réduit à néant, après plusieurs jours de fascination pour le gras (crêpes complètes, burgers, pizza aux huit fromages et compagnie) il y a une dizaine de jours, c’en est fini. Madame Pimpin ne tolère que les fruits, les viandes maigres, les cuissons sèches, les légumineuses et les yaourts (et les barquettes de Lu à la fraise également, et le jus de pomme). Elle a des nausées aussi. Toute la journée, suffit qu’elle croise une odeur dégueu (au top du top : café et / ou clope, plutôt commode pour une ancienne fumeuse) pour que les hauts-le-coeur surviennent. Surtout quand elle a l’estomac vide. Et des fois elle vomit. Samedi dernier le soir de la première écho, trois pauses obligatoires sur un trajet de 6km sous peine de repeindre la bagnole (heureusement qu’à Village Sur Mer on n’a pas de métro, j’te le dis). Et ce matin, hop un petit coup de bile au p’tit dèj. C’est dégueulasse hein. Pourtant c’est bien la seule chose en ce moment qui donne le sourire à Madame Pimpin. Voilà à quoi on en est réduit après cette fucking PMA et après ce fucking acharnement de DNLP : kiffer de vomir sa bile à 7 heures du matin. Et puis son dernier symptôme c’est que toutes les cinq minutes, les larmes lui montent aux yeux. Et elle devient hyper sentimentale et hyper lyrique. Du style à entendre quelques petits rires étouffés dans l’assemblée en réunion quand elle défend un sous-traitant outsider avec panache, verve, passion et émotion.

Elle n’avait jamais eu tout ça, avant, Madame Pimpin. Avec G1 et G2 elle cumulait 20SA ou 16SG, et là avec ses 7 petites SA +1, elle a genre mille fois plus de symptômes. Alors on sait tous très bien que ça ne veut rien dire et que ça ne prouve pas qu’elle a des raisons d’être rassurée. Ca ne veut pas dire que samedi, elle pourra retourner en cours sans cacher ses larmes d’un poing rageur, en mode pilote automatique. Ca ne veut rien dire du tout. Mais curieusement, connement, presque, ça lui donne envie d’être un tout petit peu tranquille pendant une minute. Là. Juste soixante secondes de répit. Pfiou. Ca va mieux. Mais c’est déjà reparti.

5SA + 6.

Tu constateras qu’on a gagné trois jours rapport au calcul savant du Caméléon, qui, après deux longues heures d’attente (dont une en compagnie de la Famille Groseille, trois gosses – présents et insupportables – la mère édentée et enceinte du quatrième, le père con comme un balai, qui à un moment donné a jeté un oeil circulaire sur le ventre de Madame Pimpin et celui de patiente N°3 en s’indignant « mais je pensais qu’il n’y aurait que des femmes enceintes, s’ils prennent tout le monde c’est pas étonnant qu’on doive poireauter aussi longtemps, pfffff ». Heureusement toi tu n’as pas l’odeur qui va avec le pfffff. Et tu ne vois pas le regard noir et méprisant que lui a jeté Madame Pimpin qui à ce moment précis se demandait où elle en était avec le fait d’être enceinte ou pas.)

Donc au bout de deux heures, le Caméléon a enfin appelé les Pimpin. Il leur a serré la pince façon winner, avec un grand sourire, et les a félicités d’entrée de jeu « alors bravo ça y est, vous avez fait un enfant ! ». Bon. A cet instant Madame Pimpin aurait bien aimé courir vers la salle d’écho, baisser son falzar de suite et s’auto-insérer la sonde avant de répondre. Mais ça n’aurait pas été très poli, elle s’est donc assise en souriant et a répondu « ouh la la, on espère on espère ».

Le Caméléon a ensuite déballé le dossier en demandant à Madame Pimpin si elle avait fait une pds (euh maaais comment sait-il que ça a marché s’il n’a pas vu les résultats de pds ?). Il extirpe le papier et quand Madame Pimpin lui dit qu’ils n’ont même pas voulu regarder le taux, se moque gentiment, regarde, et lui dit que pourtant il n’avait vraiment rien d’inquétant : à 4SA+ 6 on dépassait les 2500, bordal c’est quoi ce taux de ouf ?! Le Caméléon n’en paraît pas perturbé et propose à Madame Pimpin de passer à côté. Youpie. Les 2500 lui donnent la force de franchir les quelques pas qui l’en séparent.

