Ironie.

17dpo. On est à trois heures de l’échec d’IAC1. La tension est à son comble. Et l’ironie est incroyable aujourd’hui.

Ironie de la vie qui décide que U. se fait plaquer après deux ans, comme un chien, alors qu’elle est un adorable petit bout de femme respirant la tolérance. U. n’a pas desserré les dents. Elle est restée belle et digne. Ironie de cette même vie qui rend au même moment N. odieuse avec son homme, et le reste de son entourage au passage, N. qui s’invente de faux problèmes, qui impose à tous ses amis de s’improviser psy exclusifs et disponibles H24.

Ironie de la vie qui veut que si ce soir Monsieur Pimpin était chafouin, c’est parce que B. lui a annoncé qu’il allait être papa. B. et R. se connaissent depuis moins d’un an. R. est stérile ou presque. Le bébé n’était pas à l’ordre du jour, mais quand ce serait le cas ce serait case PMA directe. B. et R. qui viennent d’emménager à Village sur Mer (chouette des amis zéro risque, qu’ils s’étaient dit), et qui il y a deux semaines ont demandé aux Pimpin le numéro de leur médecin traitant. C’était pour ça (quand Madame Pimpin ira mieux on reviendra sur cette histoire, elle a du bitchage en stock). Au même moment dans la chaumière, Madame Pimpin a mal. Son ventre annonce l’imminence d’un nouvel échec. Elle qui n’a soi disant aucun problème, qui devait se retrouver enceinte facilement une fois le petit coup de mou du spermo compensé par l’eau de cologne.

PUTAIN LA CIGOGNE, TU T’ES TROMPE DE MAISON, T’AS FUME OU BIEN ?

17dpo et Madame Pimpin est tétanisée. Elle n’a pas la force de tester pour en finir et d’affronter ensuite la dernière journée de la semaine. Disparue la force, disparu le courage.

Hand Ball.

De toute sa vie, Madame Pimpin a rarement vécu d’expérience plus traumatisante que de séjourner dans une cage de Hand Ball. Si tu es un peu maladroite comme elle, et de surcroit pas très vive, tu dois bien comprendre cette sensation d’être plantée là, à la merci de la grosse patate que tu vas irrémédiablement te manger dans la face, que même l’esquiver t’es trop nulle pour y arriver, et que tu voudrais courir pour y échapper sauf qu’il y a toute la 4eme C en face de toi et que tu as un minimum de standing à assurer.

Bon. Eh bien les trois premiers jours de cette semaine ressemblent un peu à ces chouettes moments passés à attendre de se manger une balle de Hand Ball en pleine face.

Il y a d’abord eu l’évaluation chefesque, exercice annuel. Ah on en a déjà parlé, du Chef Sympathique. Autant te dire que hier matin Madame Pimpin s’est pointée au boulot la mort dans l’âme. Mais pourtant, figure toi qu’elle a arrêté le but ! Evaluation passée haut la main, notation maximum. Et de un. Si quota il y a on est mal.

Et puis il y a eu hier après-midi. Une classe de 20 djeuns endormis à qui il a fallu faire cours pendant 4 heures (______________________) (minute de silence en l’honneur de Lucette qui gère haut la main ce genre d’exercice). Horreur, en arrivant, Madame Pimpin s’est rendue compte que le responsable pédagogique, peinant probablement à trouver des intervenants, lui avait un peu survendu ses pioupious : ils n’avaient, pour la plus grande partie, jamais entendu parler du sujet que Madame Pimpin venait leur présenter. C’était une première expérience du genre pour Madame Pimpin et c’était super paniquant d’autant que ces jours ci elle ne tolère que la présence de son mari et de son chat. Même aller acheter du pain, c’est hyper violent pour elle. Et pourtant figure toi qu’elle a arrêté le but ! Tremblante face aux élèves elle a réussi petit à petit à les intéresser, à leur faire intégrer son charabia, et au moment du cas pratique elle n’arrivait plus à les arrêter ! Et de deux. Si quota il y a, on est vraiment mal.

Ce matin, c’est avion à 6 heures du mat, direction Grande Ville, puis Frite Ville, puis Grande ville à nouveau demain. Ce matin, c’est 15dpo, le quota de balles arrêtées et probablement atteint, J1 peut débarquer à tout moment et venir exploser dans la face tremblotante de Madame Pimpin qui l’attend dans sa cage. Avec l’Utro, il n’y a pas de préavis, il arrive, point.

Alors elle a essayé de se blinder le moral. Elle a essayé de se dire que quoi qu’il arrive elle allait survivre. Mais ce n’était pas convainquant. Elle a donc fini par convoquer ses deux copines.

Cette fois, elles se taisent et ne se disputent pas. Cette fois elles ne supposent rien, elles sont juste là, à côté. Elles tiennent la main de Madame Pimpin et elles seront là au moment de l’impact. Lisbeth a sorti son short et ses hautes chaussettes de sport, elle a même enlevé ses piercings. Britney a sorti sa jupe plissée et ses socquettes de tennis. Madame Pimpin a peur mais elle sait qu’au moment de l’impact, Britney lui fera un gros bisou et lui donnera un cupcake à la violette. Elle tremble mais elle sent que quand ses os se briseront, Lisbeth posera sa main froide sur son épaule, lui murmurera de rester digne bordel, puis lui servira une grande rasade de vodka.

C’est cool quand même d’avoir de vrais amis pour faire du sport, non ?

