11SA tout pile : urgences again.

Après avoir passé une soirée de marde à ne pas oser bouger pour ne pas réveiller l’evil Ectropion, après avoir passé la nuit à se tortiller à cause des crampes qui malgré le spasfon lui faisaient super mal, après s’être réveillée avec encore des traces de saignements, mais pas de nausées, Madame Pimpin a rendu les armes. Exit le courage et la fausse zénitude, direction les urgences.

Une sage-femme reçoit Madame Pimpin dans la petite salle d’examen qu’elle commence à bien connaître, et pour la énième fois depuis l’épopée reproductive des Pimpin, elle détaille ses antécédents dont la listes s’allonge avec le temps. La sage-femme déjà très gentille se transforme en bisounours en entendant les mots PMA, fausses-couches, grossesse gémellaire. On passe à la table d’examen, l’appareil à échos manque à l’appel, mais la sage-femme rassure Madame Pimpin, l’interne fera l’écho dans une autre pièce. Soit. Introduction du spéculum et recherche du col. Elle demande à Madame Pimpin si le col est en avant, oui il l’est du moins il l’était il y a dix jours. Raté ! Il est passé en arrière, ce qui pourrait expliquer pourquoi ces crampes étaient si douloureuses, d’autant que l’utérus est rétroversé ET petit ET que Madame Pimpin n’est pas épaisse : voilà le cocktail pour en chier des ronds de chapeaux le temps que tout ça se détende. Rassurage numéro un. Puis la sage-femme, après une recherche digne des Experts à Miami, tombe nez à nez avec le suspect : un ENORME Evil Ectropion bien volumineux, bien saignotant, bien copieux. Rassurage numéro deux. L’arrêt des nausées corrrespond bien à la fin du troisième trimestre, pas d’inquiétude à avoir là dessus. Pour le reste tout est ok, col bien fermé, bien long et bien tonique. Soupir d’aise, mais le principal reste à venir.

Les Pimpin retournent dans la salle d’attente. Une fille attend avec sa mère. Elle pleure. Madame Pimpin qui sait trop ce que c’est sent ses yeux s’embuer en entendant la fille chuchoter « méthotréxate » et se remettre à pleurer. Cette fille la touche mais elle ne peut rien faire et n’est même pas sûre d’être elle-même tirée d’affaire alors tout ce qu’elle fait, c’est baisser la tête, et puis fermer son grand caquet. Monsieur Pimpin sans un mot adopte la même attitude. Ce n’est pas le cas de la dinde qui vient de les rejoindre, une pregnant bitch déjà équipée d’une petite fille à qui elle n’arrête pas de répéter qu’il y a un bébé dans le ventre de maman lolilolilol. Connasse.

L’interne arrive, c’est parti pour l’écho, abdominale only (une première qui permet à Madame Pimpin de réaliser qu’ils ont bien remonté). Ils sont là, cette fois ça dure assez longtemps pour bien les voir, et pour la première fois ils bougent, ils se tortillent même (j’ai pensé à toi Miss K). C’est dingue. L’interne a clairement l’air de penser que les Pimpin sont venus se faire une petite séance de cinoche… mais Madame Pimpin s’en balance de ce qu’il pense, il n’était pas avec elle hier soir et cette nuit, il n’a pas vu cette angoisse que l’examen gynéco a bien contribué à apaiser et il ne peut pas comprendre ce besoin viscéral d’être rassurée au moindre accroc. L’interne, il ne compte plus. Monsieur Pimpin est tout ému, les abdos de sa femme se contractent et se relâchent tous seuls, entre sanglots silencieux et rire de soulagement. Ca gêne la manoeuvre alors elle retient son souffle. Les petits sont pile dans la norme, espérons que la prochaine rencontre n’ait lieu que dans 10 jours, comme convenu, pour l’écho officielle.

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En Vrac #22.

Le retour à la Grande Boîte.

