Echo des 12 SA.

Les petits vont bien, en cette fin de douzième semaine d’aménorrhée. Ce n’est pas le Caméléon qui a procédé à l’échographie mais son remplaçant (Madame Pimpin a bien failli se barrer en courant quand elle s’en est aperçue) (mais elle avait déjà manqué de tomber dans les pommes dans la salle d’attente, alors bon, fallait pas prendre le risque de s’évanouir en s’enfuyant). Ledit remplaçant a uber galéré avec la machine et a sorti des clichés assez surprenants et contemporains, un bras par ci un fémur par là. Mais le principal c’était en live, de les voir se tourner, barboter, danser, de voir qu’ils allaient bien, et de voir que toutes les mesures sont parfaites, juste un tout petit peu en haut des courbes.

Les clartés nucales sont très fines et les Pimpin ont décidé de ne pas pousser plus loin le vice : ils ne feront pas la PDS de marde qui détermine le pseudo-risque d’anomalie. Ils vont faire confiance, et puis une prochaine écho dans quelques semaines, en 3D et faite par LA pro du coin sera bien plus efficace que toutes les stats du monde (Madame Pimpin t’a déjà dit qu’elle haïssait les stats et les probas ?) et puis quoi, ils les aiment déjà les Pimpin, leurs deux petits polichinelles et quoi qu’il arrive ils les aimeront toujours.

L’ectropion est toujours là, et on ne pourra rien y faire. Les nausées sont toujours là aussi, et peut-être pour encore un moment d’après le remplaçant.

Madame Pimpin a perdu 1 kilo, pour quelqu’un qui cherche à se rapprocher de la mobilité d’une moule, qui a brutalement arrêté de fumer le jour de son TG+, et qui dans le même temps a adopté un régime monomaniaque à base de barres chocolatées, on est pas mal.

Alors voilà, le cerveau de Madame Pimpin va tenter de faire comme elle avait dit : se rendre compte du chemin parcouru, savourer ce jour attendu depuis si longtemps, se décrisper un peu, et compter sur une encore petite mais déjà décelable rondeur de son ventre pour se rassurer en cas de crise.

La prochaine étape, dans une semaine, c’est le RDV pour la déclaration de grossesse (ouais on a pas tout fait le même jour on est jamais trop prudents). Par superstition elle ne parlera pas de tout ça au boulot d’ici là (même si annoncer au Chef Sympathique une grossesse gémellaire et un arrêt pour dans 8 semaines un premier avril, ça aurait été un putain de gros kiffe). En revanche, avec Monsieur Pimpin, ils ont avec plaisir partagé cette bonne nouvelle avec les proches pas encore au courant qui depuis longtemps se tiennent à leurs côté pour les épauler à travers la tourmente.

Avec tout ça Madame Pimpin n’avait pas vu ou pas voulu voir que le printemps s’était installé. Ce n’est que sur la route du retour de la clinique qu’elle a enfin réalisé que les feuilles vertes étaient là.

11SA tout pile : urgences again.

Après avoir passé une soirée de marde à ne pas oser bouger pour ne pas réveiller l’evil Ectropion, après avoir passé la nuit à se tortiller à cause des crampes qui malgré le spasfon lui faisaient super mal, après s’être réveillée avec encore des traces de saignements, mais pas de nausées, Madame Pimpin a rendu les armes. Exit le courage et la fausse zénitude, direction les urgences.

Une sage-femme reçoit Madame Pimpin dans la petite salle d’examen qu’elle commence à bien connaître, et pour la énième fois depuis l’épopée reproductive des Pimpin, elle détaille ses antécédents dont la listes s’allonge avec le temps. La sage-femme déjà très gentille se transforme en bisounours en entendant les mots PMA, fausses-couches, grossesse gémellaire. On passe à la table d’examen, l’appareil à échos manque à l’appel, mais la sage-femme rassure Madame Pimpin, l’interne fera l’écho dans une autre pièce. Soit. Introduction du spéculum et recherche du col. Elle demande à Madame Pimpin si le col est en avant, oui il l’est du moins il l’était il y a dix jours. Raté ! Il est passé en arrière, ce qui pourrait expliquer pourquoi ces crampes étaient si douloureuses, d’autant que l’utérus est rétroversé ET petit ET que Madame Pimpin n’est pas épaisse : voilà le cocktail pour en chier des ronds de chapeaux le temps que tout ça se détende. Rassurage numéro un. Puis la sage-femme, après une recherche digne des Experts à Miami, tombe nez à nez avec le suspect : un ENORME Evil Ectropion bien volumineux, bien saignotant, bien copieux. Rassurage numéro deux. L’arrêt des nausées corrrespond bien à la fin du troisième trimestre, pas d’inquiétude à avoir là dessus. Pour le reste tout est ok, col bien fermé, bien long et bien tonique. Soupir d’aise, mais le principal reste à venir.

Les Pimpin retournent dans la salle d’attente. Une fille attend avec sa mère. Elle pleure. Madame Pimpin qui sait trop ce que c’est sent ses yeux s’embuer en entendant la fille chuchoter « méthotréxate » et se remettre à pleurer. Cette fille la touche mais elle ne peut rien faire et n’est même pas sûre d’être elle-même tirée d’affaire alors tout ce qu’elle fait, c’est baisser la tête, et puis fermer son grand caquet. Monsieur Pimpin sans un mot adopte la même attitude. Ce n’est pas le cas de la dinde qui vient de les rejoindre, une pregnant bitch déjà équipée d’une petite fille à qui elle n’arrête pas de répéter qu’il y a un bébé dans le ventre de maman lolilolilol. Connasse.

