Ironie.

17dpo. On est à trois heures de l’échec d’IAC1. La tension est à son comble. Et l’ironie est incroyable aujourd’hui.

Ironie de la vie qui décide que U. se fait plaquer après deux ans, comme un chien, alors qu’elle est un adorable petit bout de femme respirant la tolérance. U. n’a pas desserré les dents. Elle est restée belle et digne. Ironie de cette même vie qui rend au même moment N. odieuse avec son homme, et le reste de son entourage au passage, N. qui s’invente de faux problèmes, qui impose à tous ses amis de s’improviser psy exclusifs et disponibles H24.

Ironie de la vie qui veut que si ce soir Monsieur Pimpin était chafouin, c’est parce que B. lui a annoncé qu’il allait être papa. B. et R. se connaissent depuis moins d’un an. R. est stérile ou presque. Le bébé n’était pas à l’ordre du jour, mais quand ce serait le cas ce serait case PMA directe. B. et R. qui viennent d’emménager à Village sur Mer (chouette des amis zéro risque, qu’ils s’étaient dit), et qui il y a deux semaines ont demandé aux Pimpin le numéro de leur médecin traitant. C’était pour ça (quand Madame Pimpin ira mieux on reviendra sur cette histoire, elle a du bitchage en stock). Au même moment dans la chaumière, Madame Pimpin a mal. Son ventre annonce l’imminence d’un nouvel échec. Elle qui n’a soi disant aucun problème, qui devait se retrouver enceinte facilement une fois le petit coup de mou du spermo compensé par l’eau de cologne.

PUTAIN LA CIGOGNE, TU T’ES TROMPE DE MAISON, T’AS FUME OU BIEN ?

17dpo et Madame Pimpin est tétanisée. Elle n’a pas la force de tester pour en finir et d’affronter ensuite la dernière journée de la semaine. Disparue la force, disparu le courage.

Check List pour une IAC à Village Sur Mer.*

*«à Village Sur Mer» : c’est-à-dire, quand la grande maison de la PMA ne vous ouvre pas ses portes parce que vous ne faites pas de FIV mais des IAC, et que le suivi médical est donc réalisé par le Gynéco de ville ou d’ailleurs, la PMA ne prêtant que son labo et les conseils de son biologiste. 

J-7 : Le J1 n’est pas encore dans la place, mais soyons réalistes et arrêtons de rêver cinq minutes, il va débarquer d’ici une semaine. Il est temps de : 

–          Zieuter l’agenda afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de déplacements au moment supposé du J1, et commencer à émettre des suppositions quand à la date présumée de J3 pour l’écho de contrôle post-IAC#N-1.
–          Vérifier les stocks de médicaments et de consommables (médicaments, aiguilles et seringues, vaniuches). Le stock de médicaments déterminera l’importance du RDV de J3. En cas de stock liquidé, se débrouiller pour obtenir une ordonnance avant J3, rapport au délai de commande de la pharmacie.
–          Vérifier la validité des pièces administratives constituant le dossier soumis au laboratoire PMA qui prépare les recueils : date du dernier spermogramme, date des sérologies, date du dernier bilan hormonal à J3, validité du 100% (m’enfin à J-7 c’est trop tard).

J1 : Bah voilà hein on s’en doutait un peu. Si c’est un samedi, ou pire un dimanche avec J3 lundi, on est dans la marde si le point de J-7 n’a pas été fait correctement. 

–          Chialer un bon coup.
–          Essayer d’obtenir un RDV le jour même si le stock de médicaments est à zéro.
–          Essayer d’obtenir un RDV à J3 si tout est RAS.
–          Se dépatouiller avec la pharmacie.
–          Voir avec l’infirmière si besoin (surtout en cas de pénurie d’aiguilles).

J3 : normalement, le stock de médicaments est OK, partons sur l’hypothèse d’une secrétaire de gynéco conciliante. 

–          RDV de contrôle post-IAC.
–          Première injection.

J4 :
–          rappeler la secrétaire pour caler les rendez-vous de suivi de stimulation ovarienne.
–          Injection.

J5 :
–          Injection

J6 :
–          Injection

J7 : début du suivi de stimulation ovarienne.
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          En fonction de l’écho, commencer à tenter de deviner la date de l’IAC pour s’assurer des disponibilités de tout le monde (labo, gynéco, et accessoirement son conjoint et soi-même).
–          Ne pas oublier l’injection.

J8 :
–          Température.
–          Injection

J9 : deuxième RDV de suivi de stimulation ovarienne.
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          En fonction de l’écho, commencer à tenter de deviner la date de l’IAC pour s’assurer des disponibilités de tout le monde (labo, gynéco, et accessoirement son conjoint et soi-même).
–          Ne pas oublier l’injection.

J10 : 
–          Température.
–          Injection

J11 : troisième RDV de suivi de stimulation ovarienne. 
–          Température.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Penser à imprimer les résultats et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Faire la courbe.
–          RDV gynéco.
–          Très probablement, calage de la date de l’IAC pour J13.
–          Ne pas oublier l’injection habituelle OU la piqûre de déclenchement.

J12 :
–          Température.
–          Prise de RDV avec le labo de la Clinique PMA pour le recueil, prise de RDV avec la secrétaire du Gynéco au cabinet de la Chouette Clinique pour l’IAC.
–          Vérification des papiers du conjoint et de ses propres papiers (carte d’identité, carte vitale, 100%, copie des examens au cas où).
–          Préparer un en-cas pour le lendemain midi.
–          Poney.

J13 : jour de l’IAC.
–          Température.
–          Départ du conjoint pour le recueil à la Clinique PMA.
–          Prise de sang au labo de Village Sur Mer de bon matin.
–          Eventuellement, aller au boulot.
–          Prise de nouvelles auprès du conjt (en évitant de faire sonner son téléphone au moment où il fait sa petite affaire…)
–          Penser à imprimer les résultats de prise de sang et vérifier qu’ils aient été faxés à la Chouette Clinique.
–          Départ pour récupération du recueil à la Clinique PMA.
–          Convoyage du recueil, des ovaires et de l’utérus concernés vers la Chouette Clinique.
–          Massacre cervical et IAC.
–          Penser à récupérer l’ordonnance pour l’utrogestan (à Village sur Mer, la pds pour recherche des BHCG, on s’assoit dessus pour les IAC).
–          Retour à la maison pour grignotage de l’encas et repos d’une heure (si possible…).
–          Retourner au boulot.
–          Pharmacie (utrogestan)
–          Poney si possible (à la maison, hein).