Honnêtement, Madame Pimpin ne pensait pas survivre. Après avoir passé une semaine complète à dormir onze heures par nuit plus une heure le matin, plus deux heures l’après-midi, et ce jusqu’à hier soir, c’était pas gagné pour se lever à 7h, rattraper les quelques 300 mails en retard, se remettre à jour tout en enchaînant les réunions, mais finalement ça l’a fait. Et ça l’a fait sans incident majeur j’entends. Madame Pimpin ne s’est pas mise à pisser le sang, les symptômes n’ont pas disparu, la journée ne s’est pas terminée aux urgences contrairement à ce qu’elle imaginait craignait.

La rentrée scolaire.

Après-demain, Madame Pimpin, équipée de son beau cartable tout neuf (nan je déconne hein) posera ses délicates fesses sur les bancs de l’amphi dans la chouette école qui sera la sienne pour deux ans. Alors forcément ça ne plait pas au Chef Sympathique. Mais alors… Je ne te raconte même pas sa tronche quand il a découvert que les samedis de cours seraient récupérés via des journées de congé. Désolée mon poto c’est juste les conventions collectives, histoire que ces faignasses de salariés puissent se maintenir à leur rythme de parasite avec un nombre d’heures maximum par semaine. Nan parce qu’entre toi et moi, Chef Sympathique, tu crois quand même pas que si j’avais voulu me farcir le diplôme en mode Survie, j’aurais attendu sept ans et d’être en cloque peut-être on a dit on se projette pas pour qu’il soit pris en charge par la Grande Boîte hein ? Tu te doutes quand même bien que j’aurais tapé dans la butte bien avant, nan ? Bon. Madame Pimpin est contente qu’il ait kiffé la petite surprise. Ca promet d’être fun si un jour elle a la chance de lui annoncer qu’elle a un polichinelle dans le tiroir.

Les (autres) femmes enceintes.

C’est très dur à supporter. Et ce n’est carrément pas moins dur qu’avant d’avoir fait virer ce TG+. Il y a les femmes enceintes depuis l’été dernier, Madame Écureuil et Madame Chaton. Madame Pimpin ne veut pas les voir. Elles vont démouler en mars. Mars, anniversaire des fausses couches. Mars, date prévue pour l’écho des 12SA si l’Ordre des Choses permet d’aller jusque là. Donc ça fait chier, les femmes enceintes de cet été, d’autant que les Chatons se font de plus en plus persistants dans l’idée de se faire une petite bouffe avant le démoulage (genre quoi, on va tous mourir ensuite ?) et appellent les Pimpin environ toutes les semaines pour les inviter à ripailler. Tu pense qu’elle en a fort envie Madame Pimpin, d’aller non-ripailler et risquer de se faire griller chez une 34SA, LOL quoi. Madame Ecureuil se tient un peu plus tranquille car elle doit penser qu’IAC2, dont elle ne connaissait pas la date précise, aura lamentablement échoué. Alors par pudeur elle se tient à distance, thank you god, thank you life, thank you Los Angeles*.

* inspiré du discours de Marion Cotillard à LA pour son rôle dans La Môme.

Il y a Madame Cigogne, celle qui s’appelle R. dans cet article. Celle qui en est à deux mois de grossesse, celle qui était stérile et qui n’a pas fait exprès d’être enceinte et trouve ça dur dur les prises de sang mensuelles (au nombre de deux, donc). Eux, ils vivent normalement. Elle ne reste pas enfermée chez elle une semaine entière enroulée dans une couverture à claquer des dents de peur de bouger et de perdre le bébé. Ils vont à des concerts. Ils vont au resto, ils vivent. Ils sont heureux. Et comme ils sont heureux ils veulent que tout le monde le voit. Alors comme témoins de ce bonheur, ils se sont dit « oh tiens, faisons appel à ces chers Pimpin, invitons les à ripailler ». Bah nan. Foutez moi la paix.

Tu me diras, c’est un peu ce que Madame Pimpin à envie de répondre à tout le monde (« bah nan, foutez moi la paix ») (faut suivre un peu). Même à Madame Zébulon sa BFF, qui depuis trois jours essaie de la joindre, elle voudrait répondre d’aller au diable. Le Caméléon a écrit sur un post-it « DDG le 4 avril » et il a donné le post-it à Madame Pimpin. Et d’ici là Madame Pimpin, elle voudrait rentrer dans le ventre de la terre, ou dans le ventre de sa mère, pour que son ventre à elle et ce qu’il contient peut-être soient à l’abri de tout. Maaaais bon ce n’est pas possible.

