En Vrac #22.

Le retour à la Grande Boîte.

Honnêtement, Madame Pimpin ne pensait pas survivre. Après avoir passé une semaine complète à dormir onze heures par nuit plus une heure le matin, plus deux heures l’après-midi, et ce jusqu’à hier soir, c’était pas gagné pour se lever à 7h, rattraper les quelques 300 mails en retard, se remettre à jour tout en enchaînant les réunions, mais finalement ça l’a fait. Et ça l’a fait sans incident majeur j’entends. Madame Pimpin ne s’est pas mise à pisser le sang, les symptômes n’ont pas disparu, la journée ne s’est pas terminée aux urgences contrairement à ce qu’elle imaginait craignait.

La rentrée scolaire.

Après-demain, Madame Pimpin, équipée de son beau cartable tout neuf (nan je déconne hein) posera ses délicates fesses sur les bancs de l’amphi dans la chouette école qui sera la sienne pour deux ans. Alors forcément ça ne plait pas au Chef Sympathique. Mais alors… Je ne te raconte même pas sa tronche quand il a découvert que les samedis de cours seraient récupérés via des journées de congé. Désolée mon poto c’est juste les conventions collectives, histoire que ces faignasses de salariés puissent se maintenir à leur rythme de parasite avec un nombre d’heures maximum par semaine. Nan parce qu’entre toi et moi, Chef Sympathique, tu crois quand même pas que si j’avais voulu me farcir le diplôme en mode Survie, j’aurais attendu sept ans et d’être en cloque peut-être on a dit on se projette pas pour qu’il soit pris en charge par la Grande Boîte hein ? Tu te doutes quand même bien que j’aurais tapé dans la butte bien avant, nan ? Bon. Madame Pimpin est contente qu’il ait kiffé la petite surprise. Ca promet d’être fun si un jour elle a la chance de lui annoncer qu’elle a un polichinelle dans le tiroir.

Les (autres) femmes enceintes.

C’est très dur à supporter. Et ce n’est carrément pas moins dur qu’avant d’avoir fait virer ce TG+. Il y a les femmes enceintes depuis l’été dernier, Madame Écureuil et Madame Chaton. Madame Pimpin ne veut pas les voir. Elles vont démouler en mars. Mars, anniversaire des fausses couches. Mars, date prévue pour l’écho des 12SA si l’Ordre des Choses permet d’aller jusque là. Donc ça fait chier, les femmes enceintes de cet été, d’autant que les Chatons se font de plus en plus persistants dans l’idée de se faire une petite bouffe avant le démoulage (genre quoi, on va tous mourir ensuite ?) et appellent les Pimpin environ toutes les semaines pour les inviter à ripailler. Tu pense qu’elle en a fort envie Madame Pimpin, d’aller non-ripailler et risquer de se faire griller chez une 34SA, LOL quoi. Madame Ecureuil se tient un peu plus tranquille car elle doit penser qu’IAC2, dont elle ne connaissait pas la date précise, aura lamentablement échoué. Alors par pudeur elle se tient à distance, thank you god, thank you life, thank you Los Angeles*.

* inspiré du discours de Marion Cotillard à LA pour son rôle dans La Môme.

Il y a Madame Cigogne, celle qui s’appelle R. dans cet article. Celle qui en est à deux mois de grossesse, celle qui était stérile et qui n’a pas fait exprès d’être enceinte et trouve ça dur dur les prises de sang mensuelles (au nombre de deux, donc). Eux, ils vivent normalement. Elle ne reste pas enfermée chez elle une semaine entière enroulée dans une couverture à claquer des dents de peur de bouger et de perdre le bébé. Ils vont à des concerts. Ils vont au resto, ils vivent. Ils sont heureux. Et comme ils sont heureux ils veulent que tout le monde le voit. Alors comme témoins de ce bonheur, ils se sont dit « oh tiens, faisons appel à ces chers Pimpin, invitons les à ripailler ». Bah nan. Foutez moi la paix.

Tu me diras, c’est un peu ce que Madame Pimpin à envie de répondre à tout le monde (« bah nan, foutez moi la paix ») (faut suivre un peu). Même à Madame Zébulon sa BFF, qui depuis trois jours essaie de la joindre, elle voudrait répondre d’aller au diable. Le Caméléon a écrit sur un post-it « DDG le 4 avril » et il a donné le post-it à Madame Pimpin. Et d’ici là Madame Pimpin, elle voudrait rentrer dans le ventre de la terre, ou dans le ventre de sa mère, pour que son ventre à elle et ce qu’il contient peut-être soient à l’abri de tout. Maaaais bon ce n’est pas possible.

Le problème avec ces femmes enceintes, c’est qu’elles vont toutes continuer tranquilou leurs grossesses, comme des fleurs, sans épée de Damoclès au dessus de leurs jolies têtes. Et si une seule doit encore se manger une porte, ce sera Madame Pimpin. Et elle redoute tant d’avoir à les regarder continuer leur route, sans affolement, si pour la quatrième fois il fallait remettre les pieds dans les starting blocks.

Va y avoir du sport.

Madame Pimpin te disait l’autre jour qu’elle avait décidé de caler l’écho de la huitième SA à la toute fin de la semaine histoire d’en avoir fini avec ses obligations et d’avoir le week end pour se reposer de ce qu’elle aura constaté. Elle avait donc fixé la chose pour samedi 12h30, armée de Monsieur Pimpin. Ah Ah Ah la blague. A se demander si son cerveau n’a pas carrément fondu. Parce que ça, c’était sans compter que le planning de la chouette école, il prévoir d’avoir cours aussi le samedi après-midi (nan mais Madame Pimpin, va pas me dire que tu ne le savais pas). Il va donc falloir samedi qu’elle quitte le cours dix minutes avant la fin, le matin. Pour se ruer chez le Caméléon et y rejoindre Monsieur Pimpin. Attendre probablement deux plombes, que Môsieur le Caméléon purge son retard. Et puis nature peinture, vivre le moment le plus angoissant de toute l’histoire #2. Pour retourner en cours dans la foulée et quoi qu’il arrive, en retard d’une bonne heure. Le tout, lors de sa première semaine de cours. Tadââââ.

Topo de 7SA +1 (lecture facultative hein).