J14 :
–          Poney.
–          Utrogestan.

J15 à J21 :
–          essayer de ne pas penser.
–          Bordel, J21, c’est aussi J-7… il faut recommencer.

IAC2 – J11 – Brèves #2.

Brèves du Labo.

Hier matin, c’est la vilaine infirmière cauchemardesque qui a piqué Madame Pimpin. Pourquoi cauchemardesque ? Parce que c’est elle qui avait fait quasi toutes les pds de traque anti-PetiteChose, pendant que les BHCG hésitaient à redescendre. Conformément à la tradition, malgré les aiguilles pour enfants, elle a flingué le bras de Madame Pimpin. Elle lui a ensuite demandé le but de ces dosages, et lui a ensuite dit en rigolant qu’avec des veines pareilles, ça allait être compliqué, la pds mensuelle pendant la grossesse… Ca n’a pas fait rire Madame Pimpin qui lui a répondu qu’en PMA non seulement on en a mini 4 par mois mais en plus, on n’est même pas enceinte. Alors, on va pas les plaindre non plus, les pregnant bitches.

Brèves du (ci-)Boulot.

 Mademoiselle K : MERCI ! Un petit coup de Reiki pour les insomnies + des vilaines chaussettes pour dormir + un petit tour à la clinique véto d’Afwique = une bonne grosse nuit de sommeil. Et ça ne fait pas de mal.

 Brèves de l’Endo.

J10 :  LH à 2,3 / E2 à 194.

Dans la salle d’attente du Caméléon « l’autre » PMette (manifestement on est les deux seules) est déjà là, Fifty est bien entamé. Il y a aussi une autre femme, enceinte, vieille, grosses, moche, piercée partout, cheveux gras… Je continue ?

Le Cam appelle la coupine. Marde, l’infériorité numérique se rapproche. Et Bim, une deux et trois autres femmes enceintes se pointent. Ah on se sent bien toute seule dans huit mètres carré avec 4 pregnant bitches. L’une d’entre elles en tient une bonne couche, on voit à peine son ventre mais elle se rigidifie les bras pour poser les mains dessus, que tout le monde le voit bien. Nan mais y a un moment donné où ça se voit, que la posture n’est pas naturelle et qu’elle est inconfortable. (pardon hein, mais bitcher sur les femmes enceintes que je ne connais pas me permet de réserver du capital sympathie pour celles que j’aime).

La copine sort, le Cam appelle Madame Trucmuche. L’une des femmes enceintes se lève. Moment d’émotion. Il fronce les sourcils et lui dit « non, pas vous ». Son doigt se pointe sur Madame Pimpin. « Vous ». Regard à gauche, regard à droite… Moi ?! « Oui, vous ».

Ohmaaaaagaaaaaaad, thank you love, thank you life, thank you Los Angeles, I’m so proud to stand in front of you today…

Sous les regards outrés des quatre grognasses, Madame Pimpin se lève, traverse la salle d’attente, trébuche (heureusement le Cam est déjà dans son bureau et n’a pas vu le faux pas). On se connait bien maintenant, on enlève directement le bas. Le téléphone du Cam sonne, il ressort de la salle d’écho et laisse Madame Pimpin en plan, le boule à l’air (ou presque) les pattes écartées. Ca dure trente minute… Il est vingt heures… Pas que ça à foutre, l’IAC2 c’est aussi l’IAC du Poney Sauvage.

Au final, deux follicules, un de 17 et un de 12. Le Cam hésite un peu mais finalement lance les hostilités pour une IAC lundi, ovitrelle ce soir. Ca devrait donner 23 et 18, s’ils n’ont pas décidé de se faire la malle d’ici là.

Ce matin Madame Pimpin a donc appelé la secrétaire du Cam pour caler le RDV d’IAC lundi. La fois précédente, on lui avait gentiment répondu « nan mais vous savez, il y a un délai de 6 mois pour obtenir un RDV avec Copain de Caméléon » (et comme Madame Pimpin avait cafeté, la secrétaire s’était fait gronder). Cette fois ce sera fait par le Caméléon himself (joie), et sa secrétaire se montre juste adorable et arrangeante. En deux minutes elle fait sauter une écho morpho, et rappelle Madame Pimpin pour lui confirmer l’horaire… « il n’y a pas de quoi Madame Pimpin, pour les RDV importants on trouve des solutions, bisous bisous ». De deux choses l’une : soit elle s’est vraiment fait enguirlander depuis l’autre fois, soit elle a pris de bonnes résolutions en décidant de chouchouter les PMettes (en même temps vu qu’on est que deux…).

Bref. IAC2, calée. Chef prévenu de l’absence, motif non précisé, petite manip pour éviter les questions (si ça marche je t’expliquerai). Si un jour on avait dit à Madame Pimpin qu’elle annulerait deux grosses réunion pour…. aller se faire féconder le boule dans une clinique à l’autre bout de la ville… Mais bon c’est comme ça ma bonne dame c’est pas à toi que je vais apprendre ce qu’est l’abnégation.

En Vrac #21.

  • La reprise qui pique.

Mauvaise nuit et dur réveil ce matin pour Madame Pimpin qui en trois semaines de vacances (mais quelle idée, me diras-tu) s’était recalée sur son rythme naturel de noctambule. Si bien qu’avant l’heure de la sonnerie, ses yeux étaient déjà grand ouverts, elle n’en était pas moins déjà épuisée. Arrivée au bureau, envie de ne voir personne, de ne parler à personne, un nombre à trois chiffre et indécent de mails reçus, dont tout plein de messages automatiques de bons vœux dont on à rien à cirer si ce n’est que ça agace, les gens qui vous souhaitent une bonne année alors qu’ils ne savent rien de vous, une bonne santé pour vous et vos proches alors que vous passez tout votre temps libre chez le médecin ou au labo… Bref, il ne manquait plus que Chef soit là en personne ce matin pour que cette journée merdique prenne tout son sens (dieu merci habituellement il reste à Grande Ville). La petite réplique qui te motive et te donne le smile ? « Bonne année Madame Pimpin, alors les vacances n’étaient pas trop fatigantes, contente de reprendre pour récupérer ? » Ta gueule. Pour couronner le tout, Madame Parfaite II est venue saluer l’assemblée avec son air de Candy et son ventre qui s’arrondit de jour en jour, Madame Pimpin s’est mentalement bouché les oreilles quand elle a raconté son écho des 5 mois à Madame Pie. Je te passerai les collègues de bureau qui racontent le noël des enfants, et ceux de la cantine qui recensent les bébés issus de l’amour est dans le pré (et que toi tu les classes mentalement en deux catégories : OSEF versus ceux qui sont arrivés depuis que tu en chies).