Le problème avec ces femmes enceintes, c’est qu’elles vont toutes continuer tranquilou leurs grossesses, comme des fleurs, sans épée de Damoclès au dessus de leurs jolies têtes. Et si une seule doit encore se manger une porte, ce sera Madame Pimpin. Et elle redoute tant d’avoir à les regarder continuer leur route, sans affolement, si pour la quatrième fois il fallait remettre les pieds dans les starting blocks.

Va y avoir du sport.

Madame Pimpin te disait l’autre jour qu’elle avait décidé de caler l’écho de la huitième SA à la toute fin de la semaine histoire d’en avoir fini avec ses obligations et d’avoir le week end pour se reposer de ce qu’elle aura constaté. Elle avait donc fixé la chose pour samedi 12h30, armée de Monsieur Pimpin. Ah Ah Ah la blague. A se demander si son cerveau n’a pas carrément fondu. Parce que ça, c’était sans compter que le planning de la chouette école, il prévoir d’avoir cours aussi le samedi après-midi (nan mais Madame Pimpin, va pas me dire que tu ne le savais pas). Il va donc falloir samedi qu’elle quitte le cours dix minutes avant la fin, le matin. Pour se ruer chez le Caméléon et y rejoindre Monsieur Pimpin. Attendre probablement deux plombes, que Môsieur le Caméléon purge son retard. Et puis nature peinture, vivre le moment le plus angoissant de toute l’histoire #2. Pour retourner en cours dans la foulée et quoi qu’il arrive, en retard d’une bonne heure. Le tout, lors de sa première semaine de cours. Tadââââ.

Topo de 7SA +1 (lecture facultative hein).

7SA +1 en ce lundi post-grippe (un muscle intercostal déchiré à force de tousser tout de même, belle perf’ nan ?) (ça fait mal) (si quelqu’un ou quelque chose a survécu à ces quintes de toux ahurissantes, respect). Les boobs sont toujours douloureux, plus ou moins, mais parfois ça fait très mal. L’appétit est réduit à néant, après plusieurs jours de fascination pour le gras (crêpes complètes, burgers, pizza aux huit fromages et compagnie) il y a une dizaine de jours, c’en est fini. Madame Pimpin ne tolère que les fruits, les viandes maigres, les cuissons sèches, les légumineuses et les yaourts (et les barquettes de Lu à la fraise également, et le jus de pomme). Elle a des nausées aussi. Toute la journée, suffit qu’elle croise une odeur dégueu (au top du top : café et / ou clope, plutôt commode pour une ancienne fumeuse) pour que les hauts-le-coeur surviennent. Surtout quand elle a l’estomac vide. Et des fois elle vomit. Samedi dernier le soir de la première écho, trois pauses obligatoires sur un trajet de 6km sous peine de repeindre la bagnole (heureusement qu’à Village Sur Mer on n’a pas de métro, j’te le dis). Et ce matin, hop un petit coup de bile au p’tit dèj. C’est dégueulasse hein. Pourtant c’est bien la seule chose en ce moment qui donne le sourire à Madame Pimpin. Voilà à quoi on en est réduit après cette fucking PMA et après ce fucking acharnement de DNLP : kiffer de vomir sa bile à 7 heures du matin. Et puis son dernier symptôme c’est que toutes les cinq minutes, les larmes lui montent aux yeux. Et elle devient hyper sentimentale et hyper lyrique. Du style à entendre quelques petits rires étouffés dans l’assemblée en réunion quand elle défend un sous-traitant outsider avec panache, verve, passion et émotion.