7SA +1 en ce lundi post-grippe (un muscle intercostal déchiré à force de tousser tout de même, belle perf’ nan ?) (ça fait mal) (si quelqu’un ou quelque chose a survécu à ces quintes de toux ahurissantes, respect). Les boobs sont toujours douloureux, plus ou moins, mais parfois ça fait très mal. L’appétit est réduit à néant, après plusieurs jours de fascination pour le gras (crêpes complètes, burgers, pizza aux huit fromages et compagnie) il y a une dizaine de jours, c’en est fini. Madame Pimpin ne tolère que les fruits, les viandes maigres, les cuissons sèches, les légumineuses et les yaourts (et les barquettes de Lu à la fraise également, et le jus de pomme). Elle a des nausées aussi. Toute la journée, suffit qu’elle croise une odeur dégueu (au top du top : café et / ou clope, plutôt commode pour une ancienne fumeuse) pour que les hauts-le-coeur surviennent. Surtout quand elle a l’estomac vide. Et des fois elle vomit. Samedi dernier le soir de la première écho, trois pauses obligatoires sur un trajet de 6km sous peine de repeindre la bagnole (heureusement qu’à Village Sur Mer on n’a pas de métro, j’te le dis). Et ce matin, hop un petit coup de bile au p’tit dèj. C’est dégueulasse hein. Pourtant c’est bien la seule chose en ce moment qui donne le sourire à Madame Pimpin. Voilà à quoi on en est réduit après cette fucking PMA et après ce fucking acharnement de DNLP : kiffer de vomir sa bile à 7 heures du matin. Et puis son dernier symptôme c’est que toutes les cinq minutes, les larmes lui montent aux yeux. Et elle devient hyper sentimentale et hyper lyrique. Du style à entendre quelques petits rires étouffés dans l’assemblée en réunion quand elle défend un sous-traitant outsider avec panache, verve, passion et émotion.

Elle n’avait jamais eu tout ça, avant, Madame Pimpin. Avec G1 et G2 elle cumulait 20SA ou 16SG, et là avec ses 7 petites SA +1, elle a genre mille fois plus de symptômes. Alors on sait tous très bien que ça ne veut rien dire et que ça ne prouve pas qu’elle a des raisons d’être rassurée. Ca ne veut pas dire que samedi, elle pourra retourner en cours sans cacher ses larmes d’un poing rageur, en mode pilote automatique. Ca ne veut rien dire du tout. Mais curieusement, connement, presque, ça lui donne envie d’être un tout petit peu tranquille pendant une minute. Là. Juste soixante secondes de répit. Pfiou. Ca va mieux. Mais c’est déjà reparti.

Freaky Friday.

Aujourd’hui 19dpo et hier donc, 18. Tu peux me croire hier, la journée ne partait pas pour être merveilleuse.

Il y avait déjà ce putain de SPM qui tiraillait le ventre de Madame Pimpin, et des sensations de coulées d’utro qui la précipitaient régulièrement aux WC de la Grande Boîte pour faire des points réguliers sur la situation.

Il y a eu une présentation importante le matin, pendant laquelle Madame Pimpin n’avait pas du tout la tête à ce qu’elle racontait au point à un moment donné de ne plus suivre le fil de ses propres propos (ça va que c’était vendredi, les Gougniafiers étaient fatigués et n’ont pas semblé remarquer le blanc qui a suivi, le temps qu’elle reprenne ses esprits).

Au déjeuner, ambiance de marde rapport à Madame Poulette (cf N. dans l’article « ironie« ) plombe l’ambiance et ne décoince pas un mot rapport à ses perpétuels bads injustifiés (foirage d’IAC1 ? Nan mais attends c’est rien par rapport au fait qu’elle, la pauvre, son mec ne s’est pas mis à pleurer de compassion quand elle lui a annoncé que la Grande Boîte allait étendre le périmètre de son service, alors ta gueule). Elle n’est pas au courant pour IAC2, mais qu’elle le sache ne changerait rien, il n’y a qu’elle qui compte. Heureusement il y a aussi un autre chouette collègue avec qui Madame Pimpin peut échanger deux ou trois calembours le long du repas (c’est chouette les garçons, c’est jamais ouin-ouin), utilisons comme toujours l’humour pour exorciser l’angoisse. Madame Poulette ne sourit même pas mais je peux te dire un truc, Madame Pimpin s’en tamponne le coquillard de ses états d’âme.

En sortant de la cantine, elle tombe sur LE Jean-Claude Convenant de la Grande Boîte. Quand il lui demande si elle se plait à Village Sur Mer, elle sent venir l’embrouille. Ça ne rate pas : « Bah et alors Madame Pimpin t’attends quoi pour te reproduire ?« . Le Chouette Collègue baisse la tête, Madame Poulette SOURIT presque. (connasse va). Madame Pimpin le revoie dans ses buts en lui demandant « et toi t’arrêtes quand, parce que vu ton âge………. » (il a cinquante piges et vient d’avoir un bébé avec une seconde épouse, tandis qu’il a largué il y a peu la première épouse et les deux gosses qui allaient avec), mais la réflexion de marde l’atteint comme une flèche en ce jour de pré-J1, et le comportement de Madame Poulette la laisse également plutôt perplexe.

Retour au bureau, nouvelle réunion téléphonique, ça se passe très mal. Madame Pimpin est obligée de passer un savon à un Gougniafier et une Gougniafière et elle déteste ça, passer des savons. Pendant la conversation elle sent son J1, autant te dire que pour le coup… le savon glisse tout seul entre ses mains.

16h39 un dernier pipi au bureau. Pas de J1. Décision prise de tester asap en arrivant à la maison, au risque de ne pas croire au négatif (oui mais c’est pas le pipi du matin alors peut-être il dit négatif mais il faudra refaire demain) (on en est toutes capables, de celle-là).

17h00 sortie du bureau, qu’est ce qu’ils ont tous à me retarder et vouloir absolument me souhaiter un bon week end, mais cassez vous là, bordel.

17h34 arrivée à la maison. Monsieur Pimpin n’est pas là.

17h36 le gobelet, le tg et Madame Pimpin sont dans les WC. Le TG tombe dans le pot, qu’est ce qu’il reste ?

UN FUCKING SABLIER QUI CLIGNOTE.

Ca n’en finit pas.