Le Caméléon prépare le matériel, fait tomber son flacon de lubrifiant pour écho-endo (serait-il un peu ému ?) et c’est parti. D’entrée de jeu Madame Pimpin voit la forme de patate. Ce n’est pas une GEU. Ses talents d’échographiste s’arrêtent là, elle s’en remet complètement au Caméléon qui s’écrie au même moment « futur papa, vous pouvez venir ! ».

La visite guidée commence.

« C’est une grossesse intra-utérine, une grossesse embryonnaire, vous le voyez là il mesure… 2,7mm. Comme je vous disais, il est encore trop tôt pour déceler une activité cardiaque… Attendez…. Et non, il y a bien une activité cardiaque, regardez le point clignoter au dessus de la flèche verte… Il est parfalt ce petit… Bon et bien voilà, tout va bien, c’est une grossesse évolutive. »

Alors comme ça, les Pimpin étaient en train de vivre, pour la première fois de leur vie, une échographie qui se passe bien. Ils étaient en train de voir, pour la première fois de leur vie, cette Vie, qu’ils attendent depuis si longtemps… Ce beau miracle, qu’ils n’ont pas eu le droit ou la chance de voir les deux fois précédentes. A ce moment là ils ont échangé un regard tous les deux, par dessus la tête du Caméléon, et Madame Pimpin a senti ses yeux se remplir de larmes.

Le Caméléon a ensuite procédé à quelques vérifications qui ont permis de constater la présence d’un kyste de 27mm sur l’ovaire gauche, a priori sans gravité, Kyste que par ailleurs elle ne sent absolument pas.

De retour au bureau, le Caméléon a refait les ordonnances et demandé spontanément aux Pimpin s’ils désiraient programmer des « points de contrôle intermédiaires » avant l’écho officielle calée aux alentours du 24 mars… Euh comment te dire… La suite ce sera donc un prochain rendez-vous vers le 22 février, et un autre vers le 12 mars. Comme Madame Pimpin n’a plus de rétroviseurs rapport à ses rêves générés par le Reiki, elle n’est pas en mesure de flipper à cause de la concordance de ces dates avec d’autres évènements.

Alors il semblerait que le 3 janvier Madame Pimpin ait bien fait de se lancer dans cette stim clandestine. Il semblerait qu’une petite vie en forme de Patate ait décidé de s’installer. Cette Petite Patate imprimée en gros et en A4 par le Caméléon, il va maintenant falloir qu’elle continue de grandir, de palpiter et d’aller bien, qu’elle s’accroche… Ils le savent bien les Pimpin que la partie n’est pas gagnée. Mais ça ne les empêche pas de déjà donner beaucoup d’amour à cette petite vie, de croire en elle et d’espérer de tout leur coeur qu’elle soit là au prochain rendez-vous.

 

 

21DPO.

Trois jours après la fameuse découverte qu’elle ose à peine nommer, Madame Pimpin s’étonne toujours de l’absence de J1.

Elle n’a pas grand chose à raconter si ce n’est que J1 n’est pas là et c’est déjà bien. Ses seins lui font un peu mal, aussi, son utérus lui tiraille, et sans que l’on puisse parler de nausée elle sent quelque chose de différent dans son odorat et son estomac. Elle a beaucoup sommeil également, les yeux qui piquent et beaucoup d’appétit.

Madame Pimpin a du se ressaisir parce qu’elle se laissait aller à une très vilaine mauvaise humeur, hier et avant-hier, un vrai grizzly. Sans pour autant dire qu’elle soit d’humeur charmante, aujourd’hui c’est mieux. Ne pas oublier d’être contente.