Elle n’avait jamais eu tout ça, avant, Madame Pimpin. Avec G1 et G2 elle cumulait 20SA ou 16SG, et là avec ses 7 petites SA +1, elle a genre mille fois plus de symptômes. Alors on sait tous très bien que ça ne veut rien dire et que ça ne prouve pas qu’elle a des raisons d’être rassurée. Ca ne veut pas dire que samedi, elle pourra retourner en cours sans cacher ses larmes d’un poing rageur, en mode pilote automatique. Ca ne veut rien dire du tout. Mais curieusement, connement, presque, ça lui donne envie d’être un tout petit peu tranquille pendant une minute. Là. Juste soixante secondes de répit. Pfiou. Ca va mieux. Mais c’est déjà reparti.

21DPO.

Trois jours après la fameuse découverte qu’elle ose à peine nommer, Madame Pimpin s’étonne toujours de l’absence de J1.

Elle n’a pas grand chose à raconter si ce n’est que J1 n’est pas là et c’est déjà bien. Ses seins lui font un peu mal, aussi, son utérus lui tiraille, et sans que l’on puisse parler de nausée elle sent quelque chose de différent dans son odorat et son estomac. Elle a beaucoup sommeil également, les yeux qui piquent et beaucoup d’appétit.

Madame Pimpin a du se ressaisir parce qu’elle se laissait aller à une très vilaine mauvaise humeur, hier et avant-hier, un vrai grizzly. Sans pour autant dire qu’elle soit d’humeur charmante, aujourd’hui c’est mieux. Ne pas oublier d’être contente.

A la Grande Boîte, le temps passe plus vite. Ceci dit il passe tout de même bien lentement. Demain elle donne à nouveau cours aux étudiants. La semaine dernière pendant le cours elle avait senti son utérus tirer, et avait pensé que J1 arrivait.

Madame Pimpin a terriblement envie de fumer, ça lui fait tout le temps ça quand elle est stressée. Là bien sûr, elle ne fume pas. C’est con, ça fait passer le temps, de fumer.

Ce matin, Madame Pimpin a téléphoné au secrétariat du Caméléon. Comme elle était cachée entre deux salles de réunion, elle n’a pas pu s’écrier « hiiiiii » de concert avec la secrétaire, et n’a même pas pu lui donner des indices montrant sa gratitude face à tant d’enthousiasme.

Au départ Madame Pimpin voulait attendre 6SA pour voir le Caméléon, ça tombait bien,  6SA c’était pile la fin de son stock d’utro.

Seulement à 6SA Madame Pimpin va enchaîner deux jours à Grande Ville (tranquilles, avec transits en taxi) et concert avec Petit Frère le soir (I AM, bordel, on peut pas rater ça depuis le temps qu’on attend). Alors la secrétaire a proposé 5SA+6 mais à 5SA+6 Monsieur Pimpin serait de garde et ne pourrait pas venir (même pas en rêve j’y vais seule).

Alors ce sera samedi, ce samedi vouivouivoui (Madame Pimpin n’est pas sûre d’être prête m’enfin faudra bien y aller) à 5SA+3 si d’ici là tout va bien. Et si tout va effectivement bien, elle espère avoir droit à une autre écho un peu plus tard parce que là à 5SA+3 il y a peu de chance qu’on voit grand chose et ça promet d’être super anxiogène. Madame Pimpin sait qu’il est ridicule de compter en SA quand on n’en est même pas à 5 mais ça donne l’impression d’avancer.

Bon. Ecrire tout ça était supposé permettre de verbaliser et moins stresser. En fin de compte pas tellement. Va peut-être rappeler le Reiki sous peu.

Mais s’il y a bien une chose qu’elle ne regrette pas, c’est d’avoir refusé de mongoliser sur le taux. Un souci en moins.

Sur cet article inutile qui lui fait se sentir un peu concon, elle va se coucher (c’est à dire que sinon elle risque de se lancer dans un compte-rendu de vaniuche, et soyons honnêtes, personne n’en a envie).

Ironie.

17dpo. On est à trois heures de l’échec d’IAC1. La tension est à son comble. Et l’ironie est incroyable aujourd’hui.

Ironie de la vie qui décide que U. se fait plaquer après deux ans, comme un chien, alors qu’elle est un adorable petit bout de femme respirant la tolérance. U. n’a pas desserré les dents. Elle est restée belle et digne. Ironie de cette même vie qui rend au même moment N. odieuse avec son homme, et le reste de son entourage au passage, N. qui s’invente de faux problèmes, qui impose à tous ses amis de s’improviser psy exclusifs et disponibles H24.