Bordel il clignote mais il affiche enceinte ? Chuis enceinte ? (crise cardiaque #1)

Ah non (crise cardiaque #2) chuis pas enceinte, c’est parce qu’il doit commencer par afficher le mot commun quel que soit le résultat (pas enceinte / enceinte 1-2 / enceinte 2-3 / enceinte 3+) (c’est la première fois que Madame Pimpin offre un TG décent à son pipi, elle n’est pas habituée).

Oh putain. Ca y est il s’est calmé. Enceinte 2-3 (crise cardiaque #3). C’est positif et c’est en ligne avec la datation alors que c’est un pipi du soir. Ouf.

Yeux humides, de joie. Vraiment, les premières minutes, seulement de la joie. Après deux fausses couches Madame Pimpin ne pensait jamais pouvoir ressentir seulement de la joie en faisant virer un TG.

Coup de fil à Monsieur Pimpin, pour savoir l’heure à laquelle il envisage de rentrer. 18h30, ça va. Madame Pimpin se force à parler d’une voix neutre. Elle a décidé qu’elle annoncerait la nouvelle dignement à son mari, dignement et joliment. Parce que même pour G1, c’était déjà la panique. Ils avaient regardé le test virer ensemble, contemplant à deux les gouttelettes de pipi les yeux dans le vague pendant de longues secondes. Puis Monsieur Pimpin, content de voir le test virer, avait regardé sa femme paniquée avec un grand sourire. Et je te dis pas comme il s’était fait engueuler en mode ouais ben ne nous réjouissons pas trop vite (visionnaire la mère Pimpin ? en tous cas sur le coup, aigrie par la peur, oui). Et pour G2, si tu ne t’en souviens pas je te laisse regarder les articles de fin février 2013, moi je n’y retourne pas.

Pendant la demi-heure précédent l’arrivée de son époux, Madame Pimpin a joué le même morceau sur son piano en boucle, ce morceau qu’elle aime tant. Elle ne pouvait s’occuper à rien d’autre. Seule cette activité mécanique et automatique lui permettait de rester en contrôle. Et à mesure qu’elle jouait, des frissons lui parcouraient les bras puis le dos. Elle a respiré très très fort et s’est dit qu’il fallait avoir confiance, que perdre confiance ne changerait en aucun cas les choses en bien. Que c’est une jolie nouvelle, et même si ce n’est pas la première fois, c’est tout de même une fois unique, à chaque fois, et quoi qu’il arrive. Elle s’est rappelé les fois où n’étant pas enceinte, elle regardait les photos d’elle prises au cours des si rares instants heureux où elle portait la vie. Elle s’est souvenue de l’envie ressentie en regardant ces photos. Et elle s’est dit qu’aujourd’hui, même si peut-être pas demain, elle pouvait être à la fois celle qui vit et à la fois celle qui regarde. Qu’il fallait savourer et faire, de chaque minute passée dans cette grossesse et qu’importe le temps qu’elle durera, une minute de conscience et de contentement. Pour celle qu’elle sera plus tard, pour celle qu’elle a été avant, parce qu’on n’a pas le droit de gâcher ça.

Alors quand Monsieur Pimpin est entré, elle a laissé la mélodie en suspens et s’est levée du tabouret de son piano. Le TG caché derrière son dos, elle a embrassé son mari et lui a dit qu’elle jouait pour son bébé parce qu’il allait être papa. Et elle lui a tendu le TG. Il ne s’y attendant pas parce qu’elle avait tu ses interrogations des derniers jours, parce qu’il pensait que la dead line ne serait que deux jours plus tard. Alors pour la première fois dans sa vie, il a eu cette jolie surprise, entendu ces jolis mots, ceux que prononcent les autres, les gens normaux. Et il a serré très fort sa femme dans ses bras.

Ils le savent bien les Pimpin que tout est incertain. Que dans ces mots il y a presque de la provocation envers DNLP. Qui d’autre, mieux qu’eux, peut savoir à quel point le fait qu’un TG vire ne garantit pas que le Monsieur sera papa… Mais rien ne peut le garantir… Alors il faut juste vivre au jour le jour et tirer de chaque moment ce qu’on peut y trouver de meilleur.

C’est aussi pour ça que Madame Pimpin a décidé de ne pas faire de prise de sang, enfin plutôt de ne pas se faire délivrer les résultats de la prise de sang faite tout à l’heure. Le résultat ira directement chez le Caméléon. En parallèle Madame Pimpin prendra rendez-vous avec lui pour d’ici deux ou trois semaines, pas avant qu’on soit supposé voir quelque chose à l’écho. Si d’ici là quelque chose va vraiment mal (saignements ou douleurs), ce n’est pas une pds qui sauvera la situation et il sera assez tôt d’aller aux urgences. Si le taux est inquiétant, le Caméléon l’appellera. Si d’ici là Madame Pimpin se met à baliser, elle prendra RDV avec le Maître Reiki. Si d’ici là tout se passe bien, eh bien, tant mieux, hein.

Alors voilà. Le follicule en patate, pour le moment, a fait le job. Étrangement, Madame Pimpin se sent très calme. Lucide et calme. Et c’est sûrement bien meilleur pour elle que d’aller se stresser la vie en faisait des courbes de BHCG comme l’année dernière. Seul l’avenir nous dira si la Patate est vraiment là et si elle décide de pousser, mais une chose est bien sûre : que quelqu’un s’approche prématurément de moi avec une seringue de MTX, et je le tue à mains nues, et avec mes dents, et je n’en laisserai rien.

Ironie.

17dpo. On est à trois heures de l’échec d’IAC1. La tension est à son comble. Et l’ironie est incroyable aujourd’hui.

Ironie de la vie qui décide que U. se fait plaquer après deux ans, comme un chien, alors qu’elle est un adorable petit bout de femme respirant la tolérance. U. n’a pas desserré les dents. Elle est restée belle et digne. Ironie de cette même vie qui rend au même moment N. odieuse avec son homme, et le reste de son entourage au passage, N. qui s’invente de faux problèmes, qui impose à tous ses amis de s’improviser psy exclusifs et disponibles H24.

