Ironie.

17dpo. On est à trois heures de l’échec d’IAC1. La tension est à son comble. Et l’ironie est incroyable aujourd’hui.

Ironie de la vie qui décide que U. se fait plaquer après deux ans, comme un chien, alors qu’elle est un adorable petit bout de femme respirant la tolérance. U. n’a pas desserré les dents. Elle est restée belle et digne. Ironie de cette même vie qui rend au même moment N. odieuse avec son homme, et le reste de son entourage au passage, N. qui s’invente de faux problèmes, qui impose à tous ses amis de s’improviser psy exclusifs et disponibles H24.

Ironie de la vie qui veut que si ce soir Monsieur Pimpin était chafouin, c’est parce que B. lui a annoncé qu’il allait être papa. B. et R. se connaissent depuis moins d’un an. R. est stérile ou presque. Le bébé n’était pas à l’ordre du jour, mais quand ce serait le cas ce serait case PMA directe. B. et R. qui viennent d’emménager à Village sur Mer (chouette des amis zéro risque, qu’ils s’étaient dit), et qui il y a deux semaines ont demandé aux Pimpin le numéro de leur médecin traitant. C’était pour ça (quand Madame Pimpin ira mieux on reviendra sur cette histoire, elle a du bitchage en stock). Au même moment dans la chaumière, Madame Pimpin a mal. Son ventre annonce l’imminence d’un nouvel échec. Elle qui n’a soi disant aucun problème, qui devait se retrouver enceinte facilement une fois le petit coup de mou du spermo compensé par l’eau de cologne.

PUTAIN LA CIGOGNE, TU T’ES TROMPE DE MAISON, T’AS FUME OU BIEN ?

17dpo et Madame Pimpin est tétanisée. Elle n’a pas la force de tester pour en finir et d’affronter ensuite la dernière journée de la semaine. Disparue la force, disparu le courage.

Le bout des nerfs.

La balle est toujours armée dans la main du camp adverse, Lisbeth se les caille dans son short trop large et Britney vient de finir de flinguer son top coat glitter, du bout des dents, bientôt ses ongles seront nus. Pendant ce temps là Madame Pimpin tremble toujours.

Pendant ce temps là Madame Pimpin mène une vie infernale.

Deux heures d’attente dans le froid sur un banc hier matin parce que le train pour Frite -Ville était en retard, après une mauvaise nuit, un réveil à 4h30, départ a 5h30, et un avion plein de gougniafiers.

Des réunions qui s’enchaînent toute la journée, il faut lever le ton pour préserver les intérêts de la Grande Boîte pourtant la voix est cassée par le stress et la vilaine crève qui rend tout très chiant, et les pensées sont à des lieues de cette bouffonnade civilisée.

Un train pris après une course folle, coup de sifflet du chef de gare, valise, ordinateur, tout porté a bout de bras et a l’arrache et toujours cette maudite crève. Journée de 15 heures.

Une traversée de Grande Ville au pas de course entre averses glacées et metros bondés. Les pensées maniaques orientées sur une seule question, la terreur dans le ventre.

Une bulle de répit, la simplicité d’un repas simple mais élégant dans un endroit joli, avec une chouette amie. Secrets partagés, parler d’autre chose, sourire, rire, certaines bonnes choses ne prennent pas d’âge.

Une nouvelle nuit très mauvaise, nouvelles réunions, courbettes, nouveaux rush a travers les artères bouchées d’une ville saturée, puis nouvelle cavalcade dans ses entrailles. Un avion pris in extremis, le dernier de la journée, qui à l’heure ou elle t’ecrit ramène Madame Pimpin à Village Sur Mer. Il fend la nuit comme un couteau, elle ecoute Nina Simone. Il la porte et la berce doucement, bienveillant. Enfin de la bienveillance.

Demain soir, ce sera le soir ou l’IAC1 avait échoué. Alors la balle, dans la main du camp adverse, reste une plus que probable menace. Elle la sent venir comme si l’espace était déjà modifié par la trajectoire qu’elle s’apprête à prendre.

Mais ce soir Madame Pimpin est reconnaissante envers l’ordre des choses. Si depuis 3 jours elle en mange plein les dents, ce n’est rien. Pas grave. Rien de mauvais qui vaille qu’on s’en souvienne demain. Ne restera que le beau dîner et quelques chouettes sms échangés, quelques mails apaisants reçus de douces mains.