L’interne arrive, c’est parti pour l’écho, abdominale only (une première qui permet à Madame Pimpin de réaliser qu’ils ont bien remonté). Ils sont là, cette fois ça dure assez longtemps pour bien les voir, et pour la première fois ils bougent, ils se tortillent même (j’ai pensé à toi Miss K). C’est dingue. L’interne a clairement l’air de penser que les Pimpin sont venus se faire une petite séance de cinoche… mais Madame Pimpin s’en balance de ce qu’il pense, il n’était pas avec elle hier soir et cette nuit, il n’a pas vu cette angoisse que l’examen gynéco a bien contribué à apaiser et il ne peut pas comprendre ce besoin viscéral d’être rassurée au moindre accroc. L’interne, il ne compte plus. Monsieur Pimpin est tout ému, les abdos de sa femme se contractent et se relâchent tous seuls, entre sanglots silencieux et rire de soulagement. Ca gêne la manoeuvre alors elle retient son souffle. Les petits sont pile dans la norme, espérons que la prochaine rencontre n’ait lieu que dans 10 jours, comme convenu, pour l’écho officielle.

Rentrer la tête.

Que c’est effrayant tout ça, passé l’excitation de la nouvelle. Pas qu’il y en ait deux, non, ça c’est juste une bénédiction. Mais la nouvelle a tellement bouleversé les Pimpin qu’elle a momentanément inhibé leur réflexe de retenue et ils n’ont pas pu s’empêcher l’espace de quelques heures de rêver à cet avenir qui se proposait d’exister. Aujourd’hui le réflexe est revenu bien sûr. Mais ce qu’ils ont vu, ils ne peuvent plus l’oublier. Et ça rend les jours qui passent terriblement effrayants.

On est à 8SA+4. On est entré dans l’oeil du cyclone, entre 8 et 12 SA, le cyclone qui vole, qui casse, qui détruit et qui terrifie. Dans le corps de Madame Pimpin, des choses se passent toujours manifestement, mais elles sont différentes des précédentes semaines.

Avant-hier, elle a dit à sa généraliste qu’il y en avait deux. Ensuite à la pharmacie, elle a dit à la pharmacienne que cette fois elle n’avait pas besoin de seringues. La pharmacienne a croisé les doigts. Et le soir même, Madame Pimpin s’est dit qu’elle aurait peut-être juste dû la boucler. Se taire et rentrer la tête en attendant que le cyclone passe au lieu d’être présomptueuse.

Pendant la nuit, elle a senti son utérus se contracter, c’était seulement une fois mais ça lui a fait si peur. Il y a eu des douleurs de règles aussi. Alors c’est sûr à un moment donné il va falloir faire de la place là dedans, ça fait peut-être un peu mal rapport à l’utérus rétroversé. Google a dit que ce n’était pas inquiétant. Mais ça fait si peur.

Et puis il y a eu des pertes blanches un peu liquides (ah ça te manquait mes histoires de fond de culotte, avoue !) alors Madame Pimpin s’est dit marde, mon liquide amniotique se barre. Mais là encore Google a dit : pas de panique, c’est normal.

Et puis aujourd’hui, même si le dégoût des odeurs est toujours là les nausées sont moins fortes, la poitrine peut-être un peu moins douloureuse, ça aussi il paraît que ça arrive, Google a dit que passé 8 ou 9 SA les BHCG diminuent et que de toutes manières les symptômes ça veut rien dire.

Mais bon. Ca, plus l’oeil du cyclone, c’est pas rassurant.

Alors Madame Pimpin regarde les photos de ses deux petits Polichinelles et comme elle ne peut rien faire d’autre pour eux, elle rentre la tête et elle prie à sa façon de païenne pour que l’Ordre des Choses ne lui reprenne pas le joli cadeau qu’elle a reçu.

Dis, toi la Pmette pour qui ça a fini par marcher après une ou plusieurs fausses-couches, tu as fait combien d’échos pendant le premier trimestre ? (ça c’est pour que Madame Pimpin culpabilise moins si elle n’en peut plus au cours des deux prochaines semaines et se démerde pour obtenir une écho clandestine).

[écho] [écho]

On ne peut pas dire que la semaine de Madame Pimpin se soit déroulée dans la sérénité à mesure que la date de l’écho approchait. Ce matin, comme pour aller à la guerre, elle s’est préparée minutieusement : jambes clean, sous-vêtements décents, retrait du vernis sur les ongles de pieds au cas où elle doive passer au bloc dans la foulée, puis elle a lorgné le flacon de bétadine et s’est dit que tout de même ce serait ridicule. D’autant qu’il fallait d’abord se farcir la matinée de cours. Ca te donne un bref aperçu de la sérénité avec laquelle Madame Pimpin vit tout ça.

Arrivée en cours, il a fallu assurer un minimum de concentration apparente et supporter la longueur des minutes. A 11h30 Madame Pimpin n’en pouvait plus, l’adrénaline l’assiégeant totalement (tu sais comme si tu étais sur une montagne russe alors que tu bouges même pas), avec les dents du fond qui baignaient pour couronner le tout. A 12h30 enfin le top départ, l’heure de dévaler l’escalier comme un seul homme et de rejoindre Monsieur Pimpin qui faisait déjà le pied de grue devant le bureau du Caméléon.

Petite demi-heure d’attente la boule au ventre. Puis le Caméléon vient chercher les Pimpin et dans le doute, les félicite à nouveau (c’est qu’il doit être contente ma parole). On passe rapidement à la salle d’écho. Madame Pimpin fixe l’un des boutons de la machine, elle ne veut pas regarder l’écran, trop peur. Elle voit que l’écran s’allume, du coin de l’oeil. Elle ne peut pas s’empêcher, elle jette un demi-regard. Et elle le voit son bébé, elle voit qu’il a grandi alors elle est un peu rassurée et regarde avec les deux yeux en guettant le coeur mais elle n’y connait rien alors elle ne sait pas.

Le Caméléon farfouille là dedans. Madame Pimpin regarde toujours l’écran en attendant l’interprétation. Il s’éclaircit la voix.

Alors on avait dit qu’il y en avait deux, hein.

Et à l’écran apparaît une deuxième forme.

OMG.

Hem c’est à dire qu’on avait dit qu’il y en avait un ?!

Eh bien il y en a deux.

Et ils vont bien ?