Ironie de la vie qui veut que si ce soir Monsieur Pimpin était chafouin, c’est parce que B. lui a annoncé qu’il allait être papa. B. et R. se connaissent depuis moins d’un an. R. est stérile ou presque. Le bébé n’était pas à l’ordre du jour, mais quand ce serait le cas ce serait case PMA directe. B. et R. qui viennent d’emménager à Village sur Mer (chouette des amis zéro risque, qu’ils s’étaient dit), et qui il y a deux semaines ont demandé aux Pimpin le numéro de leur médecin traitant. C’était pour ça (quand Madame Pimpin ira mieux on reviendra sur cette histoire, elle a du bitchage en stock). Au même moment dans la chaumière, Madame Pimpin a mal. Son ventre annonce l’imminence d’un nouvel échec. Elle qui n’a soi disant aucun problème, qui devait se retrouver enceinte facilement une fois le petit coup de mou du spermo compensé par l’eau de cologne.

PUTAIN LA CIGOGNE, TU T’ES TROMPE DE MAISON, T’AS FUME OU BIEN ?

17dpo et Madame Pimpin est tétanisée. Elle n’a pas la force de tester pour en finir et d’affronter ensuite la dernière journée de la semaine. Disparue la force, disparu le courage.

My Little PMette Box.

**  Billet inspiré par un commentaire de Milie à propos de ça **

Ce billet est très sérieux et s’adresse aux créateurs des Little Box(es). Nous les Pmettes de France, de Navarre et d’ailleurs, on voudrait des trucs rien que pour nous. Alors si vous êtes bien mignons, et comme c’est un marché porteur rapport au fait que l’infertilité gagne du terrain, la pollution, le stress, le tabac, la malbouffe, tout ça, vous allez nous pondre une Little Pmette Box juste pour nous, d’accord copain ?

Alors dans notre Little PMette Box, tu vas nous mettre :

–          Des seringues et des aiguilles, des mouchoirs, des TG et des TO. Ca c’est pour la base.

–          Des vaniuches et du PQ blanc (ça c’est pour la surveillance spottesque).

–          Une Mooncup qui chantent « I’m Still Standing » d’Elton John, quand on les enlève (ça c’est pour le moral).

–          Du chocolat (pour assurer un moelleux minimum au niveau des zones de piqûre.)

–          Du vernis à ongle (ça passe le temps).

–          Du mascara waterproof (bah oui hein. On chiale pas mal nous).

–          Un chat (tu te démerdes pour la logistique).

–          Un agenda avec affichage des jours du cycle.

–          Des culottes numérotées en DPO (histoire de pas se dévisser la rétine pour rien à 3DPO).

–          Un thermomètre qui raconte des blagues.

–          De la vodka.

–          Des fringues mais pas n’importe quoi : chaussettes, jupes, robes, écharpes. Cherche pas à comprendre.

–          Un coffret DVD contenant l’intégrale des Chtis, « Là Haut », « Vipère au poing ».

–          La compil’ de la PMette*.

–          Un voiture neuve / un Ipad / un séjour pour deux aux Maldives / un gros solitaire en diamant… Surprends nous bordel.

Prix d’appel dans les 20 boules (je te rappelle qu’une partie d’entre nous se fait régulièrement essorer le compte en banque rapport à des FIV DO / DPI / examens pas remboursés / dépassements d’honoraires…).

Voilà ! On vous donne le concept, à vous de jouer Messieurs. Pour les adresses de livraison, voir avec Julys ;)

* Playlist de PMette (toutes les suggestions sont les bienvenues) :

« Dernière Danse » (Indila)

– « Déjeuner en Paix » (Jean-Louis Aubert)

– « Siempre me quedara » (Bebe)

– « Pas toi » (Jean-Jacques Glodman)

« Blizzard » (Fauve)

« J’veux un Enfant » (Brigittes)

« I’m still standing » (Elton John)

– « Don’t Worry Be Happy » (Bobby Mc Ferrin)

Check List pour une IAC à Village Sur Mer.*

*«à Village Sur Mer» : c’est-à-dire, quand la grande maison de la PMA ne vous ouvre pas ses portes parce que vous ne faites pas de FIV mais des IAC, et que le suivi médical est donc réalisé par le Gynéco de ville ou d’ailleurs, la PMA ne prêtant que son labo et les conseils de son biologiste. 

J-7 : Le J1 n’est pas encore dans la place, mais soyons réalistes et arrêtons de rêver cinq minutes, il va débarquer d’ici une semaine. Il est temps de : 

–          Zieuter l’agenda afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de déplacements au moment supposé du J1, et commencer à émettre des suppositions quand à la date présumée de J3 pour l’écho de contrôle post-IAC#N-1.
–          Vérifier les stocks de médicaments et de consommables (médicaments, aiguilles et seringues, vaniuches). Le stock de médicaments déterminera l’importance du RDV de J3. En cas de stock liquidé, se débrouiller pour obtenir une ordonnance avant J3, rapport au délai de commande de la pharmacie.
–          Vérifier la validité des pièces administratives constituant le dossier soumis au laboratoire PMA qui prépare les recueils : date du dernier spermogramme, date des sérologies, date du dernier bilan hormonal à J3, validité du 100% (m’enfin à J-7 c’est trop tard).

J1 : Bah voilà hein on s’en doutait un peu. Si c’est un samedi, ou pire un dimanche avec J3 lundi, on est dans la marde si le point de J-7 n’a pas été fait correctement. 

–          Chialer un bon coup.
–          Essayer d’obtenir un RDV le jour même si le stock de médicaments est à zéro.
–          Essayer d’obtenir un RDV à J3 si tout est RAS.
–          Se dépatouiller avec la pharmacie.
–          Voir avec l’infirmière si besoin (surtout en cas de pénurie d’aiguilles).

J3 : normalement, le stock de médicaments est OK, partons sur l’hypothèse d’une secrétaire de gynéco conciliante. 

–          RDV de contrôle post-IAC.
–          Première injection.

J4 :
–          rappeler la secrétaire pour caler les rendez-vous de suivi de stimulation ovarienne.
–          Injection.

J5 :
–          Injection

J6 :
–          Injection

J7 : début du suivi de stimulation ovarienne.
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          En fonction de l’écho, commencer à tenter de deviner la date de l’IAC pour s’assurer des disponibilités de tout le monde (labo, gynéco, et accessoirement son conjoint et soi-même).
–          Ne pas oublier l’injection.

J8 :
–          Température.
–          Injection

J9 : deuxième RDV de suivi de stimulation ovarienne.
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          En fonction de l’écho, commencer à tenter de deviner la date de l’IAC pour s’assurer des disponibilités de tout le monde (labo, gynéco, et accessoirement son conjoint et soi-même).
–          Ne pas oublier l’injection.