Ironie de la vie qui veut que si ce soir Monsieur Pimpin était chafouin, c’est parce que B. lui a annoncé qu’il allait être papa. B. et R. se connaissent depuis moins d’un an. R. est stérile ou presque. Le bébé n’était pas à l’ordre du jour, mais quand ce serait le cas ce serait case PMA directe. B. et R. qui viennent d’emménager à Village sur Mer (chouette des amis zéro risque, qu’ils s’étaient dit), et qui il y a deux semaines ont demandé aux Pimpin le numéro de leur médecin traitant. C’était pour ça (quand Madame Pimpin ira mieux on reviendra sur cette histoire, elle a du bitchage en stock). Au même moment dans la chaumière, Madame Pimpin a mal. Son ventre annonce l’imminence d’un nouvel échec. Elle qui n’a soi disant aucun problème, qui devait se retrouver enceinte facilement une fois le petit coup de mou du spermo compensé par l’eau de cologne.

PUTAIN LA CIGOGNE, TU T’ES TROMPE DE MAISON, T’AS FUME OU BIEN ?

17dpo et Madame Pimpin est tétanisée. Elle n’a pas la force de tester pour en finir et d’affronter ensuite la dernière journée de la semaine. Disparue la force, disparu le courage.

Le bout des nerfs.

La balle est toujours armée dans la main du camp adverse, Lisbeth se les caille dans son short trop large et Britney vient de finir de flinguer son top coat glitter, du bout des dents, bientôt ses ongles seront nus. Pendant ce temps là Madame Pimpin tremble toujours.

Pendant ce temps là Madame Pimpin mène une vie infernale.

Deux heures d’attente dans le froid sur un banc hier matin parce que le train pour Frite -Ville était en retard, après une mauvaise nuit, un réveil à 4h30, départ a 5h30, et un avion plein de gougniafiers.

Des réunions qui s’enchaînent toute la journée, il faut lever le ton pour préserver les intérêts de la Grande Boîte pourtant la voix est cassée par le stress et la vilaine crève qui rend tout très chiant, et les pensées sont à des lieues de cette bouffonnade civilisée.

Un train pris après une course folle, coup de sifflet du chef de gare, valise, ordinateur, tout porté a bout de bras et a l’arrache et toujours cette maudite crève. Journée de 15 heures.

Une traversée de Grande Ville au pas de course entre averses glacées et metros bondés. Les pensées maniaques orientées sur une seule question, la terreur dans le ventre.

Une bulle de répit, la simplicité d’un repas simple mais élégant dans un endroit joli, avec une chouette amie. Secrets partagés, parler d’autre chose, sourire, rire, certaines bonnes choses ne prennent pas d’âge.

Une nouvelle nuit très mauvaise, nouvelles réunions, courbettes, nouveaux rush a travers les artères bouchées d’une ville saturée, puis nouvelle cavalcade dans ses entrailles. Un avion pris in extremis, le dernier de la journée, qui à l’heure ou elle t’ecrit ramène Madame Pimpin à Village Sur Mer. Il fend la nuit comme un couteau, elle ecoute Nina Simone. Il la porte et la berce doucement, bienveillant. Enfin de la bienveillance.

Demain soir, ce sera le soir ou l’IAC1 avait échoué. Alors la balle, dans la main du camp adverse, reste une plus que probable menace. Elle la sent venir comme si l’espace était déjà modifié par la trajectoire qu’elle s’apprête à prendre.

Mais ce soir Madame Pimpin est reconnaissante envers l’ordre des choses. Si depuis 3 jours elle en mange plein les dents, ce n’est rien. Pas grave. Rien de mauvais qui vaille qu’on s’en souvienne demain. Ne restera que le beau dîner et quelques chouettes sms échangés, quelques mails apaisants reçus de douces mains.