On va écouter ça.

Monsieur Pimpin, l’air incrédule, entre dans la petite salle d’écho avant que le Caméléon chamboulé ne pense à l’appeler.

Et ce n’est donc pas une seule fois mais deux fois que les Pimpin, presque quatre ans après avoir jeté la fucking dernière pilule, auront enfin eu la permission d’écouter ce bruit, cet écho de vie qui résonne aujourd’hui en double.

Bon le récit est peut-être un peu confus. Mais cette image… elle était bien réelle : il y a deux bébés et ils vont bien, ils font la taille réglementaire pour 7SA+6 (16 et 17 mm) et c’est juste un truc de fou.

Alors après ça je ne te raconte pas l’état dans lequel la mère Pimpin est retournée en cours (oui parce qu’elle est retournée en cours en mode Iron Man tout de même, juste après ça) et comme il lui était difficile de dissimuler son sourire.

Le Caméléon quant à lui était tout soufflé, et n’a probablement que rarement vu dans sa carrière un couple réagir aussi sereinement à l’annonce d’une grossesse gémellaire suite à une annonce de grossesse simple deux semaines plus tôt, faut dire que depuis le temps, ils ont pu se la poser la question des jumeaux, les Pimpin.

Alors voilà. aujourd’hui, c’est la joie. Il y a plus de risques et on est toujours pas rendus au bout du chemin, il va falloir continuer à serrer les dents en croisant les doigts pour que ça passe, c’est sûr. Mais aujourd’hui, c’est une sacrément bonne nouvelle, et c’est une sacrément belle journée pour les Pimpin, quoi que puissent réserver les prochaines.

Aujourd’hui, c’est bien.

Puis il y en a une qui va pouvoir ouvrir son cabinet de voyante parce que sur ce coup là elle a fait fort (n’est-ce pas Marie-Eve ?)

En Vrac #22.

Le retour à la Grande Boîte.

Honnêtement, Madame Pimpin ne pensait pas survivre. Après avoir passé une semaine complète à dormir onze heures par nuit plus une heure le matin, plus deux heures l’après-midi, et ce jusqu’à hier soir, c’était pas gagné pour se lever à 7h, rattraper les quelques 300 mails en retard, se remettre à jour tout en enchaînant les réunions, mais finalement ça l’a fait. Et ça l’a fait sans incident majeur j’entends. Madame Pimpin ne s’est pas mise à pisser le sang, les symptômes n’ont pas disparu, la journée ne s’est pas terminée aux urgences contrairement à ce qu’elle imaginait craignait.

La rentrée scolaire.

Après-demain, Madame Pimpin, équipée de son beau cartable tout neuf (nan je déconne hein) posera ses délicates fesses sur les bancs de l’amphi dans la chouette école qui sera la sienne pour deux ans. Alors forcément ça ne plait pas au Chef Sympathique. Mais alors… Je ne te raconte même pas sa tronche quand il a découvert que les samedis de cours seraient récupérés via des journées de congé. Désolée mon poto c’est juste les conventions collectives, histoire que ces faignasses de salariés puissent se maintenir à leur rythme de parasite avec un nombre d’heures maximum par semaine. Nan parce qu’entre toi et moi, Chef Sympathique, tu crois quand même pas que si j’avais voulu me farcir le diplôme en mode Survie, j’aurais attendu sept ans et d’être en cloque peut-être on a dit on se projette pas pour qu’il soit pris en charge par la Grande Boîte hein ? Tu te doutes quand même bien que j’aurais tapé dans la butte bien avant, nan ? Bon. Madame Pimpin est contente qu’il ait kiffé la petite surprise. Ca promet d’être fun si un jour elle a la chance de lui annoncer qu’elle a un polichinelle dans le tiroir.

Les (autres) femmes enceintes.

C’est très dur à supporter. Et ce n’est carrément pas moins dur qu’avant d’avoir fait virer ce TG+. Il y a les femmes enceintes depuis l’été dernier, Madame Écureuil et Madame Chaton. Madame Pimpin ne veut pas les voir. Elles vont démouler en mars. Mars, anniversaire des fausses couches. Mars, date prévue pour l’écho des 12SA si l’Ordre des Choses permet d’aller jusque là. Donc ça fait chier, les femmes enceintes de cet été, d’autant que les Chatons se font de plus en plus persistants dans l’idée de se faire une petite bouffe avant le démoulage (genre quoi, on va tous mourir ensuite ?) et appellent les Pimpin environ toutes les semaines pour les inviter à ripailler. Tu pense qu’elle en a fort envie Madame Pimpin, d’aller non-ripailler et risquer de se faire griller chez une 34SA, LOL quoi. Madame Ecureuil se tient un peu plus tranquille car elle doit penser qu’IAC2, dont elle ne connaissait pas la date précise, aura lamentablement échoué. Alors par pudeur elle se tient à distance, thank you god, thank you life, thank you Los Angeles*.

* inspiré du discours de Marion Cotillard à LA pour son rôle dans La Môme.

Il y a Madame Cigogne, celle qui s’appelle R. dans cet article. Celle qui en est à deux mois de grossesse, celle qui était stérile et qui n’a pas fait exprès d’être enceinte et trouve ça dur dur les prises de sang mensuelles (au nombre de deux, donc). Eux, ils vivent normalement. Elle ne reste pas enfermée chez elle une semaine entière enroulée dans une couverture à claquer des dents de peur de bouger et de perdre le bébé. Ils vont à des concerts. Ils vont au resto, ils vivent. Ils sont heureux. Et comme ils sont heureux ils veulent que tout le monde le voit. Alors comme témoins de ce bonheur, ils se sont dit « oh tiens, faisons appel à ces chers Pimpin, invitons les à ripailler ». Bah nan. Foutez moi la paix.