J10 : 
–          Température.
–          Injection

J11 : troisième RDV de suivi de stimulation ovarienne. 
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          Très probablement, calage de la date de l’IAC pour J13.
–          Ne pas oublier l’injection habituelle OU la piqûre de déclenchement.

J12 :
–          Température.
–          Prise de RDV avec le labo de la Clinique PMA pour le recueil, prise de RDV avec la secrétaire du Gynéco au cabinet de la Chouette Clinique pour l’IAC.
–          Vérification des papiers du conjoint et de ses propres papiers (carte d’identité, carte vitale, 100%, copie des examens au cas où).
–          Préparer un en-cas pour le lendemain midi.
–          Poney.

J13 : jour de l’IAC.
–          Température.
–          Départ du conjoint pour le recueil à la Clinique PMA.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Eventuellement, aller au boulot.
–          Prise de nouvelles auprès du conjt (en évitant de faire sonner son téléphone au moment où il fait sa petite affaire…)
–          Penser à imprimer les résultats de prise de sang et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Départ pour récupération du recueil à la Clinique PMA.
–          Convoyage du recueil, des ovaires et de l’utérus concernés vers la Chouette Clinique.
–          Massacre cervical et IAC.
–          Penser à récupérer l’ordonnance pour l’utrogestan (à Village sur Mer, la pds pour recherche des BHCG, on s’assoit dessus pour les IAC).
–          Retour à la maison pour grignotage de l’encas et repos d’une heure (si possible…).
–          Retourner au boulot.
–          Pharmacie (utrogestan)
–          Poney si possible (à la maison, hein).

J14 :
–          Poney.
–          Utrogestan.

J15 à J21 :
–          essayer de ne pas penser.
–          Bordel, J21, c’est aussi J-7… il faut recommencer.

Check List Pmesque.

« Déjà » 4 mois que Madame Pimpin est officiellement entrée en PMA. Jusqu’ici, bien que partageant toutes les questions existentielles qui vont avec, elle s’en sentait un peu exclue avec son clomarde et ses grossesses spontanées mais inachevées et nourrissait une sorte de complexe de l’imposteur. A présent, forte de son immense recul de quatre mois, elle est une Pmette une vraie, avec des seringues et tout et tout. Elle peut donc se permettre de parler au titre de son expérience, de donner des conseils tout ça. Alors, si tu me demandais «Madame Pimpin explique nous ce dont il faut disposer pour entreprendre sereinement une entrée en PMA», avouons que tu brûles de poser cette question, voilà la réponse sous forme de check-list.

Le staff médical qui va bien, composé de :
– Un gynéco compétent, humain de préférence mais ça, c’est pas garanti.
– Une secrétaire de gynéco disponible et gentille, qui sait ce qu’est la PMA.

– Un biologiste équipé d’un labo PMA qui communique clairement sur les formalités administratives (voir check-list IAC à venir).
– Un labo adapté pour faire les pds (adapté, comprendre : pas trop loin de la maison, mettant les résultats à disposition dans un délai décent).
(concernant ces trois derniers points, le mieux étant bien sûr de pouvoir tout faire au même endroit, mais ce n’est pas toujours possible, dans ce cas se référer au plan ci-après).
– Des mages de la médecine douce (ostéo, acu, reiki, sofro… qu’importe le flacon) pour compenser le manque d’humanité dudit gynéco.
– Une bonne mutuelle, pour payer tout ce beau monde.
– Une pharmacienne pas trop débile, dont on s’assure qu’elle nous connait en lui vouant une fidélité irréprochable.
– Le numéro de téléphone d’une infirmière à domicile. Pratique pour discuter le bout de gras et se procurer des aiguilles.

Les équipements médicaux :
– Alcool (pour désinfecter).
– Alcool (à boire).
– Seringues, aiguilles, coton ou compresses.
– Tests d’ovulation pour les mois de pause forcée.
– Tests de grossesse good quality (en PMA exit la marque Simply Marde).
– Thermomètre.
– Se faire poser des veines dignes de ce nom, qui ne claquent pas au moindre prétexte.

Le support psychologique :
– Un mari / époux / compagnon / amoureux, qui te soutient et que tu soutiens et même que vous vous aimez.
– Un blog. Je t’assure, tout ira mieux une fois que tu auras écrit.
– Des amis. Triés sur le volet. T’affoles pas pour le tri, ils se trieront eux-mêmes, va.
– Une famille, qui de préférence a fini de pondre.
– Une maman avec des gentils bras. Surtout si tu as la fâcheuse manie de faire des fausses-couches.

Des distractions :
– Un travail (faut bien payer la mutuelle, les mages de la médecine douce qui ne sont pas souvent remboursés, et les distractions) qui de préférence te permet de t’absenter si besoin (exemple à proscrire : pilote de sous-marin).
– Un ou des projets (reprise d’études, maison, voyage, hobbie, mariage, sport… là encore qu’importe le flacon).
– Une carte de crédit (alimentée) (cf «un travail») pour s’offrir tout ça ainsi que quelques récompenses bien méritées.
– Un animal de compagnie. Prends le jeune, si tu n’en as pas encore. Les vieux, c’est trop d’inquiétudes.
– De la lecture pour la salle d’attente. Ou bien la méthode «comment apprendre le japonais en 100 leçons» (je t’assure, tu auras le temps). Ou si comme Madame Pimpin, tu es à moitié abrutie quand tu te réveilles / quand tu sors du boulot : candy cruche sur ton smartphone.

De la logistique :
– Un smartphone équipé d’une batterie solide. Dans le smartphone, les numéros des labos, des secrétariats, de l’infirmière, des mages. Et candy cruche aussi. Et l’application Mes Analyses. Et l’application Ovuview. Et un agenda.
– Kleenex. Par dizaines. Dizaines de palettes, bien sur.
– Mascara waterproof (devrait être remboursé par la sécu, bordel).
– Un accès internet pour les résultats de pds.
– Deux véhicules. Qui peuvent tout aussi bien être le métro hein si tu vis dans un lieu civilisé. Mais toujours s’assurer de pouvoir rallier les différents points stratégiques en mettant le moins de temps possible (voir la carte ci-dessous pour la justification).
– un uniforme echo-endo (chaussettes, culotte décente, long pull / tunique /écharpe comme celle de Bounty).