La seule chose qui pouvait vraiment atteindre Madame Pimpin n’a pas eu lieu. Elle sera dans sa zone de confort quand le J1 arrivera. Pas dans le métro. Pas seule dans la foule. Pas dans une triste chambre d’hôtel impersonnelle et froide. Pas en train de se battre comme une chiffonnière pour la Grande Boîte. Une belle mort se dessine pour le onzième cycle de cette tentative d’obtenir une troisième grossesse. Une mort douce, parmi les siens.  et il le mérite bien.

L’avion se pose juste quand il faut, doucement et avec bienveillance.

Hand Ball.

De toute sa vie, Madame Pimpin a rarement vécu d’expérience plus traumatisante que de séjourner dans une cage de Hand Ball. Si tu es un peu maladroite comme elle, et de surcroit pas très vive, tu dois bien comprendre cette sensation d’être plantée là, à la merci de la grosse patate que tu vas irrémédiablement te manger dans la face, que même l’esquiver t’es trop nulle pour y arriver, et que tu voudrais courir pour y échapper sauf qu’il y a toute la 4eme C en face de toi et que tu as un minimum de standing à assurer.

Bon. Eh bien les trois premiers jours de cette semaine ressemblent un peu à ces chouettes moments passés à attendre de se manger une balle de Hand Ball en pleine face.

Il y a d’abord eu l’évaluation chefesque, exercice annuel. Ah on en a déjà parlé, du Chef Sympathique. Autant te dire que hier matin Madame Pimpin s’est pointée au boulot la mort dans l’âme. Mais pourtant, figure toi qu’elle a arrêté le but ! Evaluation passée haut la main, notation maximum. Et de un. Si quota il y a on est mal.

Et puis il y a eu hier après-midi. Une classe de 20 djeuns endormis à qui il a fallu faire cours pendant 4 heures (______________________) (minute de silence en l’honneur de Lucette qui gère haut la main ce genre d’exercice). Horreur, en arrivant, Madame Pimpin s’est rendue compte que le responsable pédagogique, peinant probablement à trouver des intervenants, lui avait un peu survendu ses pioupious : ils n’avaient, pour la plus grande partie, jamais entendu parler du sujet que Madame Pimpin venait leur présenter. C’était une première expérience du genre pour Madame Pimpin et c’était super paniquant d’autant que ces jours ci elle ne tolère que la présence de son mari et de son chat. Même aller acheter du pain, c’est hyper violent pour elle. Et pourtant figure toi qu’elle a arrêté le but ! Tremblante face aux élèves elle a réussi petit à petit à les intéresser, à leur faire intégrer son charabia, et au moment du cas pratique elle n’arrivait plus à les arrêter ! Et de deux. Si quota il y a, on est vraiment mal.

Ce matin, c’est avion à 6 heures du mat, direction Grande Ville, puis Frite Ville, puis Grande ville à nouveau demain. Ce matin, c’est 15dpo, le quota de balles arrêtées et probablement atteint, J1 peut débarquer à tout moment et venir exploser dans la face tremblotante de Madame Pimpin qui l’attend dans sa cage. Avec l’Utro, il n’y a pas de préavis, il arrive, point.

Alors elle a essayé de se blinder le moral. Elle a essayé de se dire que quoi qu’il arrive elle allait survivre. Mais ce n’était pas convainquant. Elle a donc fini par convoquer ses deux copines.

Cette fois, elles se taisent et ne se disputent pas. Cette fois elles ne supposent rien, elles sont juste là, à côté. Elles tiennent la main de Madame Pimpin et elles seront là au moment de l’impact. Lisbeth a sorti son short et ses hautes chaussettes de sport, elle a même enlevé ses piercings. Britney a sorti sa jupe plissée et ses socquettes de tennis. Madame Pimpin a peur mais elle sait qu’au moment de l’impact, Britney lui fera un gros bisou et lui donnera un cupcake à la violette. Elle tremble mais elle sent que quand ses os se briseront, Lisbeth posera sa main froide sur son épaule, lui murmurera de rester digne bordel, puis lui servira une grande rasade de vodka.

C’est cool quand même d’avoir de vrais amis pour faire du sport, non ?

PS : Aujourd’hui et demain Madame Pimpin sera busy busy. Excuse d’avance son laconisme quand elle viendra t’annoncer la défaite. Ce sera court et ce sera pas lol, mais plus que jamais elle aura besoin de ton épaule virtuelle pour pouvoir virtuellement chialer sa race, tandis qu’IRL elle devra garder la face devant les Gougniafiers réunis et quelques industriels malotrus.

My Little PMette Box.