  • La pharmacienne qui bug.

Et revoilà notre pharmacienne de compète, la pharmacienne de Village Sur Mer, haut lieu de la reproduction spontanée et consanguine aisée, bannissant les vilains pas capables de faire ça tous seuls. On a frôlé la catastrophe (et purée Violette j’ai failli regretter de ne pas avoir donné suite à ta proposition postale). Avec toute une journée pour gérer la commande + récupération du matériel Pmesque, les Pimpin se sentaient plutôt sereins. Monsieur Pimpin a fait l’ouverture de la pharmacie ce matin à 9 heures pétantes (c’est-à-dire qu’il y était depuis 8h30). Trente-sept minutes plus tard, le Ménopur était commandé (mais ça à la limite, il en restait deux alors ça aurait été) en revanche, les petites aiguilles pour injection sous-cutanée : rupture de stock. Pas moyen de faire comprendre à la dame que c’était une urgence et que non, on ne pouvait pas s’y prendre avant. Au final Monsieur Pimpin par je ne sais quelle opération du Saint Esprit a réussi à lui faire retrouver trois aiguilles de rescue pas tout à fait identiques à celles de la notice (m’enfin on va pas chipoter). Plus qu’à récupérer le Ménopur ce soir et choper le reste des aiguilles demain. Quand à 9h50, Monsieur Pimpin est ressorti de la pharmacie en retard de 20 minutes pour son jogging avec Monsieur Souris, il a probablement compris certains pétages de câble inscrits au compteur de son épouse.

  • Le mail qui tue.

 « Bonjour Madame Pimpin,

Je profite de la nouvelle année pour venir prendre de tes nouvelles et te souhaiter tous mes vœux pour cette nouvelle année. Les années passent la famille s’agrandi, notre petit XXX à déjà X ans et est rentré à la maternelle, et nous avons une petite fille XXX qui a X mois et qui commence à marcher.

Est ce que tu es toujours à Village sur Mer ? Qu’est ce que tu deviens ? J’espère que toute ta famille va bien. Passe le bonjour à tes parents et à ton frère et ta sœur.

A bientôt j’espère, bises »

Bah non, pas à bientôt, je crois pas. C’est mauvais et injuste de lui dire « pas à bientôt » parce que la Dame qui a écrit ça, Madame Pimpin la connait depuis sa naissance. C’est la fille d’anciens amis de ses parents, elles ont quasi le même âge et ont passé beaucoup de chouettes moments de leur enfance ensemble, avant que tout le monde se perde gentiment de vue. Le truc c’est que depuis que la Dame va bien (comprendre annonce de fiançailles suite à un passé amoureux plutôt difficile) elle essaie de reprendre contact avec Madame Pimpin et l’a même invitée à son mariage. Le truc c’est que Madame Pimpin fait la morte depuis un bail, que l’autre ne lâche pas l’affaire, que ça devient super embarrassant d’être la connasse qui ne répond pas, mais dont chaque année les pêchés sont absouts par la Brave et Miséricordieuse Dame. D’un autre côté Madame Pimpin n’a ni envie de répondre en mode youpie troulali troulalère la vie est belle, ni envie de lui raconter sa life, ni rien à lui dire, tout bien réfléchi. Et puis sans déconner, c’est quoi ce mail, un inventaire ? Rien d’autre à raconter ? Si La Vie se résume à raconter l’évolution de la Progéniture, qu’est ce que Madame Pimpin peut bien répondre d’honnête ? C’est dans ma tête ou la seule réponse attendue serait :

 « Alors moi j’ai Kévina qui fait toujours dans ses couches la nuit mais plus pendant la journée, et George-Emmanuel qui entame sa diversification alimentaire. A part ça je suis joie et amour, et je profite de la nouvelle année pour étaler une couche de sirop gluant et sucré sur la surface de la terre. On fait un concours d’évolution de gosses ? Embrasse bien fort ta grand-mère et ton voisin de ma part. ». ?

Et voilà. Maintenant que c’est écrit Madame Pimpin culpabilise et se sent tout sauf BELLE ET DIGNE. De là à ce qu’elle réponde un truc gentil et s’expose à la question-qui-tue « et vous c’est pour quand », il n’y a qu’un pas.

  •  Les monitos qui sandwichent.

 Nouvelle IAC, nouveau rythme. Maintenant ce sera monitos le midi : gloups. Planning Caméléonesque trop chargé pour faire autrement (le pauvre homme il va finir tellement pété de thunes qu’il ne pourra bientôt plus compter ses billets – en même temps c’est pas Madame Pimpin à coups de 18 euros qui va l’enrichir). L’avantage c’est que les journées seront moins longues (entre labo le matin et monito le soir, pour IAC1 Madame Pimpin se tapait des journées de 13 ou 14 heures dehors) (sachant qu’il n’y a que CHEZ ELLE qu’elle se sente normale), l’inconvénient c’est que le labo aura intérêt à transmettre les résultats de PDS rapidement (PDS à 7 heures, résultats pour 11h45 au plus tard… chaud). Et puis, bye bye la pause dèj. Ou comment pallier aux potentiels kilos en trop qui voudraient se greffer sur les hanches de Madame Pimpin. Tu me diras comme ça, elle n’aura plus besoin d’écouter les prouesses reproductives de la population télé-réalité de M6 à la cantoche qui de toutes manières lui coupaient l’appétit.

  • La Pie qui chante.

Petite éclaircie dans cette journée de marde, quelques petits mots glissés par Madame Pie au détour d’une pause café.

« que tu aies un bébé cette année, c’était l’un de mes voeux au moment des douze coups de minuit« .

OUF. Il n’en fallait pas tant pour que Madame Pimpin retrouve foi en l’humanité et reprenne des forces pour ré-attaquer demain. Et oui parce que demain, il faut retourner à La Grande Boîte. Et après-demaiin aussi. Et tous les jours, en fait. Marde.

La bénédiction du Caméléon.

Il aura fallu patienter en tout 40 minutes au téléphone, soit trois coup de fils, sur deux heures (réveil mis à 8h le dernier jour de grasse mat’ pour l’occasion).