PS : Aujourd’hui et demain Madame Pimpin sera busy busy. Excuse d’avance son laconisme quand elle viendra t’annoncer la défaite. Ce sera court et ce sera pas lol, mais plus que jamais elle aura besoin de ton épaule virtuelle pour pouvoir virtuellement chialer sa race, tandis qu’IRL elle devra garder la face devant les Gougniafiers réunis et quelques industriels malotrus.

Ah oui vous êtes sains, vous…

Cet après-midi, Madame Pimpin est allée boire un café avec sa copine Miss Kangourou, puis elles sont allées voir un film (chacune le sien, mais entre elles ce n’est pas le genre de choses qui pose problème). C’était très chouette comme après-midi, très détendu, très relaxant. En sortant du ciné, Madame Pimpin s’est baladée sous la pluie pendant un petit moment, flânant dans son ancien quartier, la ville était bienveillante, les passants semblaient heureux, tout était tranquille et paisible. Puis Madame Pimpin a eu froid et s’est dit qu’il était temps de rentrer. Elle est montée dans la voiture, a démarré, et elle a allumé l’autoradio. Et tout le calme, le paisible et le joli de cet après-midi s’est évanoui, pour faire place à la colère, une grande colère, indomptable, qui là tout de suite, plusieurs heures après, fait encore accélérer les battements de son coeur.

Les sujets d’actualité, de société, sont volontairement évités ici. Non pas que Madame Pimpin n’ait pas son avis sur chaque question, juste que bordel ici c’est son blog et si elle a envie d’être nombriliste, ainsi soit-il. Alors elle ne t’a pas raconté comme ils l’ont mise hors d’elle, ces hordes de connards hétérosexuels et non concernés, descendant dans les rues pour se mêler de ce qui ne les regarde pas et y aller de leurs petits préjugés sur les couples homosexuels. Elle ne t’a pas parlé du profond mépris qu’elle nourrit à l’encontre du gouvernement actuel, de ses gamineries, et cherry on the cake des frasques d’un président qui n’a pas autre chose à faire quand le navire est torpillé que de courir le jupon comme un vulgaire queutard jouissant de son petit prestige minable. Ce n’est pas le propos de ce blog.

Mais aujourd’hui, ce que Madame Pimpin a entendu l’a horrifiée et elle ne peut pas se taire. Et elle se pose des milliards de questions sur une partie de ses congénères. Par dessus tout, elle se demande pourquoi… Pourquoi ces harpies en serre-tête et mocassin à glands prennent la peine de sortir dans la rue pour fustiger d’autres femmes, celles qui n’ont pas eu la chance de pouvoir tenir une poussette avec leur bébé dedans, parce que leur bébé, elles n’ont pas pu « le garder » ?

Elles ont quoi dans la tête, ces ménagères ulcérées par la vilenie de ce bas monde ? Peuvent-elle sérieusement penser qu’une IVG, on y va la fleur au fusil comme on irait se faire épiler le frifri ? Est-ce qu’une seule seconde elles parviennent à faire rentrer sous leurs petits carrés proprets que même par choix, décider de se séparer d’un début de vie dans son corps peut-être un déchirement terrible ? Peuvent-elles manquer d’empathie au point de ne pas réussir à se mettre à la place de celles qui, au pied du mur, n’ont pas d’autre choix ?

Et que veulent-elles à la fin, que des enfants soient « gardés », dans la galère, alors qu’ils n’étaient pas voulus ? Qu’ils grandissent dans un désastre, dans le désamour, élevés par dépit ? Et cet abject parallèle comparant le nombre d’IVG réalisées en France avec le nombre de tués à la guerre… Alors quoi, un foetus à 12 semaines devient une vraie personne dès lors qu’on arrête volontairement son développement, tandis que s’il s’agit d’une grossesse arrêtée, ces mêmes connasses à serre-tête viennent te dire que la nature est bien faite, que Dieu est bon, que ce n’était pas vraiment un être humain ? Mais bande de macaques, vous êtes formidables…

De retour à la maison, Madame Pimpin a allumé sa télé et sans surprise, a constaté qu’il s’agissait bien de la même frange de population. Des Romy en chemisiers à fleurs, répandant leur venin acide sur des questions qui ne les concernent pas. Les mêmes qui s’insurgeaient contre le mariage gay. Les mêmes qui te placardent des affiches dans ta ville pour te prévenir que « PMA = GPA = danger pour les enfants » (true story) Les mêmes qui ne comprennent pas que pour élever un enfant, la condition essentielle, au delà des conditions de ressources, des conditions de religions, de sexualité des parents, cette condition qui transforme une jeune fille de quatorze ans ou un couple d’hommes en parents exceptionnels, c’est le désir de donner de l’amour à cet enfant. C’est l’espoir que l’on met à entendre son coeur battre, un jour. C’est l’amour que l’on cultive patiemment avant même que ne germe la vie.

Alors, les Romy à serre-tête, poussettes, et mocassins à glands… rentrez chez vous et occupez vous de vos logis parfaits, de vos enfants parfaits, pendant que votre mari parfait baise votre meilleure amie parfaite. Vous qui ne connaissez pas la vie, arrêtez de juger ce qui vous échappe, ce que vous ne pouvez pas comprendre. On se demande bien qui rend la terre stérile et aride.

Check List Pmesque.