**  Billet inspiré par un commentaire de Milie à propos de ça **

Ce billet est très sérieux et s’adresse aux créateurs des Little Box(es). Nous les Pmettes de France, de Navarre et d’ailleurs, on voudrait des trucs rien que pour nous. Alors si vous êtes bien mignons, et comme c’est un marché porteur rapport au fait que l’infertilité gagne du terrain, la pollution, le stress, le tabac, la malbouffe, tout ça, vous allez nous pondre une Little Pmette Box juste pour nous, d’accord copain ?

Alors dans notre Little PMette Box, tu vas nous mettre :

–          Des seringues et des aiguilles, des mouchoirs, des TG et des TO. Ca c’est pour la base.

–          Des vaniuches et du PQ blanc (ça c’est pour la surveillance spottesque).

–          Une Mooncup qui chantent « I’m Still Standing » d’Elton John, quand on les enlève (ça c’est pour le moral).

–          Du chocolat (pour assurer un moelleux minimum au niveau des zones de piqûre.)

–          Du vernis à ongle (ça passe le temps).

–          Du mascara waterproof (bah oui hein. On chiale pas mal nous).

–          Un chat (tu te démerdes pour la logistique).

–          Un agenda avec affichage des jours du cycle.

–          Des culottes numérotées en DPO (histoire de pas se dévisser la rétine pour rien à 3DPO).

–          Un thermomètre qui raconte des blagues.

–          De la vodka.

–          Des fringues mais pas n’importe quoi : chaussettes, jupes, robes, écharpes. Cherche pas à comprendre.

–          Un coffret DVD contenant l’intégrale des Chtis, « Là Haut », « Vipère au poing ».

–          La compil’ de la PMette*.

–          Un voiture neuve / un Ipad / un séjour pour deux aux Maldives / un gros solitaire en diamant… Surprends nous bordel.

Prix d’appel dans les 20 boules (je te rappelle qu’une partie d’entre nous se fait régulièrement essorer le compte en banque rapport à des FIV DO / DPI / examens pas remboursés / dépassements d’honoraires…).

Voilà ! On vous donne le concept, à vous de jouer Messieurs. Pour les adresses de livraison, voir avec Julys ;)

* Playlist de PMette (toutes les suggestions sont les bienvenues) :

« Dernière Danse » (Indila)

– « Déjeuner en Paix » (Jean-Louis Aubert)

– « Siempre me quedara » (Bebe)

– « Pas toi » (Jean-Jacques Glodman)

« Blizzard » (Fauve)

« J’veux un Enfant » (Brigittes)

« I’m still standing » (Elton John)

– « Don’t Worry Be Happy » (Bobby Mc Ferrin)

Reiki #4.

Jeudi c’était Reiki. Je te le dis tout de suite, il s’est passé un truc étrange pendant cette séance de Reiki.

  • La papote préalable.

Madame Pimpin ressitue l’avancement des choses et commence par un lapsus : on a fait une IAC le 13, IAC qui a fonctionné… Euh pardon, je veux dire l’acte médical a bien fonctionné on a pas eu encore le résultat. Bon ça a bien fonctionné mais c’était très douloureux blablabla… Sors tes rames Madame Pimpin…

Madame Pimpin raconte le rêve où elle délaissait son bébé pour mieux profiter du concert auquel el assistait. Le Maître Reiki lui demande son interprétation. Madame Pimpin y voit :

–          La peur d’être une mauvaise mère, cultivée par cette attente qui dure si longtemps et laisse le champ libre à bien des interrogations. Le Maître Reiki lui répond qu’il n’y a pas de mères parfaites, qu’il ne faut pas cristalliser sur cette notion de perfection. Que les enfants rois à qui l’on cède tout ne font pas de meilleures personnes, qu’il ne faut pas tout faire pour son enfant. Juste faire ce que l’on peut.

–          L’infertilité comme une punition, une sorte de purgatoire dans lequel l’Ordre des Choses la laisse végéter le temps que son vilain état d’esprit évolue assez pour mériter de devenir maman. Le Maître Reiki oriente un peu la conversation sur le pourquoi du mauvais état d’esprit. Madame Pimpin ne le dit pas mais elle repense au sentiment de culpabilité ressenti dernièrement à propos de l’avortement quand elle s’est sentie obligée de justifier des raisons pour lesquelles oui, elle aurait avorté si il lui était arrivé d’être enceinte à un moment où elle considérait qu’avoir un enfant n’était pas possible (putain mais j’imagine même pas le mal que ces inquisitions peuvent faire à celles qui ont vraiment du se retrouver dans ce cas. Et ça me refout en rogne. M’enfin on va pas relancer le débat ça suffit comme ça). Ensuite elle lui parle de celle qu’elle était au début des essais. Son refus de l’allaitement. Ses critiques concernant le congé parental. Ce sont les deux points sur lesquels elle a le plus changé, mais il y a des tas de petites choses dans le fond qui font que cette attente l’a transformée.