Il aura fallu user de tous les ronds de jambes du monde auprès de la secrétaire pour obtenir un rendez-vous dans la journée, en ce jour de réouverture du cabinet Caméléonesque.

Il aura fallu supporter 4 femmes enceintes dans la salle d’attente, dont une venant pour son écho-morpho, une autre pour on ne sait quoi mais elle était prête à exploser et cumulait le chouette combo conne + moche (ouuuh je suis très méchante mais elle était très moche et racontait toute sa vie à voix haute à sa BM qui l’accompagnait).

Il aura fallu recroiser cette fille elle aussi suivie en IAC en décembre, elle aussi s’étant foirée, et ne toujours pas oser lui parler.

Il aura fallu convaincre Monsieur Pimpin de tenir le coup, même à cours de vies de Candy Cruche, même quand la môôôche se frottait son moche ventre en se plaignant que c’était trop chiant.

Il aura fallu, en tout, poireauter deux heures et demie dans la salle d’attente. Ca pique, la rentrée. Record battu.

Tout ça pour être accueillis par un Caméléon au top de la forme, charmant comme tout, concerné par l’échec de l’IAC et même sincèrement déçu vu les paramètres « au top ».

Et tout ça pour obtenir un avis favorable sur la poursuite du traitement, une écho affichant zéro kyste (et dont les précédents clichés d’écho-morpho avaient été enlevés), et toutes les ordonnances qui vont bien. Alleluiah.

J’aime autant te dire qu’après tout ça, le Caméléon aurait infligé à Madame Pimpin une soufflante calibrée, ça ce serait pas très très bien passé DU TOUT.

Alors on continue comme ça, sans Monsieur Pimpin qui déclare forfait pour les monitos au cabinet (en même temps c’est pas plus mal que quelqu’un reste faire la bouffe à la maison parce qu’à ce rythme ça pue le Domac tous les deux jours), mais se chargera d’aller commander les médicaments de Madame Pimpin demain matin pendant qu’elle se rendra pour sa rentrée à l’école à l’abattoir au bureau, la fleur au fusil.

D’ailleurs à ce propos, la rentrée, rarement vu une pareille boule au ventre. Bizarre que le Caméléon l’ait pas vue à l’écho d’ailleurs celle-là doit bien faire trente centimètres. Peut-être le fait que Madame Pimpin pensait y retourner enceinte et donc pour pas longtemps (enfin, pas pour de vrai, quoi) (j’veux dire, la tête ailleurs, sans déplacements, en mode « j’men branle »). Peut-être parce que finalement mois après mois, tout ça entame tout de même son courage et sa résistance. A chaque reprise, c’est pire. Madame Pimpin n’a plus le courage de rien et cette semaine, c’est bien les pds au labo tous les deux jours qui fera qu’elle se lèvera avec un peu d’entrain. Chef, si tu me lis, étant donné que je t’ai déjà traité publiquement de connard, je m’en fous un peu mais bon… évite de m’en tenir rigueur le jour de l’augmentation, merci bonsoir.

Le premier jour.

Premier jour de l’année, à minuit, on a trinqué, on s’est levés de table, on s’est embrassés, on s’est souhaité une bonne année, on a re-trinqué, on  a joué aux cotillons comme des enfants. A ce stade, toujours pas de trace du J1. Madame Pimpin faisait attention à sa consommation de champagne parce que Sam c’était elle, mais surtout parce qu’elle se disait qu’en fait… Elle avait peut-être testé trop tôt. A minuit, on passait à J31 – 18 dpo. A minuit trente, passage aux wc (probablement le six ou septième de la soirée) et bonjour le J1. J1 de 2014, J1 de C11 – tentative 3. Tu noteras le sens pratique de DNLP, un J1 qui tombe un premier, ça facilite les calculs. Tu noteras aussi son sens de la bitcherie au passage, mais ça on commence à s’y faire. Mais qu’à cela ne tienne, on était prévenu qu’il allait se pointer le J1. Alors pas de larmes, pas de drame. Madame Pimpin n’a pas fait la diva qui s’enferme pendant trois plombes pour chouiner aux chiottes. Elle ne s’est pas vengée sur le champagne et tard dans la nuit – ou tôt le matin, elle a ramené sobrement le carosse et le Prince au bercail.

Le programme à venir, c’est 1 dose de Ménopur dans deux jours quoi qu’il arrive. Et puis demain, tentative d’obtention d’un RDV Caméléonesque pour sa fameuse écho de J3 pour s’assurer qu’IAC#1 n’ait pas laissé de kyste. Et si le RDV n’est pas négociable, comme on a dit l’autre jour : fuck it. Madame Pimpin se stimera toute seule, en se monitorant toute seule. Et qu’on reparte sur une IAC ou une stim (sait on jamais) le délai d’abstinence de 4 jours avant l’insémination : fuck it. Le dernier spermo n’était pas si pire, on se contentera de deux jours et il y aura poney dans la foulée de l’ovitrelle. Madame Pimpin a la désagréable impression qu’elle peut avoir ovulé la veille de l’IAC (le médecin qui l’a pratiquée lui avait dit qu’elle était probablement en fin d’ovulation) et ne veut pas risquer de tout miser sur une seule journée. Mais ça c’est pour les jours à venir, revenons sur cet étrange réveillon.

Il y avait trois couples, dont les Souris qui hébergeaient la soirée, et deux couples sans enfants : Madame Arrêt Pilule (qui n’était pas encore enceinte, ouf) et Madame Sans Intérêt (AP et SI) (accompagnées de leurs conjoints, sur qui il n’y a rien à dire). Il y avait aussi Monsieur Tout Seul (TS, donc), et sa petite fille. Il y avait donc deux enfants dans la maison : bébé Souris, 9 mois, et Petite TS, deux ans.

Monsieur TS est Tout Seul parce que sa Madame Connasse s’est barrée. Elle l’a planté là, lui et la petite qu’elle n’a donc qu’un week end sur deux, pour mieux se faire sauter par un type de son boulot, que nous ne jugerons pas car nous ne le connaissons pas, mais par souci de cohérence nous pouvons l’appeler Monsieur Connard de toutes façons il ne reviendra pas dans l’histoire. C’était pour planter le décor de Petite TS.