« Déjà » 4 mois que Madame Pimpin est officiellement entrée en PMA. Jusqu’ici, bien que partageant toutes les questions existentielles qui vont avec, elle s’en sentait un peu exclue avec son clomarde et ses grossesses spontanées mais inachevées et nourrissait une sorte de complexe de l’imposteur. A présent, forte de son immense recul de quatre mois, elle est une Pmette une vraie, avec des seringues et tout et tout. Elle peut donc se permettre de parler au titre de son expérience, de donner des conseils tout ça. Alors, si tu me demandais «Madame Pimpin explique nous ce dont il faut disposer pour entreprendre sereinement une entrée en PMA», avouons que tu brûles de poser cette question, voilà la réponse sous forme de check-list.

Le staff médical qui va bien, composé de :
– Un gynéco compétent, humain de préférence mais ça, c’est pas garanti.
– Une secrétaire de gynéco disponible et gentille, qui sait ce qu’est la PMA.

– Un biologiste équipé d’un labo PMA qui communique clairement sur les formalités administratives (voir check-list IAC à venir).
– Un labo adapté pour faire les pds (adapté, comprendre : pas trop loin de la maison, mettant les résultats à disposition dans un délai décent).
(concernant ces trois derniers points, le mieux étant bien sûr de pouvoir tout faire au même endroit, mais ce n’est pas toujours possible, dans ce cas se référer au plan ci-après).
– Des mages de la médecine douce (ostéo, acu, reiki, sofro… qu’importe le flacon) pour compenser le manque d’humanité dudit gynéco.
– Une bonne mutuelle, pour payer tout ce beau monde.
– Une pharmacienne pas trop débile, dont on s’assure qu’elle nous connait en lui vouant une fidélité irréprochable.
– Le numéro de téléphone d’une infirmière à domicile. Pratique pour discuter le bout de gras et se procurer des aiguilles.

Les équipements médicaux :
– Alcool (pour désinfecter).
– Alcool (à boire).
– Seringues, aiguilles, coton ou compresses.
– Tests d’ovulation pour les mois de pause forcée.
– Tests de grossesse good quality (en PMA exit la marque Simply Marde).
– Thermomètre.
– Se faire poser des veines dignes de ce nom, qui ne claquent pas au moindre prétexte.

Le support psychologique :
– Un mari / époux / compagnon / amoureux, qui te soutient et que tu soutiens et même que vous vous aimez.
– Un blog. Je t’assure, tout ira mieux une fois que tu auras écrit.
– Des amis. Triés sur le volet. T’affoles pas pour le tri, ils se trieront eux-mêmes, va.
– Une famille, qui de préférence a fini de pondre.
– Une maman avec des gentils bras. Surtout si tu as la fâcheuse manie de faire des fausses-couches.

Des distractions :
– Un travail (faut bien payer la mutuelle, les mages de la médecine douce qui ne sont pas souvent remboursés, et les distractions) qui de préférence te permet de t’absenter si besoin (exemple à proscrire : pilote de sous-marin).
– Un ou des projets (reprise d’études, maison, voyage, hobbie, mariage, sport… là encore qu’importe le flacon).
– Une carte de crédit (alimentée) (cf «un travail») pour s’offrir tout ça ainsi que quelques récompenses bien méritées.
– Un animal de compagnie. Prends le jeune, si tu n’en as pas encore. Les vieux, c’est trop d’inquiétudes.
– De la lecture pour la salle d’attente. Ou bien la méthode «comment apprendre le japonais en 100 leçons» (je t’assure, tu auras le temps). Ou si comme Madame Pimpin, tu es à moitié abrutie quand tu te réveilles / quand tu sors du boulot : candy cruche sur ton smartphone.

De la logistique :
– Un smartphone équipé d’une batterie solide. Dans le smartphone, les numéros des labos, des secrétariats, de l’infirmière, des mages. Et candy cruche aussi. Et l’application Mes Analyses. Et l’application Ovuview. Et un agenda.
– Kleenex. Par dizaines. Dizaines de palettes, bien sur.
– Mascara waterproof (devrait être remboursé par la sécu, bordel).
– Un accès internet pour les résultats de pds.
– Deux véhicules. Qui peuvent tout aussi bien être le métro hein si tu vis dans un lieu civilisé. Mais toujours s’assurer de pouvoir rallier les différents points stratégiques en mettant le moins de temps possible (voir la carte ci-dessous pour la justification).
– un uniforme echo-endo (chaussettes, culotte décente, long pull / tunique /écharpe comme celle de Bounty).

Pour te matérialiser tout  ce trafic (et parce qu’elle avait envie de copier un peu Zapette) (mais rassure toi ça ne se reproduira pas), Madame Pimpin t’a dessiné une splendide carte :

image

Un jour normal de stimulation, Madame Pimpin doit :
– Quitter le point A pour le point B tout en faisant en sorte d’y être pour 7h15 très précisément afin de démarrer dès 7h30 (trajet : 10 minutes).
– Se rendre du point B au point C tout en faisant en sorte d’y être pour 8h00 très précisément (trajet : 30 minutes)
(tu noteras que si Madame Pimpin passe plus de zéro minutes au point B, elle arrive en retard).
– Profiter d’être au point C pour récupérer et imprimer les résultats de pds, remplir la fiche IAC et faire les courbes, passer divers coups de fil (pharmacie, secrétariats…) et se reposer un peu en faisant des beaux dessins, quand une horde de gougniafiers n’entrave pas ces respectables activités.
– Quitter le point C pour le point E tout en faisant en sorte d’avoir passé huit heures au point C (trajet 40 minutes).
– Allez du point E au point B’ en faisant en sorte d’arriver au point B’ avant 19h00. (trajet 30 minutes).
– Aller du point B’ au point A (trajet 10 minutes, sauf si, morte de fatigue, tu oublies de desserrer le frein à main – true story).