–          Le Maître Reiki lui demande ce qu’elle pense de cette attente. Naturellement et sincèrement, Madame Pimpin lui répond que cette attente l’aura probablement rendue meilleure. Par prudence au cas où DNLP l’écoute, elle rajoute que ça ne vaut que pour le cas où ça finirait par fonctionner bientôt, et pas dans des années, sans quoi elle finirait par s’aigrir. Mais oui, il faut bien admettre qu’elle en est convaincue. Jusqu’ici le temps n’a pas été son ennemi. Et encore moins l’ennemi du bébé qui viendra peut-être un jour.

  • Le pendule.

Le pendule est plutôt sage. Madame Pimpin s’ennuie un peu pendant que le pendule oscille au dessus de la représentation du corps humain. A un moment Madame Pimpin se concentre sur le pendule en lui demandant de tourner si elle est enceinte. Une fois ça marche. Deux fois ça marche. Troisième fois, il désobéit. Mouerf. Connard de pendule.

A la fin du pendule, le Maître Reiki demande à Madame Pimpin si elle se sent plus les pieds sur terre en ce moment. Elle prend un peu de temps et répond que dans un certain sens oui, surtout dans sa façon de vivre l’attente cette fois-ci. Moins de questions existentielles. Plus de confiance dans la technique et dans son corps. Plus de confiance en elle concernant sa réaction en cas d’échec. Une attente moins investie qui du coup passe plus vite. Dans les autres domaines aussi, l’impression de s’être débarrassée d’une partie des questions existentielles qui lui polluaient l’esprit. L’impression d’être là à sa place, faisant ce qu’elle peut, et s’en satisfaisant. Dans le boulot comme dans les relations aux autres. Il hoche la tête et lui dit qu’effectivement il la sent « plus connectée ».

  • La manip.

Encore cette fois, l’heure de manipulation passe à la vitesse de la lumière, un quart d’heure en temps ressenti. Aucune senstation physique cette fois. Pas de chaleur dans les yeux ni de tiraillement dans l’utérus.  Ses pensées se baladent, tantôt du côté de son utérus, qu’elle essaie d’encourager au cas où quelque chose soit en train de s’y passer. Elle pense à l’haptonomie qu’elle aimerait vraiment pouvoir pratiquer un jour. Puis elle se balade dans un décor magnifique, au beau milieu des créations de Yosuke Oono (http://www.loftwork.com/portfolios/oonoyusuke) découvertes grâce à Little Miss Shrimp. Le maître Reiki passe les mains sous sa tête.

Elle sent qu’elle plonge plus profondément dans cet espère de coma bizarre. Un étrange image lui apparaît d’abord. Elle commence par la chasser, surprise, car elle ne l’a pas convoquée, l’image s’est imposée, sortant de nulle part. Puis elle saisit une notion d’ouverture, et retient l’image un moment pour mieux la voir. (ouais je sais, on nage en plein délire mais je te jure que c’est vrai et pourtant je suis plutôt sceptique).

L’image représente une sorte de pictogramme lumineux et animé. C’est une sorte de portail noir, plongé dans le noir, qui ne se distingue que par ses contours derrière lesquels on distingue une lumière jaune. Très nettement, d’un mouvement lent mais bien franc, le portail s’ouvre vers le bas, laissant progressivement passer la lumière. Truc de ouf nan ?

  • Le débrief.

Le Maître Reiki demande ce que Madame Pimpin a ressenti. Elle lui parle du portail avec hésitation, l’impression d’être zinzin. Forcément il lui demande de l’interpréter. Forcément, comme une évidence et c’est parce qu’elle le souhaiterait de toutes ses forces, Madame Pimpin lui répond qu’elle y voit le signe que quelque chose s’est ouvert, débloqué en elle. Que peut-être les tiroirs sont à présent rangés. En disant ça, elle baisse les yeux. Peur de paraître comme la fille présomptueuse qui prend ses désirs pour des réalités. Le Maître Reiki lui répond pourtant que son interprétation va dans ce sens également. Madame Pimpin a presque les larmes aux yeux.