Tu me diras, c’est un peu ce que Madame Pimpin à envie de répondre à tout le monde (« bah nan, foutez moi la paix ») (faut suivre un peu). Même à Madame Zébulon sa BFF, qui depuis trois jours essaie de la joindre, elle voudrait répondre d’aller au diable. Le Caméléon a écrit sur un post-it « DDG le 4 avril » et il a donné le post-it à Madame Pimpin. Et d’ici là Madame Pimpin, elle voudrait rentrer dans le ventre de la terre, ou dans le ventre de sa mère, pour que son ventre à elle et ce qu’il contient peut-être soient à l’abri de tout. Maaaais bon ce n’est pas possible.

Le problème avec ces femmes enceintes, c’est qu’elles vont toutes continuer tranquilou leurs grossesses, comme des fleurs, sans épée de Damoclès au dessus de leurs jolies têtes. Et si une seule doit encore se manger une porte, ce sera Madame Pimpin. Et elle redoute tant d’avoir à les regarder continuer leur route, sans affolement, si pour la quatrième fois il fallait remettre les pieds dans les starting blocks.

Va y avoir du sport.

Madame Pimpin te disait l’autre jour qu’elle avait décidé de caler l’écho de la huitième SA à la toute fin de la semaine histoire d’en avoir fini avec ses obligations et d’avoir le week end pour se reposer de ce qu’elle aura constaté. Elle avait donc fixé la chose pour samedi 12h30, armée de Monsieur Pimpin. Ah Ah Ah la blague. A se demander si son cerveau n’a pas carrément fondu. Parce que ça, c’était sans compter que le planning de la chouette école, il prévoir d’avoir cours aussi le samedi après-midi (nan mais Madame Pimpin, va pas me dire que tu ne le savais pas). Il va donc falloir samedi qu’elle quitte le cours dix minutes avant la fin, le matin. Pour se ruer chez le Caméléon et y rejoindre Monsieur Pimpin. Attendre probablement deux plombes, que Môsieur le Caméléon purge son retard. Et puis nature peinture, vivre le moment le plus angoissant de toute l’histoire #2. Pour retourner en cours dans la foulée et quoi qu’il arrive, en retard d’une bonne heure. Le tout, lors de sa première semaine de cours. Tadââââ.

Topo de 7SA +1 (lecture facultative hein).

7SA +1 en ce lundi post-grippe (un muscle intercostal déchiré à force de tousser tout de même, belle perf’ nan ?) (ça fait mal) (si quelqu’un ou quelque chose a survécu à ces quintes de toux ahurissantes, respect). Les boobs sont toujours douloureux, plus ou moins, mais parfois ça fait très mal. L’appétit est réduit à néant, après plusieurs jours de fascination pour le gras (crêpes complètes, burgers, pizza aux huit fromages et compagnie) il y a une dizaine de jours, c’en est fini. Madame Pimpin ne tolère que les fruits, les viandes maigres, les cuissons sèches, les légumineuses et les yaourts (et les barquettes de Lu à la fraise également, et le jus de pomme). Elle a des nausées aussi. Toute la journée, suffit qu’elle croise une odeur dégueu (au top du top : café et / ou clope, plutôt commode pour une ancienne fumeuse) pour que les hauts-le-coeur surviennent. Surtout quand elle a l’estomac vide. Et des fois elle vomit. Samedi dernier le soir de la première écho, trois pauses obligatoires sur un trajet de 6km sous peine de repeindre la bagnole (heureusement qu’à Village Sur Mer on n’a pas de métro, j’te le dis). Et ce matin, hop un petit coup de bile au p’tit dèj. C’est dégueulasse hein. Pourtant c’est bien la seule chose en ce moment qui donne le sourire à Madame Pimpin. Voilà à quoi on en est réduit après cette fucking PMA et après ce fucking acharnement de DNLP : kiffer de vomir sa bile à 7 heures du matin. Et puis son dernier symptôme c’est que toutes les cinq minutes, les larmes lui montent aux yeux. Et elle devient hyper sentimentale et hyper lyrique. Du style à entendre quelques petits rires étouffés dans l’assemblée en réunion quand elle défend un sous-traitant outsider avec panache, verve, passion et émotion.

Elle n’avait jamais eu tout ça, avant, Madame Pimpin. Avec G1 et G2 elle cumulait 20SA ou 16SG, et là avec ses 7 petites SA +1, elle a genre mille fois plus de symptômes. Alors on sait tous très bien que ça ne veut rien dire et que ça ne prouve pas qu’elle a des raisons d’être rassurée. Ca ne veut pas dire que samedi, elle pourra retourner en cours sans cacher ses larmes d’un poing rageur, en mode pilote automatique. Ca ne veut rien dire du tout. Mais curieusement, connement, presque, ça lui donne envie d’être un tout petit peu tranquille pendant une minute. Là. Juste soixante secondes de répit. Pfiou. Ca va mieux. Mais c’est déjà reparti.

6SA+3.

Ça continue, et c’est toujours avec étonnement que Madame Pimpin se réveille le matin en se disant que ça continue pour le moment. Enfin, ça continue, de ce qu’elle en ressent hein. En vrai de vrai on le saura seulement dans 10 dodos.

Madame Pimpin n’est pas super bavarde en ce moment, tu te doutes bien pourquoi. Déjà elle a été super malade (bon ça tu n’es pas supposé t’en douter on est bien d’accord) ce qui lui a valu de passer son temps à dormir, tousser et prendre du Doliprane, puis de perdre sa voix. Elle est donc allée voir le Docteur Chouette, sa généraliste, qui l’a arrêtée tout la semaine vu « les circonstances », craignant que ça ne tourne à la grippe carabinée. Exit, donc, le vilain déplacement à Grande Ville. Exit aussi le concert d’IAM, mais crève ou pas crève, vu les antécédents de la mère Pimpin ça n’aurait peut-être pas été le summum de l’intelligence d’aller danser le mia pendant trois heures dans une douce fumée d’herbe (ne nous leurrons pas, la jeunesse de Village Sur Mer fume elle aussi du choucoutoum ce n’est pas le luxe exclusif des Vraies Villes…). Bref, c’est le meilleur pote du Petit Frère qui se frotte les mains, s’étant vu attribuer le précieux sésame.