A la Grande Boîte, le temps passe plus vite. Ceci dit il passe tout de même bien lentement. Demain elle donne à nouveau cours aux étudiants. La semaine dernière pendant le cours elle avait senti son utérus tirer, et avait pensé que J1 arrivait.

Madame Pimpin a terriblement envie de fumer, ça lui fait tout le temps ça quand elle est stressée. Là bien sûr, elle ne fume pas. C’est con, ça fait passer le temps, de fumer.

Ce matin, Madame Pimpin a téléphoné au secrétariat du Caméléon. Comme elle était cachée entre deux salles de réunion, elle n’a pas pu s’écrier « hiiiiii » de concert avec la secrétaire, et n’a même pas pu lui donner des indices montrant sa gratitude face à tant d’enthousiasme.

Au départ Madame Pimpin voulait attendre 6SA pour voir le Caméléon, ça tombait bien,  6SA c’était pile la fin de son stock d’utro.

Seulement à 6SA Madame Pimpin va enchaîner deux jours à Grande Ville (tranquilles, avec transits en taxi) et concert avec Petit Frère le soir (I AM, bordel, on peut pas rater ça depuis le temps qu’on attend). Alors la secrétaire a proposé 5SA+6 mais à 5SA+6 Monsieur Pimpin serait de garde et ne pourrait pas venir (même pas en rêve j’y vais seule).

Alors ce sera samedi, ce samedi vouivouivoui (Madame Pimpin n’est pas sûre d’être prête m’enfin faudra bien y aller) à 5SA+3 si d’ici là tout va bien. Et si tout va effectivement bien, elle espère avoir droit à une autre écho un peu plus tard parce que là à 5SA+3 il y a peu de chance qu’on voit grand chose et ça promet d’être super anxiogène. Madame Pimpin sait qu’il est ridicule de compter en SA quand on n’en est même pas à 5 mais ça donne l’impression d’avancer.

Bon. Ecrire tout ça était supposé permettre de verbaliser et moins stresser. En fin de compte pas tellement. Va peut-être rappeler le Reiki sous peu.

Mais s’il y a bien une chose qu’elle ne regrette pas, c’est d’avoir refusé de mongoliser sur le taux. Un souci en moins.

Sur cet article inutile qui lui fait se sentir un peu concon, elle va se coucher (c’est à dire que sinon elle risque de se lancer dans un compte-rendu de vaniuche, et soyons honnêtes, personne n’en a envie).

Freaky Friday.

Aujourd’hui 19dpo et hier donc, 18. Tu peux me croire hier, la journée ne partait pas pour être merveilleuse.

Il y avait déjà ce putain de SPM qui tiraillait le ventre de Madame Pimpin, et des sensations de coulées d’utro qui la précipitaient régulièrement aux WC de la Grande Boîte pour faire des points réguliers sur la situation.

Il y a eu une présentation importante le matin, pendant laquelle Madame Pimpin n’avait pas du tout la tête à ce qu’elle racontait au point à un moment donné de ne plus suivre le fil de ses propres propos (ça va que c’était vendredi, les Gougniafiers étaient fatigués et n’ont pas semblé remarquer le blanc qui a suivi, le temps qu’elle reprenne ses esprits).

Au déjeuner, ambiance de marde rapport à Madame Poulette (cf N. dans l’article « ironie« ) plombe l’ambiance et ne décoince pas un mot rapport à ses perpétuels bads injustifiés (foirage d’IAC1 ? Nan mais attends c’est rien par rapport au fait qu’elle, la pauvre, son mec ne s’est pas mis à pleurer de compassion quand elle lui a annoncé que la Grande Boîte allait étendre le périmètre de son service, alors ta gueule). Elle n’est pas au courant pour IAC2, mais qu’elle le sache ne changerait rien, il n’y a qu’elle qui compte. Heureusement il y a aussi un autre chouette collègue avec qui Madame Pimpin peut échanger deux ou trois calembours le long du repas (c’est chouette les garçons, c’est jamais ouin-ouin), utilisons comme toujours l’humour pour exorciser l’angoisse. Madame Poulette ne sourit même pas mais je peux te dire un truc, Madame Pimpin s’en tamponne le coquillard de ses états d’âme.