Pour te matérialiser tout  ce trafic (et parce qu’elle avait envie de copier un peu Zapette) (mais rassure toi ça ne se reproduira pas), Madame Pimpin t’a dessiné une splendide carte :

image

Un jour normal de stimulation, Madame Pimpin doit :
– Quitter le point A pour le point B tout en faisant en sorte d’y être pour 7h15 très précisément afin de démarrer dès 7h30 (trajet : 10 minutes).
– Se rendre du point B au point C tout en faisant en sorte d’y être pour 8h00 très précisément (trajet : 30 minutes)
(tu noteras que si Madame Pimpin passe plus de zéro minutes au point B, elle arrive en retard).
– Profiter d’être au point C pour récupérer et imprimer les résultats de pds, remplir la fiche IAC et faire les courbes, passer divers coups de fil (pharmacie, secrétariats…) et se reposer un peu en faisant des beaux dessins, quand une horde de gougniafiers n’entrave pas ces respectables activités.
– Quitter le point C pour le point E tout en faisant en sorte d’avoir passé huit heures au point C (trajet 40 minutes).
– Allez du point E au point B’ en faisant en sorte d’arriver au point B’ avant 19h00. (trajet 30 minutes).
– Aller du point B’ au point A (trajet 10 minutes, sauf si, morte de fatigue, tu oublies de desserrer le frein à main – true story).

Un jour d’IAC, ça donne ça :
– Le véhicule 1 quitte le point A à 7h30 pour se rendre au point D à huit heures.
– Au même moment avec un peu de chance, le véhicule 2 se rend au point B.
– Le véhicule 1 quitte le point D à 8h30 pour se rendre au point C à 7h30 (trajet 15 minutes) (avec donc, une heure quinze de retard).
– Le véhicule 2 quitte le point B à 8h00 pour se rendre au point C à huit heures (trajet trente minutes) (avec donc trente minutes de retard).
– Le véhicule 2 quitte clandestinement (ou pas) le point C à 10h30 pour se rendre au point E à 11h00 (trajet : 30 minutes, retard : 10 minutes) sans oublier de passer par le point D (sinon vas-y faire une IAC sans récupérer le recueil), puis retourne au point A pour y rester une heure et revenir au point C (trajet total : une heure, arrivée au point C : 14h00).
– Le véhicule 1 quitte le point C pour le point A et arrive vers 18h00.
– Le véhicule 2 quitte le point C pour le point A et arrive vers 19h00.

Raviolis ?

Raviolis.

IAC2 – J15 – Brèves #4.

Madame Pimin ne saurait pas exactement dire ce qui se passe dans son utérus en ce deuxième jour post-IAC2, mais contrairement à la fois précédente, elle l’a bien sentie passer.

Déjà sur le coup, elle a bien douillé grâce à la pince à clamper le col (mais quel outil barbare). Son utérus étant retroversé depuis toujours (du moins, elle le sait depuis l’hystérosalpingographie de février 2013), il faut avouer qu’elle s’attendait déjà à rencontrer ce problème pour la première IAC, ce qui n’a pas été le cas. A se demander d’ailleurs si la première IAC a bien été réalisées dans les règles de l’art, et non pas par-dessus la jambe.

Ensuite, elle a eu mal au ventre toute la journée. Des douleurs de règles, des douleurs de col, un peu le même genre de douleurs qu’après l’hystérosalpingographie. Alors je t’arrête tout de suite, toi qui va commencer les IAC dans peu de temps et te pose déjà mille questions : un IAC ça ne fait pas aussi mal qu’une HSG, loin de là. On n’a pas à supporter la détestable mise en pression des trompes et de l’utérus et ça fait toute la différence. Seulement, cette fois-ci, l’IAC a été suivie de fortes douleurs de règles qui ont duré toute la journée. Moralité : prendre du spasfon par précaution juste avant.

En allant aux wc quelques heures après l’IAC, surprise : la vaniuche de Madame Pimpin était spottée. Tout le reste de la journée, elle a constaté de petites traces de saignements plutôt légers et plutôt anciens (sang marron). Sachant que son col saigne très facilement, Madame Pimpin ne s’est pas trop affolée d’autant que lesdits saignements ont plutôt eu tendance à se calmer dans la journée.

Après une bonne nuit de sommeil et une journée de boulot par-dessus, plus de saignements. L’usine à Poney a donc repris du service (bah quoi, faut pas qu’ils s’ennuient les Yacks Domestiques, tous seuls là dedans, sinon ils risquent de se barrer). Très mauvaise idée. Je te dis pas la tête de Monsieur Pimpin, quand après l’effort et le réconfort il s’est rendu compte que sa dulcinée pissait littéralement le sang. Du bon sang rouge et bien homogène, épais, du sang de quand tu t’es blessée, pas du spotting, pas du sang de règles. Monsieur Pimpin n’a rien en commun avec Rob Patt et le sang c’est pas trop son délire. Il était tout pâle et tout désolé. Sur le coup, pas de douleurs, c’est un peu plus tard qu’elles sont revenues (plus légères que le jour de l’IAC toutefois). Pourtant, c’était un mignon Poney Sauvage, gentil et bien élevé, pas du genre à faire mal.

Alors qu’est ce que c’est que ce bordel ? Aurait-on inséminé à Madame Pimpin des Yacks Domestiqués carnivores qui se seraient embusqués au détour de l’endomètre pour se jeter sur les Poneys Sauvages ? Ces derniers étant un peu faiblards d’origine, ils se seraient laissé massacrer dans un bain de sang ?

Est-ce juste le col de Madame Pimpin qui en a ras la casquette, qui aurait bien aimé prendre des vacances entre deux IAC et qui pour montrer son mécontentement fait la grève de la discrétion ?

Ou bien son endomètre, qui déjà n’avait rien de trop, et se met à lui faire faux bon ?

On n’en sait rien ma bonne dame. Et c’est bien embêtant, d’autant que sur ce coup là, Doctissimarde et autres Aufémidinde.com ne sont d’aucune aide : si les Octobrettes Lolilol et les Essayeuses 2013 parlent parfois de spotting ou légers saignottements, personne ne semble avoir terminé dans ces conditions. Bon, on ne va pas se mettre en panique pour si peu hein, elle a encore tout plein de sang dans ses veines Madame Pimpin. La nuit semble avoir un peu apaisé les affrontements faisant rage dans la Bande de Gazon (tu noteras mon humour de marde, c’est que je suis toujours bien vivante). Espérons que la team Yacks Domestiqués n’ait pas été trop vilaine avec la team Poney Sauvage, et qu’ils aient laissé un peu d’endomètre pour la mission «prélassons nous dans ce frifri moelleux et hospitalier».