La seule chose qui pouvait vraiment atteindre Madame Pimpin n’a pas eu lieu. Elle sera dans sa zone de confort quand le J1 arrivera. Pas dans le métro. Pas seule dans la foule. Pas dans une triste chambre d’hôtel impersonnelle et froide. Pas en train de se battre comme une chiffonnière pour la Grande Boîte. Une belle mort se dessine pour le onzième cycle de cette tentative d’obtenir une troisième grossesse. Une mort douce, parmi les siens.  et il le mérite bien.

L’avion se pose juste quand il faut, doucement et avec bienveillance.

Reiki #4.

Jeudi c’était Reiki. Je te le dis tout de suite, il s’est passé un truc étrange pendant cette séance de Reiki.

  • La papote préalable.

Madame Pimpin ressitue l’avancement des choses et commence par un lapsus : on a fait une IAC le 13, IAC qui a fonctionné… Euh pardon, je veux dire l’acte médical a bien fonctionné on a pas eu encore le résultat. Bon ça a bien fonctionné mais c’était très douloureux blablabla… Sors tes rames Madame Pimpin…

Madame Pimpin raconte le rêve où elle délaissait son bébé pour mieux profiter du concert auquel el assistait. Le Maître Reiki lui demande son interprétation. Madame Pimpin y voit :

–          La peur d’être une mauvaise mère, cultivée par cette attente qui dure si longtemps et laisse le champ libre à bien des interrogations. Le Maître Reiki lui répond qu’il n’y a pas de mères parfaites, qu’il ne faut pas cristalliser sur cette notion de perfection. Que les enfants rois à qui l’on cède tout ne font pas de meilleures personnes, qu’il ne faut pas tout faire pour son enfant. Juste faire ce que l’on peut.

–          L’infertilité comme une punition, une sorte de purgatoire dans lequel l’Ordre des Choses la laisse végéter le temps que son vilain état d’esprit évolue assez pour mériter de devenir maman. Le Maître Reiki oriente un peu la conversation sur le pourquoi du mauvais état d’esprit. Madame Pimpin ne le dit pas mais elle repense au sentiment de culpabilité ressenti dernièrement à propos de l’avortement quand elle s’est sentie obligée de justifier des raisons pour lesquelles oui, elle aurait avorté si il lui était arrivé d’être enceinte à un moment où elle considérait qu’avoir un enfant n’était pas possible (putain mais j’imagine même pas le mal que ces inquisitions peuvent faire à celles qui ont vraiment du se retrouver dans ce cas. Et ça me refout en rogne. M’enfin on va pas relancer le débat ça suffit comme ça). Ensuite elle lui parle de celle qu’elle était au début des essais. Son refus de l’allaitement. Ses critiques concernant le congé parental. Ce sont les deux points sur lesquels elle a le plus changé, mais il y a des tas de petites choses dans le fond qui font que cette attente l’a transformée.

–          Le Maître Reiki lui demande ce qu’elle pense de cette attente. Naturellement et sincèrement, Madame Pimpin lui répond que cette attente l’aura probablement rendue meilleure. Par prudence au cas où DNLP l’écoute, elle rajoute que ça ne vaut que pour le cas où ça finirait par fonctionner bientôt, et pas dans des années, sans quoi elle finirait par s’aigrir. Mais oui, il faut bien admettre qu’elle en est convaincue. Jusqu’ici le temps n’a pas été son ennemi. Et encore moins l’ennemi du bébé qui viendra peut-être un jour.

  • Le pendule.

Le pendule est plutôt sage. Madame Pimpin s’ennuie un peu pendant que le pendule oscille au dessus de la représentation du corps humain. A un moment Madame Pimpin se concentre sur le pendule en lui demandant de tourner si elle est enceinte. Une fois ça marche. Deux fois ça marche. Troisième fois, il désobéit. Mouerf. Connard de pendule.