En sortant de la cantine, elle tombe sur LE Jean-Claude Convenant de la Grande Boîte. Quand il lui demande si elle se plait à Village Sur Mer, elle sent venir l’embrouille. Ça ne rate pas : « Bah et alors Madame Pimpin t’attends quoi pour te reproduire ?« . Le Chouette Collègue baisse la tête, Madame Poulette SOURIT presque. (connasse va). Madame Pimpin le revoie dans ses buts en lui demandant « et toi t’arrêtes quand, parce que vu ton âge………. » (il a cinquante piges et vient d’avoir un bébé avec une seconde épouse, tandis qu’il a largué il y a peu la première épouse et les deux gosses qui allaient avec), mais la réflexion de marde l’atteint comme une flèche en ce jour de pré-J1, et le comportement de Madame Poulette la laisse également plutôt perplexe.

Retour au bureau, nouvelle réunion téléphonique, ça se passe très mal. Madame Pimpin est obligée de passer un savon à un Gougniafier et une Gougniafière et elle déteste ça, passer des savons. Pendant la conversation elle sent son J1, autant te dire que pour le coup… le savon glisse tout seul entre ses mains.

16h39 un dernier pipi au bureau. Pas de J1. Décision prise de tester asap en arrivant à la maison, au risque de ne pas croire au négatif (oui mais c’est pas le pipi du matin alors peut-être il dit négatif mais il faudra refaire demain) (on en est toutes capables, de celle-là).

17h00 sortie du bureau, qu’est ce qu’ils ont tous à me retarder et vouloir absolument me souhaiter un bon week end, mais cassez vous là, bordel.

17h34 arrivée à la maison. Monsieur Pimpin n’est pas là.

17h36 le gobelet, le tg et Madame Pimpin sont dans les WC. Le TG tombe dans le pot, qu’est ce qu’il reste ?

UN FUCKING SABLIER QUI CLIGNOTE.

Ca n’en finit pas.

Bordel il clignote mais il affiche enceinte ? Chuis enceinte ? (crise cardiaque #1)

Ah non (crise cardiaque #2) chuis pas enceinte, c’est parce qu’il doit commencer par afficher le mot commun quel que soit le résultat (pas enceinte / enceinte 1-2 / enceinte 2-3 / enceinte 3+) (c’est la première fois que Madame Pimpin offre un TG décent à son pipi, elle n’est pas habituée).

Oh putain. Ca y est il s’est calmé. Enceinte 2-3 (crise cardiaque #3). C’est positif et c’est en ligne avec la datation alors que c’est un pipi du soir. Ouf.

Yeux humides, de joie. Vraiment, les premières minutes, seulement de la joie. Après deux fausses couches Madame Pimpin ne pensait jamais pouvoir ressentir seulement de la joie en faisant virer un TG.

Coup de fil à Monsieur Pimpin, pour savoir l’heure à laquelle il envisage de rentrer. 18h30, ça va. Madame Pimpin se force à parler d’une voix neutre. Elle a décidé qu’elle annoncerait la nouvelle dignement à son mari, dignement et joliment. Parce que même pour G1, c’était déjà la panique. Ils avaient regardé le test virer ensemble, contemplant à deux les gouttelettes de pipi les yeux dans le vague pendant de longues secondes. Puis Monsieur Pimpin, content de voir le test virer, avait regardé sa femme paniquée avec un grand sourire. Et je te dis pas comme il s’était fait engueuler en mode ouais ben ne nous réjouissons pas trop vite (visionnaire la mère Pimpin ? en tous cas sur le coup, aigrie par la peur, oui). Et pour G2, si tu ne t’en souviens pas je te laisse regarder les articles de fin février 2013, moi je n’y retourne pas.