On recale une date au 27 février. Le Maître Reiki rappelle à Madame Pimpin que si l’IAC fonctionne, il en faudra quelques unes pour la suite (mouiiii à 50 boules la séance on va pas se quitter comm ça hein ce serait balot). Le problème qu’il semble craindre, ce n’est pas l’infertilité des Pimpin. C’est le risque d’une nouvelle fausse-couche. Gloups. Madame Pimpin elle le sait bien, que quand bien même un jour ce serait gagné, ce ne serait qu’une bataille et pas la guerre. Et quoi qu’il en soit, si ses tiroirs sont maintenant rangés, l’angoisse serait tellement présente malgré tout qu’un peu de coma bizarre ne serait pas malvenu. Note l’emploi du conditionnel au cas où DNLP nous écoute.

Message de Service.

Bon. La particularité de ces dpo, en ce 11DPO / J24 / IAC2 /Cycle 11 /Tentative de G3 / 44eme mois sans contraception, (tout de même), tu l’auras remarqué, c’est l’hyperfertilité des doigts de Madame Pimpin sur son clavier. Elle est obligée de se restreindre et de planifier ses articles, sinon ce serait deux par jour. C’est d’ailleurs bien la seule chose qu’elle est capable de faire à peu près bien en ce moment (avec Candy Cruche, dieu que ça bouffe le temps). Au boulot c’est motivation moyenne, niveau vie sociale pas mal de choses prévues mais très peu d’entrain, pas trop de sport (temps de chiotte), pas de pâtisserie (en cette période de galettes des rois, yeurk), même le piano passe après Candy Cruche. Reflexion faite peut-être que Madame Pimpin pense aller bien mais cache une dépression. (Je déconne).

Avec tout ça, pas eu le temps de te faire le compte rendu dpesque de ces jours qui passent assez vite. Pas eu le temps de convoquer BB et LS (m’enfin on les croisera peut-être sur la dernière ligne droite). Pas eu le temps de disséquer ses vaniuches, de se triturer le col, et ses boobs sont juste comme d’habitude sous utro : un peu plus gros et un peu douloureux.  Bref. rien de nouveau sous le soleil. C’est pas qu’elle s’en foute Madame Pimpin hein, non. Mais voilà. Il sera bien assez tôt de se lamenter en temps voulu.

C’est un coup à se ramasser un J1 sur le coin du bec et de s’exclamer « WTF ? Déjà ? »

Voilà. Tout ça pour te dire que la peur de l’échec est bien là, mais que les dpo se passent bien.

Tu peux retourner vaquer à tes occupations.

(Je déconne bis).

Les jolies filles se font toujours attendre (2).

Le début c’est par là.

Commence alors le temps des souvenirs pour Madame Pimpin. Les plus beaux sont ceux ramassés entre la Loire et L’Erdre, le temps des vacances chez ses grands-parents. Ils prennent toute la place de l’enfance comme si le reste n’existait pas.

Il y a d’abord l’odeur de la cuisine de la grand-mère, et la joie de toute la famille à s’asseoir autour de sa table pour s’en délecter. L’odeur de la cuisine du sud, l’ail et l’huile d’olive, les poivrons doux qu’elle seule sait cuisiner décemment. L’huile d’olive, elle t’en mettrait partout même dans le quatre quarts et la pâte à crêpes si tu la laissais faire. C’est elle qui a donné à Madame Pimpin l’envie de savoir faire à manger.

Il y a aussi l’odeur de cigarette, mêlée au café ou au pastis, l’odeur grisante des adultes. Le parfum des tantes, et leurs voix qui résonnent jusqu’à devenir un bourdonnement lorsqu’elles s’entremêlent et que l’on s’endort juste à côté.

Il y a le bruissement doux et frais des feuilles de peupliers. La stridente sonnerie du passage à niveau en haut de la rue. Les rires des cousins, les promenades en tramway, sans but précis.

Il y a des feux d’artifice, des siestes sous les noisetiers.

Il y a les histoires. La grand-mère s’assoit au bord du lit, fait tourner la mappemonde. Elle sent si bon, l’odeur de laque de son chignon. Quand la planète en boule s’arrête de tourner, là où le doigt sera posé, Madame Pimpin s’envolera au son de la voix qui inventera une histoire d’esquimau, de kangourou ou de petit prince du désert. Il y a les histoires qu’elle écrit, les histoires du désert. C’est elle qui a transmis à Madame Pimpin le goût de tenir une plume et de faire chanter les mots.

