La fête de la Musique.

Contrairement à Monsieur Pimpin, exceptionnellement autorisé à partir en goguette en célbataire, Madame Pimpin est privée de sortie en cette radieuse fête de la musique 2013. C’est dommage, parce qu’elle aime bien sa ville quand elle se pomponne un peu, quand ses rues sont en fête, et quand à la fin les cadavres de bouteilles rivalisent en nombre avec les déchets humains se traînant ou gisant sur les trottoirs, que les gens s’amusent.

Mais t’inquiète, Madame Pimpin va quand même célébrer la musique et le printemps en faisant sa fête à son piano tout à l’heure. Elle s’est coupé les ongles bien courts spécialement à cet effet (c’est fou comme ils poussent vite quand on n’en fout pas une ramée) (bon ok on s’en fout). Mais avant cela, comme elle est partageuse, elle voudrait aussi la célébrer avec toi en faisant ce qu’elle sait faire de mieux : raconter sa life. Pour ne pas plomber l’ambiance, Madame Pimpin a décidé de partager avec toi et en musique la partie heureuse de sa life, la partie insouciante, légère, la partie qui sent le malabar et les bulles de savon. Les souvenirs de Madame Pimpin sont rangés dans sa tête avec des étiquettes « musique », chaque souvenir a sa bande son. Pas forcément toujours très heureuse au niveau du bon goût, la bande son. Mais authentique, on ne peut pas le lui enlever. Allez, musique, maestro !

Commençons par le tout début, Madame Pimpin est née au début des années 80. Elle ne s’en rappelle pas mais il paraît que Bob Marley la faisait bien triper. En particulier cette chanson : Jamming. Près de trente ans plus tard, elle kiffe toujours.

Il y a aussi cette chason de A-ah, qui lui rappelle les lumières d’un noël dans la ville vers 86. Il faisait froid, l’air faisait de la buée quand on respirait. La poissonnerie répandait son odeur douceâtre, les mains de la poissonnière était rougies par la glace. Il y avait le Père Noël vert à la sortie de l’école. Accroche toi c’est… fluo.

Déjeuner en paix lui rappelle le petit déjeuner dans la cuisine de l’appartement. L’odeur du café et du pain grillé qui flottait dans la lumière jaune, pendant que Madame Pimpin trempait ses casse-croûte BN dans le nesquick.

Le trajet pour aller à l’école, à pieds avec sa maman et sa petite soeur, c’est Losing my Religion qui le lui rappelle. On passait devant la maison de A. et on entendait souvent sa mère râler. Puis on passait devant la maison verte de K. et L., ils arrivaient toujours en retard. Ensuite on passait devant la boulangerie, l’odeur des pains au chocolat faisait envie. Parfois à la sortie de l’école, on y avait droit. Un pain au chocolat ou une langue de chat qui pique. Et une fois rentrées à la maison, on écoutait ça. (ça sonnait moins dépressif à l’époque où les paroles étaient en yahourt).

Les promenades en voiture le soir au port restent aussi gravées dans la mémoire de Madame Pimpin. Son père roulait très près du bord, Madame Pimpin avait peur que la voiture tombe dans l’eau et en faisait des cauchemars. C’était l’année où le chien s’était fait mordre par celui des voisins. Il saignait juste un peu à l’oreille, mais Madame Pimpin était inconsolable. Dans ses souvenirs, ça se passait sur Phil Collins.

A la télé, Madame Pimpin ne ratait jamais sauvés par le gong (attention ça envoie du lourd) et bavait d’amour pour Zack, et ensuite les années collège (mais tu m’as vu ces coiffures de fou ??) C’était après le goûter, et ensuite on allait faire des bulles de savon sur le balcon. Il y avait aussi le top 50 qui passait la Lambada, Madame Pimpin se souvient de danser avec sa soeur devant le petit écran quand elle avait quatre ou cinq ans. Elles avaient reçu de leur grand-mère (la méchante) des robes fluos à volant, et elles se prenaient carrément pour Roberta.

Le samedi midi, à la sortie de l’école, le papa de Madame Pimpin accompagnait sa maman. Presque à chaque fois il offrait à ses filles un petit Babies, les tous petits bébés en plastique de toutes les couleurs. Madame Pimpin s’était fait voler une grande partie de ses Babies à l’école. Elle avait été si triste que miraculeusement, quelqu’un les avait rapportés à la maîtresse. Ces samedis midis là, ils sont pleins de gaité, pleins de soleil. Et c’est cette chanson de Jean-Jacques Goldman qui leur ressemble.

Pour le dernier noël avant le déménagement pour Village sur Mer, Madame Pimpin avait reçu une cassette et un walkman. Sur la cassette, le soir tard, elle écoutait ça et elle dansait dans sa tête. Elle avait hâte d’être grande pour aller en BOITE et avoir un MEC. Pump it up, quoi.

Puis l’enfance, la vraie enfance a pris fin avec le déménagement. Madame Pimpin devait quitter sa petite ville, quitter ses copines, pour s’en aller avec sa famille à sept heures de route de là. Madame Pimpin était très triste et a accueilli sa nouvelle ville, Village sur Mer, avec beaucoup de mauvaise volonté. Elle trouvait les autres bizarres à l’école, ils n’avaient pas la même façon de prononcer les O, ils n’avaient pas les même jeux et ils avaient déjà appris les divisions, que Madame Pimpin a été obligée de rattraper le retard pendant les récrés le premier mois, avec la nouvelle maîtresse (nan mais t’imagines, si elle n’y était pas arrivée elle aurait fini comme Zahia) (Joke pour celles qui ont vu 7 à 8 dimanche dernier). Super pour se faire des potes. La petite fayotte qui reste avec la maîtresse. Ces souvenirs-là ne sont pas aussi heureux, et c’est une chanson triste qui les évoque le mieux.