A la fin du pendule, le Maître Reiki demande à Madame Pimpin si elle se sent plus les pieds sur terre en ce moment. Elle prend un peu de temps et répond que dans un certain sens oui, surtout dans sa façon de vivre l’attente cette fois-ci. Moins de questions existentielles. Plus de confiance dans la technique et dans son corps. Plus de confiance en elle concernant sa réaction en cas d’échec. Une attente moins investie qui du coup passe plus vite. Dans les autres domaines aussi, l’impression de s’être débarrassée d’une partie des questions existentielles qui lui polluaient l’esprit. L’impression d’être là à sa place, faisant ce qu’elle peut, et s’en satisfaisant. Dans le boulot comme dans les relations aux autres. Il hoche la tête et lui dit qu’effectivement il la sent « plus connectée ».

  • La manip.

Encore cette fois, l’heure de manipulation passe à la vitesse de la lumière, un quart d’heure en temps ressenti. Aucune senstation physique cette fois. Pas de chaleur dans les yeux ni de tiraillement dans l’utérus.  Ses pensées se baladent, tantôt du côté de son utérus, qu’elle essaie d’encourager au cas où quelque chose soit en train de s’y passer. Elle pense à l’haptonomie qu’elle aimerait vraiment pouvoir pratiquer un jour. Puis elle se balade dans un décor magnifique, au beau milieu des créations de Yosuke Oono (http://www.loftwork.com/portfolios/oonoyusuke) découvertes grâce à Little Miss Shrimp. Le maître Reiki passe les mains sous sa tête.

Elle sent qu’elle plonge plus profondément dans cet espère de coma bizarre. Un étrange image lui apparaît d’abord. Elle commence par la chasser, surprise, car elle ne l’a pas convoquée, l’image s’est imposée, sortant de nulle part. Puis elle saisit une notion d’ouverture, et retient l’image un moment pour mieux la voir. (ouais je sais, on nage en plein délire mais je te jure que c’est vrai et pourtant je suis plutôt sceptique).

L’image représente une sorte de pictogramme lumineux et animé. C’est une sorte de portail noir, plongé dans le noir, qui ne se distingue que par ses contours derrière lesquels on distingue une lumière jaune. Très nettement, d’un mouvement lent mais bien franc, le portail s’ouvre vers le bas, laissant progressivement passer la lumière. Truc de ouf nan ?

  • Le débrief.

Le Maître Reiki demande ce que Madame Pimpin a ressenti. Elle lui parle du portail avec hésitation, l’impression d’être zinzin. Forcément il lui demande de l’interpréter. Forcément, comme une évidence et c’est parce qu’elle le souhaiterait de toutes ses forces, Madame Pimpin lui répond qu’elle y voit le signe que quelque chose s’est ouvert, débloqué en elle. Que peut-être les tiroirs sont à présent rangés. En disant ça, elle baisse les yeux. Peur de paraître comme la fille présomptueuse qui prend ses désirs pour des réalités. Le Maître Reiki lui répond pourtant que son interprétation va dans ce sens également. Madame Pimpin a presque les larmes aux yeux.

On recale une date au 27 février. Le Maître Reiki rappelle à Madame Pimpin que si l’IAC fonctionne, il en faudra quelques unes pour la suite (mouiiii à 50 boules la séance on va pas se quitter comm ça hein ce serait balot). Le problème qu’il semble craindre, ce n’est pas l’infertilité des Pimpin. C’est le risque d’une nouvelle fausse-couche. Gloups. Madame Pimpin elle le sait bien, que quand bien même un jour ce serait gagné, ce ne serait qu’une bataille et pas la guerre. Et quoi qu’il en soit, si ses tiroirs sont maintenant rangés, l’angoisse serait tellement présente malgré tout qu’un peu de coma bizarre ne serait pas malvenu. Note l’emploi du conditionnel au cas où DNLP nous écoute.

Les Grigris de Madame Pimpin.

C’est à dire qu’avec le temps, on a beau se dire que ce n’est pas un objet qui va réussir à nous faire pondre quand même des médecins n’y parviennent pas, on finit tout de même par accumuler un certain nombre de petits objets qui de fil en aiguille s’avèrent devenir des grigris. Ce qui distingue les grigris des objets ordinaires, c’est que lorsque le regard les accroche, on ne peut pas réprimer la brève et instantanée prière qui vient à l’esprit.

Madame Pimpin a sept grigris. Tiens c’est marrant ça fait un par semestre d’arrêt de pilule. LOL. Dans le désordre, elle va tâcher de te les présenter brièvement.