Bébé Souris lui aussi était tout seul hier soir, parce que sa maman Madame Souris était malade au point de ne pas pouvoir se lever. Alors bien sur, les deux enfants n’étaient pas complètement tous seuls puisque les papas étaient là. Mais il leur manquait une maman. Madame Pimpin s’est spontanément intéressée à Bébé Souris. Il est craquant comme tout avec ses bonnes joues, elle n’a pas pu résister, à la moindre occasion elle s’occupait de lui. Il y a eu beaucoup d’occasions, rapport au mauvais sommeil et à plusieurs tentatives de couchage. Et tu sais quoi ? Bien loin de lui faire de la peine, Madame Pimpin a trouvé un apaisement incroyable au contact du bébé. Alors qu’habituellement elle se sent toujours observée, jugée, attendue au tournant quand elle s’occupe du bébé d’une autre – et même s’il s’agit d’une bonne amie, hier soir tout était naturel. Alors, elle se disait que forcément l’absence de J1 rendait les choses plus faciles. Quand on est dans ce moment de sursis où le miracle est encore possible (moui, même après un TG- on peut encore se figurer naïvement que le miracle est possible) on voit forcément la vie avec un regard plus… optimiste.

Pour Petite Toute Seule, c’était différent. Déjà, Madame Pimpin ne la connaissait pas. Et puis deux ans c’est un âge un peu sauvage, ça ne se laisse pas forcément approcher facilement. Et surtout, Petite Toute Seule est la fille d’une Connasse. Une Connasse qui a décrété vouloir un bébé avec un homme qui se trouvait être son conjoint. Une Connasse qui l’a eue facilement, sa petite. Une Connasse qui très probablement ne méritait pas sa chance. Dans le cerveau parfois trop manichéen de Madame Pimpin, ça fait un gros blocage. Bien sûr la Petite, et même son père, n’y sont pour rien. Mais ils représentent à eux deux l’insupportable gâchis de ce trésor que Madame Pimpin convoite avec tant de force : une famille unie. Alors elle n’avait pas tellement envie de leur tourner autour (ouais Madame Pimpin est une connasse, elle ne supporte pas les gens heureux, ni les gens malheureux. La messe est dite.)

Mais il va falloir qu’on lui explique à Madame Pimpin, comment on fait pour résister à une Petite Toute Seule de deux ans, quand elle escalade tes genoux en te réclamant un « momage » (apéricube), et qu’ensuite elle te défonce ta tranche de foie gras en se tortillant de plaisir. Qu’on lui explique comment refuser un câlin quand après une première tentative de coucher échouée, quand elle revient toute perdue de ne pas être chez elle et de ne pas trouver sa maman (partie se faire tirer par un Connard, je te l’avais dit), et que ses petits yeux gonflés de sommeil te font l’honneur d’être celle à qui ils veulent bien sourire. Nan mais tu peux pas. C’est mort. Tu fonds c’est obligé. Et ça pourtant, c’était après le J1 de minuit et quelques…

Alors, il est finalement arrivé ce jour de la réconciliation avec les tous petits enfants des autres-que-la-Soeur. Le besoin de sentir l’odeur des petits cheveux, le plaisir de sentir un petit corps se détendre et s’endormir, tout abandonné sur les genoux, le bonheur d’obtenir un éclat de rire, une toute petite main qui serre la tienne… *

Putain Bébé Pimpin, tu vas te magner et tu vas te ramener parce que là on n’en peut plus de t’attendre. T’es même pas là que tu nous manques déjà, et Madame Pimpin elle va vraiment finir par voler un caddie rempli de joufflus dans le Super U de Village Sur Mer en faisait ses courses un beau matin. Et quand elle sera en prison, ça va devenir tendu de se faire yacker le fondement. J’espère que tu as saisi l’urgence.  

Un peu de bûche, un peu de Dinde.

Une petite part de bûche.

Voilà pour la kitchissime bûche pomme-caramel faite par les petites mains (propres) de Madame Pimpin. Elle ne brille pas forcément par son élégance (Madame Pimpin s’est laissée, comment dire… emporter par l’exaltation de la première fois et c’est un elfe perfide du mauvais goût qui s’est emparé d’elle au moment de la décoration bûchesque – pour le nouvel an elle s’est juré de se ranger au minimalisme et à la sobriété) mais elle était succulente.

IMG_20131224_175212

Une tranche de dinde.

Et voilà, c’est J24. La tempête Dirk est passée (nan mais j’aimais franchement mieux Christian, c’est quoi ce nom, Dirk ?) et depuis Dirk, Pippi le rouge-gorge a perdu le chemin de la vieille maison alors on n’est pas dans la marde. D’autant que les manifestations du corps de Madame Pimpin n’apportent aucun éclairage cohérent, elle est bien la première à fustiger les septembrettes 2014 qui se cherchent des symptômes stupides avant le tg, ce n’est pas pour plonger dans le marasme de la chasse aux sypmtômes. Et puis des symptômes, quand on baigne dans la progestérone, ça ne veut rien dire. Alors on a des boobs normaux de dpo, un peu sensibles et un peu plus gros mais rien de particulier, on a un utérus mystérieux qui ne livre rien de ses secrets, qui travaille un peu mais pas anormalement. On ne peut pas considérer comme nausée significative le fait d’avoir un haut-le-coeur en croquant dans un biscuit périmé depuis janvier 2012-année-de-la-loose (merci papy) et on ne peut pas considérer une motivation de mollusque comme une fatigue particulière quand il fait tellement un temps de chiotte que même le Chat ne veut pas mettre le nez dehors.

La seule indication qui pourrait mettre Madame Pimpin sur la voie de la vérité, c’est (âme sensible, tu peux partir s’il te plaît ?) une petite aspérité sur le col de l’utérus (rho, ça va hein, c’est la Caméléon qui a dit de s’enquiller des boules de progestérone dans le frifri, moi je ne fais que tâter le terrain hein). Cette petite aspérité, Madame Pimpin ne l’a déjà sentie qu’à l’approche du J1. En même temps, en dehors des périodes d’approche de J1, elle ne se trifouille pas le frifri. Et puis pour Grossesse 1 elle était si loin de ces considérations farfelues qu’elle n’aurait jamais imaginé se tâter le col elle-même, et pour Grossesse 2 elle était si traumatisée qu’elle évitait soigneusement de s’attarder. Donc bref, cette petite aspérité pue du cul quand même. A part ça, le col est normal, pas spécialement ouvert, pas spécialement dur. (bon appétit bien sûr).

Tout ça pour dire que jusqu’à hier, la mongolisation se faisait plutôt discrète. Depuis cet après-midi, Dirk est parti, Noël est fini, faut bien s’occuper. Et en attendant, c’est vérifications intempestives aux wc, et dès que Madame Pimpin envisage le dénouement de l’IAC, c’est tachycardie et mains moites au menu. Preuve qu’on a beau avoir un sacré paquet de cycles de loose à son actif, on n’est jamais à l’abri de se comporter comme une dinde control-freak du psychotage.