Un jour d’IAC, ça donne ça :
– Le véhicule 1 quitte le point A à 7h30 pour se rendre au point D à huit heures.
– Au même moment avec un peu de chance, le véhicule 2 se rend au point B.
– Le véhicule 1 quitte le point D à 8h30 pour se rendre au point C à 7h30 (trajet 15 minutes) (avec donc, une heure quinze de retard).
– Le véhicule 2 quitte le point B à 8h00 pour se rendre au point C à huit heures (trajet trente minutes) (avec donc trente minutes de retard).
– Le véhicule 2 quitte clandestinement (ou pas) le point C à 10h30 pour se rendre au point E à 11h00 (trajet : 30 minutes, retard : 10 minutes) sans oublier de passer par le point D (sinon vas-y faire une IAC sans récupérer le recueil), puis retourne au point A pour y rester une heure et revenir au point C (trajet total : une heure, arrivée au point C : 14h00).
– Le véhicule 1 quitte le point C pour le point A et arrive vers 18h00.
– Le véhicule 2 quitte le point C pour le point A et arrive vers 19h00.

Raviolis ?

Raviolis.

En Vrac #21.

  • La reprise qui pique.

Mauvaise nuit et dur réveil ce matin pour Madame Pimpin qui en trois semaines de vacances (mais quelle idée, me diras-tu) s’était recalée sur son rythme naturel de noctambule. Si bien qu’avant l’heure de la sonnerie, ses yeux étaient déjà grand ouverts, elle n’en était pas moins déjà épuisée. Arrivée au bureau, envie de ne voir personne, de ne parler à personne, un nombre à trois chiffre et indécent de mails reçus, dont tout plein de messages automatiques de bons vœux dont on à rien à cirer si ce n’est que ça agace, les gens qui vous souhaitent une bonne année alors qu’ils ne savent rien de vous, une bonne santé pour vous et vos proches alors que vous passez tout votre temps libre chez le médecin ou au labo… Bref, il ne manquait plus que Chef soit là en personne ce matin pour que cette journée merdique prenne tout son sens (dieu merci habituellement il reste à Grande Ville). La petite réplique qui te motive et te donne le smile ? « Bonne année Madame Pimpin, alors les vacances n’étaient pas trop fatigantes, contente de reprendre pour récupérer ? » Ta gueule. Pour couronner le tout, Madame Parfaite II est venue saluer l’assemblée avec son air de Candy et son ventre qui s’arrondit de jour en jour, Madame Pimpin s’est mentalement bouché les oreilles quand elle a raconté son écho des 5 mois à Madame Pie. Je te passerai les collègues de bureau qui racontent le noël des enfants, et ceux de la cantine qui recensent les bébés issus de l’amour est dans le pré (et que toi tu les classes mentalement en deux catégories : OSEF versus ceux qui sont arrivés depuis que tu en chies).

  • La pharmacienne qui bug.

Et revoilà notre pharmacienne de compète, la pharmacienne de Village Sur Mer, haut lieu de la reproduction spontanée et consanguine aisée, bannissant les vilains pas capables de faire ça tous seuls. On a frôlé la catastrophe (et purée Violette j’ai failli regretter de ne pas avoir donné suite à ta proposition postale). Avec toute une journée pour gérer la commande + récupération du matériel Pmesque, les Pimpin se sentaient plutôt sereins. Monsieur Pimpin a fait l’ouverture de la pharmacie ce matin à 9 heures pétantes (c’est-à-dire qu’il y était depuis 8h30). Trente-sept minutes plus tard, le Ménopur était commandé (mais ça à la limite, il en restait deux alors ça aurait été) en revanche, les petites aiguilles pour injection sous-cutanée : rupture de stock. Pas moyen de faire comprendre à la dame que c’était une urgence et que non, on ne pouvait pas s’y prendre avant. Au final Monsieur Pimpin par je ne sais quelle opération du Saint Esprit a réussi à lui faire retrouver trois aiguilles de rescue pas tout à fait identiques à celles de la notice (m’enfin on va pas chipoter). Plus qu’à récupérer le Ménopur ce soir et choper le reste des aiguilles demain. Quand à 9h50, Monsieur Pimpin est ressorti de la pharmacie en retard de 20 minutes pour son jogging avec Monsieur Souris, il a probablement compris certains pétages de câble inscrits au compteur de son épouse.

  • Le mail qui tue.

 « Bonjour Madame Pimpin,

Je profite de la nouvelle année pour venir prendre de tes nouvelles et te souhaiter tous mes vœux pour cette nouvelle année. Les années passent la famille s’agrandi, notre petit XXX à déjà X ans et est rentré à la maternelle, et nous avons une petite fille XXX qui a X mois et qui commence à marcher.

Est ce que tu es toujours à Village sur Mer ? Qu’est ce que tu deviens ? J’espère que toute ta famille va bien. Passe le bonjour à tes parents et à ton frère et ta sœur.