A part ça il y a deux raisons fondamentales à son absence de déballage bloguesque.

La première c’est qu’elle a peur. C’est que chaque mot couché ici ou ailleurs devient une preuve, un souvenir, de la matière. Et si elle est très heureuse de ce qui lui arrive elle a surtout peur qu’on le lui vole brutalement. Elle sait trop bien ce qui arrive ensuite. Elle a peur et sans cette peur, elle se serait peut-être transformée en espèce d’octobrette 2014 à t’agrémenter de stupides lolilol, hihihi, la vie est trop géniale, et autres niaiseries. Mais il n’y a pas que la peur.

Il y a aussi qu’elle sait ce que c’est d’être de chacun des 3 côtés de cette barrière. Du côté de celles qui attendent et regardent passer les trains. Du côté de celles qui viennent de perdre l’espoir qu’elles portaient et regardent les autres continuer la larme à l’oeil, et c’est ça le plus terrible. Du côté de celles qui ont de la chance mais savent qu’il faut marcher sur des oeufs. Alors, il n’est pas question ici de jouer la rabat-joie vis à vis de celles qui peuvent passer facilement du côté « j’attends mon tour » au côté « ça y est c’est la fête », il est juste question de dire qu’elle, elle ne peut pas et qu’elle ne veut pas le faire ni s’associer à ce genre de choses.

Alors voilà. Cette semaine Madame Pimpin se repose et elle en a bien besoin entre remise sur pieds, fatigue et nausées certes encourageantes et un peu rassurantes. La semaine prochaine elle commence les cours, en espérant que cette nouveauté fasse vite passer les jours jusqu’à samedi midi… Parce qu’elle a si peur Madame Pimpin, qu’elle a pris un RDV avec le Caméléon à la toute fin de sa semaine histoire d’avoir du temps ensuite. Elle a aussi calé un point avec le Maître Reiki pas trop longtemps après.

Le fait que ce début de grossesse se produise exactement au même moment que les deux premiers n’est pas pour aider à se sentir super euphorique…Madame Pimpin en a parlé au Maître Reiki qui ne lui a pas été d’un grand secours (la séance n’était pas terrible, et le lendemain Madame Pimpin a rêvé qu’elle perdait la moitié d’une dent et se trimballait tout le reste du rêve avec son bout de dent dans la main en attendant que le dentiste la lui répare… pas glop). Les dates difficiles foisonnent en ce début d’année. Heureusement la providence incarnée par Miss 28JEDB et cet article qui parle de Cé est venue rappeler qu’une date difficile une année peut correspondre à une date plus heureuse l’année qui suit. Alors elle s’accroche à cette notion là et parvient à rester un peu zen.

Pour finir sur une note un peu mystique mais plus joyeuse, Madame Pimpin a été très surprise ces derniers temps par un certain nombre de coïncidences.

Un sms reçu de Madame OPK sa copine IRL (pas du tout au courant du TG+ qui est gardé secret), la veille de l’écho, qui lui disait qu’elle pensait tout particulièrement à eux ce soir là, sans savoir pourquoi, et qu’elle allumait une bougie spéciale pour qu’un jour enfin, un enfant puisse connaître la chance d’avoir les Pimpin comme parents (bordal je chiale encore en écrivant ça).

La Soeur de Madame Pimpin, qui la semaine précédent le TG+ a rêvé que ce serait +, et qui a ensuite harcelé la mère de Madame Pimpin pour en savoir plus.

Le Chouette Pote qui vit à 12000 kilomètres, qui a réussi parmi le bon millier de photos de Madame Pimpin sur Fesse de Bouc à exhumer il y a deux jours l’une des seules photos publiées de Madame Pimpin enceinte et radieuse il y a deux ans à la même époque. Presque personne ne sait qu’elle est enceinte sur cette photo. Mais le Chouette Pote a écrit un gentil commentaire sur cette photo, et depuis la plupart des amis de Madame Pimpin on fait de même… Et franchement vu de sa fenêtre ça fait super bizarre, que soudainement tout le monde s’intéresse à cette photo.

Et puis maintenant le rêve de Mrs F, un truc de fou.

Alors Madame Pimpin espère que tout ça, ce sont de bons signe, et elle espère que ça continue pour de vrai. Et elle s’appuie un peu sur tout ça pour continuer le chemin.

5SA + 6.

Tu constateras qu’on a gagné trois jours rapport au calcul savant du Caméléon, qui, après deux longues heures d’attente (dont une en compagnie de la Famille Groseille, trois gosses – présents et insupportables – la mère édentée et enceinte du quatrième, le père con comme un balai, qui à un moment donné a jeté un oeil circulaire sur le ventre de Madame Pimpin et celui de patiente N°3 en s’indignant « mais je pensais qu’il n’y aurait que des femmes enceintes, s’ils prennent tout le monde c’est pas étonnant qu’on doive poireauter aussi longtemps, pfffff ». Heureusement toi tu n’as pas l’odeur qui va avec le pfffff. Et tu ne vois pas le regard noir et méprisant que lui a jeté Madame Pimpin qui à ce moment précis se demandait où elle en était avec le fait d’être enceinte ou pas.)

Donc au bout de deux heures, le Caméléon a enfin appelé les Pimpin. Il leur a serré la pince façon winner, avec un grand sourire, et les a félicités d’entrée de jeu « alors bravo ça y est, vous avez fait un enfant ! ». Bon. A cet instant Madame Pimpin aurait bien aimé courir vers la salle d’écho, baisser son falzar de suite et s’auto-insérer la sonde avant de répondre. Mais ça n’aurait pas été très poli, elle s’est donc assise en souriant et a répondu « ouh la la, on espère on espère ».