Quelques petites truffes de Noël, un peu douces-amères.

– Réveillon prévu dans la belle famille. Le grand-père devait en être, finalement, annulation de dernière minute, le grand-père sera chez les cousins de Monsieur Pimpin. Alors sur la route, petite pause café de rigueur chez le papy avant d’aller réveillonner, pour la bise de Noël. Et c’est le papy himself qui a livré le mystère du changement de programme aux Pimpin : la tante de Monsieur Pimpin a tout simplement décrété que comme ELLE a des petits enfants (dont ce fameux enfant mystère né l’année dernière), ELLE était plus légitime à s’approprier la présence du papy. Madame Pimpin s’en fout, mais ça lui a fait très mal au coeur d’imaginer la peine de sa belle-mère, privée de papa rapport au fait qu’elle, contrairement à sa soeur, n’est pas grand-mère.

– Toujours le papy, encore innocemment, dans la conversation pendant le café : « j’espère bien que bientôt, je pourrai compter un septième et un huitième arrière-petit-enfant. » Poin poin poin. C’est mignon, rien de méchant, mais c’est terriblement frustrant (et là, la vilaine Lisbeth n’a pas pu s’empêcher de rétorquer intérieurement que si ce n’est toujours pas le cas pour Noël prochain, on ne s’embêtera pas à l’attendre pour le réveillon).

– Riri Fifi et Loulou réveillonnant dans leur coin de France, point de petits enfants dans les parages. Un pincement au coeur malgré tout à minuit, heure à laquelle le Père Noël est passé chez eux, heure à laquelle la soeur de Madame Pimpin lui a envoyé les traditionnels MMS des petits bouts déballant leurs cadeaux… C’est la vie et pour rien au monde Madame Pimpin n’aurait voulu louper ces photos si mignonnes. Mais c’est là que la profondeur du gouffre prend toute sa mesure…

Mis à part ces quelques truffes, Noël 2013 aura été bien moins amer que le précédent, même si depuis la situation s’est empirée. C’est à dire qu’avec l’expérience, on se blinde et on arrive mieux à séparer le grain de l’ivraie. C’est à dire que moins en en a, moins on en demande… C’est à dire que le réveillon du Nouvel An, dans six jours, sera probablement beaucoup plus dur à avaler avec sa sauce spotting de marde que je vois bien venir.

 

IAC – J 18 – Brèves #4.

Ce matin, Madame Pimpin s’est réveillée fraîche comme une fleur. Comme elle n’a pas encore commencé à mongoliser sur le devenir de son IAC, elle ne se rappelait pas du stade dpesque auquel elle se trouvait. D’un commun accord avec elle-même (ainsi que Britney Bitch et Lisbeth Sallander), elle a décrété que la saison de la mongolisation ne s’ouvrirait que vers 8 ou 9 dpo. Petit check sur ovuview : 5dpo. Ca va, elle n’est pas en retard.

Elle est ensuite descendue prendre son petit déjeuner, puis a remarqué que Pippi le Rouge-Gorge porte bonheur était une fois encore au rendez-vous sur la terrasse. Pippi le Rouge-Gorge a accompagné les Pimpin dans leur chantier de rénovation de la vieille maison, à l’époque où la vie était belle comme dans un Disney. Puis il a poursuivi ses visites pendant tout l’été, l’été 2011, l’été Disney. Le matin de leur mariage il était encore là, limite il aurait porté le voile de Madame Pimpin. Il était tout pimpant avec sa petite tâche blanche reconnaissable, en forme de noeud papillon. Il virevoltait joyeusement, promettant qu’il ferait beau malgré le ciel un peu encombré (il avait raison, trois heures plus tard c’était la canicule à Village Sur Mer).

L’hiver suivant, Pippi n’est pas revenu. Celui d’après non plus. Avec lui, Disney s’est fait la malle et on a commencé à attaquer la corbeille de pain noir.

Britney Bitch : – « Oh le joli cuicui, Pippi est revenu, mais c’est merveilleux, il va nous protéger à nouveau, et comme de par hasard il est revenu le jour du premier shoot de Ménopur ! Hiiiii, je suis si heureuse, chantons la vie tous en coeur, Vive Pippi !« 

Lisbeth Sallander : -« Nan mais chérie tu penses vraiment qu’un rouge-gorge peut vivre trois ans ? Et tu crois qu’il n’y en a qu’un qui porte une vilaine tâche ? Pfff. Ce que tu peux être concon. Ton Pippi a du servir de pâtée trois étoiles aux greffiers du quartier depuis belle lurette. Et puis genre, un rouge-gorge, ça prédit l’avenir ? Et les ClearPouf, c’est pour quoi alors, pour la météo ?« 

BB : – « Prends donc un autre krisprolls Lisbeth, et arrête de dire des méchancetés tu vas faire fuir Pippi« .

Et voilà. OMG, elles sont déjà là. 5dpo. Ça commence. On est mal barrés hein. Et attends, c’est pas fini.

Plus tard, Madame Pimpin sort faire ses courses. Elle a presque terminé, et se rappelle en passant devant le rayon vaisselle qu’il lui manque un seul verre à moutarde pour terminer sa collection. Oui, mais de la moutarde il en reste à la maison. Monsieur Pimpin va encore gueuler râler si Madame Pimpin refait des stocks de bouffe comme si c’était bientôt la guerre. Rho, tant pis, elle dira qu’elle pensait qu’il n’y en avait plus et puis il a qu’à faire les courses lui-même bordel. Ainsi poussée par le destin, Madame Pimpin fait irruption dans le rayon condiment du super U de Village Sur Mer. Une petite vieille un peu zinzin se tient au milieu de l’allée, elle parle toute seule en se marrant. Son sourire édenté fond sur Madame Pimpin comme un missile à tête chercheuse.