Reiki #3.

Jeudi dernier c’était Reiki. Avec une séance perdue au milieu de la stim Madame Pimpin n’a pas trop eu l’occasion de revenir là-dessus, d’autant que sur le coup son ressenti était plutôt mitigé.

Il y a d’abord eu l’habituelle séance de pendule. Le pendule était encore moins agité que la fois précédente, preuve que Madame Pimpin est sur la bonne voie (de la guérison, de la paix intérieure, de la fécondation, on ne sait pas vraiment), sauf qu’intérieurement elle ne ressent aucun changement et commence à se demander si tout ça n’est pas du pipeau.

Après le pendule, place à la séance de papote. Madame Pimpin raconte ses rêves. Le Maître Reiki la laisse interpréter toute seule, la guidant juste un peu. Il en ressort que Madame Pimpin en a ras le pompon de faire des efforts non remarqués auprès de son entourage (essentiellement professionnel et amical) pour se manger en contrepartie une profonde indifférence, voire des reproches. Le Maître Reiki lui dit des choses très sensées, des choses que tout le monde sait mais qu’on a tendance à oublier quand on est dans le feu de l’action.

Que le meilleur moyen de ne pas être déçu des autres, c’est de ne rien attendre d’eux.

Que le meilleur moyen de n’être entourés que de gens qui nous aiment vraiment, c’est de ne pas se forcer à faire des choses juste pour leur plaire.

Que ceux qui ne sont pas capable de voir le bon en nous quand on montre notre vrai visage ne sont pas dignes de notre amitié.

Que se plier en quatre pour faire plaisir à Pierre Paul ou Jacques est bien trop épuisant, qu’on finit par craquer, et que c’est le meilleur moyen de voir les autres vous faire des reproches quand le masque tombe et qu’ils se sentent trompés sur la marchandise.

Alors Madame Pimpin s’est dit why not. Au point où elle en est, autant s’assurer que ses amis sont de bons vrais amis qui l’aiment pour ce qu’elle est et pas seulement pour ce à quoi elle leur sert. De toutes manières elle n’a plus tellement la force de servir à quelque chose pour le moment. Elle s’est mis beaucoup de pression ces derniers temps pour essayer de faire des choses pour faire plaisir aux autres. Au final, quand elle parvient à faire ces choses, tout le monde considère que c’est normal. Et quand elle n’y parvient pas, ça devient un défaut d’engagement. Et elle culpabilise, au point de s’auto-considérer comme une sous-merde. Fuck it. Nan mais laissez moi manger ma banane tout nu sur la plage. Ce sera peut-être l’unique résolution 2014, tiens. Etre plus naturelle, plus vraie, moins se forcer, se préserver un peu plus. Ca fera moins d’heureux mais pour le coup ça rendra très heureux ceux qu’elle tient fort dans son cœur et qui sauront l’apprécier tout de même.

Le Maître Reiki s’est montré très intéressé par la présence des toilettes dans les rêves de Madame Pimpin. Pour lui, ils symbolisent un moyen d’évacuation (tiens tiens, Julys !), nouvelle preuve que Madame Pimpin est en train de vider ses tiroirs. Et puis évacuer, c’est simplifier. Ca va dans le sens du trip «nan mais laissez moi manger ma banane». Exit la pollution.

On est ensuite passé à la séance de Reiki en elle-même. Le Maître Reiki donne une petite couverture à Madame Pimpin, pour ses pieds, et note sur sa fiche qu’elle a tout le temps froid aux pieds. Pendant la séance, Madame Pimpin ne ressent pas grand-chose, ne voit pas d’images, elle est juste détendue (quand le contact physique, qui la dérange tout de même, n’est pas trop appuyé) et pense plutôt à des trucs du genre «qu’est ce qu’on va bouffer ce soir». Elle recommence à se dire que le Reiki c’est bullshit. Cette chaleur quand il traite les yeux (siège des émotions), après tout est ce que ce n’est pas elle qui l’invente ?

A la fin de la séance, le Maître Reiki se met à Reikiser les pieds de Madame Pimpin pour que «tout ça circule mieux», ça la chatouille et la surprend (elle avait oublié qu’elle lui en avait parlé). Ca la fait un peu marrer, parce que depuis toujours elle se souvient d’avoir eu les pieds froids… Et ne voit pas comment ça pourrait changer autrement qu’en mettant des chaussettes.

Séance terminée. Le soir, Madame Pimpin s’endort avec des chaussettes, pour tester. Ah oui, c’est mieux. Tellement mieux que le lendemain, elle oublie les chaussettes. Et le surlendemain. Mais elle n’a pas froid aux pieds pour autant… En fait, elle n’a plus froid aux pieds. Du tout. Même après avoir passé une journée dans des bottes pas étanches un jour de pluie.

Alors elle se dit que ce n’était peut-être pas du pipeau. Et si ça marche pour les pieds, sur un problème facile à vérifier, pourquoi pas pour le reste, ce qui est plus dur à déterminer ? Après tout, elle a un peu progressé, Madame Pimpin depuis la première séance. Elle se vexe moins. Elle évite les situations soulantes. Elle a passé quatre soirées avec des femmes enceintes, sans en ressentir la moindre contrariété (deux avec Madame Ecureuil, et deux autres avec une amie de sa copine Miss Kangourou) et elle est même parvenue à leur poser des questions sur leur grossesse, tout ça, et (accroche toi) elle a eu envie de poser sa main sur le ventre de l’amie de sa copine Miss Kangourou (mais ne l’a pas fait hein, on est pas intimes). Le soir du nouvel an, son J1 a signé l’échec de l’IAC : pas de drame. Au lieu de chouiner, elle a fait des câlins aux tous petits. C’était bien plus apaisant, bien plus énergisant, bien plus réconfortant. Alors… Serait-on sur la voie des tiroirs vides ? Ca ne signifie pas être sur la voie de la grossesse, soyons bien clairs… Mais si ça reste ainsi, l’attente, le vide, et peut-être l’échec définitif seront moins durs à vivre.