A bientôt j’espère, bises »

Bah non, pas à bientôt, je crois pas. C’est mauvais et injuste de lui dire « pas à bientôt » parce que la Dame qui a écrit ça, Madame Pimpin la connait depuis sa naissance. C’est la fille d’anciens amis de ses parents, elles ont quasi le même âge et ont passé beaucoup de chouettes moments de leur enfance ensemble, avant que tout le monde se perde gentiment de vue. Le truc c’est que depuis que la Dame va bien (comprendre annonce de fiançailles suite à un passé amoureux plutôt difficile) elle essaie de reprendre contact avec Madame Pimpin et l’a même invitée à son mariage. Le truc c’est que Madame Pimpin fait la morte depuis un bail, que l’autre ne lâche pas l’affaire, que ça devient super embarrassant d’être la connasse qui ne répond pas, mais dont chaque année les pêchés sont absouts par la Brave et Miséricordieuse Dame. D’un autre côté Madame Pimpin n’a ni envie de répondre en mode youpie troulali troulalère la vie est belle, ni envie de lui raconter sa life, ni rien à lui dire, tout bien réfléchi. Et puis sans déconner, c’est quoi ce mail, un inventaire ? Rien d’autre à raconter ? Si La Vie se résume à raconter l’évolution de la Progéniture, qu’est ce que Madame Pimpin peut bien répondre d’honnête ? C’est dans ma tête ou la seule réponse attendue serait :

 « Alors moi j’ai Kévina qui fait toujours dans ses couches la nuit mais plus pendant la journée, et George-Emmanuel qui entame sa diversification alimentaire. A part ça je suis joie et amour, et je profite de la nouvelle année pour étaler une couche de sirop gluant et sucré sur la surface de la terre. On fait un concours d’évolution de gosses ? Embrasse bien fort ta grand-mère et ton voisin de ma part. ». ?

Et voilà. Maintenant que c’est écrit Madame Pimpin culpabilise et se sent tout sauf BELLE ET DIGNE. De là à ce qu’elle réponde un truc gentil et s’expose à la question-qui-tue « et vous c’est pour quand », il n’y a qu’un pas.

  •  Les monitos qui sandwichent.

 Nouvelle IAC, nouveau rythme. Maintenant ce sera monitos le midi : gloups. Planning Caméléonesque trop chargé pour faire autrement (le pauvre homme il va finir tellement pété de thunes qu’il ne pourra bientôt plus compter ses billets – en même temps c’est pas Madame Pimpin à coups de 18 euros qui va l’enrichir). L’avantage c’est que les journées seront moins longues (entre labo le matin et monito le soir, pour IAC1 Madame Pimpin se tapait des journées de 13 ou 14 heures dehors) (sachant qu’il n’y a que CHEZ ELLE qu’elle se sente normale), l’inconvénient c’est que le labo aura intérêt à transmettre les résultats de PDS rapidement (PDS à 7 heures, résultats pour 11h45 au plus tard… chaud). Et puis, bye bye la pause dèj. Ou comment pallier aux potentiels kilos en trop qui voudraient se greffer sur les hanches de Madame Pimpin. Tu me diras comme ça, elle n’aura plus besoin d’écouter les prouesses reproductives de la population télé-réalité de M6 à la cantoche qui de toutes manières lui coupaient l’appétit.

  • La Pie qui chante.

Petite éclaircie dans cette journée de marde, quelques petits mots glissés par Madame Pie au détour d’une pause café.

« que tu aies un bébé cette année, c’était l’un de mes voeux au moment des douze coups de minuit« .

OUF. Il n’en fallait pas tant pour que Madame Pimpin retrouve foi en l’humanité et reprenne des forces pour ré-attaquer demain. Et oui parce que demain, il faut retourner à La Grande Boîte. Et après-demaiin aussi. Et tous les jours, en fait. Marde.

IAC#2 – J3 – début de stim.

Oyez oyez camarades ce soir Madame Pimpin se pique le lard. Et puis c’est tout.

Hier, elle a passé un petit coup de fil à la secrétaire du Docteur Copain-De-Caméléon (celui qui a inséminé Madame Pimpin) (entre nous, je ne m’y fais toujours pas à ce terme « inséminer », j’ai toujours l’impression d’être en train de parler d’une vache ou une ponette pedigree, mais passons sur ces basses considérations lexicales). Môsieur le Docteur Caméléon est en congés et ne revient que lundi. Je te refais la conversation ?

– Bonjour je vous appelle suite à l’échec de mon IAC#1 en décembre car je dois commencer une stimulation en vue d’une nouvelle IAC et je devais d’abord, sur demande du Caméléon, procéder à une écho à J3. J3 étant demain, ça laisse peu de marge.

– Oh bonjour Madame Pimpin, oui je me souviens de vous. Alors ça n’a pas marché… Je suis sincèrement navrée, je vous souhaite une bonne année et j’espère qu’en 2014 ça marchera.

– Merci Madame Coeur Coeur Coeur, c’est gentil je vous souhaite une très bonne année à vous aussi.

– Alors par contre pour le Docteur Caméléon ça va être compliqué car il ne revient que lundi. Mais je comprends bien la situation et ne vous inquiétez pas. Je sais bien que si je ne vous trouve pas de RDV aujourd’hui, vous n’aurez même pas d’ordonnance pour la stimulation… je regarde.

– Oh, merci, Madame Coeur Coeur Coeur.

– Alors voilà ce que l’on va faire : passez aujourd’hui, Docteur Copain-De-Caméléon vous prépare l’ordonnance de Ménopur et Ovitrelle, et vous revenez demain à J3 pour le contrôle il vous prendra en tout début de journée en urgence.

– Madame Coeur Coeur Coeur, you made my day. Promis tu seras la marraine de mon premier fils ! Bisous bisous à tout à l’heure !

Mouahahahahah ! Mais non, je déconne ! En 2014 les secrétaires sont toujours aussi connes. En 2014 on ne peut toujours compter que sur soi même. Voilà comment la conversation s’est vraiment déroulée, étant donné qu’on n’a pas basculé dans un monde de bisounours où les secrétaires auraient un cerveau et un peu d’empathie :

– Bonjour je vous appelle suite à l’échec de mon IAC#1 en décembre car je dois commencer une stimulation en vue d’une nouvelle IAC et je devais d’abord, sur demande du Caméléon, procéder à une écho à J3. J3 étant demain, ça laisse peu de marge.