LS : – « Bordel, arrière arrière, elle va nous repérer.« 

BB : – « Haaaan mais attends, ne serait-ce pas cette vieille dame qui avait acheté un citronnier en même temps que nous, et nous avait parlé gentiment juste avant FC1, qu’on s’était même dit qu’elle nous porterait bonheur ?« 

LS : – « Que TU t’étais dit, ma vieille. Moi je crois plutôt que ce vieux corbeau séché nous a porté la poisse, et que la zinzin d’aujourd’hui est une autre vieille. Tu crois que les vieilles zinzin peuvent vivre trois ans ? Ma pauvre fille. Ta vieille doit bouffer les pissenlits par la racine depuis belle lurette. Avec tes conneries, c’est trop tard elle nous a repérées.« 

La vieille : – « Ooooh Mademoiselle (BB sourit encore plus niaisement), vous pourriez m’attraper ce sel ? Et celui d’à côté, pour comparer, vous seriez bien gentille (BB se hisse sur la pointe des pieds, hihihi le sel c’est pour faire un bébé garçon hihihi – LS lui décoche un coup de coude dans les côtes).« 

Madame Pimpin tend les deux flacons de sels à la vieille dame. Britney lui recommande l’un des deux flacons tandis que Lisbeth fulmine parce qu’on n’a pas que ça à foutre que de conseiller les vieux sur des fucking condiments, sinon on aurait fait vendeuse.

La veille : – « Ooooooh merci ma mignonne, je vais le prendre alors. Merci beaucoup c’est vraiment bien gentil.« 

BB : – « Hihihihihi, c’est l’incarnation de Dieu, grâce à elle, double dose de karma, passez directement par la case bébé garçon, hihihihi on l’appelera Brandon, et si c’est des jumeaux, Brenda !« 

LS : -« Pffff. Prend donc ta moutarde et casse toi, stupide bitch…« 

Retour des courses. Avant de décharger, Madame Pimpin ouvre sa boîte aux lettres. Saperlipopette, une lettre du labo !

– BB : – « Hannnnn, tu crois que c’est l’enveloppe des résultats ?« 

– LS (rire mauvais) : – « Oui oui, c’est le Docteur Caméléon, il n’avait que ça à foutre. Avec sa machine à remonter le temps, il t’adresse les résultats de la prise de sang qu’il est venu pratiquer lui même pendant ton sommeil à 14dpo. C’est pour ça qu’il ne t’a pas donné d’ordonnance pour la faire d’ailleurs.« 

BB : – « Ah oui, chuis bête, 5dpo… pfiouuu, c’est long.« 

Madame Pimpin ouvre l’enveloppe un peu fébrile tandis que les pizzas décongèlent gentiment dans leur sac de papier kraft (les sacs congèl c’est pour les vilains pollueurs, à Village Sur Mer on est des gens biens, on promène les pizzas dans du papier kraft).

Résultats du spermo suite à préparation pour l’IAC. Oh oh. Tu sais, la préparation spermatique dont les Pimpin se félicitaient de ne pas avoir eu de nouvelles et surtout pas d’analyse quantitative, rapport à la grosse crève de Monsieur Pimpin. Bon. Ben, le « tout est normal » de la nenette du labo leur convenait bien, en fait.

Madame Pimpin déplie les feuilles.

A l’émission:

171 Mspz au total. (117 la dernière fois).

10% rapides, 50% lents. (0% et 55% la dernière fois).

Après la préparation :

70% de rapides et 20% de lents (10% et 80% la dernière fois)

après 48h :  [nota : euh, nan mais comment ça ils s’en sont gardés sous le coude pour les observer au microscope au lieu de les mettre dans l’eau de cologne direction le Yack ?]

 20% de rapides et 70% de lents (0% et 60% la dernière fois).

Au final ce sont 27 millions de bestioles survitaminées qui se sont retrouvées dans le frifri de Madame Pimpin samedi dernier. Belle perf de Monsieur Pimpin finalement, par rapport aux données de base. Nan mais, à se demander si Monsieur Pimpin n’a pas envoyé un de ses collègues se palucher la nouille à sa place, ou alors, il faudrait qu’il soit malade plus souvent, vive les rhinopharyngites.

– BB : – « Haaaan mais c’est trop bien, han mais c’est sûr, avec des stats pareilles, on va l’avoir le bébé garçon, youpie, t’as vu ça Lisbeth ? Viens, on va manger des cupcakes à la violette pour fêter ça ! Tu veux un bisou ?« 

– LS : – « Ta gueule la demeurée, tout ça c’est des manœuvres du labo pour se dédouaner de toute responsabilité si ça merde. Ce sera de ta faute. Le labo aura tout bien préparé des beaux spermatozoïdes, et toi avec ton corps de marde, t’aura tout fait foirer. C’que tu peux être naïve. Bah pleure pas nunuche. Tu veux un rail de coke ?.« 

Sur ce, Madame Pimpin te laisse, il faut qu’elle aille préparer des cupcakes à la violette et servir du thé à la vodka pour ses coupines qui vivent dans sa tête.

Reiki #2.

Hier matin, Madame Pimpin s’est rendue à sa deuxième séance de Reiki. Elle n’avait pas tellement envie, d’autant qu’il fallait se lever tôt et que bon, c’est les vacances bordel. Se lever à 7h30 pour atterrir à 9h du matin sur une table de relaxation : chaud.

On s’est refait une petite séance de papote avec le Docteur Reiki, pour commencer. Il lui a refait le coup du pendule, ça a duré un peu moins longtemps et le bouzin était nettement moins excité que la dernière fois. Puis en préambule, le Docteur Reiki lui a posé… la même question que la dernière fois. Bof bof niveau crédibilité. Madame Pimpin le lui a fait remarquer mais ça ne l’a pas démonté, il a juste creusé le sujet un peu plus. Puis Madame Pimpin lui raconte le Yack, les choses étant allées assez vite il n’était pas au courant. Elle lui parle aussi de la Petite Chose et de comme elle ne voudra pas, le jour où elle sera à nouveau enceinte, fliquer le taux à base de pds et d’échos tous les jours.

Il lui a posé quelques questions sur les suites de la première séance. Au risque de le décevoir, Madame Pimpin n’a pas inventé de trip mystique pour lui faire plaisir : il ne s’est rien passé, si ce n’est qu’elle en est sortie détendue, ce qui est déjà pas mal. Le truc c’est qu’elle ne sait pas trop ce qui est supposé changer.

Madame Pimpin s’est ensuite installée sur la table, directement en position allongée cette fois (fini les préliminaires hein, c’est toujours comme ça). (je déconne, oh !) Se souvenant qu’elle avait eu très froid aux pieds, Madame Pimpin a accepté la petite couverture qui va bien. Les main du Docteur Reiki de part et d’autre des épaules, c’est parti. Madame Pimpin est à la limite de s’endormir. Elle lutte un peu, cherche l’inspiration dans la musique bio-bobo. Le voyage commence. Elle survole l’Himalaya, les champs de thé et les rizières. Elle traverse un village qui sent la fumée (mmmh serait-ce Drenka qui chauffe son thé au beurre de Yack ?).