Il y a les livres. Des tas de livres. Des livres de la littérature, des romans oubliés, la bibliothèque rose, délectables souvenirs des malheurs de Sophie, bêtises imitées. Découvertes dans l’odeur de poussière du grenier. Les premiers élans d’amour pour la finesse de la langue française. Les premiers émois en lisant Léa et sa bicyclette bleue. La découverte de la guerre et ses secrets. Puis Zola, puis de Beauvoir et Colette. Boulimie de pages emportées sous le noisetier.

Il y a le bureau du grand-père. L’odeur de l’industrie et l’apprentissage de son amour, c’est l’odeur de la poussière sur le calque des plans industriels. Dessin technique, volts, ampères, kilojoules. C’est à travers la fierté dans le regard de son grand-père, ingénieur autodidacte, que Madame Pimpin cherche encore aujourd’hui à toujours apprendre, toujours s’élever, s’éduquer, comprendre. C’est un peu pour lui qu’elle a appris à aimer l’industrie.

Il y a les longues heures passées à écouter les histoires de voyage, les histoires du très beau pays, et celles du pays des sables et des hommes bleus. Les histoires de Village Sur Mer à l’époque, aussi. Et puis il y a leurs histoires de voyages d’agrément, la soif de voir Ailleurs. Et les voyages d’affaire du grand-père, leur mystère, New York en Concorde, Manchester, Virginia sur le grand sweat-shirt bleu canard déballé de la valise.

Et toutes ces petites choses, les bains moussants, les orgies de gaufres, les grandes robes du grenier avec leurs fanfreluches, quand on se déguisait l’hiver et qu’on sautait sur les lits. La messe, les premiers verres de vin, les mains fraîches sur le visage et les chasses aux trésors. La maison entre la Loire et L’Erdre a été vendue et n’existe plus depuis quelques années maintenant. Mais les trésors qu’elle abrite, eux, existeront toujours dans cet amour inconditionnel et ces souvenirs palpables.

Malgré leurs petits travers propres à leur histoire, les grands-parents de Madame Pimpin, bien qu’ils ne l’aient pas élevée, l’ont en grande partie construite. Ils sont sa culture, son histoire, ses rêves, ses ailes et ses racines. Ils ont bâti ses valeurs, son courage, sa force et son ambition. Ils savent tout entendre et savent tout d’elle, même le moche. Ils ont en eux une immense bienveillance et portent le respect des confidences. Ils sont la raison pour laquelle elle se bat, parce qu’elle veut plus que tout au monde leur ressembler avec une ribambelle de tous petits de ses petits. Ils lui ont appris à reconnaître son mari, celui qu’elle a choisi en mesurant dans ses yeux la bonté et la douceur du grand-père qu’il serait un jour, celui de ses petits-enfants.

Et parce qu’ils sont tout ça, les grands-parents de Madame Pimpin sont les seules personnes de sa famille au courant de l’existence de ce blog qu’ils ne lisent pas, au courant des liens que tisse leur petite-fille avec toi et toi et toi et du réconfort que tu lui apportes. Ils ne trouvent pas ça bizarre. Seuls eux savaient que cet après-midi de novembre, si elle rentrait en retard, c’était parce qu’en compagnie de l’une d’entre toi et toi et toi, elle n’avait pas vu le temps filer.

Lorsqu’elle les a prévenus de son retard cet après-midi là, leur réponse était si semblable à eux-mêmes qu’elle a fait briller quelques étoiles de tendresse dans les yeux de Madame Pimpin. Du bout des doigts, sur l’écran d’un i-phone, ils lui ont répondu. A leur image. Étonnamment moderne, avec des mots si beaux qu’ils pourraient être le titre d’une jolie chanson ou même d’un livre.

Ne t’inquiète pas nous t’attendons. Les jolies filles se font toujours attendre.

Les jolies filles se font toujours attendre (1).

Madame Pimpin est très attachée à ses grands-parents maternels. Attachée à eux en tant qu’individus, attachée à eux en tant que pilier de la famille, attachée à eux pour leur histoire.

Ses grands-parents sont nés à Village Sur Mer et y sont très attachés (les scènes de ripaille fermière dans l’histoire de Laxmi sont directement issues de leurs souvenirs). Mais ce n’est pas à Village Sur Mer qu’ils ont grandi. Juste après la guerre, alors qu’ils étaient encore des enfants, bien avant de se connaître, leurs deux familles ont quitté la France Métropole pour un très beau pays, un pays qui à cette époque était administrativement lié à la France. Un pays de murailles rouges, de sable chaud et de vent tiède. Un pays où la brise porte l’odeur rosée de l’écorce des oranges, l’odeur du jasmin et du thé à la menthe. C’est là qu’ils ont grandi tandis qu’en métropole le souvenir de la guerre salissait tout, ils étaient très loin d’être à plaindre.