– A mais ça ne va pas être possible Madame il est en congés jusqu’à lundi et je ne peux même pas vous caler de rendez-vous lundi parce que je n’ai pas l’accès à son planning et sa secrétaire aussi est en congés.

– D’accord Madame, je rappellerai lundi, merci beaucoup au revoir.

LOLILOL. Finalement, « inséminer » c’est peut-être un terme assez respectueux pour les vaches et les ponettes, mais pas suffisamment pour Madame Pimpin qui ne mérite pas assez de considération pour obtenir une fucking écho de ses ovaires en temps et en heure.

M’enfin on va pas se laisser abattre hein. Puisqu’on a assez de cran pour démouler des fausses-couches dans les chiottes, on en a bien assez pour commencer une stim sans laisser-passer, pas vrai ?

Alors en avant Guingamp ! Espérons tout de même que le Caméléon aura un petit créneau lundi (ah non désolée Madame le délai pour un rendez-vous c’est 6 mois hein !) et qu’il n’aura pas le mauvais goût de se la ramener à base de « oh non mais Madame Pimpin je suis pas très très content que vous vous soyez auto-administré un traitement de stim hein, c’est pas joli-joli maintenant je vais faire du boudin et vous montrer l’écho des six semaines de Madame-Connasse-Lambda qui se trouvait dans la salle d’attente juste avant vous. »

2014 l’année de la force, qu’ils ont dit. BIM.

Le premier jour.

Premier jour de l’année, à minuit, on a trinqué, on s’est levés de table, on s’est embrassés, on s’est souhaité une bonne année, on a re-trinqué, on  a joué aux cotillons comme des enfants. A ce stade, toujours pas de trace du J1. Madame Pimpin faisait attention à sa consommation de champagne parce que Sam c’était elle, mais surtout parce qu’elle se disait qu’en fait… Elle avait peut-être testé trop tôt. A minuit, on passait à J31 – 18 dpo. A minuit trente, passage aux wc (probablement le six ou septième de la soirée) et bonjour le J1. J1 de 2014, J1 de C11 – tentative 3. Tu noteras le sens pratique de DNLP, un J1 qui tombe un premier, ça facilite les calculs. Tu noteras aussi son sens de la bitcherie au passage, mais ça on commence à s’y faire. Mais qu’à cela ne tienne, on était prévenu qu’il allait se pointer le J1. Alors pas de larmes, pas de drame. Madame Pimpin n’a pas fait la diva qui s’enferme pendant trois plombes pour chouiner aux chiottes. Elle ne s’est pas vengée sur le champagne et tard dans la nuit – ou tôt le matin, elle a ramené sobrement le carosse et le Prince au bercail.

Le programme à venir, c’est 1 dose de Ménopur dans deux jours quoi qu’il arrive. Et puis demain, tentative d’obtention d’un RDV Caméléonesque pour sa fameuse écho de J3 pour s’assurer qu’IAC#1 n’ait pas laissé de kyste. Et si le RDV n’est pas négociable, comme on a dit l’autre jour : fuck it. Madame Pimpin se stimera toute seule, en se monitorant toute seule. Et qu’on reparte sur une IAC ou une stim (sait on jamais) le délai d’abstinence de 4 jours avant l’insémination : fuck it. Le dernier spermo n’était pas si pire, on se contentera de deux jours et il y aura poney dans la foulée de l’ovitrelle. Madame Pimpin a la désagréable impression qu’elle peut avoir ovulé la veille de l’IAC (le médecin qui l’a pratiquée lui avait dit qu’elle était probablement en fin d’ovulation) et ne veut pas risquer de tout miser sur une seule journée. Mais ça c’est pour les jours à venir, revenons sur cet étrange réveillon.

Il y avait trois couples, dont les Souris qui hébergeaient la soirée, et deux couples sans enfants : Madame Arrêt Pilule (qui n’était pas encore enceinte, ouf) et Madame Sans Intérêt (AP et SI) (accompagnées de leurs conjoints, sur qui il n’y a rien à dire). Il y avait aussi Monsieur Tout Seul (TS, donc), et sa petite fille. Il y avait donc deux enfants dans la maison : bébé Souris, 9 mois, et Petite TS, deux ans.

Monsieur TS est Tout Seul parce que sa Madame Connasse s’est barrée. Elle l’a planté là, lui et la petite qu’elle n’a donc qu’un week end sur deux, pour mieux se faire sauter par un type de son boulot, que nous ne jugerons pas car nous ne le connaissons pas, mais par souci de cohérence nous pouvons l’appeler Monsieur Connard de toutes façons il ne reviendra pas dans l’histoire. C’était pour planter le décor de Petite TS.

Bébé Souris lui aussi était tout seul hier soir, parce que sa maman Madame Souris était malade au point de ne pas pouvoir se lever. Alors bien sur, les deux enfants n’étaient pas complètement tous seuls puisque les papas étaient là. Mais il leur manquait une maman. Madame Pimpin s’est spontanément intéressée à Bébé Souris. Il est craquant comme tout avec ses bonnes joues, elle n’a pas pu résister, à la moindre occasion elle s’occupait de lui. Il y a eu beaucoup d’occasions, rapport au mauvais sommeil et à plusieurs tentatives de couchage. Et tu sais quoi ? Bien loin de lui faire de la peine, Madame Pimpin a trouvé un apaisement incroyable au contact du bébé. Alors qu’habituellement elle se sent toujours observée, jugée, attendue au tournant quand elle s’occupe du bébé d’une autre – et même s’il s’agit d’une bonne amie, hier soir tout était naturel. Alors, elle se disait que forcément l’absence de J1 rendait les choses plus faciles. Quand on est dans ce moment de sursis où le miracle est encore possible (moui, même après un TG- on peut encore se figurer naïvement que le miracle est possible) on voit forcément la vie avec un regard plus… optimiste.