Le Caméléon a ensuite déballé le dossier en demandant à Madame Pimpin si elle avait fait une pds (euh maaais comment sait-il que ça a marché s’il n’a pas vu les résultats de pds ?). Il extirpe le papier et quand Madame Pimpin lui dit qu’ils n’ont même pas voulu regarder le taux, se moque gentiment, regarde, et lui dit que pourtant il n’avait vraiment rien d’inquétant : à 4SA+ 6 on dépassait les 2500, bordal c’est quoi ce taux de ouf ?! Le Caméléon n’en paraît pas perturbé et propose à Madame Pimpin de passer à côté. Youpie. Les 2500 lui donnent la force de franchir les quelques pas qui l’en séparent.

Le Caméléon prépare le matériel, fait tomber son flacon de lubrifiant pour écho-endo (serait-il un peu ému ?) et c’est parti. D’entrée de jeu Madame Pimpin voit la forme de patate. Ce n’est pas une GEU. Ses talents d’échographiste s’arrêtent là, elle s’en remet complètement au Caméléon qui s’écrie au même moment « futur papa, vous pouvez venir ! ».

La visite guidée commence.

« C’est une grossesse intra-utérine, une grossesse embryonnaire, vous le voyez là il mesure… 2,7mm. Comme je vous disais, il est encore trop tôt pour déceler une activité cardiaque… Attendez…. Et non, il y a bien une activité cardiaque, regardez le point clignoter au dessus de la flèche verte… Il est parfalt ce petit… Bon et bien voilà, tout va bien, c’est une grossesse évolutive. »

Alors comme ça, les Pimpin étaient en train de vivre, pour la première fois de leur vie, une échographie qui se passe bien. Ils étaient en train de voir, pour la première fois de leur vie, cette Vie, qu’ils attendent depuis si longtemps… Ce beau miracle, qu’ils n’ont pas eu le droit ou la chance de voir les deux fois précédentes. A ce moment là ils ont échangé un regard tous les deux, par dessus la tête du Caméléon, et Madame Pimpin a senti ses yeux se remplir de larmes.

Le Caméléon a ensuite procédé à quelques vérifications qui ont permis de constater la présence d’un kyste de 27mm sur l’ovaire gauche, a priori sans gravité, Kyste que par ailleurs elle ne sent absolument pas.

De retour au bureau, le Caméléon a refait les ordonnances et demandé spontanément aux Pimpin s’ils désiraient programmer des « points de contrôle intermédiaires » avant l’écho officielle calée aux alentours du 24 mars… Euh comment te dire… La suite ce sera donc un prochain rendez-vous vers le 22 février, et un autre vers le 12 mars. Comme Madame Pimpin n’a plus de rétroviseurs rapport à ses rêves générés par le Reiki, elle n’est pas en mesure de flipper à cause de la concordance de ces dates avec d’autres évènements.

Alors il semblerait que le 3 janvier Madame Pimpin ait bien fait de se lancer dans cette stim clandestine. Il semblerait qu’une petite vie en forme de Patate ait décidé de s’installer. Cette Petite Patate imprimée en gros et en A4 par le Caméléon, il va maintenant falloir qu’elle continue de grandir, de palpiter et d’aller bien, qu’elle s’accroche… Ils le savent bien les Pimpin que la partie n’est pas gagnée. Mais ça ne les empêche pas de déjà donner beaucoup d’amour à cette petite vie, de croire en elle et d’espérer de tout leur coeur qu’elle soit là au prochain rendez-vous.

 

 

21DPO.

Trois jours après la fameuse découverte qu’elle ose à peine nommer, Madame Pimpin s’étonne toujours de l’absence de J1.

Elle n’a pas grand chose à raconter si ce n’est que J1 n’est pas là et c’est déjà bien. Ses seins lui font un peu mal, aussi, son utérus lui tiraille, et sans que l’on puisse parler de nausée elle sent quelque chose de différent dans son odorat et son estomac. Elle a beaucoup sommeil également, les yeux qui piquent et beaucoup d’appétit.

Madame Pimpin a du se ressaisir parce qu’elle se laissait aller à une très vilaine mauvaise humeur, hier et avant-hier, un vrai grizzly. Sans pour autant dire qu’elle soit d’humeur charmante, aujourd’hui c’est mieux. Ne pas oublier d’être contente.

A la Grande Boîte, le temps passe plus vite. Ceci dit il passe tout de même bien lentement. Demain elle donne à nouveau cours aux étudiants. La semaine dernière pendant le cours elle avait senti son utérus tirer, et avait pensé que J1 arrivait.

Madame Pimpin a terriblement envie de fumer, ça lui fait tout le temps ça quand elle est stressée. Là bien sûr, elle ne fume pas. C’est con, ça fait passer le temps, de fumer.

Ce matin, Madame Pimpin a téléphoné au secrétariat du Caméléon. Comme elle était cachée entre deux salles de réunion, elle n’a pas pu s’écrier « hiiiiii » de concert avec la secrétaire, et n’a même pas pu lui donner des indices montrant sa gratitude face à tant d’enthousiasme.

Au départ Madame Pimpin voulait attendre 6SA pour voir le Caméléon, ça tombait bien,  6SA c’était pile la fin de son stock d’utro.

Seulement à 6SA Madame Pimpin va enchaîner deux jours à Grande Ville (tranquilles, avec transits en taxi) et concert avec Petit Frère le soir (I AM, bordel, on peut pas rater ça depuis le temps qu’on attend). Alors la secrétaire a proposé 5SA+6 mais à 5SA+6 Monsieur Pimpin serait de garde et ne pourrait pas venir (même pas en rêve j’y vais seule).

Alors ce sera samedi, ce samedi vouivouivoui (Madame Pimpin n’est pas sûre d’être prête m’enfin faudra bien y aller) à 5SA+3 si d’ici là tout va bien. Et si tout va effectivement bien, elle espère avoir droit à une autre écho un peu plus tard parce que là à 5SA+3 il y a peu de chance qu’on voit grand chose et ça promet d’être super anxiogène. Madame Pimpin sait qu’il est ridicule de compter en SA quand on n’en est même pas à 5 mais ça donne l’impression d’avancer.