Il y a ce petit mobile, qu’elle a vu dans une boutique à Noël alors qu’elle cherchait un cadeau pour son beau-père. Quand elle l’a vue elle s’est sentie immédiatement comme hypnotisée. Elle l’a vu dans la petite chambre du haut. Elle l’a pris, n’a même pas regardé combien coutait cet assemblage de ficelle, carton et bouts de bois vaguement peints. Il lui fallait cet objet. Au final, le bidule (absolument réalisable à la maison pour peu qu’on ait un minimum d’équipement) coutait tout de même quinze boules : qu’à cela ne tienne, au diable l’avarice et les gros yeux de Monsieur Pimpin. Le bidule trône désormais dans la Petite Chambre du Haut et Madame Pimpin ne regrette pas son acquisition.

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Ensuite il y a Laxmi, Le Doudou et le Petit Chausson. Deux de ces trois là (comme la plupart des grigris finalement) sont des petits cadeaux offerts par des personnes importantes pour Madame Pimpin.

Laxmi, c’est le cadeau d’Amuted, une amie IRL qui, tombée sur le blog de Madame Pimpin et les aventures de Laxmi lui a envoyé cette petite poupée pour lui porter bonheur. Cette poupée rappelle maintenant à Madame Pimpin que des personnes bienveillantes se trouvent parmi son entourage. Elle lui rappelle aussi la valeur de cette chance, d’avoir trouvé l’amour. Et qu’à l’heure de se lamenter sur son sort il faut regarder autour de soi, l’infertilité n’est pas la seule déveine au monde. Quand Madame Pimpin croise le regard de la poupée Laxmi, elle fait un voeu pour elle et un voeu pour son amie.

Le Doudou provient du supermarché. Madame Pimpin l’a acheté pour Bébé Souris, au départ. Juste après la disparition de la Petite Chose. Mais elle n’a pas pu se résigner à le donner. Quelque chose dans le regard du Doudou lui disait qu’il fallait le garder pour plus tard. Alors Madame Pimpin l’a écouté et l’a gardé. Elle a du quelques jours plus tard retourner en quête d’un cadeau pour Bébé Souris (il fallait vraiment que Le Doudou soit persuasif pour que Madame Pimpin retourne dans le Mordor des rayons puériculture de son plein gré).

Le Petit Chausson est un cadeau de la Maman de Madame Pimpin. Elle l’a tricoté en exemplaire unique, pour qu’il n’y ait pas de méprise : ce n’est pas un petit chausson destiné à être porté par une personne en particulier (superstition, ne nous portons pas plus de poisse que celle que nous avons déjà) mais un Petit Chausson juste destiné à appeler la Cigogne.

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Il y a aussi l’ange, celui là est arrivé mystérieusement à Village Sur Mer, et depuis la navigation à vue est terminée : les Pimpin connaissent leur ennemi, et on leur a donné des armes pour se battre.

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Enfin, il y a Pachamama et Les Chaussettes de Petit Marin.

Pachamama est un cadeau ramené par Madame Zébulon d’un trip en Bolivie. Pachamama, c’est la déesse de la fécondité pour les Mayas. Madame Zébulon, la meilleure amie de Madame Pimpin, lui avait fait une petite place dans un sac à dos pourtant pesé au milligramme près et qui devrait l’accompagner et abriter sa vie pendant des mois. Alors cette Pachamama là, elle a beau être en pierre, elle vaut de l’or.

Les Chaussettes de Petit Marin, taille 18/20, sont tombées par hasard dans le Caddie de Madame Pimpin alors qu’elle faisait ses courses de la semaine, il y a déjà un an. Peu de temps après qu’elles ait rejoint leur destination provisoire (tout en dessous du tiroir à chaussettes de Madame Pimpin) (Monsieur Pimpin n’est pas au courant de leur existance) Madame Pimpin a fait virer un TG+, celui de la Petite Chose. Bien tenté les Chaussettes de Petit Marin, mais vous n’avez pas fini le boulot… Essayez de recommencer, bientôt…

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