Pendant la demi-heure précédent l’arrivée de son époux, Madame Pimpin a joué le même morceau sur son piano en boucle, ce morceau qu’elle aime tant. Elle ne pouvait s’occuper à rien d’autre. Seule cette activité mécanique et automatique lui permettait de rester en contrôle. Et à mesure qu’elle jouait, des frissons lui parcouraient les bras puis le dos. Elle a respiré très très fort et s’est dit qu’il fallait avoir confiance, que perdre confiance ne changerait en aucun cas les choses en bien. Que c’est une jolie nouvelle, et même si ce n’est pas la première fois, c’est tout de même une fois unique, à chaque fois, et quoi qu’il arrive. Elle s’est rappelé les fois où n’étant pas enceinte, elle regardait les photos d’elle prises au cours des si rares instants heureux où elle portait la vie. Elle s’est souvenue de l’envie ressentie en regardant ces photos. Et elle s’est dit qu’aujourd’hui, même si peut-être pas demain, elle pouvait être à la fois celle qui vit et à la fois celle qui regarde. Qu’il fallait savourer et faire, de chaque minute passée dans cette grossesse et qu’importe le temps qu’elle durera, une minute de conscience et de contentement. Pour celle qu’elle sera plus tard, pour celle qu’elle a été avant, parce qu’on n’a pas le droit de gâcher ça.

Alors quand Monsieur Pimpin est entré, elle a laissé la mélodie en suspens et s’est levée du tabouret de son piano. Le TG caché derrière son dos, elle a embrassé son mari et lui a dit qu’elle jouait pour son bébé parce qu’il allait être papa. Et elle lui a tendu le TG. Il ne s’y attendant pas parce qu’elle avait tu ses interrogations des derniers jours, parce qu’il pensait que la dead line ne serait que deux jours plus tard. Alors pour la première fois dans sa vie, il a eu cette jolie surprise, entendu ces jolis mots, ceux que prononcent les autres, les gens normaux. Et il a serré très fort sa femme dans ses bras.

Ils le savent bien les Pimpin que tout est incertain. Que dans ces mots il y a presque de la provocation envers DNLP. Qui d’autre, mieux qu’eux, peut savoir à quel point le fait qu’un TG vire ne garantit pas que le Monsieur sera papa… Mais rien ne peut le garantir… Alors il faut juste vivre au jour le jour et tirer de chaque moment ce qu’on peut y trouver de meilleur.

C’est aussi pour ça que Madame Pimpin a décidé de ne pas faire de prise de sang, enfin plutôt de ne pas se faire délivrer les résultats de la prise de sang faite tout à l’heure. Le résultat ira directement chez le Caméléon. En parallèle Madame Pimpin prendra rendez-vous avec lui pour d’ici deux ou trois semaines, pas avant qu’on soit supposé voir quelque chose à l’écho. Si d’ici là quelque chose va vraiment mal (saignements ou douleurs), ce n’est pas une pds qui sauvera la situation et il sera assez tôt d’aller aux urgences. Si le taux est inquiétant, le Caméléon l’appellera. Si d’ici là Madame Pimpin se met à baliser, elle prendra RDV avec le Maître Reiki. Si d’ici là tout se passe bien, eh bien, tant mieux, hein.

Alors voilà. Le follicule en patate, pour le moment, a fait le job. Étrangement, Madame Pimpin se sent très calme. Lucide et calme. Et c’est sûrement bien meilleur pour elle que d’aller se stresser la vie en faisait des courbes de BHCG comme l’année dernière. Seul l’avenir nous dira si la Patate est vraiment là et si elle décide de pousser, mais une chose est bien sûre : que quelqu’un s’approche prématurément de moi avec une seringue de MTX, et je le tue à mains nues, et avec mes dents, et je n’en laisserai rien.

Check List pour une IAC à Village Sur Mer.*

*«à Village Sur Mer» : c’est-à-dire, quand la grande maison de la PMA ne vous ouvre pas ses portes parce que vous ne faites pas de FIV mais des IAC, et que le suivi médical est donc réalisé par le Gynéco de ville ou d’ailleurs, la PMA ne prêtant que son labo et les conseils de son biologiste. 