Pour Petite Toute Seule, c’était différent. Déjà, Madame Pimpin ne la connaissait pas. Et puis deux ans c’est un âge un peu sauvage, ça ne se laisse pas forcément approcher facilement. Et surtout, Petite Toute Seule est la fille d’une Connasse. Une Connasse qui a décrété vouloir un bébé avec un homme qui se trouvait être son conjoint. Une Connasse qui l’a eue facilement, sa petite. Une Connasse qui très probablement ne méritait pas sa chance. Dans le cerveau parfois trop manichéen de Madame Pimpin, ça fait un gros blocage. Bien sûr la Petite, et même son père, n’y sont pour rien. Mais ils représentent à eux deux l’insupportable gâchis de ce trésor que Madame Pimpin convoite avec tant de force : une famille unie. Alors elle n’avait pas tellement envie de leur tourner autour (ouais Madame Pimpin est une connasse, elle ne supporte pas les gens heureux, ni les gens malheureux. La messe est dite.)

Mais il va falloir qu’on lui explique à Madame Pimpin, comment on fait pour résister à une Petite Toute Seule de deux ans, quand elle escalade tes genoux en te réclamant un « momage » (apéricube), et qu’ensuite elle te défonce ta tranche de foie gras en se tortillant de plaisir. Qu’on lui explique comment refuser un câlin quand après une première tentative de coucher échouée, quand elle revient toute perdue de ne pas être chez elle et de ne pas trouver sa maman (partie se faire tirer par un Connard, je te l’avais dit), et que ses petits yeux gonflés de sommeil te font l’honneur d’être celle à qui ils veulent bien sourire. Nan mais tu peux pas. C’est mort. Tu fonds c’est obligé. Et ça pourtant, c’était après le J1 de minuit et quelques…

Alors, il est finalement arrivé ce jour de la réconciliation avec les tous petits enfants des autres-que-la-Soeur. Le besoin de sentir l’odeur des petits cheveux, le plaisir de sentir un petit corps se détendre et s’endormir, tout abandonné sur les genoux, le bonheur d’obtenir un éclat de rire, une toute petite main qui serre la tienne… *

Putain Bébé Pimpin, tu vas te magner et tu vas te ramener parce que là on n’en peut plus de t’attendre. T’es même pas là que tu nous manques déjà, et Madame Pimpin elle va vraiment finir par voler un caddie rempli de joufflus dans le Super U de Village Sur Mer en faisait ses courses un beau matin. Et quand elle sera en prison, ça va devenir tendu de se faire yacker le fondement. J’espère que tu as saisi l’urgence.  

Ce n’était qu’un brouillon.

Et ça devient IAC#1. Car il y aura IAC#2. C’est Claire la Pute (enfin sa consoeur low cost) qui l’a dit ce midi. 16dpo – J28, léger spotting hier soir, échec confirmé par la triste solitude de la ligne rose, la ligne de test, dans la petite fenêtre de plastique transparent. A 5mm du bonheur, Madame Pimpin se fait déposer comme un vieux pneu crevé sur le bord de la route.

« Dream your life » qu’il disait, le joli graffiti d’hier. Et non pas « Live your dream ». Toute la nuance était là. Les Pimpin n’auront que le droit de rêver. Que faire maintenant de tous ces jolis signes, que faire du petit rouge-gorge mignon fidèle au rendez-vous encore ce matin, que faire de ce chagrin… La réponse est facile, il suffit d’en faire une nouvelle boule d’énergie et de repartir aux charbons. Facile…

Facile aussi de se dire que tout ça c’est de la merde, que les bestioles dans l’eau de cologne ça fait des bébés pour les autres, que l’espoir c’est pour les autres, que la victoire c’est pour les autres, que le bonheur est hors d’atteinte. Mais on n’a pas le droit de dire ça, hein. Dire ça c’est pas bien.

Alors bien sûr, se foirer à la première IAC c’est d’un banal, d’un commun… Et puis, de quoi tu te plains Madame Pimpin, un TG- c’est quand même moins la merde qu’une autre fausse-couche. Bien sûr demain soir la mère Pimpin sera au rendez-vous pour festoyer, parée de sa jolie robe, de son sourire carnassier de pacotille, planquée derrière son humour et son acidité habituels. Bien sûr elle va jouer le jeu, rire de bon coeur, faire un voeu à minuit et y croire à son voeu malgré le pincement au coeur. Bien sûr il y a plus à plaindre, les gens seuls, les gens qui ont faim, les gens malades, les gens qui meurent. Et les cons. Oh oui plaignons les, les cons, les cons heureux de ne pas se savoir cons.

Ce matin Madame Pimpin a compté ses fioles de Ménopur. Quand J1 sera là, elle appellera le Caméléon et prendra RDV dès que possible. Et si jamais le RDV n’est possible qu’après J3, fuck it. A J3 elle se piquera. Ensuite on avisera.