Les mains au dessus des yeux, puis sur les oreilles. Cette étrange chaleur qui se dégage de ses globes oculaires, c’est toujours une drôle de sensation. Les mains sous la tête, ça fait comme une impression de compression dans le crâne, un genre de migraine mais sans la douleur. Madame Pimpin n’est pas très à l’aise rapport au contact physique, mais elle a de plus en plus de mal à lutter contre le sommeil.

Les mains sur la gorge, à nouveau la sensation de voyager. Elle s’endort presque et se réveille en ayant à l’esprit l’image d’un filet métallique très léger, ondulant, fluide, presque comme de l’eau argenté. Elle s’endort à nouveau, maintenant elle a l’impression de voler au dessus d’une immense table de bois (Madame Pimpin aurait été une mouche dans une vie antérieure ?). C’est bien le Reiki, c’est de la défonce bio.

Les mains sur le bas du ventre. Madame Pimpin ne dort plus, elle est attentive à tout ce qui se passe dans son corps. Comme l’autre fois, ça tire beaucoup et elle sent tout ses organes. Elle imagine des cellules en train de se diviser pour former le début d’une vie, mais l’image ne prend pas. Elle lâche l’affaire et cette fois s’endort pour de bon. Au bout d’un moment, le Docteur Reiki lui annonce que c’est terminé. Quand elle lui dit qu’elle dormait presque, il lui répond qu’elle a le droit : ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.

Madame Pimpin se rassoit sur la chaise, la papote recommence. Madame Pimpin a clairement la tête dans le boule et n’est pas très concentrée. Elle explique au Docteur Reiki que pour elle les deux peurs sont identiques : la peur de ne pas être enceinte, la peur de l’être. Ce qui est bien avec lui c’est qu’elle arrive à bien verbaliser tout ça et il semble l’écouter avec attention.

On recale la prochaine séance. Docteur Reiki marmonne que début janvier ce sera bien pour accompagner les premières semaines de développement. Les Qwâââ ? Voilà que Madame Pimpin se met à buger intérieurement. Il a senti quelque chose ? Il pense que je suis enceinte ? Il a communiqué avec le bouzin intérieur ? Chuis enceinte ? Bon. De toi à moi, on sait bien que c’était seulement de la pensée positive. C’est bien pour ça que Madame Pimpin s’est contentée d’un petit sourire. Prochaine séance le 9 janvier. Quoi qu’il se passe, ça ne fera pas de mal.

 

Les souliers de Madame Pimpin.

Madame Pimpin aime les chaussures. Elle les aime au point d’en avoir une vingtaine de paires, ce qui comparé au reste de sa garde robe est assez disproportionné. Ce sont les chaussures d’été que Madame Pimpin affectionne le plus, ce sont donc elles qui sont le plus représentées dans son stock. A bien y réfléchir, des chaussures d’hiver elle n’en a pas tant que ça. Ses critères sont assez stricts, les chaussures doivent tenir à peu près chaud, être relativement marchables pour les jours de Grande Ville, passablement classes en cas de RDV impromptu, confortables parce que Madame Pimpin déteste avoir mal aux pieds, et ne pas coûter une demi-blinde parce que la petite bourgeoisie qui boit du champagne, Madame Pimpin n’aime pas bien.

Il y a d’abord les petits escarpins noirs, qui peuvent aller avec à peu près tout. H&M synthétique, talon de 6cm, bout arrondi terminant en pointe discrète (pas du genre chaussures pointues, Madame Pimpin n’aime pas). Le cordonnier a déjà changé les talons quatre fois, elles tiennent la marée.

Il y a les Converse, que Madame Pimpin met le week end pour se balader ou quand elle veut faire la jeune fille (coach, yes coach). C’est un cadeau de Monsieur Pimpin.

Il y a les low boots noires à talon de 12, en cuir, féminines, les chaussures de la confiance en soi qui sont à Madame Pimpin un peu ce qu’est le vernis rouge de Little Wife.

Il y a les bottes marron à petit talon entonnoir, confortables, en cuir fin. Dommage qu’elles prennent l’eau pour des godasses qui coûtent un bras, elles sont en fin de chargeur, et sans collants elles ne peuvent se porter que par-dessus un jean. Ce qui convenons-en, en 2013, est juste hors de question.

Il y a les bottes noires de cougar, à tiges hautes en cuir, manchonnées, talon haut. Importables quand on veut marcher plus de dix pas, mais le critère « confortable » est tout de même très objectivement validé puisque quand on est assis et immobile, on se sent très bien dans ces bottes.

Il y a les bottines bleues en nubuck, toutes plates, chaudes, avec une petite boucle sur le côté. Elles viennent du supermarché mais elles sont fabuleuses, confortables au point que Madame Pimpin doit se faire violence pour ne pas les porter tous les jours.

Et puis il y a les bottines grises légèrement argentées, avec juste ce qu’il faut de talon pour obtenir l’inclinaison parfaite du pied. Ce sont des dock marteens qui datent de mathusalem, achetées une misère sur une vente privée, dont Madame Pimpin voudrait ne jamais se séparer et ça tombe bien parce qu’elles sont increvables.

Tout ça pour dire que Madame Pimpin va devoir intégrer un nouveau critère de sélection le matin en se chaussant, à partir de la semaine prochaine. Non seulement les chaussures vont devoir continuer à être confortables, vaguement classes, et tenir chaud aux pieds, mais elles devront également :

– être dépourvues de lacets.

– pouvoir se porter avec des chaussettes et pas seulement des collants.

Parce que s’il y a bien deux choses que Madame Pimpin déteste, c’est :

– se battre avec ses lacets tout en devisant avec un interlocuteur qu’elle vouvoie.

– Se retrouver pieds nus, sans chaussettes, dans les étriers (dérogation acceptée en cas d’accouchement hein).

Et avec la flopée d’échos endo que Madame Pimpin vient d’insérer dans son agenda, je peux te dire que les petites bottines, elles vont tourner. J1 ce matin les enfants. Ca y est, on est vraiment partis, tous les rendez-vous sont pris jusqu’au 16 décembre, date à laquelle si ce n’est pas encore fait Madame Pimpin aura l’incommensurable chance de se faire inséminer la couscoussière aux frais du contribuable. Vive la France. Amen.