Bon. Ecrire tout ça était supposé permettre de verbaliser et moins stresser. En fin de compte pas tellement. Va peut-être rappeler le Reiki sous peu.

Mais s’il y a bien une chose qu’elle ne regrette pas, c’est d’avoir refusé de mongoliser sur le taux. Un souci en moins.

Sur cet article inutile qui lui fait se sentir un peu concon, elle va se coucher (c’est à dire que sinon elle risque de se lancer dans un compte-rendu de vaniuche, et soyons honnêtes, personne n’en a envie).

Fragmentation, implication, planification, illusions.

Après avoir stressé toute la matinée d’hier, et après avoir appelé le secrétariat de la PMA une bonne demi-douzaine de fois dans la matinée pour s’entendre dire que les résultats n’étaient pas prêts, Monsieur Pimpin a réussi à obtenir le verdict. Oui, tu lis bien, c’est Monsieur Pimpin qui s’est farci l’attente, le froid dehors parce qu’il faut sortir pour téléphoner discrétion oblige, bref, les réjouissances habituellement subies par sa femme.

Et donc vers midi, il a rappelé Madame Pimpin pour lui annoncer que ses bestioles n’ont pas de problème de fragmentation sur leur ADN. Amen.

L’intégralité des résultats n’a pas été transmise, il est probable qu’ils ne le reçoivent que par l’intermédiaire du Caméléon. On ne saura donc pas tout de suite ce qu’il en est du reste du spermogramme (enfin en trois semaines il y a peu de chance pour que les choses se soient améliorées), mais on sait déjà que Monsieur Pimpin n’aura pas besoin de démissionner de son travail pour cause d’incompatibilité avec la qualité de sa production de gamètes. Convenons-en c’est bien commode, d’autant qu’il n’était pas encore au courant que Madame Pimpin projetait de le faire démissionner et que l’histoire ne nous dit pas s’il aurait été jouasse-jouasse.

Dans la foulée de son implication sur le projet « faisons un gosse », c’est encore Monsieur Pimpin qui a passé le coup de fil de prise de RDV avec le Caméléon pour débriefer de tout ça. Nan mais WHAT THE FUCK ? Il a du se prendre le chou avec le planning croisé des déplacements de sa femme et de ses jours de garde à lui, négocier avec la secrétaire pour obtenir une date au plus tôt mais à une heure qui convienne… bref, les réjouissances habituellement subies par sa femme.

Tu noteras comme l’homme se sent tout de suite plus concerné quand ses bouboules sont sur la table. Madame Pimpin ne va pas s’en plaindre bien au contraire. C’est beaucoup plus agréable quand les tâches sont réparties. C’est juste un peu dommage que cette implication active n’arrive que maintenant.

Et ça ne s’arrête pas là. Hier soir dans la cuisine, Monsieur Pimpin, le regard dans le vague, a laissé échapper une petite réflexion, de celles qui doivent te trotter souvent dans la tête à toi la galérienne de la reproduction.

–          «pffff… avec tout ça on n’a même plus l’impression d’être en train de faire un bébé.»

Ah bah tiens. Maintenant que tu le dis, ça fait deux ans que j’y pense… Bref, les réjouissances habituellement subies par sa femme.

Il ne manquerait plus que Monsieur Pimpin se mette à jouer à DDDJ1 ! D’ailleurs c’est peut-être ce qu’il avait en tête, parce que sans le savoir, il a pris le RDV avec le Caméléon le 2 décembre, soit J28. Anticipation de la planification ? Acte manqué ? Quoi qu’il en soit cette connasse de DNLP a toujours un coup d’avance comme aux échecs. Et ce matin à J17, elle a manifesté ses signes habituels d’intimidation : je te le donne en mille, bonjour le spotting. Spotting d’ovulation, spotting de nidation, mon cul œil.Ca n’arrive jamais, ça, chez Madame Pimpin. C’est du spotting annonciateur de J1. Fallait pas se réjouir trop vite du C9 réparé suite à prise de pilule, ça n’aura pas duré bien longtemps. Et pourtant là, faut que ça tienne encore bordel de marde. Il faut que ça tienne.

Tout de même, ça va faire trois cycles de rang que Madame Pimpin demande audience au Caméléon en visant le J1. Trois mois qu’elle attend qu’il relève et qu’il donne le go pour la stim ou l’IAC. Pour les deux premiers, le J1 s’est tenu à carreau mais il manquait toujours un truc (le 100%, le spermo, l’avis de la PMA…). Ors, cette fois on est dans les clous. On a le 100%. On a fait le spermo qui finalement n’est pas trop foireux pour les IAC, et qui ne nécessite pas de traitement préalable. On a l’avis de la PMA. Alors bordel de J1 de marde, tu vas rester chez toi encore un peu.

Parce que la Mère Pimpin, ok elle est un peu down, niveau moral et niveau énergies de l’Univers. OK elle est pas assez au top pour faire des putains de FIV de marde. OK elle ne chante pas assez la vie pour chanter des berceuses à un potentiel / improbable embryon. Mais elle va se soigner. Et semaine 50 elle ne bouge pas de Village sur Mer, et semaine 51 elle est en vacances, alors ce serait fort pratique pour apprendre à se faire les piqûres, aller faire des échos et des prises de sang le matin et se faire inséminer le 16. Alors J1 de marde, tu vas rester chez toi jusqu’à nouvel ordre, le Caméléon, tu lances les hostilités le 2 décembre, et on féconde technologiquement le boule de Madame Pimpin le 16.

Siouplé.

Et en bonus, on dépose un TG+ sous le sapin pour le nouvel an, on commence 2014 en chantant la vie et sans fumer. Et on le laisse + pendant 9 mois, le TG. Ca fera tout pile un an d’écart avec le Koala de la LOL, et un an d’écart c’est formidable pour lui fabriquer une fiancée. Et puis ça fait un vêlage pendant le mariage de Madame Loutre, ou comment sanctionner sa connerie de deux ans d’âge en lui volant la vedette le jour J. Bon. On se projette un peu là. Mais on a pas dit qu’il fallait avoir la win ? Hein ? Nom de nom de nom de Zeus !