Elle a fini par se faire des copines dans sa nouvelle ville, et s’habituer à leurs nouveaux jeux. Elle a reçu son tout premier cd en cadeau à noël, c’était Ace of Base. Elles étaient toutes amoureuses de Nick dans Hartley Coeurs à Vifs. Madame Pimpin préférait Drazik (quand je te dis qu’ils sont chelou les gens d’ici…).

Puis la Maman de Madame Pimpin a annoncé qu’un petit frère était en route. C’était en 1995. Madame Pimpin, pour qui la fertilité n’était pas encore un sujet « touchy » (litote) était contente. Elle se souvient d’avoir accompagné sa mère au laboratoire pour récupérer les résultats de la prise de sang. Comme sa mère était confiante. La grossesse l’a un peu fatiguée, Madame Pimpin commençait à faire son insolente, probablement perturbée par le fait qu’elle devenait femme alors que sa mère devenait mère sous ses yeux. Un jour où elle avait été particulièrement désagréable, elle avait voulu se faire pardonner et avait offert le single de Fools Garden à sa maman.

En 1996 le petit frère est né. Madame Pimin entrait clairement en pleine crise d’adolescence. Elle écoutait I Am et le Wu Tang à fond dans sa chambre. Et de temps en temps Rage Against the Machine, quand elle était vraiment énervée (bordel, ça marche encore).

Ensuite, Madame Pimpin a commencé à s’intéresser aux garçons et à fumer des joints. Quand elle était in love elle écoutait ça, quand elle se faisait larguer c’était plutôt ça (rigole pas, c’est une confession intime, et elle avait 14 ans !) (putain mais le clip BIDON). Elle était tout le temps punie et n’avait donc pas le droit d’aller en boîte avec ses copains plus âgés. Elle faisait style que ça ne l’intéressait pas, mais le soir, triste d’être enfermée, elle écoutait Ultranate (qu’elle kiffe toujours, d’ailleurs) en s’imaginant avec eux (je te dis pas l’émoi la première fois que Madame Pimpin a ENFIN eu le droit d’aller en boîte… Et la déception, juste après ^^).

En 98 elle écoutait Sophie Zelmani en révisant le brevet. Elle s’est calmée un peu, a grandi, et puis les années 90 se sont terminées, au grand bonheur des parents de Madame Pimpin. Voilà tu viens de traverser les quinze premières années de la vie de Madame Pimpin (et ça te fait une belle jambe) !

Depuis Madame Pimpin écoute un peu de tout (et assume la plupart des titres cités dans cet article, hélas), mais seulement quand c’est bien fait. Sa chanson-hymne à elle, elle te l’a déjà dit, c’est 3 little birds de Bob Marley.

Back to basics, la boucle est bouclée.

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20 réflexions sur “La fête de la Musique.

  1. ah mais elle est géniale la dernière!!! tellement adaptée! C’est marrant, on a quelques années d’écart, tes chansons me rappellent des souvenirs ;)
    En tout cas, j’aime bien ce post!

  2. Yeahhh! Bon, on a pas beaucoup d’écart, donc ça me rappelle plein de souvenirs ! Merci en tous cas !(et moi aussi, mon préféré, c’était Drazik…Le petit côté bad boy!
    Bisous et soigne toi bien surtout !

    • Ah, en voilà une coupine qui a bon goût ! Drazik, il était quand même nettement plus grrrr. Je me soigne, et je commence à retrouver forme humaine. Je pense pouvoir me montrer décemment au boulot avant lundi prochain :) bisous ! Et toi qui dois probablement être aussi privée de fête de la musique, prends soin de toi aussi !

  3. Très joli ce récit d’enfance M’dame Pimpin ! Bon en digne inculte musicale que je suis, no comment sur les titres cités mais rien que pour l’histoire j’en aurais lu encore des lignes sans souci.

  4. putain, md’ame pimpin, on a tellement de points communs (je vais pas les énumérer ça va être longs) !!!! Moi aussi j’ai toujours cru au concept de la « bande-son d’une vie ».. et, sérieusement, ça existe des gens qui préféraient Nick à Drazick???? je vais peut-être me permettre de m’inspirer de ton article pour un prochain si ça t’embête pas, je trouve que ça en dit tellement long sur les gens…
    j’espère que l’œil guérit bien ?? bisous !!

  5. Drazik forever ! Évidement on était toutes filles de lui ! Qu’est ce qu’elle a pu m’agacer Anita.
    J’adore ton post, sûrement parce que je suis plus vieille de quelques années seulement et que tout ça me rappelle mon enfance et adolescence à moi aussi… Ah la mode du fluo…
    Biz

  6. Aaaaaah Hartley cœurs à vifs et Drazik (surtout), Ace of Base était mon premier CD aussi (Its a beautiful life ah ah ah ah j’ai encore l’air dans la tête)… J’adore la chanson de Stéphane Eicher. Merci pour ce bel article Madame Pimpin, et pour la petite touche de nostalgie.

  7. Comme je kiffe tes articles où tu ne parles un peu plus de toi. Oui raconte moi ta laïfe j’adore !!! Et moi je surkiffé Drazic, je suis même sortie avec un bad boy à piercing à l’arcade/skatteur car je trouvais qui lui ressemblait :D

    • Héhé ! J’ai fait pareil (même si avec le recul il ne lui ressemblait pas tant que ça mais bon, Village sur Mer ce n’est pas l’Australie ma bonne dame ^^) Bisous !

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