J-7 : Le J1 n’est pas encore dans la place, mais soyons réalistes et arrêtons de rêver cinq minutes, il va débarquer d’ici une semaine. Il est temps de : 

–          Zieuter l’agenda afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de déplacements au moment supposé du J1, et commencer à émettre des suppositions quand à la date présumée de J3 pour l’écho de contrôle post-IAC#N-1.
–          Vérifier les stocks de médicaments et de consommables (médicaments, aiguilles et seringues, vaniuches). Le stock de médicaments déterminera l’importance du RDV de J3. En cas de stock liquidé, se débrouiller pour obtenir une ordonnance avant J3, rapport au délai de commande de la pharmacie.
–          Vérifier la validité des pièces administratives constituant le dossier soumis au laboratoire PMA qui prépare les recueils : date du dernier spermogramme, date des sérologies, date du dernier bilan hormonal à J3, validité du 100% (m’enfin à J-7 c’est trop tard).

J1 : Bah voilà hein on s’en doutait un peu. Si c’est un samedi, ou pire un dimanche avec J3 lundi, on est dans la marde si le point de J-7 n’a pas été fait correctement. 

–          Chialer un bon coup.
–          Essayer d’obtenir un RDV le jour même si le stock de médicaments est à zéro.
–          Essayer d’obtenir un RDV à J3 si tout est RAS.
–          Se dépatouiller avec la pharmacie.
–          Voir avec l’infirmière si besoin (surtout en cas de pénurie d’aiguilles).

J3 : normalement, le stock de médicaments est OK, partons sur l’hypothèse d’une secrétaire de gynéco conciliante. 

–          RDV de contrôle post-IAC.
–          Première injection.

J4 :
–          rappeler la secrétaire pour caler les rendez-vous de suivi de stimulation ovarienne.
–          Injection.

J5 :
–          Injection

J6 :
–          Injection

J7 : début du suivi de stimulation ovarienne.
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          En fonction de l’écho, commencer à tenter de deviner la date de l’IAC pour s’assurer des disponibilités de tout le monde (labo, gynéco, et accessoirement son conjoint et soi-même).
–          Ne pas oublier l’injection.

J8 :
–          Température.
–          Injection

J9 : deuxième RDV de suivi de stimulation ovarienne.
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          En fonction de l’écho, commencer à tenter de deviner la date de l’IAC pour s’assurer des disponibilités de tout le monde (labo, gynéco, et accessoirement son conjoint et soi-même).
–          Ne pas oublier l’injection.

J10 : 
–          Température.
–          Injection

J11 : troisième RDV de suivi de stimulation ovarienne. 
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          Très probablement, calage de la date de l’IAC pour J13.
–          Ne pas oublier l’injection habituelle OU la piqûre de déclenchement.

J12 :
–          Température.
–          Prise de RDV avec le labo de la Clinique PMA pour le recueil, prise de RDV avec la secrétaire du Gynéco au cabinet de la Chouette Clinique pour l’IAC.
–          Vérification des papiers du conjoint et de ses propres papiers (carte d’identité, carte vitale, 100%, copie des examens au cas où).
–          Préparer un en-cas pour le lendemain midi.
–          Poney.

J13 : jour de l’IAC.
–          Température.
–          Départ du conjoint pour le recueil à la Clinique PMA.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Eventuellement, aller au boulot.
–          Prise de nouvelles auprès du conjt (en évitant de faire sonner son téléphone au moment où il fait sa petite affaire…)
–          Penser à imprimer les résultats de prise de sang et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Départ pour récupération du recueil à la Clinique PMA.
–          Convoyage du recueil, des ovaires et de l’utérus concernés vers la Chouette Clinique.
–          Massacre cervical et IAC.
–          Penser à récupérer l’ordonnance pour l’utrogestan (à Village sur Mer, la pds pour recherche des BHCG, on s’assoit dessus pour les IAC).
–          Retour à la maison pour grignotage de l’encas et repos d’une heure (si possible…).
–          Retourner au boulot.
–          Pharmacie (utrogestan)
–          Poney si possible (à la maison, hein).

J14 :
–          Poney.
–          Utrogestan.

J15 à J21 :
–          essayer de ne pas penser.
–          Bordel, J21, c’est aussi J-7… il faut recommencer.