Après cette dernière séance, Madame Pimpin a fait un autre rêve. Elle devait s’occuper de son bébé. Mais il y avait des concerts, aussi, donc ça la gonflait un peu de devoir pouponner. Le bébé avait faim, il était sale, il pleurait, mais Madame Pimpin ne voulait pas s’en occuper. La seule chose qui l’empêchait de l’abandonner dans un coin le temps du concert, c’était le jugement de Monsieur Pimpin, absent du rêve, mais dont elle craignait les représailles et les reproches. Ce rêve, elle sait bien ce qu’il vient lui raconter… La peur d’être une mauvaise mère, de ne pas faire bien les choses, de ne pas aimer le bébé comme il faut. Ces peurs jamais avouées mais présentes depuis des années. Peur d’être comme sa grand-mère, de finir comme ces gens-là. Dommage, il n’y avait pas de WC dans le rêve. Ces peurs, Madame Pimpin aurait bien aimé les évacuer… Elle en parlera la semaine prochaine au Maître Reiki en espérant qu’il leur fasse prendre le même chemin que le froid aux pieds.

IAC2 – J13 – Brèves #3.

A J11 (samedi, donc) Madame Pimpin a tenu à recontrôler ses hormones, craignant que les sensations de tiraillement dans son col et sa glaire bien présente ne signifient une ovulation en cours, cata, donc, puisque l’IAC n’était prévue que ce matin et l’ovitrelle samedi soir.

Résultat : LH=1,8 / E2=339.

Ouf, pas de drame. L’E2 est un chouïa plus élevé qu’au même stade la dernire fois (318) mais l’écart n’est pas assez élevé pour permettre de penser que Number Two est encore dans la course (à moins que le dernier dosage de ce matin ne montre un taux formidable, mais ne nous laissons pas trop aller à la rêverie).

Madame Pimpin s’est donc rendue confiante (mais seule) au labo récupérer les Yacks domestiques dans leur petit flacon, après que Monsieur Pimpin (retourné au boulot), en mode super stressé, n’y ait déposé son précieux produit, puis s’est rendue à la Chouette Clinique avec trente minutes d’avance. Le Caméléon n’avait pas de retard, pas de stress. Madame Pimpin n’a pu accorder que quelques dizaines de minutes à son récalcitrant niveau Candy Cruche (depuis le début de la stimulation ça n’a pas avancé bordel de marde), et dieu merci l’attente fut brève rapport au lardon braillard de quelques semaines exhibé fièrement par une mère semi-obèse (qu’on ne vienne pas me dire qu’être gros rend infertile, et qu’on foute la paix aux copines de galère quand elles ont trois kilos en trop bordel), TOUTES les grosses patientes du Caméléon sont enceintes ou mère ou les deux. Bref je m’égare.

La mère béate s’éclipse pour changer son lardon (bah oui, ça chie, fallait y penser avant), Madame Pimpin en profite pour passer devant elle dans l’ordre des patientes (et BIM ça fait deux pregnant bitches esquivées).

Après les politesses d »usage, on passe dans la petite salle d’écho (première fois que Madame Pimpin la voit en plein jour). Madame Pimpin s’installe. Le Caméléon la fixe du regard pendant un instant. Madame Pimpin lui rend son regard et pense à l’épisode de Bref, ce qui la fait sourire et la détend un peu.Insertion du spéculum, ouille ouille ouille. Il est plus délicat avec la sonde. Puis au grand dam de Madame Pimpin, il sort sa pince pour lui clamper le col et lui remettre l’utérus dans le droit chemin bordel ça fait super mal (souvenirs de l’HSG) VILAIN UTERUS QUI N’EN FAIT QU’A SA TÊTE ! Heureusement le col semble à peu près ouvert puisque à part la pince elle n’a rien senti. Elle n’a pas eu le temps de regarder le flacon des Yacks domestiques flottant dans l’eau de cologne mais ce n’est pas plus mal, la dernière fois ce flacon rikiki lui avait plutôt inspiré des craintes rapport à sa petite taille ridicule.

Déclampage de col, extraction de spéculum. Ouf. Madame Pimpin se redresse mais le Caméléon lui ordonne de ne pas bouger et appuie sur un bouton puis se barre dans son bureau. Le siège de Madame Pimpin se met à basculer vers l’arrière, et n’en finit plus de descendre au point que le sang lui monte à la tête. Ah elle doit être belle comme ça tiens, frifri au vent ! L’image lui donne un micro fou-rire mais elle se retient, pas le moment que la contraction de ses abos se mettent à vouloir faire des bulles d’eau de cologne avec son vagin, bulles qui éclateraient gentiment dans l’air ambiant, dispersant les Yack Domestique là où ils n’auraient rien à faire. Seulement, l’image du frifri en irruption, laissant échapper des bulles d’eau de cologne, ça la fait encore plus marrer. Au terme de cette bonne tranche de rigolade, le Caméléon revient la mettre en position frifri en bas – tête en haut. Je VEUX ce fauteuil chez moi. T’imagines toutes les choses qu’on doit pouvoir faire avec ?

Le Caméléon prépare l’ordonnance d’Utrogestan, toujours pas de pds au programme. T’façons, les pds… plus de place sur les bras. Puis il demande à Madame Pimpin si elle bosse cet après-midi et tique un peu quand elle répond que oui. Le deal : reprise à 14h après une bonne heure de glande allongée chez elle dans son canap (glande mise à profit pour te narrer l’épopée matinale). Selon lui, le repos n’est pas une aide prouvée et empirique mais si ça peut aider et si ça ne dérange personne, c’est mieux. Madame Pimpin se lance donc pour sa grande question du sport : mollo la première semaine, puis comme d’hab, comme on le sent. Ce n’est pas dramatique d’en faire bien sûr mais autant éviter pour mettre toutes les chances de son côté. Madame Pimpin est soulagée, je t’avoue qu’elle craignait surtout qu’il se foute d’elle avec sa question de faignasse.

Bref voilà, J13 DPO0, c’est parti pour deux semaines de rêve (RDV Reiki à J23 pour donner des bonnes ondes au cas où l’un des follicules-patates a décidé de faire quelque chose de bien de sa vie). Espérons que les bestioles de Monsieur Pimpin trouvent la route et se fassent bien accueillir, espérons que les Poneys Sauvages cèderont la priorité aux Yacks Domestiqués en cas de duel, Espérons tout plein de choses.

Et puis on n’oublie pas de croiser les doigts pour la joulie Flhope qui elle aussi a du avoir une journée bien chargée.