Ils sont devenus adolescents. Ils ne se connaissaient toujours pas, jusqu’à ce que la chorale de la timide jeune fille donne une représentation à laquelle assistait le beau jeune homme. Il est tombé amoureux d’elle immédiatement et a tout fait pour la revoir, au point d’intégrer la chorale (et d’en ruiner le potentiel artistique). Ils se sont épuisés quelques années durant, à chercher des ruses pour passer du temps ensemble, fausser la surveillance des parents. Il y avait toujours le chaperon ou les commères de voisines. Alors pour faire simple et parce que la chorale, ça va bien cinq minutes, il l’a demandée en mariage et a pu l’avoir pour lui tout seul.

Les choses se sont gâtées entre la métropole et le très beau pays. Ils l’aimaient eux, ce pays qui était devenu le leur, et ils ont eu beaucoup de mal à comprendre quand on les en a chassés. En fait ils n’ont jamais compris. Il a fallu alors tout quitter et tout abandonner pour rentrer en France. Blessure dans leur chair, la rancœur et l’amertume resteront à jamais présentes à l’évocation de ces évènements. Nausée sur le gros bateau gris qui les rapatrie, odeur d’échappements, écœurant roulis de l’océan. Dans une petite ville nichée entre la Loire et l’Erdre, il a fallu tout reconstruire. Au marché, la jeune fille ne comprenait pas qu’il était mal vu de marchander avec les commerçants. Mais ils s’aimaient tellement qu’ils étaient très loin d’être à plaindre.

Les semaines passant, la nausée du gros bateau ne s’en allait pas et la jeune femme était souvent bien fatiguée. Madame vous allez avoir un bébé, dans un peu moins de sept mois. Joie et peur entremêlées. A cette époque là, on ne parlait pas tellement de ces choses là avec une maman bigote. La joie n’a pas duré longtemps. Elle a eu mal, si mal, et si peur, si seule. Cinquante trois ans plus tard, elle sera la seule personne à pouvoir consoler sa petite-fille et lui expliquer que même quand on perd un petit à trois mois de grossesse on peut toujours connaître ensuite la joie immense de contempler sa formidable famille et ses sept petits-enfants. Ces mots-là, elle ne les avait dits à personne. Ce jour-là, la poisse a sauté une génération mais l’émotion était vive et intense et au-delà d’une confidence partagée, c’est une bouée de sauvetage qu’elle a lancé parce que c’est à cette vision que s’accroche, encore aujourd’hui, Madame Pimpin quand la tempête fait rage.

La cigogne n’a pas mis bien longtemps à revenir. Trois fois en cinq ans. Au milieu, la Maman de Madame Pimpin. Les premières années sont difficiles, le jeune papa est souvent absent. Il enchaîne de longues périodes en Afrique, du côté des déserts de sable, des chacals et des hommes bleus. Il accompagne l’industrie. Quarante-trois ans plus tard, quand sa petite-fille partira au loin et à l’inconnue pour accompagner l’industrie dans un non moins étrange pays, elle pensera beaucoup à lui. Quarante-trois ans plus tard, quand son mari partira de longs mois à l’aventure, sa petite-fille cherchera l’inspiration et le courage de la jeune maman pour supporter l’attente dignement et sans se plaindre.

Les choses s’éternisent au pays du sable. Quand la petite famille débarque pour les vacances scolaires, on célèbre les trois ans de la Maman de Madame Pimpin dans l’avion. Les valises sont faites pour deux mois, ce sera finalement pour rester trois ans. Maudit télégramme jamais arrivé. Trois ans plus tard, l’école locale devient juste pour les enfants qui grandissent. Le petit frère souffre de rachitisme, il est temps de rentrer. De retour entre la Loire et l’Erdre, la vie est bien douce et s’écoule paisiblement. Les enfants passent le bac et se marient. Trente-trois ans après, Madame Pimpin se mariera avec Monsieur Pimpin. Le modèle de son amour, son idéal pour son mariage, seront cette grand-mère et ce grand-père. La Maman de Madame Pimpin met sa première fille au monde puis la deuxième dans la foulée. Avec le Papa de Madame Pimpin, plus par hasard qu’autre chose puisque cette ville leur est totalement inconnue, la petite famille de quatre prend son envol et se pose… A Village Sur Mer.

Les Grigris de Madame Pimpin.