Pour finir sur une dernière note joviale, merci à tous les nouveaux followers, qui osons le supposer ont followé ces derniers jours pour apprendre au plus vite la belle et réjouissante nouvelle, et ont fait exploser les stats de ce chouette blog. On n’avait pas vu ça depuis la disparition tragique de la Petite Chose. Merci et désolée, osons le supposer, vous êtes probablement déçus. La direction vous prie de bien vouloir excuser ce contretemps fâcheux et s’efforce de tout mettre en oeuvre pour vous servir du beau, du neuf, du sensationnel en 2014.

Et merci à toi surtout, toi qui depuis longtemps espère sincèrement avec moi, que ce soit en silence ou bien activement, et supporte mes jérémiades, mes sautes d’humeur, mes accès d’aigreur, et les rares instants de grâce au cours desquels je suis contente de mon sort.

On se débrouillera pour publier quelque chose d’ici demain parce qu’il n’est pas question de finir l’année sur cet article aussi pourri, pas question d’accorder ce petit plaisir à DNLP.

L’écho de trop.

Ce soir les Pimpin se sont rendus de concert à la dernière écho de contrôle de cette stim pour IAC. Madame Pimpin en avait ras la casquette de se coltiner les heures d’attente toute seule. L’auguste présence de Monsieur Pimpin s’est vue honorée de paramètres plutôt pas mal :

J11, un follicule à 18,5 mm et un endomètre à 8 mm, des taux nickel, et une planification d’IAC samedi midi qui devrait tomber pile au bon moment.

Sauf que ça a été un peu plus dur que prévu.

Dans la salle d’attente, un couple est arrivé juste après les Pimpin. Ca n’a pas empêché que le Caméléon les appelle en premier. Un couple d’environ 35 ans. Je te préviens je vais bitcher. Hem. J’y vais, bouche-toi les oreilles. Des putain de cassos, en limite d’obésité morbide, sapés comme des ploucs, parlant trop fort, sans pochette (pas de pochette = pas de pma), et en prime le type empestait le tabac. bref des gros beaufs bien moches.

Pendant qu’ils étaient en consultation, une jeune femme est sortie du cabinet d’en face en larmes. Ca a forcément rappelé de mauvais souvenirs à Madame Pimpin. Elle a eu envie de courir dans le couloir pour la réconforter comme elle pourrait, mais elle s’est bien souvenue qu’elle, quand elle sort en pleurant de chez le gynéco, elle pourrait être très méchante avec quiconque lui adresserait la parole. Alors elle s’est abstenue, ce qui tombait bien puisque les cassos sont sortis peu de temps après, mais quelque chose s’était abîmé.

Les Pimpin prennent place. Ils sont les derniers, le Caméléon s’éclipse un instant pour éteindre et fermer la salle d’attente. En passant devant la petite salle d’écho, ils constatent que l’écran est toujours allumé. Monsieur Pimpin lance un « tiens, un follicule sur l’écran, tu vois eux aussi ils galèrent, c’est mal d’avoir dit du mal d’eux ».

Mouais. Un follicule. Madame Pimpin, gynéco de son état, capte en une fraction de seconde qu’il s’agit bel et bien d’un follicule, mais un follicule fécondé d’environ 8 SA. Elle lui répond sèchement que c’est un bébé. Et ça lui flingue le moral à Madame Pimpin.

Le Caméléon revient, on cause oestradiol, lh, tout ça, et on passe à l’écho. Il règle son matériel, c’est interminable. L’écran affiche toujours ce bébé d’une autre, cette image que Madame Pimpin connait bien, mais qu’elle n’a eu le droit de voir jusqu’ici que pour regarder des absences de vie. Là, sous ses yeux, le début de vie d’une AUTRE, ce qu’elle désire tant voir un jour, ce qu’elle ne verra peut-être jamais, cette image dont elle rêve obsessionnellement à chaque putain de nuit qui passe depuis plus de deux ans. C’est dégueulasse. Les paramètres sont affichés à l’écran. C’est bien 8SA mais la future maman, primipare et primigeste, n’a que 28 ans. Mazette.

Pendant tout le reste du RDV, Madame Pimpin a tiré une tronche de six pieds de long. Elle n’a pas desserré la mâchoire. OK le Caméléon n’a pas fait exprès, à 20h du soir un jour lambda il pense à autres chose qu’à « ne pas remémorer à la patiente N°28 qu’elle a fait deux fausses couches il y a deux ans et un an, et ne pas lui rappeler qu’elle vit sous une épée de damoclès« . Il n’est pas là non plus pour gérer les conflits d’agenda entre les secrétaires, ni pour s’occuper de la mise en oeuvre des formalités administratives. Bien sûr qu’il est juste là pour obtenir un follicule à 18,5 mm et un endomètre à 8 mm, des taux nickel, et une planification d’IAC samedi midi qui devrait tomber pile au bon moment. Il est là pour ça et il le fait bien.

Mais ce soir, alors qu’elle était cul-nu sur le fauteuil d’écho, la vue de cette image lui a défoncé le coeur, l’a brisé en mille morceau, et à fait couler des larmes bien amères sur ses joues, que personne n’a remarqué dans la pénombre.

Un autre jour, avec moins de fatigue, peut-être même hier, Madame Pimpin y aurait peut-être à nouveau vu un joli signe. Signe que la prochaine fois qu’elle prendrait place sur ce fauteuil, ce ne serait ni pour voir un follicule ni pour voir une absence de vie. Mais, ce soir, c’était un peu dur.

Sur ce, Madame Pimpin s’en va mettre une claque à son calendrier de l’avent, et patienter jusqu’à minuit pour faire entrer l’ovitrelle en scène.