Chez le biologiste (2/2).

Ou bien « back to basics« . Ou bien « la boucle est bouclée« . Ou bien « je suis une petite pierre trimballée au fond du ruisseau« . Ou bien, encore mieux « je suis une commode« . Ouais on va retenir celui-là :

« JE SUIS UNE COMMODE »

Brèfle (comme dirait Drenka), bien d’autres titres plus parlants auraient pu seyer (manifestement ça ne se dit pas, seyer) (je sais, on dit seoir dans la vraie vie) (oui je me dépêche de te raconter) (mais en même temps je réfléchis) (c’est ça les joies du direct et de la télé réalité) pour cet article. Mais comme Madame Pimpin n’a pas pu s’empêcher de noyer son anxiété de salle d’attente dans l’écriture névrotique sur son Chouette Smartphone, le titre était déjà donné.

Au terme de quelques minutes supplémentaires d’attente dans la salle vouée à cet usage, dans laquelle un autre couple pmesque a rejoint les Pimpin, Madame Pimpin précédant son époux est parvenue à franchir la distance qui la séparait du bureau du biologiste sans se liquéfier et sans mourir tomber dans les pommes. Poignée de main franche comme on les aime, un sérieux gaillard ce biologiste, plutôt intimidant du genre à qui tu coupes pas la parole sans lever la main, mais on sent qu’il est sympathique dans le fond et qu’il aurait même un petit côté lol si on n’était pas là pour parler fausses-couches, trou de la sécu et autres jouasseries.

Il jette un oeil au spermogramme, à la lettre du Caméléon (que je voulais te mettre en annexe mais le biologiste me l’a confisquée) et pose quelques questions d’ordre professionnel à Monsieur Pimpin. Aïe. Il semblerait qu’un élément de son boulot que nous tairons ici par souci de protection de son anonymat puisse foutre la marde dans ses bestioles et plus précisément dans l’ADN (non Monsieur Pimpin n’est pas transessual, ni castrat, ni prostipute oh surveille ton langage merci). Alors première chose : il ordonne un nouveau spermogramme pour voir ce qu’il en est de la fragmentation de l’ADN. Si ça merde de ce côté là, on avisera mais on commencera par un traitement à base de vitamines et antioxydants qui règlerait le problème dans 95% des cas. Well well well.

Puis le biologiste examine le dernier bilan hormonal de la mère Pimpin qui le dévisage discrètement tout en faisant de la bisque dans ses petits souliers. Il tourne ses yeux plissés vers elle et lui annonce qu’il va lui poser une question idiote. Vas-y mon p’tit.

« Avez-vous peur d’être enceinte, Madame Pimpin ? »

Black out, sueurs froides et cher de poule.

Tu les sens monter les putes de larmes, ça fout un peu la honte mais tu n’y peux rien, elles sont presque là.

Madame Pimpin avale difficilement sa salive et lui répond, d’une voix faussement assurée, juste pour que ça ait l’air d’un dialogue parce qu’il a bien deviné la réponse, que maintenant oui, elle a peur.

Il hoche la tête.

Et là, c’est le drame déluge, le torrent de larmes, le truc que tu ne peux pas stopper, elles coulent et ça fait du bien. Le biologiste autorise Madame Pimpin a pleurer. Du coup elle arrête, parce qu’elle a quand même l’esprit de contradiction.

**pour mémo, quand le Caméléon a parlé de FIV aux Pimpin, elle n’a pas pleuré devant lui. Pour FC2, elle n’a presque pas pleuré. En fait dans son « parcours » (mon dieu ce terme est à gerber), elle n’a vraiment pleuré que deux fois devant un médecin : à l’annonce dévastatrice de FC1, et quand ce connard d’étudiant en médecine lui a demandé sa DPA alors qu’elle était en pleine FC2**

C’est là qu’intervient la commode. Le biologiste ouvre un tiroir de son bureau.

« Madame Pimpin, la mémoire c’est comme des tiroirs. Pour avancer, il faut y mettre les choses et le refermer (bordel, on dirait Docteur Roots) ».

Il glisse la lettre du Caméléon dans le tiroir et referme le tiroir (d’où la confiscation).

« Vous avez trop de tiroirs ouverts. Si le tiroir reste entr’ouvert, quand on passe devant, on voit à l’intérieur et ça fait un mal de chien. »

Et re-larmes.

Tu le vois venir le verdict du biologiste ? Parce que rendu là, soit Madame Pimpin est vachement perspicace, soit ils se sont tous donné le mot. Le verdict du biologiste, homme de science, homme des math, homme cartésien au possible, le voici mot pour mot.

 » Je vais vous dire quelque chose que je ne dis pas souvent Madame Pimpin. Vous allez être enceinte. Et vous allez avoir un enfant, plusieurs même peut-être. Et vous allez le faire très probablement sans avoir besoin de moi, ni du Caméléon. Il va falloir travailler sur les émotions et sur les énergies. Monsieur Pimpin vous allez faire ce spermogramme demain. Vous aurez les résultats mercredi, vous m’appelez. Madame Pimpin vous allez prendre rendez-vous avec Maître Reiki de ma part. Il va vous aider à débloquer tout ça, il travaille sur les énergies et obtient de bons résultats. Je ne blague pas. Et vous n’aurez probablement pas besoin de la PMA. Au pire, quelques inséminations pourront assurément fonctionner. »

Well well well. Je fais quoi, moi maintenant. Je dois être contente où je dois tout casser ? Après trois semaines de laminage, nous revoilà arrivés à la case départ, à la case « c’est dans ta tête ». Sauf que cette fois ce n’est pas un vieil hurluberlu à moitié hirsute qui le dit, c’est le Ponte de la Ponte Biologique. Un homme de science, de math, un homme cartésien. Alors on fait quoi…

On fait quoi quand on est une commode qui voudrait bien devenir une table…