C’est à dire qu’avec le temps, on a beau se dire que ce n’est pas un objet qui va réussir à nous faire pondre quand même des médecins n’y parviennent pas, on finit tout de même par accumuler un certain nombre de petits objets qui de fil en aiguille s’avèrent devenir des grigris. Ce qui distingue les grigris des objets ordinaires, c’est que lorsque le regard les accroche, on ne peut pas réprimer la brève et instantanée prière qui vient à l’esprit.

Madame Pimpin a sept grigris. Tiens c’est marrant ça fait un par semestre d’arrêt de pilule. LOL. Dans le désordre, elle va tâcher de te les présenter brièvement.

Il y a ce petit mobile, qu’elle a vu dans une boutique à Noël alors qu’elle cherchait un cadeau pour son beau-père. Quand elle l’a vue elle s’est sentie immédiatement comme hypnotisée. Elle l’a vu dans la petite chambre du haut. Elle l’a pris, n’a même pas regardé combien coutait cet assemblage de ficelle, carton et bouts de bois vaguement peints. Il lui fallait cet objet. Au final, le bidule (absolument réalisable à la maison pour peu qu’on ait un minimum d’équipement) coutait tout de même quinze boules : qu’à cela ne tienne, au diable l’avarice et les gros yeux de Monsieur Pimpin. Le bidule trône désormais dans la Petite Chambre du Haut et Madame Pimpin ne regrette pas son acquisition.

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Ensuite il y a Laxmi, Le Doudou et le Petit Chausson. Deux de ces trois là (comme la plupart des grigris finalement) sont des petits cadeaux offerts par des personnes importantes pour Madame Pimpin.

Laxmi, c’est le cadeau d’Amuted, une amie IRL qui, tombée sur le blog de Madame Pimpin et les aventures de Laxmi lui a envoyé cette petite poupée pour lui porter bonheur. Cette poupée rappelle maintenant à Madame Pimpin que des personnes bienveillantes se trouvent parmi son entourage. Elle lui rappelle aussi la valeur de cette chance, d’avoir trouvé l’amour. Et qu’à l’heure de se lamenter sur son sort il faut regarder autour de soi, l’infertilité n’est pas la seule déveine au monde. Quand Madame Pimpin croise le regard de la poupée Laxmi, elle fait un voeu pour elle et un voeu pour son amie.

Le Doudou provient du supermarché. Madame Pimpin l’a acheté pour Bébé Souris, au départ. Juste après la disparition de la Petite Chose. Mais elle n’a pas pu se résigner à le donner. Quelque chose dans le regard du Doudou lui disait qu’il fallait le garder pour plus tard. Alors Madame Pimpin l’a écouté et l’a gardé. Elle a du quelques jours plus tard retourner en quête d’un cadeau pour Bébé Souris (il fallait vraiment que Le Doudou soit persuasif pour que Madame Pimpin retourne dans le Mordor des rayons puériculture de son plein gré).

Le Petit Chausson est un cadeau de la Maman de Madame Pimpin. Elle l’a tricoté en exemplaire unique, pour qu’il n’y ait pas de méprise : ce n’est pas un petit chausson destiné à être porté par une personne en particulier (superstition, ne nous portons pas plus de poisse que celle que nous avons déjà) mais un Petit Chausson juste destiné à appeler la Cigogne.

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Il y a aussi l’ange, celui là est arrivé mystérieusement à Village Sur Mer, et depuis la navigation à vue est terminée : les Pimpin connaissent leur ennemi, et on leur a donné des armes pour se battre.

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Enfin, il y a Pachamama et Les Chaussettes de Petit Marin.

Pachamama est un cadeau ramené par Madame Zébulon d’un trip en Bolivie. Pachamama, c’est la déesse de la fécondité pour les Mayas. Madame Zébulon, la meilleure amie de Madame Pimpin, lui avait fait une petite place dans un sac à dos pourtant pesé au milligramme près et qui devrait l’accompagner et abriter sa vie pendant des mois. Alors cette Pachamama là, elle a beau être en pierre, elle vaut de l’or.

Les Chaussettes de Petit Marin, taille 18/20, sont tombées par hasard dans le Caddie de Madame Pimpin alors qu’elle faisait ses courses de la semaine, il y a déjà un an. Peu de temps après qu’elles ait rejoint leur destination provisoire (tout en dessous du tiroir à chaussettes de Madame Pimpin) (Monsieur Pimpin n’est pas au courant de leur existance) Madame Pimpin a fait virer un TG+, celui de la Petite Chose. Bien tenté les Chaussettes de Petit Marin, mais vous n’avez pas fini le boulot… Essayez de recommencer, bientôt…

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